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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 23:52
La porte de l'enfer
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La porte de l'enfer

« Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance » : telle était l’inscription qui accueillait les damnés dans l’« Enfer » de Dante, principale source d’inspiration du grand œuvre de Rodin.

En 1880, le sculpteur reçut de l’État la commande d’un« modèle de porte décorative » ornée« de bas-reliefs représentant La Divine Comédie de Dante », destinée à la façade d’un futur Musée des arts décoratifs. Rodin allait passionnément s’y consacrer pendant une dizaine d’années. Il imagine d’abord des portes à caissons, sur le modèle fameux desPortes du Paradis de Lorenzo Ghiberti au Baptistère de Florence.

Les différentes maquettes permettent de suivre l’évolution du projet. De l’une à l’autre, les compartiments se dissolvent, l’espace s’unifie et gagne en profondeur. L’élément architectural devient primordial, autonome puisque le lieu d’accueil n’existait pas encore, doté de ses propres qualités plastiques et dramatiques. Pilastres, entablement, corniches fortement saillantes forment un cadre construit de style classique à l’intérieur duquel grouillent les personnages. Les principaux d’entre eux se réfèrent à Dante : celui qu’on appelleraLe Penseur est à la fois Minos, juge des Enfers, et le poète méditant sur son œuvre. Le futur Baiser représente Paolo et Francesca, les amants malheureux enfermés dans le cercle des amours maudites. Et Ugolin rampant parmi les corps de ses enfants morts que, affamé, il s’apprête à dévorer, est une des figures inoubliables de La Divine Comédie.

« Chaque corps obéit impitoyablement à la passion dont il est animé, chaque muscle suit l’impulsion de l’âme. Même dans les contournements les plus étranges et les formes les plus tordues, les personnages sont logiques avec la destinée dont l’artiste a marqué leur humanité révoltée et punie. (…) L’effroi, la colère, le désespoir, allument les yeux, tournent les bouches, tordent les mains… » : c’est ainsi qu’Octave Mirbeau décrit la Porte de l’Enfer en 1885. À cette date, une autre source d’inspiration s’est imposée au sculpteur, c’est Baudelaire, avec ses thèmes de prédilection, séduction féminine, volupté, tentation, damnation… Lorsqu’en 1888 le collectionneur Paul Guimard lui demande d’illustrer de dessins son exemplaires des Fleurs du Mal, l’artiste reprendra des motifs tirés de la Porte.

Le chaudron de la création

C’est pour la Porte de l’Enfer qu’ont été conçues certaines des figures les plus connues de Rodin, appelées à devenir par la suite des sculptures indépendantes,Le Penseur, Le Baiser, Ugolin, La Danaïde, ou encore Les Trois Ombres perchées au sommet du monument. Ce grand œuvre est aussi une sorte de chaudron géant où se condensent ses recherches et ses techniques, son système de variations à partir d’une même forme, agrandie ou réduite, répétée, fragmentée, assemblée à d’autres formes en des combinaisons nouvelles.

C’est le creuset où se trouvent « refondues » ses créations antérieures et où il ne cessera plus de puiser pour ses œuvres à venir. À sa grande rétrospective de 1900, Rodin montre une version de la Porte de l’Enfer dénuée de l’essentiel de ses groupes et figures, qui avaient pourtant été moulés pour cette occasion (elle sera par la suite « recomplétée »).

Pourquoi avait-il pris ce parti ? Mystère. Mais il est très troublant qu’à l’heure de son triomphe le maître ait décidé de montrer cette œuvre capitale, véritable testament artistique, à l’état de coque vide. Comme on gomme une page trop pleine pour retrouver un peu de blanc, une chance de recommencement ?

 

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Published by Marc-Elie - dans Art
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