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27 septembre 2022 2 27 /09 /septembre /2022 19:30

« Hors de l'Église il n'y a pas de salut » est une expression latine de Cyprien de Carthage. La phrase exacte est Salus extra ecclesiam non est et se trouve dans ses lettres Epistula 4, 4 et Epistula 73, 21,2.

Ce principe se situe au centre de la sotériologie catholique et a été l'objet de nombreuses controverses.

Pour certains, comme le jésuite américain Feeney, les fidèles des autres religions, ou encore les athées ne peuvent être sauvés, faute de la foi nécessaire au salut ; mais la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a rappelé la constante condamnation de cette opinion dans le magistère faisant valoir l'ignorance invincible et le primat de la Charité.

D'autres voudraient rejeter cette sentence au titre que ou bien toutes les traditions religieuses se valent ou bien la miséricorde divine ne permettrait pas que la liberté humaine puisse rejeter Dieu définitivement, c'est-à-dire la possibilité de l'enfer.

Ces interprétations ont aussi été écartées constamment par l'Église, comme lors du dernier Concile Œcuménique, Vatican II, dans la Constitution Lumen Gentium n°14 : le salut en Jésus ne s'opère pas sans le corps qu'il s'est formé, l'Église2.

L'Église catholique se définit comme une communion eucharistique. L'expression « Hors de l'Église, point de salut » signifie que les sacrements permettent aux fidèles de participer à la vie de Dieu et que c'est Dieu qui donne le salut.

Il s'applique différemment aux différentes situations spirituelles : "D'une acception pleine et totale de la notion d’Église (la plénitude catholique) à ses réalisations imparfaites, mais encore fondées sur le baptême sacramentel (communautés séparées) et à ses réalisations imparfaites n'incluant pas les institutions du Christ (religion juive, confessions monothéistes, religions hors du courant biblique, situations a-religieuses), c'est toujours par une appartenance - plus ou moins parfaite - à l’Église que l'on est sauvé."

 Cet adage exprime la nature ecclésiale et communautaire du salut tel qu'il est pensé en théologie catholique.

Le principe est commenté dans les numéros 846 à 848 du catéchisme de l'Église catholique.

« Comment faut-il entendre cette affirmation souvent répétée par les Pères de l'Église ?

Formulée de façon positive, elle signifie que tout salut vient du christ Tête par l'Église qui est son Corps :

Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, le Concile enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut.

Seul en effet le Christ est médiateur et nécessaire au salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l'Église et en nous enseignant expressément les nécessités de la foi et du baptême, c'est la nécessité de l'Église elle-même dans laquelle les hommes entrent par la porte du Baptême, qu'Il nous a confirmée en même temps.

C'est pourquoi ceux qui refuseraient soit d'entrer dans l'Église catholique, soit d'y persévérer, alors qu'ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient être sauvés.

Cette affirmation ne vise pas ceux qui, sans qu'il y aille de leur faute, ignorent le Christ et son Église :

En effet, ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d'un cœur sincère et s'efforcent, sous l'influence de sa grâce, d'agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, ceux-là peuvent arriver au salut éternel ».

« L'Église sait que la question morale rejoint en profondeur tout homme, implique tous les hommes, même ceux qui ne connaissent le Christ et son Évangile, ni même Dieu.

Elle sait que précisément sur le chemin de la vie morale la voie du salut est ouverte à tous, comme l'a clairement rappelé le Concile Vatican II » (Jean-Paul II, Veritatis Splendor).

Extra Ecclesiam nulla salus — Wikipédia (wikipedia.org)

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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 19:29

Dés le début de votre oraison, faites un acte de foi en la mystérieuse présence du Christ en vous, que l’Ecriture nous certifie :
« Vous connaîtrez que je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous » (Jn 14, 20) ; « Le Christ habite en vos cœurs par la foi » (Eph. 3, 17).

Si le Christ est vivant en vous, il y est priant.

Car pour le Christ, vivre c’est prier.

Rejoignez-le ; saisissez, appropriez-vous sa prière. Ou plutôt – car les termes que je viens d’employer mettent trop l’accent sur votre activité à vous – laissez cette prière vous saisir, vous envahir, vous soulevez et vous entraîner vers le Père. Je ne vous promets pas que vous la percevrez ; je vous demande seulement d'y croire et durant l'oraison, de lui donner, de lui renouveler votre pleine adhésion.

Cédez-lui la place, toute la place. Qu'elle puisse s'emparer de toutes les fibres de votre être, comme le feu pénètre le bois et le rend incandescent.

Prier, c'est exaucer la demande que le Christ nous adresse : « Prête-moi ton intelligence, ton cœur, tout ton être, tout ce qui en l'homme est susceptible de devenir prière, afin que je puisse faire surgir de toi la grande louange du Père. Suis-je venu pour autre chose que pour allumer le feu sur la terre et qu'il se communique de proche en proche, transformant tous les arbres de la forêt en torches vives ?

Ce feu est ma prière. Consens au feu.»

Le Christ est présent chez le petit baptisé comme chez le grand mystique. Mais la vie du Christ en l'un et en l'autre n'est pas au même stade de développement.

Si dans l'âme du nouveau baptise déjà vibre la prière du Christ, elle n'y est pourtant qu'en germe, un germe de feu.

C'est tout au long de l'existence, dans la mesure même de notre coopération, qu'elle s'intensifie et peu à peu prend possession de notre être tout entier.

Notre coopération consiste d'abord à adhérer par le plus profond de notre vouloir à la prière du Christ en nous.

Mais remarquez bien le sens très fort que je donne à ce mot adhérer : il ne désigne pas un mol accord, un acquiescement du bout des lèvres, mais un don total, à la manière de la bûche qui se livre à la flamme pour devenir feu à son tour.

Notre coopération consiste encore à rechercher de toute notre intelligence de quoi est faite la prière du Christ en nous, ses grandes composantes : louange, action de grâces, offrande, intercession... afin de les épouser plus parfaitement. (…)

Cette prière du Christ en lui, que sa foi lui garantit, que sa méditation lui fait mieux connaître, l'homme d'oraison longtemps ne la perçoit pas. Un jour vient pourtant - et ce n'est pas nécessairement au cours de l'oraison - où il la découvre en son âme. Il se tait alors, il craint de l'effaroucher, comme on craint d'effaroucher l'oiseau venu se poser sur le rebord de la fenêtre...

Père Henri Caffarel in "Présence à Dieu"

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25 septembre 2022 7 25 /09 /septembre /2022 19:30

Les Bretons sont restés fidèles à leurs croyances et traditions, pour beaucoup héritées des Celtes, en dépit des actions du clergé pour extirper toute référence au paganisme. Comme en témoigne le grand nombre de fontaines sacrées, pélerinages, ex-voto et chapelles votives, les saints tiennent une place importante dans la vie des Bretons, survivance du polythéisme breton.

Les sept saints fondateurs des évêchés armoricains ou 'pères de la patrie' sont saint Patern (Vannes), saint Corentin (Quimper), saint Brieuc, saint Tugdual (Tréguier), Saint Samson (Dol), saint Malo, Saint Pol Aurélien (Saint-Pol-de-Léon). Mais la Bretagne a su conserver toute son affection pour des saints.

Sainte Anne

Le culte de sainte Anne, épouse de Joachim, mère de la Vierge, succédant à celui de la déesse celtique Ana, participe véritablement à la conscience bretonne. Les premiers missionnaires, qui évangélisent l'Armorique, lui portent une grande vénération, son culte s'étend à l'Eglise Universelle en 1584. En août 1623, le miracle se produit : une dame mystérieuse apparaît à Yves Nicolazic dans le champ du berceau du Bocenno, près d'Auray (Morbihan). Elle lui indique qu'autrefois une chapelle, la première de tout le pays, lui était dédiée et souhaite que la chapelle soit rebâtie. Quelque temps plus tard, Yves Nicolazic découvre une statue à l'endroit-même indiqué par la sainte, emplacement actuel de la basilique de Sainte-Anne d'Auray.

Saint Ronan

Moine irlandais, Ronan arrive en Pays de Léon au VIIe siècle pour y trouver la solitude. Peu de temps après, avec l'aide d'un paysan, il s'installe dans la forêt du Névet en Cornouaille. Mais la femme du paysan, Kebenn, cherche à nuire à Ronan et le poursuit de ses calomnies. Pour la paix de son âme, il décide finalement de quitter la Cornouaille pour Hillion, près de Saint-Brieuc, où il meurt. Un chariot, tiré par deux boeufs, ramène sa dépouille jusqu'au lieu où s'élève aujourd'hui l'église Saint-Ronan, à Locronan (Finistère). A la différence des cultes des saints guérisseurs honorés par le peuple et la bourgeoisie, le culte de saint Ronan s'est étendu à la dynastie bretonne : tous les ducs de Bretagne sont venus prier sur sa tombe pour obtenir 'hoir* et lignée'. *héritiers

Saint Yves

Patron universel de la Bretagne, Yves Hélory, né en 1253 près de Tréguier, devient magistrat à Rennes et à Tréguier, recteur d'une petite paroisse en 1284. Il se distingue par sa justice et son amour des pauvres, auxquels il consacre lotit son temps et qui lui vaut son surnom d'avocat des pauvres. Il est canonisé par Rome en 1347.

Saint-Patrick

Saint Patrick serait né en 390 au nord des îles britanniques. Il est dit être le fils du décurion Celpurnius. Il fit son apprentissage forcé chez les Gaëls, sa formation ecclésiastique en France puis sa mission évangélisatrice en Irlande.

Breton chrétien, Patrick a su parfaitement appréhender et respecter l'originalité du celtisme irlandais du Ve siècle. Pour certains, Patrick n'était donc qu'un druide converti au christianisme. Fusion entre christianisme et ancienne religion des Celtes, le christianisme irlandais est en effet très différent du christianisme romain, il admet par exemple le ' jeûne contre Dieu '. Lorsqu'un chrétien irlandais estime que Dieu s'est montré injuste à son égard, il a le droit d'entreprendre un jeûne pour obliger Dieu à reconnaître son erreur.

C'est évident, Patrick est également magicien à ses heures. Armé de son bâton magique, il chasse les serpents qui infestent l'Irlande. Pédagogue, il utilisera la feuille du trèfle pour expliquer le mystère de la Trinité aux Irlandais. La fête de la Saint Patrick est d'ailleurs appelée ' fête du Shamrock ', c'est-à-dire du trèfle, emblème national de l'Irlande. C'est Patrick qui fera de l'Irlande ce que l'on a appelé ' île des saints ', d'où partiront plus tard des évangélisateurs vers le continent, dont le plus célèbre : saint Colomban.

Saint Théleau

L'histoire nous montre saint Théleau, compagnon de saint Samson de Dol, concourant avec lui à l'évangélisation des bretons et aussi à l'implantation du pommier en Bretagne, puis retournant au-delà des mers, pour mourir archevêque de Llandaff, au Pays de Galles, à la fin du VIe siècle. On dit qu'il vint avec une partie de son troupeau en Armorique chercher un refuge temporaire contre la peste qui dévastait son pays et il faut croire que c'est à cette occasion qu'il se retira dans les bois et montagnes du pays de Châteauneuf, et c'est ici que nous devons recourir à la légende pour nous rendre compte de la grande dévotion conservée pour le serviteur de Dieu dans la paroisse qui a l'honneur de porter son nom, Landeleau.

Saints protecteurs

Saint Fiacre et saint Jacques veillent respectivement sur les jardins et les marins. Sainte Barbe est la patronne des pompiers et de ceux qui manient les explosifs.

Saints guérisseurs

  • Saint Roch et saint Sébastien jadis invoqués en temps de peste,

  • Saint Mamert, quant à lui, soigne les maux de ventre,

  • Saint Yvertin les maux de tête,

  • Sainte Apolline les maux de dents,

  • Saint Méen les troubles de l'esprit.

Saints vétérinaires

  • Saint Comély ou saint Herbot pour les bovins,

  • Saint Gildas, saint Hervé, saint Eloi pour les chevaux,

  • Même les volailles ont leur saint : saint Ildut.

A la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (Finistère), des personnes soucieuses de retrouver des objets perdus déposent des pains devant la statue de santik Du. Santik Du est aussi imploré pour faire le beau temps quand il pleut, sinon sa statue est alors tournée vers le mur.

Au Folgoët (Finistère), à l'occasion du grand pardon, le pèlerin touche ou embrasse la statue de Notre-Dame de Folgoët en espérant voir ses vœux exaucés.

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