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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 22:58

 

Si vous ne pouvez pas aimer, aimez quand-même !

Matthieu 22, 37 à 39

37 Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.

38 C'est le premier et le plus grand commandement.

39 Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Commentaire du diacre Marc-Elie

Un seul mot résume toute la Bible, un seul mot résume l’ensemble des textes sacrés des juifs et des chrétiens et la totalité de l’expérience mystique des saints ; un seul mot sur lequel est fondé notre foi et notre relation à Dieu, aux autres et à nous-même et ce mot, vous l’avez compris, c’est : l’AMOUR

« L’amour est tout qui est Dieu même » révèle St François à nos frères et sœurs de l’Eglise Orthodoxe Celtique.

L’amour est tout et ce qui n’est pas amour est néant. « Si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien »[1]  dit Saint Paul. Et rien de ce qui existe n’a de réalité si l’amour n’y a pas part.

L’univers existe, les êtres vivants existent, l’homme existe, j’existe parce que cela a été voulu par amour et parce que continuellement l’amour qui est Dieu même insuffle la Vie et l’harmonie en toute chose et tout être. L’amour est le sang de la vie divine qui s’écoule dans la création.

Rien de ce que je fais n’a de réalité si je ne le fais avec amour. « Vous gardez le silence, dit Saint Augustin, faites-le par amour; vous ouvrez la bouche, parlez par un motif de charité; vous reprenez votre frère, reprenez-le par amour; vous croyez devoir l'épargner, faites-le également par amour. Ayez au fond du cœur la racine de l'amour »[2]

Nous sommes des sépulcres blanchis, des morts- vivants, des marionnettes esclaves des fils des passions qu’agite le prince du Néant  si nous ne participons pas à l’amour, si nous n’avons pas l’amour en nous. Et participer à « l’amour qui est tout, qui est Dieu même », c’est « aimer Dieu, de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre intelligence »[3] et c’est « aimer son prochain comme soi-même »[4] comme nous le rappelle Jésus.

L’amour humain n’est bien sûr que le pâle reflet de l’amour divin, de cet amour incréé qui unit les trois personnes de la Trinité dans une extase que nous ne connaîtrons jamais.

Mais cet amour affectif, sensible que produisent le corps et le psychisme est lié mystérieusement à l’amour divin qui anime notre esprit immortel. Le désir d’amour humain pour Dieu est la clé qui ouvre les portes du cœur à l’amour divin.

Le commandement d’aimer Dieu et d’aimer son prochain n’est pas un ordre mais une parole, la Parole, le Verbe lui-même en action, le Verbe qui est semence et vie.

Jésus nous parle, il nous indique le chemin. A nous alors de faire l’effort de l’entendre et l’ayant entendu de nous mettre en mouvement vers lui. Laisser sa parole pénétrer en nous c’est faire de l’agir humain un agir divin, c’est s’unir au Verbe, c’est laisser Dieu agir en nous et par nous, c’est enfanter le Christ en nous.

Nous pouvons aimer Dieu « parce qu’il nous a aimé le premier »[5] dit Jean. Dieu en moi est plus intime à moi-même que moi-même, Dieu m’aime plus encore que je ne m’aime et il attend patiemment que je réponde à cet amour inconditionnel.

Et cette réponse amoureuse ne peut venir d’un cœur tiède, raisonneur, timoré mais d’un cœur fou de passion et de désir. Jésus nous dit d’aimer Dieu de tout notre être, c’est-à-dire de toute notre affectivité, de tous nos sentiments, de toute notre intelligence. Aimer vraiment c’est se donner totalement à celui ou celle qu’on aime, c’est lui donner sa foi et sa confiance jusqu’à lui remettre dans les mains la direction de notre vie.

Un tel amour n’est pas donné spontanément à tout un chacun et être chrétien c’est faire de la petite étincelle d’amour que nous avons tous en nous un feu dévorant ; c’est s’exercer à cet amour simplement et quotidiennement. Car l’amour à ses débuts est affaire d’exercice et ensuite d’entretien.

L’exercice c’est bien sûr la prière, la méditation, les temps de silence où je me mets en présence du Seigneur mais aussi la conscience de la beauté d’une fleur, du sourire d’un enfant comme autant de traces de l’amour de Dieu sur cette terre et à qui je dis intérieurement sans me lasser « je t’aime, je t’aime ». C’est aussi mon cœur qui se brise de compassion devant la souffrance et la tragédie humaine et où les seuls mots qui montent à mes lèvres sont : « Seigneur aie pitié ».

Oui Seigneur je t’aime  dans la joie et dans la peine, je te le dis et je te le répète même si mon cœur est sec et même si je ne sais pas si tu es bien là à mes côtés. Oui je veux t’aimer de toutes mes forces et de toute mon âme même si je ne suis pas digne de toi, même si je ne comprends pas pourquoi le mal traverse ta création.

Seigneur hâte toi au secours de mon incrédulité !

Mais peut-on vraiment aimer sur commande ? Peut-on se forcer à aimer ? N’est-ce pas antinomique avec la notion même de l’amour comme la révélation d’une attirance réciproque singulière ?

« Que faire quand on n’aime pas ? » en paraphrasant une question similaire posée à Marthe Robin et de s’entendre répondre par elle : « On aime quand même ! »[6]

Faire « comme si j’aimais», c’est ce qu’ont expérimenté les saints qui sont tous passés par des nuits de l’âme avec Dieu ou qui ont surmonté le dégoût ou l’irritation envers certaines personnes de leur entourage.

Ainsi Saint François se forçant à embrasser un lépreux ou Sainte Thérèse de l’enfant Jésus montrant de la joie et de l’affection au nom de l’amour à des sœurs qui pourtant l’indisposaient.

Je peux témoigner de cet enseignement. Un jour j’explique à mon père spirituel que je n’avais étonnamment aucun sentiment d’affection ou d’amour particulier pour Marie. Il me dit de la prier et de ne pas m’inquiéter plus. Et sans que je ne m’en aperçoive l’amour de Marie a grandi en moi et il m’a révélé que depuis mon baptême elle veillait sur moi et me couvrait de son tendre amour.

J’ajouterai que nous devons demander constamment à Dieu de nous donner l’amour pour lui et pour notre prochain, le vrai amour, celui dont Dieu nous aime, celui dont Jésus a aimé ses disciples. Et il nous sera donné car Dieu ne peut refuser cet appel à l’amour qu’il nous commande si nous le désirons vraiment. Dieu nous l’a promis : « Demandez et vous recevrez »[7].

L’injonction de Jésus d’« Aimer Dieu et son prochain »  est donc impérative et nous devons tout faire pour la faire notre en en comprenant l’enjeu vital tel que nous le reformule Jean  «  aimons nous les uns les autres; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. »[8]

A Lui le Seigneur Dieu qui nous aime d’un amour infini soit l’Honneur, la Puissance et la Gloire aux siècles des siècles. Amen !

 

[1] 1 Corinthiens 13,2

[2]  VIIe Traité de S. Augustin sur l'Epître de Saint Jean aux Parthes (§. 8)

[3] Matthieu 22, 37

[4] Matthieu 22, 39

[5] 1 Jean 4, 19

[6] « Que faire quand on ne peut pas s’abandonner? » « On s’abandonne quand même ! »

[7] Matthieu 7, 7

[8] 1 Jean 4, 7 et 8

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