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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 19:18
Le lavement des pieds

Depuis toujours, les commentateurs de l’Evangile que nous venons d’entendre se sont demandés pourquoi le Christ lavait les pieds des disciples, et pas une autre partie du corps. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà posé la question, mais moi, je me suis demandé : pourquoi donc les pieds ?

 

C’est intéressant que le Christ lave les pieds… il ne lave pas les jambes, ni les bras, ni la tête, il lave les pieds… alors qu’un pied c’est compliqué à laver, il y a des doigts, cela monte, cela descend, un pied, ça ne sent pas forcément très bon…

 

Alors je me dis que peut-être, le Christ a lavé nos pieds parce que nos pieds ressemblent parfois à notre vie. Un pied, c’est un peu comme nos vies, qui sont compliquées et pleines de replis, qui traversent des hauts et des bas…

 

En lavant nos pieds, Jésus, vient laver ces hauts et ces bas, laver les hauts de nos vies, quand tout va bien, pour nous aider à entrer dans l’action de grâce et à vivre de l’action de grâce, de la joie et de la vie de Dieu ; quand nous sommes en difficultés, quand nous sommes en bas, eh bien le Christ vient aussi laver nos bas, pour nous aider à y discerner sa présence douce, bienfaisante et salutaire.

 

Il y a les formes bizarres du pied, mais il y a aussi les odeurs… un pied cela ne sent pas forcément très bon… un peu comme nos vies… Ô combien nos vies parfois prennent une drôle d’odeur, une drôle d’odeur qui peut être l’odeur des larmes versées, l’odeur des regrets qui s’accumulent, des remords qui s’amoncellent, des péchés qui pourrissent… mais le Christ vient laver cela à grande eau, il vient y déposer un baiser, il vient y répandre le parfum du Saint Chrême, qui fait que depuis notre baptême, nous sentons la bonne odeur du Christ… bien sûr cette odeur de Saint Chrême peut être masquée avec le temps, mais le karcher de la confession met nos pieds et notre cœur à neuf, empli de ce délicieux parfum à nul autre pareil.

 

Dessin de Rembrandt

 

En prenant les pieds de ses disciples, en lavant, le Christ ne fait donc pas que laver des pieds, il nous rappelle que nous sommes déjà lavés tout entiers par le bain du baptême. En lavant les pieds, Jésus nous donne un signe, mais un signe cela renvoie toujours à plus loin… Derrière le geste de Jésus, il y a tout l’amour de Dieu, qui s’abaisse jusqu’à nous pour nous relever avec lui dans sa gloire.

 

En instituant par le lavement des pieds le service comme centre de la vie chrétienne et en donnant son Corps et son Sang, Jésus institue aussi le sacerdoce, qui est signe de l’amour de Dieu, ce Dieu qui donne des hommes pour veiller sur d’autres hommes. Derrière le signe du sacerdoce, il y a l’amour qui ne peut être satisfait que s’il abaisse auprès du plus faible.

 

Derrière le signe du pain et du vin, il y a une révolution admirable : nos yeux, nos sens peuvent nous dire que ce n’est que du pain ou du vin, mais notre âme, notre cœur, sait que, par la puissance de Dieu, ce pain est devenu Corps du Christ, nourriture solide pour notre marche à la suite de Dieu ; notre cœur, sait que, que par la puissance de l’amour de Dieu, le vin est devenu Sang du Christ, vin des Noces de l’Agneau, coupe de la vie éternelle.

 

...

 

Ce soir, nous vivons le début du passage de Pâques, avec la puissance d’amour de Dieu… Cette puissance est à l’œuvre dans notre monde, mais pas à la manière du monde, Dieu œuvre par l’abaissement. La puissance d’amour de Dieu est abaissement, comme nous le lisons dans la Passion, comme nous le lisons dans l’Evangile du lavement des pieds… abaissement… « qui s’abaisse sera élevé » nous dit Jésus.

 

L’abaissement ce n’est pas l’humiliation, c’est se mettre à niveau des hommes : comme lorsqu’un père ou une mère de famille se penche vers son enfant pour lui parler, le laver, le prendre dans ses bras ; c’est se mettre à niveau d’une personne affaiblie par la maladie, s’asseoir pour être au niveau de son visage, pour pouvoir lui prendre la main et demeurer ainsi en communion.

 

Se mettre à niveau des hommes, c’est voir en chacun l’enfant de Dieu qu’il est, soit pour le contempler, car la personne resplendit de l’Evangile, soit pour lui révéler combien est grand l’amour que Dieu a pour elle… S’abaisser pour mieux parler aux hommes de Dieu, leur dire qu’Il est venu dans leur petitesse pour y déployer sa grâce et son amour… S’abaisser enfin pour pardonner, car le pardon ne se donne pas de haut, il se fait don pour élever l’autre, l’ancien offenseur.

 

Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout… Jésus nous aime, jusqu’au bout, jusqu’au bout des pieds (il les lave), jusqu’au bout de la tête (il nous parle), jusqu’au bout de notre cœur (il donne son Corps pour nourrir notre corps).

 

Ouvrons nos mains, nos pieds, notre intelligence et notre cœur à ce Dieu qui vient nourrir notre soif de vie éternelle. Laissons-nous conduire par le Christ dans sa Pâque. Il a désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec nous.

 

Thomas Poussier

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