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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 20:19

Deuxième partie

Première partie

http://www.seraphim-marc-elie.fr/2020/10/aimer-a-l-infini-1.html

Lire des extraits du livre

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 20:30

Comment approcher le Coran ? Une piste est possible.

Le Coran est un texte bien difficile à approcher pour nous, chrétiens occidentaux.

Il y a pourtant une façon de le parcourir, peu connue chez nous mais tout aussi méconnue chez les musulmans « de base ».

Essayons d’aborder le Livre par la lecture éclairée des soufis, ces « gens du banc » ou « de la laine », c’est-à-dire ceux qui, aux temps prophétiques, se tenaient discrètement sur le côté (le banc) ou étaient revêtus de l’humble laine de mouton. Un soufi se présente dans sa confrérie comme un faqir, un « pauvre en Dieu ».

On connaît les trois boules qui surmontent le toit des mosquées, de la plus grosse à la plus petite. Elles représentent, pour la première, la Charia, religion et loi communes pour le plus grand nombre, si ce n’est pour tous. La seconde, à un niveau plus profond, est Imam, la Foi. Enfin la dernière est Ihsan, l’excellence, degré subtil de la Connaissance dont le Soufisme se réclame.

On trouve tout dans le Coran, tout et son contraire, la miséricorde comme l’impitoyabilité. 

Pourquoi ? L’Evangile n’a pas été lui non plus à l’abri d’interprétations variées, voire opposées.

Il faut avoir tout d’abord à l’esprit que l’Islam est une religion mère, et que la Oumma (la Communauté) qui la caractérise, ne veut perdre aucun de ses enfants. La Oumma est comme un grand cercle à l’intérieur duquel ceux qui se trouvent près de la circonférence comme ceux qui se rapprochent du centre, font tous partie de la même Communauté.

Commençons par ce verset qui illustre bien cette notion de Communauté, la Oumma:

Je vous ai donné une Parole, afin que chacun puisse la recevoir selon son propre degré d’entendement. Si tu veux du jugement et de l’exclusion, tu vas les y trouver, et si tu veux du spirituel tu vas en être nourri largement. Certains en sont encore aux formes : ils sont musulmans. D’autres sont sur une voie d’intériorité, ils sont musulmans.

Le Soufisme, qui remonte, nous l’avons vu, aux tous débuts des temps prophétiques, se définit comme « Cœur de l’Islam », Ishan étant l’excellence. Si le terme de Gnose a été assimilé à de l’hérésie dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, il n’en est rien en Soufisme où Connaissance cachée (Gnose) et Initiation ont gardé toute leur place.

Nul ne connaît son interprétation (Coran III – 7 ): entendez l’interprétation du Coran. Étonnant verset qui dérange tant les dogmatiques musulmans, empressés qu’ils sont de jeter des anathèmes. Seul Dieu connaît le sens ultime du texte, voilà ce que dit le Coran lui-même, ce qui devrait rendre chacun humble et tolérant.

Pour renforcer ce verset, la tradition donne à Dieu cent noms. De tous ces noms ou attributs, les plus rapprochés que seraient les connaissants, les prophètes ou les humbles, n’en pourront jamais connaître que quatre vingt dix neuf.

Voilà bien une autre leçon d’humilité : au cœur même de chaque nom que tu invoques et prononces avec tant d’aplomb, persuadé que tu es de connaître le sens ultime, le centième nom joue comme le rôle d’une déconstruction incontournable : tu crois me connaître, te chuchote Dieu, eh ! bien non, tu n’y parviendras pas !

Et comme preuve supplémentaire de cette impossibilité foncière, s’il en fallait une, on dit dans la Tradition que le voile de Dieu, c’est la lumière : qui pourrait voir derrière ce voile de la lumière ? N’est-il pas également dit que celui qui verrait Dieu en mourrait instantanément ?

Autre verset dérangeant : « En religion, nulle contrainte »(Coran II - 256). Eh oui, c’est dans le Coran : pas de contrainte en religion, qui l’eut cru quand on entend tous les jours les prêcheurs faire et dire le contraire ? Ce verset se trouve appuyé immédiatement par cet autre : « Si Dieu l’avait voulu il aurait fait de vous une seule communauté, mais Il vous a laissé une pluralité de formes afin que vous vous connaissiez ! » (Coran V – 53)

La bienveillance, cela saute aux yeux pourtant : toutes les Sourates, ces tranches de Coran au nombre de cent quatorze, toutes les sourates, sauf une, commencent par la bénédiction : « Au nom de Dieu, le Miséricordieux ». Ce détail répété trop souvent machinalement, mais pourtant énorme, indique bien que l’éclairage du Texte en son entier se fait sous la lanterne de la Miséricorde.

Nombreux en effet sont les versets ou les hadiths (faits et paroles attribués au Prophète) qui s’avèrent contenir les mêmes leçons que la Parabole du Bon samaritain, où, à plusieurs reprises, le Juif et le chrétien par exemple, au cours d’une anecdote, sont présentés comme « le bon muslim ».

Est muslim, un mot qu’on peut traduire par « croyant », ou mieux, vrai croyant, est muslim celui qui fait la volonté miséricordieuse de Dieu, bien plus que celui qui se dirait trop vite musulman ou trop facilement musulman de naissance.

Mourrez avant de mourir, ce hadith, l’un des préférés des soufis, n’est pas  sans nous rappeler le verset : « Si le grain ne meurt »... mourir à soi-même, pour renaître à la Vie, et donc éteindre la vanité de l’égo, lorsque le croyant de tous bords juge et condamne les autres au nom de la vérité de sa religion.

Un maître soufi, il y a peu de temps, recevant ses disciples pour fêter l’Aïd, n’avait pas tué de mouton. A ceux qui semblaient s’en étonner, il dit : « Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas de tuer un mouton, mais bien plutôt de tuer l’égo ! ».

C’est pourquoi, dans cette veine, le véritable sens du mot Djihad n’est pas la guerre contre l’autre, mais la bataille qui se livre au-dedans de soi, « sans haine d’hommes et sans effusion de sang » comme disait Lanza del Vasto.

Un hadith célèbre raconte, qu’au retour de l’un des derniers soirs de bataille, le Prophète aurait dit à ses compagnons : « Jusqu’à présent nous avons fait les petites guerres, il nous faut à présent commencer la grande guerre (le Djihad).»

Quel sens donner à ce mot de grande guerre ou de guerre sainte pour employer une terminologie chrétienne ?

Encore une fois, que chacun, au fond de soi, choisisse sa lecture et ensuite, sa Vocation.

Pour finir, un mot sur le Salam aleykoum : le salut avec toi (avec vous). Attention : Salam est l’un des cent noms de Dieu. Si bien que, la main posée sur le cœur, les deux personnes qui se croisent se disent : Dieu qui est dans mon cœur est dans ton cœur. Cette réciprocité du geste, lance comme un fil entre les deux : non seulement Dieu est en chacun de nous, mais il est entre nous, nous reliant par le cœur, et d’où chacun invite fraternellement l’autre à ce qu’il n’oublie pas cette présence de « Dieu en Soi », comme disait Marcel Légaut.

Le Salut donc, le Salam, est un Rappel. Un appel à l’Éveil. Et les soufis de dire que le Dhikr qu’ils pratiquent (souvent répétition lancinante des noms divins) veut dire incantation et surtout : rappel.

En notant enfin que Salam, l’un des noms les plus proclamés dans le Soufisme, veut dire : Paix.

Salam, donc, à chacun de vous, et au fond de vous.

Jean-louis Carrasco-Peñafiel - Septembre 2020

PS : Il faudrait ici mille pages pour prolonger l’étude, ce dont nous sommes bien incapable. Toutefois ces quelques éléments, si infimes, pourront peut- être nous orienter, malgré les difficultés d’approche qui subsisteront. Le Coran, comme la langue arabe, porte en lui quelque chose du Sahara, ce désert mouvant, demain jamais vraiment le même qu’aujourd’hui. Une Parole qui va et vient, quelquefois en tourbillons de sable, que tu crois saisir ici mais qui n’y est plus, et dans laquelle il semblerait que seul un véritable nomade de l’Esprit pourrait conserver des repères

 

 

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 20:22

Lorsque je vivais encore en Roumanie, j'allais me confesser à un hiéromoine dans un monastère pas très loin de ma ville natale. Un jour, j'ai emmené Maria "ma fille" avec moi.

Nous avons participé aux services, nous avons reçu la bénédiction du staretz et, en rentrant chez nous, elle m'a demandé, après avoir été très silencieuse et observatrice tout le long du chemin : Papa cet homme, était-ce Jésus ?

Une confusion similaire est arrivée à Saint Jean-Baptiste lorsque le peuple d'Israël l'a confondu avec le Messie : "voici le récit de Jean" lorsque les Juifs envoyèrent des prêtres et des lévites de Jérusalem pour lui demander "Qui es-tu ? Et il a confessé' et n'a pas nié ; mais il a confessé' je ne suis pas le Christ. Et ils lui demandèrent : "Quoi donc ? Es-tu Elie ? Et il répondit : "Je ne le suis pas". Es-tu ce prophète ? Et il répondit : "Non." (Jean 1:19-21)

Dans la tradition de l'iconographie, tous les saints sont représentés avec des traits qui ressemblent à l'icône du Christ, avec les mêmes organes sensoriels transfigurés et une apparence céleste. Ils semblent tous appartenir à la même famille.

Tous ces cas d'identité "erronée" partagent la même racine : un prophète' un saint et un moine' ressemblent tous au Fils de Dieu. Comment cela est-il possible ?

En tant qu'humains, nous partageons tous l'image de Dieu plantée en nous depuis notre création. Nous partageons tous en fait cette identité divine mais "sous le péché", le visage de Dieu se couvre en nous et nous devenons "au moins extérieurement" quelqu'un d'autre.  

Par le péché, nous perdons notre ressemblance avec Dieu et nous prenons l'apparence que le monde sans Dieu qui nous entoure a peinte sur nous.

Le monde lui-même a depuis longtemps perdu son identité. Il a cessé d'être un véhicule pour l'édification de l'homme en Dieu et s'est transformé en une "pomme de discorde et d'inimitié entre les gens". 

Le Diable' le plus grand voleur d'identité [' diabolos' le trompeur'] a réussi à nous vendre' à partir d'Adam et Eve une réalité qui n'a rien à voir avec la réalité véritable de Dieu' mais qui plaît aux sens et promet tout et au-delà. 

Nous avons été séduits par ses promesses et maintenant nous vivons dans ce monde avec l'illusion qu'il peut nous combler' ; nous luttons chaque jour pour atteindre des objectifs dénués de sens' ; nous manquons complètement notre véritable but et notre destin.

Un saint, par contre, est une personne qui a découvert l'image de Dieu en lui et qui a trouvé sa place dans le monde en agissant selon sa ressemblance. Un saint montre au monde sa véritable identité" en imitant le Christ presque jusqu'à la confusion.  

"Je suis crucifié avec le Christ : cependant je vis ; cependant ce n'est pas moi' mais le Christ qui vit en moi : et la vie que je vis maintenant dans la chair, je la vis par la foi du Fils de Dieu' qui m'a aimé' et s'est livré pour moi". (Gal 2, 20). Un saint est une personne qui a renoncé à elle-même et pourtant son identité et son altérité se sont réalisées au-delà de toute imagination.

Ce n'est pas' cependant' limité aux seuls saints. Après tout, nous sommes "une génération élue' un sacerdoce royal' une nation sainte" (1 Pierre 2:5-9). Mais "paradoxalement", pour que nous devenions ce que nous sommes vraiment, nous devrions laisser le Christ prendre le dessus. "Il doit augmenter' mais [nous] devons diminuer". (Jean 3:30) jusqu'à ce que nous atteignions la "mesure de la stature de la plénitude du Christ" (Ep 4:1').  

Nous pouvons sembler vivre en abondance dans ce monde' mais ce n'est qu'une illusion 'car vous êtes morts' et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ' qui est notre vie' apparaîtra' alors vous apparaîtrez aussi avec Lui dans la gloire". (Col 3:3)

Nous ne sommes pas nous-mêmes et nous ne vivons pas vraiment tant que nous ne sommes pas avec le Christ. Ne laissez pas le monde vous dire le contraire ; notre véritable identité ne s'accomplit qu'en étant chrétiens.  

Les chrétiens ne se contentent pas de croire qu'ils sont différents des autres, ils existent dans une réalité différente, une réalité authentique dans laquelle Dieu devient homme et l'homme devient dieu.

C'est la version de la réalité de Dieu", la seule vraie et originale.

Je suis chrétien, donc je suis !

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

GLADSOME LIGHT DIALOGUES 

– AN ORTHODOX BLOG

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