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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 23:18
Réflexions après le départ d'un être cher

Un ami parti de l'autre côté...

Que dire devant la mort, surtout lorsqu'elle surprend par sa violence ? Un ami si jeune qui se jette sous un train et la vie bascule...

La souffrance est telle qu'elle recouvre parfois tout, et par cette âme qui s'envole de l'autre côté du rivage, c'est l'immense question du sens qui se pose à nouveau à chacun d'entre nous. 

Je porte en moi ta souffrance, tel un appel au secours non entendu, mais loin de toute culpabilité, je t'écoute aujourd'hui, de l'autre côté du voile.

Rien n'est fini, tout commence et, dans ton envol, tu perçois toute la lumière de l'Amour Divin qui nous relie les uns aux autres. 

Cet Amour, nul ne peut l'interrompre, pas même Dame la Mort. Tu étais encore si jeune, et ton désir de pureté, d'absolu, t'a fait passer pour un insouciant ! 

À présent, par ses ailes déployées, ton âme plane parmi nous, pour nous rappeler l'essentiel que nous étouffons si souvent dans nos préoccupations matérielles.

Puisses-tu nous entraîner vers la Lumière du Très-Haut, afin que ton départ transforme notre relation à toi en un pont où passerons les véritables valeurs. 

Car lorsque tu paraissais hors de la réalité, oubliant certaines contingences, tu pressentais déjà combien l'ultime se joue dans l'instant présent que nous délaissons, entre un passé immédiat et un avenir toujours trop tôt commencé. 

Vivre l'aujourd'hui, pour densifier le temps présent comme l'expérience de l'éternité...

De l'autre côté du voile, tu nous dévoiles à présent ton secret, cet héritage que nous transmettrons à ton épouse et à tes chers enfants.

En attendant, bon voyage à toi, dans l'éternelle jeunesse où tu viens de plonger pour hurler à la face du monde l'urgence de l'authenticité dans l'Amour.

Je ne t'oublierai jamais et je te confie au Maître de la Vie, celui que j'appelle le Christ.

Pierre Colombani

Extrait d'une lettre du Père Molinié à son ami Cioran en 1944

Tu n'as pas connu ma Mère, mais tu m'es un ami trop profond pour ne pas te tenir au courant de ma souffrance.

La mort est une réalité écrasante, absolue: en face d'elle rien ne peut résister, que la foi.

J'ai bien reçu ton petit envoi : mais ton appel silencieux vers une métaphysique du désenchantement lucide et de l'évasion, tombait assez mal...

Devant la mort, on ne peut plus croire aux apparences : il faut choisir entre le néant (non plus relégué en fond de tableau, dans la philosophie, mais au premier plan, en pleine lumière, hallucinant)... et Dieu.

Heureusement j'avais déjà choisi - ou plutôt Dieu m'avait choisi.

Comment peut-on oublier la mort !

Chacun en parle comme s'il était immortel : la mort, c'est toujours celle des autres.

Je suis effaré de voir les gens avoir pitié de Maman comme les riches ont pitié des pauvres, en se sentant à l'abri.

Ah ! les insensés qui, lorsqu'on les presse et les accule, se font gloire de l'être, afin de ne pas voir, à aucun prix ! et moi tout le premier !

Ton ami
 

A Molinié

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Published by Marc-Elie - dans Textes
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