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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 23:20
Enluminure aquarellée par Sophie Guichard

Enluminure aquarellée par Sophie Guichard

Chers Amis,

    Dans quelques jours, le 1er octobre, nous célèbrerons saint Rémi évêque de Reims. Je voudrai vous partager un peu de mon amour pour cet homme car bien que nous ne connaissions que peu de chose de lui, c’est un pilier de la foi chrétienne dans notre pays.

Né en 437, d’une famille gallo-romaine, patricienne, riche et cultivée, il reçoit une formation de fin lettré, mais se retire pour vivre en solitaire, or bien que n’ayant que vingt-deux ans seulement, en 459, on vient le chercher car il a été élu évêque par le clergé et les fidèles de l’Eglise de Reims. 

Dans cette Gaule romanisée, mais où l’empire romain s’écroule de toute part, l’évêque est non seulement un chef spirituel mais aussi un gouverneur civil, jouissant d’un grand prestige et d’un grand pouvoir dans son diocèse.

Les historiens s’accordent pour affirmer que Remi exerce auprès du roi Clovis une influence persuasive énorme, dès son avènement, par des lettres, par des visites, par Clotilde, l’épouse chrétienne de Clovis qu’il conseille.

Aussi lorsque Clovis décide de se convertir au Christ, c’est à Reims que le baptême a lieu et c’est saint Rémi qui le baptise, entouré par de nombreux évêques des Gaules. 

Saint Remi déclara alors : « Retire humblement tes colliers, (c’est-à-dire tes amulettes, tes faux dieux), fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré. »

C’est un premier enseignement et n’hésitons pas, comme avec la Bible, à mettre notre prénom à la place de celui du fier Sicambre.

Alors nous entendrons saint Rémi nous engager à retirer nos propres colliers, tous ces faux dieux qui nous lient et nous font brûler chaque jour tant de fois celui que nous voudrions adorer.

Hors cette célèbre déclaration, il ne nous reste que quatre lettres de saint Rémi, mais elles nous donnent la substantifique moelle de la personnalité et de l’enseignement de celui-ci. Deux lettres au roi Clovis et deux lettres à des confrères évêques.

Dans la première il dit notamment au roi : « Ta bonté doit s’exercer de manière intègre et honnête. Que la justice sorte de ta bouche sans rien attendre des pauvres et des étrangers. ».

En d’autres mots, il lui dit de ne pas chercher à faire plaisir pour t’attacher les gens, mais d’agir dans l’exact rapport de la justice et de la miséricorde !

Il lui dit aussi : « Rends courage, relève les affligés, nourris les orphelins… que ton prétoire soit ouvert à tous afin que personne ne s’en retourne triste. Tu possèdes certaines richesses paternelles avec lesquelles tu libéreras les prisonniers et tu délieras du joug de la servitude. » 

Posons-nous donc ici aussi la question : Quelles sont mes richesses paternelles ? Quels sont les orphelins que je dois nourrir ? Quels sont les prisonniers que je dois libérer ? Les esclaves que je dois délier ?

Je peux me poser la question en regardant mon entourage, mais aussi le monde, en regardant mes relations mais aussi en moi-même. Quel est l’orphelin qui a faim, quel est le prisonnier, voire l’esclave à délier, quel est celui qui est triste en moi ?

Dans la seconde lettre, saint Remi console le roi qui vient de perdre sa sœur : « Repousse de ton cœur la tristesse, réconforte tes membres grâce à un cœur joyeux. Sois toi-même le consolateur de ton âme en maintenant en toi la providence innée qui se trouve en elle, afin que la tristesse n’étouffe point la clarté en ton esprit. Quant à sa mort présente, comme nous devons le croire, le roi (c’est-à-dire Dieu) s’en réjouit dans le ciel. » 

En quelques mots forts, saint Rémi nous donne un enseignement anthropologique : tes membres, ton âme, ton esprit, ton cœur, mais aussi un enseignement mystique : repousse la tristesse grâce à un cœur joyeux à l’image de ton Dieu qui se réjouit dans le ciel. Quelle belle direction, quel beau chemin nous propose saint Rémi en si peu de mots !

Dans deux lettres qu’il envoie à des confrères évêques, nous retrouvons aussi le même équilibre de justice et de miséricorde. Dans l’une il défend les droits de son diocèse face à un jeune confrère ambitieux et peu respectueux du droit, et dans l’autre il appelle à la miséricorde les évêques de Paris, Sens et Auxerre, pour un homme qu’il a ordonné prêtre et qui a chuté, gravement, jusqu’au sacrilège.

D’emblée il leur dit : « l’amour ne passe jamais » puis reprenant les paroles de son maître : « Je ne veux pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. ». Il les engage à ne pas négliger cette volonté du Seigneur et à s’en tenir, non point à la colère, mais au soin des hommes. Là aussi nous pouvons largement faire profit de son enseignement pour notre vie, que ce soit en couple, en famille, en communauté, au travail, dans la cité. 

Saint Remi mourra à quatre-vingt-seize ans, le 13 janvier 533. N’hésitons pas à enjamber les siècles et à nous adresser à lui par la prière. Parlons lui, il saura nous guider quand notre gouvernail est hésitant, il saura faire mémoire en nous de notre baptême, immersion en Celui qui éloigne la tristesse et donne la joie et il saura aussi nous rappeler que l’amour ne passe jamais.

Chers amis, si vous le pouvez, passez donc par Reims et arrêtez-vous, pas à la cathédrale, mais à la basilique saint Remi, où sont ses reliques, il y est très présent comme il l’était autrefois et adressez-lui vos prières. Il vous entendra et il vous guidera.  

            Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !


Père Pascal

Télécharger la lettre au format pdf

http://www.centre-bethanie.org/compression/lettre_bethanie_136.pdf

Calligraphie Sophie Guichard

Calligraphie Sophie Guichard

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Published by Marc-Elie - dans Textes
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