Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 23:57
Le krach de la transcendance

J'avais grandi au rythme de la messe des anges et du credo grégorien. Je suivais les enfants de chœur du reposoir avec leurs paniers débordantde pétales de roses.Je tenais une petite bannière de sainte Thérèse, au milieu de la procession des Rogations qui implorait la clémence du Ciel, après les semailles, pour une juste récolte. Les surplis rouge et blanc tenaient les cordons du dais qui abritait l'ostensoir à paillettes dorées. C'était beau.

En ce temps-là, la dévotion populaire était le terreau de la liturgie. On priait avec des gestes, avec son corps, on tombait à genoux, on joignait les mains pour supplier, on frissonnait en chantant le Lauda Sion immémorial.

Au mois de mai, on marchait chaque soir d'une maison à l'autre, avec une Sainte Vierge portée à bout de bras sur un brancard. C'était le mois de Marie. J'aimais l'odeur d'encens et la plainte du requiem qui faisaient descendre en majesté un peu de ciel dans nos cœurs. Et puis la Fête-Dieu, les œufs de Pâques, la crèche, les pèlerins de Lourdes, les cloches du glas et du baptême, les croix de mission. C'était une société.

Soudain, un dimanche, tout chavire. On nous exhorte à tutoyer Dieu, dans un nouveau Notre-Père. Les agenouillons ont été descellés dans la semaine. Ils ont disparu.

On comprend que le remembrement ne s'est pas arrêté au porche de l'église, il est entré dans le chœur, en pleine messe.

On a remembré les missels. On a voulu éloigner le faste et le triomphalisme. On a descendu les statues, les tentures, on a remisé le dais : il fallait du dépouillement, revenir aux pauvretés, aux austérités des origines, aux pieds nus des catacombes ; les accessoires chamarrés de la dramaturgie sacramentelle ont été placés « en dépôt » chez le « conservateur départemental des antiquités et objets d'art », ravi de l'aubaine. Bientôt le dépôt deviendrait un dépotoir.

On nous avait expliqué, jadis, que l'autel était « orienté », qu'il devait regarder, avec les fidèles, en direction de l'est, vers le soleil levant qui triomphe de la nuit et symbolise le Christ ressuscité. Et voici qu'on installe une table à repasser au milieu du chœur, avec des tréteaux et des planches. Le curé nous regarde, convivial, collégial, « il faut participer ». Il a congédié ses ornements et son calice. Il boit le vin consacré dans un verre à moutarde, il veut être comme tout le monde. Il a laissé la soutane et porte un débardeur marron. Selon le mot de Claudel, il dit « la messe à l'envers » pour « être à l'écoute des gens » et pour « faire église ».

Un jeune paroissien avec une guitare, qui ressemble à Leny Escudero, entonne le chant que j'apprendrai par cœur :
Si tu en as envie, Comme Jésus-Christ lui-même, Tu peux faire de ta vie Un... je t'aime.
  
C'est la religion de l'amour. Enfin ! On n'est plus dans un règlement. On est dans l'amour. Et, si on tutoie Dieu dans le nouveau Notre-Père, c'est pour se rapprocher de lui. Ce n'est plus un Dieu de tonnerre et qui condamne. Il n'est plus au-dessus de nous, il est en nous, au milieu de nous, il chemine. C'est un voisin et non plus un Père. Si les agenouilloirs ont disparu, c'est que Dieu n'a pas besoin de ces théâtrales démonstrations d'obéissance où l'on se couvre de cendre jusqu'à s'anéantir. Dieu est Esprit. Une religion trop sensible perd l'esprit.

C'est l'aggiornamento, la nouvelle Pentecôte, le temps du Renouveau et du retour aux sources.

Le fils de Samuel mon voisin devient lecteur à la messe, entouré de social-sacristines qui déplacent le lutrin des homélies. Il se réclame d'un cousin fameux, fierté de la famille, qui est entré au Grand Séminaire de Luçon. Une tête. Lui aussi est à la JAC, la Jeunesse agricole chrétienne. Lui aussi veut que ça bouge et qu'on en finisse avec ce qu'on appelle, pour le fustiger, le « christianisme sociologique », c'est-à-dire ces paroisses où « tout le monde va à la messe ». Il cite souvent monseigneur Marty, l'archevêque de Paris, qui veut « un Dieu de fête et d'amitié » et non plus un Dieu de foudre punitive, au-dessus des nuages. Il faut « mettre l'Eglise en risque ». Joël - le séminariste - relève l'audace du cardinal qui fera exploser sa joie en mai 68 : « Dieu n'est pas conservateur ! »

Joël se méfie de la dévotion populaire et de ces chrétiens d'habitude installés dans le rituel. Il faut se fondre dans la masse, dit-il : la soutane était une séparation, le latin aussi ; car, pour aller au monde, il faut parler et s'habiller comme le monde. L'idée d'une langue ancienne, figée, pour exprimer le sacré, même si elle est universelle, ressemble à nos vieilles haies du bocage qui bouchent l'horizon des hommes et créent des champs clos, des univers sans ouverture au monde.

Un peu plus tard, Joël me parle de la signification chrétienne de la lutte des classes ; sa nouvelle trinité devient bientôt Marx, Freud et Nietzsche, il voit dans leurs prophéties l'irruption de l'esprit de Pentecôte. Il ne veut plus d'un ciel au-dessus, lointain, mais ici-bas et tout de suite. Une humanité en marche, « tournée vers l'avenir ». Il pense que la « déclergification » s imposera comme un temps nécessaire pour redessiner les nouvelles figures du sacerdoce. La Vendée est « une terre à prêtres ». Il n'en veut plus. Il cherche le pendant de la culture hors-sol, la religion hors-ciel. Une Église sans prêtres, un risque ? Non, selon lui, une chance.

Dans quelques mois, Joël aura quitté le séminaire, il aura défroqué après un passage chez les Frères du Monde qui l'auront guidé dans son discernement. Peu à peu, il va glisser de Teilhard de Chardin et Mounier à Mao, Castro, Hô Chi Minh, Che Guevara. C'est le temps des théologiens sociologues ; ils traitent par l'ironie et le mépris la « foi des charbonniers » qui font leurs Pâques avant d'aller au bistrot.

Ainsi vient le temps d'une Eglise dépouillée, d'une eschatologie sans transcendance et d'un messianisme sans messie.

La boucle est bouclée : les chrétientés charnelles disparaissent, les vocations se tarissent, les églises se vident. On y parle une nouvelle langue, la langue de buis. Joël est le petit dernier de la cordée de trois générations : le grand-père fut un chrétien militant ; le père, un militant chrétien ; le fils, un militant tout court. Tout cela est allé très vite.

En 1950, le diocèse de Luçon, qui fut celui de Richelieu, avait ouvert un nouveau séminaire aux Herbiers. Le père de Joël était là, au premier rang de la cérémonie grandiose, il servait la messe au nonce apostolique, le futur Jean XXIII.

En 1968, le drapeau noir se met à flotter sur le Grand Séminaire de Luçon. Joël s'en vante comme d'un acte prémonitoire pour « libérer l'Esprit ».

Trois ans après, le Grand Séminaire ferme ses portes. La « terre à prêtres » devient un désert de vocations.

Vingt ans plus tard, j'apprends que le bâtiment est à vendre. C'est un beau monument, construit par l'architecte du Prytanée de La Flèche. L'évêque de Luçon, monseigneur Paty, m'invite, avec élégance, à comprendre sa démarche : le diocèse n'a plus d'argent pour entretenir une bâtisse pareille. Il y a un acheteur de la grande distribution qui veut le raser pour en faire un Carrefour. On fait le tour du parc. C'est imposant. Il y a des buis sculptés partout en forme de croix et de cœurs vendéens, un Sacré-Cœur dans la broussaille.

Par curiosité, je visite les pièces de cette immense bâtisse, je suis abasourdi : dans l'ancien dortoir, je ramasse, par terre, des images pieuses de communion, des missels éventrés ; dans la chapelle, les vitraux ont été arrachés ; sur l'autel saccagé, il est écrit « fucking mother». La plaque de marbre sur laquelle sont inscrits les noms des anciens séminaristes tombés en 14-18 a été fracturée, maculée, déshonorée. Visiblement, le diocèse est dans un autre monde, il « ne veut plus se retourner vers le passé », il « cherche une dynamique qui ne soit pas une dynamique du souvenir ». L'homme qui sauvera le séminaire est le maire de Luçon, Jean de Mouzon, un amoureux du patrimoine, par ailleurs radical de gauche et franc-maçon.

Le 19 septembre 1996, lorsque le pape Jean-Paul II vient à Saint-Laurent-sur-Sèvre pour commémorer le millénaire de la France, l'esplanade est déserte. Le pape prononce un beau discours « aux jeunes et à la population » devant une assistance d'une centaine de fidèles, chargés du service d'ordre. En effet, le nouvel évêque de Luçon, monseigneur Garnier, par crainte de débordements d'enthousiasme, a jugé nécessaire d'interdire la présence des chrétiens de Vendée. Je me souviens de ma rencontre avec le pape, à l'entrée de la basilique, il avait l'air tout étonné et fit savoir son incompréhension.

Dix ans plus tard, le dimanche 2 avril 2006, le nouvel évêque, monseigneur Santier, délivre une homélie retentissante pour clôturer le synode de Vendée, à La Roche-sur-Yon. Il fait « repentance pour l'emprise de l'Église catholique en Vendée ». Il confesse : « Dans le passé, en Vendée, l'Église était très présente, elle occupait l'espace social et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d'une manière différente. Au nom de l'Église, comme évêque, je vous demande pardon. »

Tout cela m'a aidé à comprendre le pape Benoît XVI, que j'avais rencontré pendant un long moment à Rome, avec le sénateur Bernard Seillier, le 28 janvier 1993. Il nous parlait d'une véritable tornade qui s'était abattue sur la chrétienté, d'une immense apostasie silencieuse : « C'est le vide qui s'est propagé, le désert spirituel. On a perdu bien souvent la dignité et le mystère du sacré. On a dépouillé les églises de leurs splendeurs. Beaucoup de clercs ont réduit la liturgie au langage et aux gestes de la vie de tous les jours par le moyen de salutations, de signes d'amitié. »

Il se lamentait sur « l'effrayant appauvrissement qui se manifeste là où l'on chasse la beauté. On a une liturgie en show. Je suis convaincu, ajoutait-il, que la crise de l'Eglise que nous vivons aujourd'hui repose largement sur la désintégration de la liturgie ». Et le cardinal Ratzinger d'ajouter : « En refusant de reconnaître ses racines chrétiennes, l'Europe se refuse à elle-même. Elle se renie. »

On a déraciné la Foi. Ce qui est au cœur de la crise, c'est la sécularisation. Ce qu'a vécu Joël, c'est une rupture de la transmission, le refus de toute métaphysique, l'idée que l'homme est aujourd'hui assez grand pour se sauver seul, comme être historique et comme être social.

On désincarné l'homme, on le met hors de sa culture. Et en refusant la grâce, on finit par refuser la nature. La culture, c'est l'ensemble des pensées et des œuvres par lesquelles l'homme développe sa nature. Hors de sa culture, l'homme meurt à sa nature.

La société regarde avec effarement le grand vaisseau qui sombre. Elle perd ses valeurs et elle en perd la tête.

La déchristianisation de la France laisse une société de zombies désorientés qui tournent dans le vide. C'est le krach de la transcendance, la chute vertigineuse des valeurs fondamentales, la grande dépression.

Pendant longtemps, on a vécu sur la vitesse acquise. Je relisais récemment, au Journal officiel, le compte rendu du dialogue saisissant qui eut lieu dans l'hémicycle, en 1883, entre Jules Ferry et un député de l'opposition. Le ministre de l'Instruction publique annonçait les principes de l'école publique : Oui, bien sûr, nous enseignerons la morale à l'école...

La morale, l'interrompt le député, mais quelle morale ? Alors Jules Ferry hésite un instant puis martèle : Eh bien... la morale de toujours... la morale de nos pères ! Hé oui, la morale de toujours, celle de la civilisation chrétienne. On a longtemps pensé que le progrès allait renvoyer aux
oubliettes l'homme religieux, l'homme relié, l'homme qui relie. Jaurès le proclamait : « Nous avons interrompu la vieille chanson qui berçait la misère humaine. Et la misère humaine s'est réveillée avec des cris. » Et elle a entonné l'Internationale.

La vieille chanson, c'était la chrétienté chantante. Et le socialiste Viviani crut pouvoir saluer à son tour la fin des vieilles croyances : « Nous avons éteint une à une les étoiles qui brillaient dans le ciel. On ne les rallumera plus. »

Il y eut le temps des illusions, puis celui des désillusions. On a célébré le Progrès, on commence à comprendre que, depuis les Lumières, il n'est qu'une contrefaçon de l'espérance chrétienne. Le triomphe de la Raison n'a pas réconcilié l'humanité avec elle-même. Celle-ci s'est mise à douter de tout.

La modernité croyait en elle-même et en sa raison. La postmodernité ne croit plus à rien. Elle verse dans l'hédonisme narcissique, elle honore un nouveau dieu, l'argent. Le dieu de Sade et de Mammon. L'homme délié devient une marchandise, une machine désirante. Le curé d'Ars l'avait prophétisé : « Laissez une paroisse cinquante ans sans prêtre, on y adorera les bêtes. »

Le temps est venu de la Bête abstraite et désincarnée, de l'idole glacée. La compassion, la charité et l'ensemble des vertus sociales, polies par la civilisation des grands sentiments, n'ont plus de place légitime dans une société fondée exclusivement sur la production de marchandises. Quand la seule consommation est célébrée comme une forme de culture à part entière, le seul exotisme est dans la fabrication ininterrompue de pseudo-besoins matériels, créés pour tromper l'ennui.

Alors le nouveau face-à-face peut commencer, entre la fin de l'absolu et la soif d'absolu. Les laïcards ont fait le vide. Les islamistes le remplissent. Comme l'a écrit Sayyid Qutb, un des penseurs des Frères musulmans : « L'islam ne peut que gagner parce que la modernité est intrinsèquement incapable d'étancher la soif de spiritualité de l'homme. »

On songe à la lettre ouverte de Philippe Muray : « Chers djihadistes, craignez la colère du consommateur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont rassemblés ? Eh bien, nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement. Nous nous battrons pour tout, pour les mots qui n'ont plus de sens et pour la vie qui va avec[Philippe Muray, Chers djihadistes, Fayard/Mille et une nuits, 2002.]. »

Nous assistons à l'islamisation douce de l'Europe, qui s'opère du fait de notre double asthénie, religieuse et sexuelle. Un philosophe lucide, Fabrice Hadjadj, a très bien pénétré cette nouvelle réalité : « Nous croyons à tort que les mouvements islamistes sont des mouvements pré-Lumières, qui découvriront bientôt les splendeurs du consumérisme. En vérité, ce sont des mouvements post-Lumières. Ils savent que les utopies humanistes, qui s'étaient substituées à la foi religieuse, se sont effondrées. »

Le relativisme libertaire et le nihilisme nous portent vers une impasse.

Ce n'est plus seulement un pan de mur qui est tombé. C'est un mur porteur. En reniant ses racines chrétiennes, la France oublie la civilisation qui l'a pétrie. Et le Pouvoir est vide.

C'est pourquoi, quand Jean-Paul II est venu au Bourget, en 1980, il a rappelé la France au souvenir de Clovis et de Clotilde, au baptistère de Reims : « France, fille aînée de l'Église, qu'as-tu fait des promesses de ton baptême ? »

[...]

Les dernières paroles de Soljénitsyne furent elliptiques. Et prophétiques. Au cours d'un aparté inattendu, le maître s'élança. C'était du côté de Tambov, à mi-chemin entre Moscou et Volgograd où il m'avait emmené pour la visite d'une future bibliothèque construite avec le concours actif du Puy du Fou. Ce lieu parlait au cœur du maître parce que là, en 1921, les paysans koulaks s'étaient révoltés contre l'Armée rouge et l'ordre avait été donné par les commissaires politiques de nettoyer les forêts à l'arme chimique. Nous marchions sur la terre noire anthracite d'une plaine sans contours, immémoriale, en attente d'être fécondée.

D'un geste large, embrassant les blés à venir, le grand penseur dessina deux cercles entremêlés en murmurant, tête baissée :

Pendant longtemps, le sort de la Russie fut lié à celui de l'Europe. Dostoïevski écrivait en français. Mais aujourd'hui, c'est fini, nos routes divergent. Vous roulez à l'abîme. Alors que, tout endoloris, nous nous relevons du néant.

Vous espérez encore pour la Russie, mais pas pour l'Europe ?

Si, pour les deux. Mais avec un décalage dans le temps. Mon instinct me dit que la Russie va renaître dès maintenant.

Derrière le visionnaire, le bûcheron de Cavendish n'était pas loin, il battit du pied sur une souche bourgeonnante, comme pour la prendre à témoin, et ajouta d'un ton assuré :

Ici, il reste encore des racines vivantes, elles sont en train de donner des pousses. Il y aura une restauration des valeurs civiques et spirituelles. Vous, en Europe, vous êtes dans une éclipse de l'intelligence. Vous allez souffrir. Le gouffre est profond. Vous êtes malades. Vous avez la maladie du vide. J'ai senti tout cela dans le Vermont. Le système occidental va vers son état ultime d'épuisement spirituel : le juridisme sans âme, l'humanisme rationaliste, l'abolition de la vie intérieure... Toutes vos élites ont perdu le sens des valeurs supérieures. Elles ont oublié que le premier droit de l'homme, c'est le droit de ne pas encombrer son âme avec des futilités.

Et comment croyez-vous qu'on puisse désencombrer notre âme ?

Par l'affleurement de l'instinct de vie.

Alors le maître laissa entendre qu'il y aurait un point de retournement. A partir d'une nécessité immuable qui est dans les lois de l'Univers.

Le gouffre s'ouvrira à la lumière. De petites lucioles dans la nuit vacilleront au loin. Au début, peu de gens les distingueront et sauront abriter ces lueurs tremblantes, fragiles, contre toutes les tempêtes hostiles. Il y aura des hommes qui se lèveront, au nom de la vérité, de la nature, de la vie ; ils cacheront, dans leurs pèlerines, des petits manifestes de refuzniks. Ils exerceront leurs enfants à penser différemment, à remettre l'esprit au-dessus de la matière. Ils briseront la spirale du déclin du courage. Ainsi viendra l'éclosion des consciences dressées. Aujourd'hui les dissidents sont à l'Est, ils vont passer à l'Ouest.

Soljénitsyne nous a quittés en 2008. Son intuition ne l'avait pas trompé. Sa chère patrie, après bien des convulsions, a retrouvé le chemin de ses anciennes harmonies. Dans le même temps, à la minute même où nous inaugurons un McDonald's en Europe, les Russes inaugurent l'iconostase d'une nouvelle église orthodoxe.

Published by Marc-Elie - dans Textes
commenter cet article
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 23:39
Jean Daniélou

Jean Daniélou est l'un des plus grands théologiens du XXe siècle. 

Le souvenir de Daniélou se réduit aujourd’hui, pour un très grand nombre de gens, au mystère de sa mort, provoquée par un infarctus, un après-midi de mai, au domicile d’une prostituée, au quatrième étage du 56 rue Dulong, à Paris.

Alors que, en réalité, le véritable mystère sur lequel Daniélou a ouvert des fenêtres à beaucoup de gens, dans son activité de théologien et d’homme spirituel, est celui du Dieu trinitaire. L’une de ses œuvres majeures a pour titre : "Essai sur le mystère de l’histoire".

Jean Daniélou est le grand historien des origines du christianisme. Personnage hors normes, il fut un ardent partisan du dialogue interreligieux, et l’auteur de nombreux ouvrages (Pourquoi l’Eglise, Carnets spirituels…). L’esprit de son œuvre pourrait se résumer à cette audace: remplacer la scolastique par la patristique.

Daniélou a été, avec son confrère jésuite Henri de Lubac, le génial initiateur, en 1942, de cette collection de textes patristiques appelée "Sources Chrétiennes" qui a marqué la renaissance de la théologie dans la seconde moitié du XXe siècle et qui a préparé ce qu’il y a de meilleur dans le concile Vatican II.

Daniélou est sévère à l’encontre du protestantisme, qui postule qu’il est impossible de connaître Dieu autrement que par la foi... que cette foi ne peut être établie par la raison (Luther assimilait la raison à une putain). Cette attitude procède d’«une démission à l’égard de l’intelligence».

Jean Daniélou juge positivement le paganisme. Les religions païennes sont bonnes en elles-mêmes, en tant qu’elles sont recherche de Dieu; l’homme païen est ouvert à une inquiétude sur l’absolu.

Contrairement à une idée récurrente, la christianisation des cultures traditionnelles exotiques ne signifie aucunement la destruction de leurs spécificités propres: intégrant audacieusement tout ce qu’elles contiennent de vrai et de juste, elle se contente simplement de les prolonger jusqu’à l’absolu véritable. Comme le Christ, l’Eglise doit prendre la chair de ce qu’elle vient assister.

Mais il faut dissiper le mystère de sa mort et de la réprobation silencieuse qui a suivi celle-ci.

Mimì Santoni, la prostituée, le vit tomber à genoux, le visage contre terre, et expirer. Et, d’après elle, "c’était une belle mort, pour un cardinal". Il était venu lui apporter de l’argent pour qu’elle puisse payer un avocat capable de faire sortir son mari de prison. Ce fut la dernière de ces actions charitables qu’il accomplissait en secret, pour des gens méprisés et qui avaient besoin d'aide et de pardon.

Les jésuites firent des enquêtes serrées, pour vérifier ce qui s’était vraiment passé. Ils contrôlèrent son innocence. Mais, de fait, ils entourèrent l’affaire d’un silence qui n’échappa pas aux soupçons.

La rupture entre Daniélou et d’autres de ses confrères jésuites de Paris et de France fut en effet la véritable cause de l'oubli dans lequel est tombé ce grand théologien et cardinal.

Une rupture qui avait précédé sa mort d’au moins deux ans.

Depuis 1972, en effet, Daniélou n’habitait plus l’immeuble où était installée "Études", la revue culturelle de pointe des jésuites français, là où il avait vécu pendant des décennies. Il avait déménagé pour aller dans un couvent de religieuses, les Filles du Cœur de Marie.

Ce qui avait provoqué le conflit, c’est une interview que Daniélou avait accordée à Radio Vatican, dans laquelle il critiquait durement la "décadence" qui dévastait tant d’ordres religieux masculins et féminins, à cause d’"une fausse interprétation de Vatican II".

 

Extrait de "LA SOURCE ESSENTIELLE DE CETTE CRISE..."

Interview du cardinal Jean Daniélou à Radio Vatican, le 23 octobre 1972

Je pense qu’il y a actuellement une crise très grave de la vie religieuse et qu’il ne faut pas parler de renouvellement mais plutôt de décadence. Je pense que cette crise affecte avant tout le monde atlantique.

L'Europe de l'Est et les pays d'Afrique et d’Asie présentent à cet égard une meilleure santé spirituelle. Cette crise se manifeste dans tous les domaines. Les conseils évangéliques ne sont plus considérés comme consécration à Dieu, mais envisagés dans une perspective sociologique et psychologique.

On se préoccupe de ne pas présenter une façade bourgeoise mais, sur le plan individuel, la pauvreté n’est pas pratiquée.

On substitue la dynamique de groupe à l'obéissance religieuse ; sous prétexte de réaction contre le formalisme, toute régularité de la vie de prière est abandonnée.

Les conséquences de cet état de confusion sont d’abord la disparition des vocations, car les jeunes demandent une formation sérieuse, et d'autre part ce sont les nombreux et scandaleux abandons de religieux qui renient le pacte qui les liait au peuple chrétien.

La source essentielle de cette crise est une fausse interprétation de Vatican II. (…) 

dans nombre de cas, on a remplacé les directives de Vatican II par des idéologies erronées que répandent nombres de revues, de sessions, de théologiens et parmi ces erreurs, on peut mentionner :

- La sécularisation. Vatican II a déclaré que les valeurs humaines devaient être prises au sérieux. Il n’a jamais dit que nous entrions dans un monde sécularisé au sens où la dimension religieuse ne serait plus présente dans la civilisation et c’est au nom d’une fausse sécularisation que religieux et religieuses renoncent à leur costume, abandonnent leurs œuvres pour s’insérer dans les institutions séculières, substituant des activités sociales et politiques à l’adoration de Dieu. Et ceci est à contre-courant, d’ailleurs, du besoin de spiritualité qui se manifeste dans le monde d’aujourd’hui.

- Une fausse conception de la liberté qui entraîne la dépréciation des constitutions et des règles et exalte la spontanéité et l'improvisation. Ceci est d’autant plus absurde que la société occidentale souffre actuellement de l'absence d’une discipline de la liberté. La restauration de règles fermes est une des nécessités de la vie religieuse.

- Une conception erronée de la mutation de l’homme et de l’Église. Si les environnements changent, les éléments constitutifs de l’homme et de l’Église sont permanents et la mise en question des éléments constitutifs des constitutions des ordres religieux est une erreur fondamentale.

(…)

La vie religieuse est appelée à un immense avenir dans la civilisation technique ; plus celle-ci se développera, plus le besoin de la manifestation de Dieu se fera sentir.

C’est précisément le but de la vie religieuse, mais pour accomplir sa mission, il faut qu’elle retrouve sa véritable signification et rompe radicalement avec une sécularisation qui la détruit dans son essence et qui l’empêche d’attirer des vocations.

Published by Marc-Elie - dans Textes
commenter cet article
26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 23:55
Mandala de la terre - 30

Je vous propose régulièrement de magnifiques mandalas réalisés par l'artiste Ana Castilho à partir de combinaisons d'éléments de la nature - feuilles, fleurs, fruits, gousses, bois, pierres - .
Contemplez-les et méditez.

______________________________________________________________________________________

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog :

 

Published by Marc-Elie - dans Art
commenter cet article
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 23:58

Mgr Marc, primat de l'Eglise Orthodoxe Celtique, répond aux questions de votre serviteur Marc-Elie

_______________________________________________________________________________________

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog :

 

Published by Marc-Elie - dans Vidéo
commenter cet article
24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 23:26

Reprise d'un article paru dans la Revue Le Chemin de Béthanie

 

Les chemins du pèlerin

La voie spirituelle du pèlerin

« Un pèlerinage, c’est la foi par les pieds … c’est l’expérience de Dieu qui prend notre vie tout entière de façon inattendue. Pas étonnant car le pèlerin est disponible. Il a quitté son lieu, consenti à abandonner aussi son rythme quotidien, ses habitudes, parfois ses certitudes. Il a pris Dieu pour boussole. Le cœur du pèlerin s’ouvre au fil de sa marche. Tout pour lui prend une dimension nouvelle : le temps compte différemment, les rencontres sont précieuses, le silence parle de Dieu, le cœur s’éveille et sa Parole en nous résonne. C’est pourquoi le pèlerinage est essentiel à notre vie. » [1]

Vous voulez faire l’expérience du pèlerinage ? Je vous propose les sites de quelques itinéraires qui sortent un peu des « sentiers battus »…

Allons d’abord dans l’Ouest région que j’aime particulièrement.

 

[1] Père Jacques Nieuviarts

Compostelle mais à partir de la Bretagne

Les chemins du pèlerin

Le fameux Tro Breizh

Au Moyen-Age, le tour de Bretagne ou Tro Breiz désignait le pèlerinage de 600 km en l'honneur des Sept Saints Fondateurs de la Bretagne.

Le pèlerin allait s'incliner sur les tombeaux des évêques fondateurs: Brieuc et Malo dans leur ville, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Tugdual à Tréguier.
http://www.trobreiz.com , http://permanent.trobreiz.comhttp://nq.st/trobreiz

Les chemins du pèlerin

Le sentier des trois abbayes en Brocéliande

Ce sentier de 95 km débute à la maison natale de saint Louis-Marie Grignion de Montfort , se poursuit vers l’abbaye de Saint-Méen, puis rejoint Notre-Dame de Paimpont et l’abbaye Saint-Jacques de Montfort.
http://www.sentier3abbayes.com

 

 

 
Les chemins du pèlerin

Vers le Mont Saint-Michel

Vous pouvez trouver des itinéraires balisés en partant de Paris, de Tours, de Rouen, de Chartres, de Cherbourg et même de Compostelle ou d’Italie.
http://nq.st/cheminsmichel , http://nq.st/saintmichel

D’Italie faites la « Route de l’ange » entre le Mont Saint-Michel et Monte Sant'Angelo – Puglia ville où est apparu l'archange Michel au Vième siècle ordonnant de construire un lieu de culte chrétien dans une grotte sous la ville, afin de chasser les croyances païennes en cours.
http://nq.st/routeange

 

Les chemins du pèlerin

D’autres chemins et pèlerinages dans l’Ouest 
http://nq.st/routesouest

 

 

Allons à Chartres par le chemin Charles Péguy

Charles Péguy parcourut à deux reprises, en 1912 puis en 1913, la route vers Chartres, depuis la région parisienne. Au total, 140 kilomètres aller-retour. Ce Chemin permet de découvrir la vallée de Chevreuse, le Hurepoix, puis la Beauce jusqu’à Chartres.
http://nq.st/cheminpeguy , http://nq.st/chartres

 

Les chemins du pèlerin

Suivons les pas de Saint Martin

Le grand chemin de Saint Martin reliant le Col du Petit-Saint-Bernard à Candes- Saint-Martin (plus de 1000 km) donne accès à plus d’une trentaine d’églises Saint-Martin, trois basiliques, de nombreuses chapelles, fontaines, ponts…  40 jours de marche et traversée de 3 régions http://nq.st/cheminmartin

D’autres chemins ici http://nq.st/cheminsmartin dont le chemin de 2500 km  qui relie Szombathely  dans l’est de l’Europe à Tours, la ville natale de saint Martin à Tours, traverse la Hongrie, la Slovénie, l’Italie et la France. http://nq.st/estmartin

 

Les chemins du pèlerin

Le chemin de Saint-Guilhem

Le chemin de Saint-Guilhem traverse sur 240 km les vastes espaces naturels du Massif Central qui relient le département de la Lozère au nord, à celui de l’Hérault au sud. Départ de Aumont-Aubrac pour arriver à Saint-Guilhem-le-Désert
http://www.chemin-st-guilhem.fr/ 

 

Les chemins du pèlerin

Le chemin de Regordane ou de Saint Gilles

Du Puy-en-Velay à Saint-Gilles-du-Gard
La ville devient au XIe siècle le quatrième sanctuaire de la chrétienté médiévale, favorisée par les pèlerins et le départ des croisés, attirant ainsi les foules vers le tombeau du saint ermite à la biche. La basilique, aussi vaste que celle de Vézelay, fut construite au début du XIIe siècle. L'itinéraire est aussi appelé chemin de Régordane. Le pèlerin traverse les départements de la Haute-Loire, de l’Ardèche, de la Lozère et du Gard. http://nq.st/chemingilles et http://nq.st/peleringilles

 

Les chemins du pèlerin

Franchissons les frontières pour aller en Italie

Le chemin d'Assise

Le chemin partant de Vézelay est long de 1500 Km et relie la première implantation franciscaine en France jusqu’au lieu d’origine de l’ordre. http://nq.st/assise

 

Les chemins du pèlerin

Aller à Rome par la Via Francigéna

La Via Francigena, autrement dit la « Voie des Français », est un réseau de routes et chemins empruntés par les pèlerins venant de « France » (aussi bien l’actuel pays de France que le sud de l’Allemagne longtemps considéré comme « le pays des Francs ») pour se rendre à Rome. http://www.viefrancigene.org/fr/ , http://laviafrancigenaenfrance.fr/ , http://nq.st/francigena , http://nq.st/cheminrome , http://ffvf.fr/

 

Les chemins du pèlerin

En Espagne le chemin de Saint Ignace de Loyola

Ce chemin long de 650 km a été emprunté en 1522 par le fondateur de l’ordre des jésuites après sa conversion. Il relie sa ville natale, Azpeitia (pays basque) à Manresa (Catalogne) où il a vécu le sommet de son expérience spirituelle et a rédigé ses fameux exercices spirituels.
http://caminoignaciano.org/fr et une vidéo https://youtu.be/MY34D8U3qcQ

 

Les chemins du pèlerin

Et pour finir en beauté : Shikoku le « Compostelle » japonais

Les chemins du pèlerin

1200 km et 88 temples !

http://nq.st/shikoku

 

Les chemins du pèlerin

Dieu vous attend sur le chemin … Bonne marche !

Retrouvez cet article sur le blog de Béthanie où je publie mes découvertes sur le web http://nq.st/surleweb  

http://www.seraphim-marc-elie.fr/

_______________________________________________________________________________________

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog :

 

 

_____________________________________________________________________

 

 

Published by Marc-Elie - dans Textes Sites
commenter cet article
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 23:26
Zelemi et Salomé

Les sages-femmes, Zelemi et Salomé sont des personnages qui apparaissent dans les Évangiles apocryphes

L'Évangile du pseudo-Matthieu met en scène deux sage-femmes, Zélémi et Salomé, dont l’une ose vérifier manuellement que Marie est toujours vierge après la naissance. La scène où l'on voit la sage-femme et son aide baignant le nouveau-né est introduite dans l'icône de la Nativité à partir du VIIe siècle.

Source : Hans-Ruedi Weber, Voici Jésus l'Emmanuel: la venue de Jésus dans l'art et la Bible, Labor et Fides,‎ 1988, p. 42.

Zelemi et Salomé
Marie met au monde un fils, dit-il, un fils que les anges entourent dès sa naissance et qu'ils adorent disant : « Gloire à Dieu dans les deux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! »
 
Joseph est allé chercher une sage-femme et lorsqu'il revient à la caverne, Marie a été délivrée de son enfant. Et Joseph dit à Marie : « Je t'ai amené deux sages-femmes, Zélémi et Salomé, qui attendent à l'entrée de la caverne et qui ne peuvent entrer à cause de la lumière trop vive. »
 
Marie entendant cela sourit. Et Joseph lui dit : « Ne souris pas, mais sois sur tes gardes, de crainte que tu n'aies besoin de quelques remèdes. »
 
Et il donne l'ordre à l'une des sages-femmes d'entrer. Et lorsque Zélémi s'est approchée de Marie, elle lui dit : « Souffre que je touche. » Et lorsque Marie le lui a permis, la sage-femme s'écrie à voix haute : « Seigneur, Seigneur, aie pitié de moi, je n'avais jamais soupçonné ni entendu chose semblable ; ses mamelles sont pleines de lait et elle a un enfant mâle quoiqu'elle soit vierge.
 
Nulle souillure n'a existé à la naissance et nulle douleur lors de l'enfantement. Vierge elle a conçu, vierge elle a enfanté et vierge elle demeure ! »
 
L'autre sage-femme nommée Salomé, entendant les paroles de Zélémi, lui dit : « Ce que j'entends, je ne le croirai point si je ne m'en assure. »
 
Et Salomé s'approchant de Marie lui dit : « Permets-moi de te toucher et d'éprouver si Zélémi a dit vrai. » Et Marie lui ayant permis, Salomé la touche et aussitôt sa main se dessèche.
 
Et Salomé de pleurer et de demander pardon de son incrédulité : « Parce que j'ai osé douter de la vierge », dit-elle dans sa prière. Mais un ange s'approche d'elle, lui demandant de toucher l'enfant, et sa main est guérie.
 
Cité par Annick de Souzenelle
Le Seigneur et le Satan

Voir aussi le texte original d'où est tiré l'histoire :

CHAPITRE XIII

1 Or il arriva quelque temps après qu'un recensement eut lieu en vertu de l'édit du César Auguste, et chacun devait se rendre dans son lieu d'origine. Ce premier recensement eut lieu sous Cyrinus, gouverneur de Syrie, et il était nécessaire que Joseph partit avec Marie pour Bethléem, car Joseph et Marie étaient de la tribu de Juda, et de la maison et du pays de David. Comme, donc, Joseph et Marie voyageaient par la route qui conduit à Bethléem, Marie dit à Joseph : "Je vois deux peuples devant moi, l'un en larmes l'autre en joie." Joseph lui répondit: "Reste assise et tiens toi sur ta monture, et ne dis pas de paroles superflues." Alors, un bel enfant vêtu d'un habit éblouissant apparut devant eux et dit à Joseph: "Ce que tu as entendu au sujet des deux peuples, pourquoi l'as-tu appelé " des paroles superflues "? Car elle a vu le peuple juif en larmes parce qu'il s'est éloigné de Dieu, et elle a vu le peuple des gentils en joie parce qu'il s'est approché du Seigneur, selon la promesse faite a vos pères Abraham, Isaac et Jacob. Car le temps est arrivé pour que dans la postérité d'Abraham la bénédiction soit accordée à toutes les nations."

2 Et, après avoir dit cela, il fit arrêter la monture et invita Marie à descendre de la bête et à entrer dans une grotte où régnait une obscurité complète, car elle était totalement privée de la lumière du jour. Mais, à l'entrée de Marie, toute la grotte se mit à briller d'une grande clarté, et, comme si le soleil y eût été, ainsi elle commença tout entière à produire une lumière éclatante, et, comme s'il eût été midi, ainsi une lumière divine éclairait cette grotte. Et cette lumière ne s'éteignit ni le jour ni la nuit, aussi longtemps que Marie y accoucha d'un fils, que des anges entourèrent pendant sa naissance, et qu'aussitôt né et debout sur ses pieds ils adorèrent en disant: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté."

3 Et Joseph, trouvant Marie avec l'enfant qu'elle avait mis au monde, lui dit: "Je t'ai amené la sage-femme Zahel, qui se tient à l'extérieur de la grotte, car elle ne peut pas y entrer à cause de la trop grande clarté." À ces mots, Marie sourit. Mais Joseph lui dit: "Ne souris pas, mais prends soin qu'elle puisse t'examiner, pour voir si tu n'as pas besoin du secours de sa médecine." Et Marie l'invita à entrer. Et, quand Marie lui eut permis l'examen, la sage-femme s'écria a haute voix et dit: "Seigneur grand, pitié! Jamais on n'a entendu ni même soupçonné que des seins soient remplis de lait alors que le fils qui vient de naître manifeste la virginité de sa mère. Ce nouveau-né n'a connu nulle souillure de sang, l'accouchée n'a éprouvé nulle douleur. La vierge a enfanté et après l'enfantement continue d'être vierge."

4 Entendant ces paroles, une autre sage-femme nommée Salomé dit: "Certes, moi je n'y croirai pas, à moins que je ne l'aie constaté moi-même." Et, s'étant approchée de Marie, elle lui dit: "Permets que je t'examine, afin que je sache si les paroles que Zahel m'a adressées sont vraies." Après que Marie l'eut autorisée à l'examiner, dès qu'elle eut retiré sa main droite, celle-ci se dessécha, et Salomé fut oppressée de douleur, et elle s'écria en pleurant: "Seigneur, tu sais que je t'ai toujours craint et que j'ai soigné tous les pauvres sans me soucier de la rétribution. De la veuve et de l'orphelin je n'ai rien accepté, et jamais je n'ai laissé partir l'indigent les mains vides. Et voilà que je suis devenue  malheureuse à cause de mon incrédulité, parce que j'ai osé mettre à l'épreuve ta vierge, qui a enfanté la lumière et est restée vierge après cet enfantement."

5 Et, pendant qu'elle parlait ainsi, un jeune homme resplendissant de lumière apparut auprès d'elle et dit : "Approche-toi de l'enfant et adore-le, touche-le de ta main et il te guérira, car il est le Sauveur de tous ceux qui espèrent en lui." Et aussitôt Salomé s'approcha en adorant l'enfant et elle toucha le bord des langes dans lesquels il était enveloppé. Et du coup sa main fut guérie. Et, sortant au-dehors, elle se mit à crier et à raconter les miracles qu'elle avait vus, ce qu'elle avait souffert et comment elle avait été guérie, en sorte que beaucoup reçurent la foi par sa prédication.

6 Des bergers de brebis affirmaient aussi qu'ils avaient vu, au milieu de la nuit, des anges chantant des hymnes à Dieu, et que, de leur bouche, ils avaient appris que le Sauveur des hommes, le Christ Seigneur, était né, en qui serait rétabli le salut d'Israël.

7 De plus, du soir au matin, une grande étoile resplendissait. Cette étoile annonçait la naissance du Christ qui, selon la promesse, viendrait sauver non seulement Israël, mais toutes les nations.

_______________________________________________________________________________________

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog :

 

Published by Marc-Elie - dans Textes
commenter cet article
22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 23:51
Humour

Voici l’affiche qu’on pouvait trouver à l’entrée d’un magasin de bricolage :

« Bricoleurs, oubliez vos complexes.

N’oubliez jamais que le Titanic

a été construit par des professionnels

et l’Arche de Noé par un amateur ! »

 

_______________________________________________________________________________________

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog :

 

Published by Marc-Elie - dans Humour
commenter cet article
21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 23:11
Ils sont tous de ma famille

Des cultures différentes mais une même humanité.

 

On a tendance à définir ses origines en se basant sur celles de ses parents et en se regardant dans le miroir. Grossière erreur ! Notre physique et notre lieu de naissance ne disent quasiment rien de notre généalogie. Du moins, il n’en illustrent qu’une infime partie. La preuve avec cette expérience troublante, fascinante et passionnante à laquelle se sont soumis 67 volontaires venus du monde entier. Serions-nous tous métis ? On dirait bien, et c’est une excellente nouvelle !

La vidéo qui va suivre bouleverse les certitudes. Et ce ne sont pas ces cobayes volontaires qui nous diront le contraire. Tous ont accepté de cracher dans un tube à essai. Objectif : réaliser des tests ADN définissant le spectre des origines géographiques de chacun….

Avant de connaître les résultats, tous étaient particulièrement fiers de ce qu’ils croyaient être leurs seules origines et avaient plutôt tendance à dénigrer les autres peuples. Puis les tests ont rendu leur verdict… et en ont déconcerté plus d’un ! Regardez :

_______________________________________________________________________________________

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog :

 

Published by Marc-Elie - dans Vidéo
commenter cet article
20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 23:59
L'effet papillon du mal

Matthieu 5, 21 à 24

21 « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
22 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
24 laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.

Commentaire du diacre Marc Guichard (Marc-Elie)

 

L'effet papillon du mal

Écouter en ligne

Télécharger
 
**********************************************************************************

En lisant les textes proposés à notre méditation pour ce dimanche je pensais à la violence et à la haine qui traversent le monde.

Je pensais aux Evangiles, à l’annonce de la Bonne Nouvelle qui nous révèle que l’amour est le principe de l’agir divin. Je m’émerveillais de cette révélation qui est pourtant cachée à tant d’hommes portant le fer et le feu au nom de Dieu.

Et je me demandais aussi comment des hommes et des femmes se disant chrétiens avaient pu interpréter ces textes portant le témoignage d’amour de la Parole de Dieu, du sacrifice du Fils de l’homme et de sa résurrection dans un sens qui a permis des oppressions et des violences physiques et morales sur des générations de croyants et de païens.

Le Dieu auquel nous croyons est amour et ce Dieu d’amour est le Dieu de tous les hommes qu’ils en aient conscience ou pas. Jésus nous a révélé que nous avons tous, lui y compris, le même père aimant et que nous sommes en conséquence tous frères, tous membre d’une fratrie catholique, universelle. Nous chrétiens, nous le savons et le savoir nous donne une responsabilité personnelle vis à vis de tous les hommes que nous côtoyons.

Cette responsabilité c’est celle d’aimer. Selon que nous aimons ou pas nous faisons de notre environnement un paradis ou un enfer; nous redressons l’autre et nous le ressuscitons ou nous le brisons, nous le tuons ou nous le transformons en démon.

Dieu est amour et il ne demande en réponse à son amour que notre amour, un amour qui passe obligatoirement par l’amour de l’autre, l’amour de notre prochain, de celui que nous croisons au quotidien et que nous ne voyons peut-être pas parce que notre regard est soit trop tourné vers nous-même et notre petit monde soit tourné trop loin vers d’autres horizons plus rêvés que réels.

La loi divine de l’amour est la source de toute morale et de tout bien, de ce qui en nous distingue le bien du mal. Quiconque la transgresse est pécheur, en d’autres mots quiconque offense l’amour, quiconque fait un acte qui n’est pas inspiré par l’amour s’éloigne de Dieu, de son sein maternel qui donne la vie et il meurt. Dans ces conditions qui ne pêche pas? Qui ne meurt pas mille fois par jour? Nous sommes tous pécheurs et de grands pécheurs qui ne pouvons espérer de Dieu que sa miséricorde aimante.

Seigneur, pardonne-nous, car nous ne savons pas ce que nous faisons.

Jésus nous le montre sans prendre de gants. Si nous ne savons pas ce que c’est qu’offenser la loi d’amour et si nous n’avons pas conscience du drame qui se joue dans une simple parole moqueuse envers un de nos semblables Jésus se charge de nous le faire comprendre sans ménagement.

Ses paroles secouent notre quiétude de “braves gens”. Il nous dit en substance : “ Vous vous croyez bons, généreux, gentils, respectables parce qu’assumant vos devoirs familiaux, professionnels et même religieux, donnant volontiers un coup de main aux amis, faisant à l’occasion du bénévolat et des dons aux œuvres de charité, et bien moi je vous dis : vous agissez le plus souvent comme des meurtriers de la pire espèce!
Oui des meurtriers et même des meurtriers récidivistes!”

Et pour nous le faire comprendre, lui qui est Dieu, lui dont la parole est celle de Dieu, qui est Parole de la Vérité incarnée, il nous explique que le moindre mouvement d’humeur ou de colère, que le moindre manque de respect, la moindre parole mal intentionnée, une simple raillerie envers une autre personne que nous même est pire qu’un meurtre et mérite jusqu’à la damnation éternelle!

Il dit “mérite” et non pas “sera condamné à”. Il ne nous juge pas mais il veut nous montrer ce qu’est dans l’absolu de la justice divine la gravité de l’offense faite à Dieu par un petit manquement à l’amour de notre prochain.

Il nous fait sentir qu’un acte sans amour comme la colère envers un de nos frères brise le cœur de Dieu et brise ainsi le lien filial qui nous unit à Lui.

Au fond ce que dit Jésus c’est que la racine du meurtre, des guerres, des violences se trouve déjà dans nos pensées ou nos paroles négatives vis à vis de notre prochain. 

C’est ce qu’on pourrait appeler l’”effet papillon” du mal. 

Et c’est pourquoi les pères spirituels conseillent de bénir au lieu de maudire même et surtout ceux qui nous font du mal. Ils nous enseignent que quand vient en nous une pensée négative et avant qu’elle ne prenne racine dans notre conscience ou s’exprime par une parole ou un geste nous devons avoir le réflexe de la bénédiction intérieure.

Jésus va encore plus loin en nous disant de nous réconcilier pendant que nous sommes en chemin avec notre frère, donc pendant le temps de notre vie, même si ce frère a du ressentiment envers nous, même s’il est notre adversaire, même si c’est lui qui est injuste et dans son tort.

Un peu plus loin dans le récit il dira avec l’autorité du Fils de Dieu : « Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent [ Matthieu 5, 44]»

Et Pierre de renchérir : «  Ne rendez-point mal pour mal, injure pour injure, bénissez au contraire car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction[ 1Pierre 3, 9]  ».

Vous entendez? Nous chrétiens, nous pécheurs, nous sommes appelés à bénir, c’est notre vocation. Nous cherchons du sens à notre vie? À faire la volonté de Dieu ? Ecoutons Jésus, écoutons Pierre, bénissons. 

Bâtir des empires, construire des ponts, des avions, des maisons, faire des découvertes, de la politique, de la musique, son jardin que sais-je, c’est utile mais aux yeux de Dieu ce n’est pas essentiel. Ce qui l’est c’est que nous bénissions! Et qui bénit a l’assurance de recevoir et de faire pleuvoir sur l’autre la bénédiction divine et d’être trouvé juste aux yeux de Dieu et d’hériter la vie éternelle.

C’est pour cela que Jésus nous demande de nous réconcilier avec notre frère avant de présenter notre offrande à l’autel. Car se présenter à l’autel c’est se présenter devant Dieu dans la prière et au jour de la mort dans la tunique tissée de nos actions en ce monde.

En d’autres termes il nous dit qu’aucune de nos prières, qu’aucune de nos bonnes actions ne touche le cœur de Dieu si nous gardons un quelconque ressentiment dans notre propre cœur. 

Pierre nous demande d’être « pleins d’amour fraternel, de compassion, et d’humilité[ 1Pierre 3, 8] ». C’est l’attitude fondamentale du priant qui s’agenouille devant Dieu et devant son frère.

En pratique avant de prier échauffons notre cœur en nous efforçant de ressentir intérieurement de l’amour pour les personnes que nous connaissons et en particulier pour celles que nous n’aimons pas ou qui nous font du mal, pardonnons leur, ressentons de la compassion pour ceux qui sont malades et qui souffrent, cultivons le sentiment d’abaissement et d’humilité, de petitesse et d’inexistence devant la grandeur de Dieu et ensuite offrons-nous tout entier dans notre prière suppliante ou de louange vers le Seigneur.

Car l’offrande agréable à Dieu c’est la paix que nous apportons dans notre relation à l’autre et c’est l’amour que nous portons à nos frères. Au jour du jugement la seule question qui nous sera posée sera peut-être : “As-tu aimé?” Et nous savons qu’il nous sera beaucoup pardonné si nous avons beaucoup aimé!

A lui l’incarnation de l’amour infini du Père soit l’honneur, la puissance et la gloire aux siècles des siècles! Amen!

_______________________________________________________________________________________

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog :

 

 

 

Published by Marc-Elie - dans Audio
commenter cet article
19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 23:27
Mandala de la terre - 29

Je vous propose régulièrement de magnifiques mandalas réalisés par l'artiste Ana Castilho à partir de combinaisons d'éléments de la nature - feuilles, fleurs, fruits, gousses, bois, pierres - .
Contemplez-les et méditez.

_______________________________________________________________________________________

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog :

 

Published by Marc-Elie - dans Art
commenter cet article