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24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 23:58
L’Adoration des bergers (vers 1645), Georges de La Tour,

L’Adoration des bergers (vers 1645), Georges de La Tour,

Les bergers contemplent un petit enfant couché sur un lit de foin. Le pinceau de La Tour le présente comme la « vraie Lumière qui éclaire tout homme » (Jn 1, 9).

Cinq personnes font cercle autour d’un nouveau-né. Est-ce là une scène de la vie quotidienne dans une ferme lorraine du XVIIe siècle ?

Difficile d’y croire. Habituellement, « lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris »…

Comme l’évoque le poète, autour d’une naissance, il y a toujours une certaine agitation : on parle, on prend des nouvelles de la maman, l’un trouve qu’il ressemble à son père, l’autre qu’il tient plutôt de sa mère.

Mais ici, ce n’est pas le cas : ici, on fait silence, ici, on retient son souffle. Ce nouveau-né couché dans une manne remplie de foin est l’enfant de Bethléem ; Marie et Joseph l’entourent et, comme les bergers qui viennent d’arriver, le spectateur lui aussi est invité à le contempler.

Lumière dans les ténèbres

Dans ce tableau, comme dans la plupart de ses œuvres, Georges de La Tour donne le premier rôle à la lumière. Elle vient d’une bougie dont nous ne voyons pourtant pas la flamme.

La main de Joseph la cache, si bien que c’est l’enfant, tout de blanc vêtu, qui devient la source lumineuse. Marie et Joseph bénéficient directement de sa clarté, tandis que les bergers, selon leur proximité, sortent plus ou moins de l’obscurité. Une lumière fragile qui pourtant « brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée » (Jn 1, 5).

La méditation de Marie

Le rouge éclatant de la robe de Marie attire notre attention. Contrairement à Joseph qui se penche vers le petit, la Vierge se tient droite, un peu en retrait. Les mains jointes, le visage grave, « elle retient tous ces événements et les médite dans son cœur » (Lc 2, 19).

Perçoit-elle déjà que l’enfant qu’elle vient de mettre au monde ne lui appartient pas ? Pressent-elle que l’avènement du nouvel Homme et de la nouvelle Création (cf. Ro 8, 22) ne se fera pas sans douleurs ? Personne ne peut le dire. Dans ce groupe de personnes rassemblé autour de son fils, comme dans l’histoire du Salut, Marie occupe une place à part.

L’offrande des bergers

Les bergers se sont approchés. Leurs visages inclinés nous tournent vers Jésus, et leurs regards invitent aussi à l’intériorité. Le dernier arrivé, par respect, s’apprête à retirer son chapeau ; il a pris avec lui sa flûte mais n’ose sans doute pas troubler le silence.

La femme n’est pas venue les mains vides. Dans une jatte en terre cuite, elle a pensé à apporter quelque produit laitier qui aidera la jeune mère à reprendre des forces.

L’agneau et l’enfant

La Tour ne s’encombre pas de ce qui fait habituellement l’imagerie de la crèche : il n’y a ni âne ni bœuf. Il leur préfère un jeune agneau que l’on devine introduit dans les lieux par le berger appuyé sur sa houlette.

Le peintre a donné un rôle important à ce petit mouton : plus que les regards des êtres humains, c’est lui qui nous conduit au visage de l’enfant (l’axe de son corps est perpendiculaire à celui de Jésus).

Le petit animal est là pour nous rappeler le destin du fils de Dieu fait homme : c’est lui l’Agneau de Dieu qui offrira sa vie en sacrifice pour le salut du monde (cf. Jn 1, 29). Serré comme une momie dans ses langes – qui annoncent le tombeau – l’enfant a cependant le rose aux joues. La vie est en lui, les liens de la mort ne pourront rien contre lui (cf. Ps 17, 5-6).

Dominique Pierre

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