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18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 23:55
La Lettre de Béthanie N°159

Chers amis,

 

 

En janvier l’Eglise célèbre le miracle des noces de Cana. C’était le sujet de cette lettre et elle était terminée. Mais relisant dans le même temps un livre de père Sophrony *, quelques-unes de ses paroles me sont allés droit au cœur et j’ai su à l’instant même que je devais vous les transmettre sans attendre. Alors les voici :

 

« Autrefois, quand la vie de la majorité des hom­mes s'écoulait dans les larges artères de la tradition éta­blie, la parole du Christ était présentée de manière à ne pas déranger. Mais maintenant que la terre tout entière est lourde du désespoir de l'homme, de la révolte des consciences outragées, de la violence qui menace d'éteindre toute vie, il est nécessaire que nous fassions entendre nos voix.

 

Dans les périls actuels, les paroles de circonstance qui n'engagent à rien sont insuffisantes. Nous avons tous besoin aujourd'hui d'une foi ferme dans la victoire éternelle du Christ afin que, nous aussi, nous puissions devenir spirituellement invincibles. Pour beaucoup, cela dépend de nous-mêmes : de nous souve­nir, par exemple, que sur les fonts baptismaux, nous avons reçu une nouvelle naissance d'En haut, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ceux qui sont bap­tisés « dans le Saint-Esprit et le feu » » (Lc 3, 16) per­çoivent dans leur prière que chaque instant de notre vie baigne dans l'éternité divine. En tout temps et en tous lieux, nous sommes portés par l'invisible Main de notre Père céleste.

 Il est normal pour nous, chrétiens, d'être conscients à la fois de la présence de l'indéfectible gloire céleste et du lourd nuage de mort qui plane sur le monde. Bien que le sentiment de la mort tourmente l'âme, il ne peut éteindre le feu de la foi. La prière qui sourd en nous, nous place à la frontière de deux mondes : ce monde passager et celui à venir (cf. He 13, 14). Ce déchire­ment pénible nous oblige à prier d'une manière encore plus fervente.

 

Nous reconnaissons notre maladie - le pouvoir mortel du péché agissant en nous - et nous sollicitons l'aide d'un médecin. Alors Celui qui nous a dit qu'Il n'était « pas venu appeler les justes mais les pécheurs à la repentance », ajoutant que « ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades » (Mt 9, 12-13), répond vraiment à notre appel. Il guérit notre âme de tout mal, lui donnant une énergie nouvelle, l'illuminant d'une lumière immortelle.

 

L'expérience séculaire de la vie dans l'Église a prouvé d'une manière irréfutable que pour la prière - c'est-à­-dire pour Dieu - aucune maladie de l'esprit n'est incu­rable. Nous pouvons naître dans les circonstances les plus défavorables ; nous pouvons grandir dans un milieu d'ignorance, de dureté et même de crime, et nous sentir attirés par l'atmosphère ambiante ; nous pouvons subir toutes sortes de privations, de pertes, de torts ; nous pouvons être infirmes depuis notre nais­sance et savoir ce que c'est que d'être méprisé, blessé, rejeté ; tout ce qui est fâcheux dans le monde actuel peut nous marquer et même nous posséder, mais à par­tir du moment où nous nous tournons vers Dieu, réso­lus à suivre ses commandements, un processus de guéri­son totale s'engage.

 

Et nous guérissons non seulement de nos blessures ou de nos passions, mais notre appa­rence extérieure même peut se modifier. Ceci se produi­sit souvent sur la Sainte Montagne. Certains arrivaient brisés et réduits à un état pitoyable par de nombreuses années de vie dissolue, pourtant après une brève période de profond repentir, leur visage devenait beau à voir, leur voix changeait, leurs mouvements étaient différents - et, lumineux, l'esprit brillait en eux. »

 

         Que l’Esprit Saint ouvre nos cœurs à ses fortes paroles écrites il y a plus de 40 ans ! Elles étaient prophétiques, elles sont pour notre temps, qu’elles nourrissent notre prière pour le monde et notre vie !

 

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

                   Père Pascal

 

*Père Sophrony, disciple de saint Silouane au Mont-Athos, fondateur du monastère orthodoxe St Jean Baptiste en Angleterre, a été le père spirituel de père Alphonse et Rachel Goettmann. Ce texte est extrait de son livre « Sa vie est la mienne » aux éditions du Cerf.

 

Pour télécharger la Lettre, cliquez ICI

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