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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 22:58
Monastère de Zverinets, Kiev, Ukraine

Monastère de Zverinets, Kiev, Ukraine

Entretien avec l’artiste Dmitri Kountsevitch réalisé par Iulia Goïko pour pravoslavie.ru

D. Kountsevitch est le responsable de l’atelier de fabrication des mosaïques du monastère Sainte-Elisabeth de Minsk, il nous raconte les joies et les difficultés de son travail, il nous ouvre aussi les secrets de cet art ancien, où la création est une coopération avec Dieu.

La fondation de l’atelier et "ses secrets"

-Dmitri, racontes-nous s’il-te-plaît, comment l’atelier fut fondé ?
-Cela fait 12 ans que notre atelier existe. Il fut fondé par le confesseur du monastère, le père Andreï Lemeshonka. Quand on a commencé à construire la cathédrale en l’honneur de l’icône de la Sainte-Vierge « Derjavnaya», dans l’esprit byzantin, l’idée de réaliser une mosaïque s’est tout de suite imposée à nous. Soeur Marfa et l’architecte Nikolaï Dyatko, les responsables, ont présenté cette idée au père Andreï et aux sœurs.

Le père Andreï était d’accord pour essayer. Lorsque nous avons commencé à travailler, nous n’avons pas réaliser que ce serait un projet grandiose. Quand notre imagination, qui paraissait impensable à réaliser, a enfin pris forme, on a éprouvé une grande joie, Pâques !

Laure de Potchaev, Ukraine

Quand le travail fut terminé et qu’on se préparait à la liturgie de fête, une fois la cathédrale bénie, un événement inhabituel s’est produit, sur le moment je ne lui ai pas accordé de signification, j’étais juste un peu indigné. Des années plus tard, en lisant le récit de la fondation de la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, j’ai vu que le même événement y était relaté.

Dmitri Kountsevitch

Alors, voilà ce qui s’est passé dans notre cathédrale. On était allé voir, avec le père Sergueï, comment le ménage avançait, lorsque nous avons vu que deux colombes étaient entrées en passant par l’ouverture de la coupole, c’est-à-dire par le visage du Christ (ouverture qui est dissimulée par la mosaïque).

Elles virevoltaient, se posaient sur l’image de la Mère de Dieu, de nouveau disparaissaient dans le visage du Christ, elles volaient d’une composition à l’autre. Le spectacle était magique, malheureusement les téléphones portables n’étaient pas encore équipés de caméras à l’époque...

Pour éviter qu’elles ne salissent les lieux, nous avons essayer de les faire sortir, mais rien à faire. Quelques heures plus tard, pendant le service liturgique, nous nous sommes aperçus qu’elles avaient disparu.

Programme de formation

- Comment ce programme de formation fut-il initié ?
- On est parti de zéro, c’est-à-dire de moi... J’étais alors étudiant, je suivais les obéissances de la fraternité, je rendais visite à des malades dans un dispensaire, j’aidais au travail d’iconographie.

J’ai pris la décision de faire participer mes amis, ceux avec lesquels j’avais fait mes études à l’Académie des arts. Certains d’entre eux étaient croyants, d’autres commençaient tout juste leur formation spirituelle.

Ils sont devenus le noyau dur de notre équipe : Mikhail Lavshuk, son frère Dimitry, Sasha Truskovsky, Maxim Dudarev, Denis Chernovets, etc. Nous travaillons aujourd’hui encore tous ensemble. Je ne dirais mot au sujet de nos efforts, mais nous avons effectué un gros travail. 

Nous n’avions aucune connaissance, aucune expérience... Finalement cela nous a beaucoup aidé, autrement, je ne suis pas sûr que nous aurions commencé cette tâche. A la faculté des arts décoratifs et monumentaux, seulement un semestre était consacré aux techniques de la mosaïque.

Cela n’était pas suffisant. La spécificité de l’art religieux nécessite des connaissances théologiques que nous n’avions pas reçu à l’Institut. C’était pour moi une grande difficulté à surmonter, car il existe nombres de règles et d’exigences dans la production de peintures murales religieuses.

Nous nous sommes auto-formés, nous avons créé un programme de formation. Nous avons commencé par visiter les lieux de sainteté et observer les cathédrales et les monastères de Russie avec vénération. Nous sommes allés à Ferapontovo, Vologda et Kirillov en voiture, nous en sommes revenus à pied à cause d’une panne près de Veliki Novgorod.

Ensuite nous sommes allés à Saint-Pétersbourg, à Moscou, nous sommes partis à la recherche de maîtres-mosaïstes expérimentés, et ils sont peu nombreux. D’ailleurs ils n’avaient pas toujours de réponses à nos questions.

Il a fallu imaginer les choses par nous-même. Je me souviens de ce que disait l’archimandrite Zenon (Teodor) : « On a du mal au début, mais si on persiste encore et encore, alors on y arrive ».

Mis à part ses mots inspirants, il nous a aussi donné des astuces pour le dessin de notre représentation. J’ai obtenu au monastère d’Optina une aide inestimable. Les fresquistes - Hiéromoine Hilarion, moine Alipius (récemment décédé), moniale Maria - on retrouve dans notre travail leurs présences, nous utilisons toujours leurs méthodes et leurs recettes.

Je me souviens avec une profonde reconnaissance d’Aleksandr Nikolaevitch Soldatov, professeur à l’Ecole d’iconographie de l’Académie de théologie de Moscou, du peintre-mosaïste moscovite Aleksandr Davidovitch Kornooukhov et de bien d’autres.

Nous avons étudié « par correspondance » pourrait-on dire, auprès d’autres maîtres, simplement en regardant les fruits de leur travail.

Monastère Ioninski, Kiev, Ukraine

On appelait d’autres étudiants de l’Institut Tikhonovski, on leur demandait certaines pellicules de négatifs, des images de fresques anciennes balkaniques, des mosaïques d’Italie. On les imprimait. Nous sommes revenus à Minsk avec des sacs entiers de photographies, cela représentait un matériel exceptionnel, le début d’un rêve. A cette époque on comptait chaque centimes pour faire ce type de voyage. Mais mesure-t-on le bonheur avec de l’argent ?

- Aujourd’hui il est plus facile d’acquérir des informations et du matériel.
-Ce n’est pas comparable... C’était une autre époque, il fallait collecter les informations petit-à-petit et cela nécessitait beaucoup d’effort. Il n’y avait pas Internet ni tout ces gadgets.

Les livres, les photographies, les coupures de journaux nous servaient alors de « porteurs » d’informations. Les iconographes et les historiens de l’art de Moscou avaient le droit de se rendre en Serbie, en Grèce, en Italie, nous, nous n’en avons pas eu l’occasion.

Je discutais avec le célèbre restaurateur d’art A.N. Ovtchinnikov au téléphone, quand celui-ci m’a conseillé de ne pas perdre mon temps à collecter des photographies, mais d’aller moi-même à Ravenne et d’observer les mosaïques qui m’intéressaient.

Qui pourrait s’imaginer aujourd’hui ma réaction de l’époque ? Je n’étais que fils d’ouvriers-paysans, allant à l’école soviétique...

Il est interdit de se dire « je fais comme ça et on verra bien ce que cela donnera »

- Peux-tu nous expliquer le processus de création d’une mosaïque ?
On peut décrire assez facilement l’aspect visuel de la mosaïque. On réalise un tracé, on développe le thème théologique, on choisit coloration et couleurs , on définit les dimensions, on colle les tesselles sur le mur à l’aide d’une préparation, et la mosaïque est prête. Quant au processus interne, il est beaucoup plus compliqué, l’auteur survit « à la dure » et cela fait souvent mal.

L’idée précède le tracé, elle est très souvent abstraite, par exemple : « Gloire à Dieu et à la beauté de ce monde ». En principe, c’est une pure abstraction, mais c’est justement ça qui est l’image centrale de notre art : un morceau du Royaume de Dieu, la Jérusalem céleste, le monde qui fut renouvelé par la venue du Saint-Esprit, recréé par la Grâce.

Dans la vie quotidienne, on ne rencontre presque jamais l’incarnation d’une telle idée dans son aspect pur : la sainteté est voisine du chaos, de la laideur et de l’horreur, tout est défiguré et confus...

Seuls la Divine liturgie, l’aide envers son prochain par l’action et la prière, le service religieux (dans toutes ses formes), le repentir, c’est grâce à tout ça que l’on peut ressentir la proximité avec Dieu, la présence du Christ. Alors ce qui était abstrait à première vue devient concret, prend des formes claires qui prennent vie dans la représentation d’une fête ou d’un saint.

- Peux-tu nous dire ce que tu ressens quand tu dessines le tracé initial ?

Quand je dessine le tracé, je ne vois pas très bien encore ce que cela va donné. Je fais « au hasard » en essayant de comprendre par quels moyens je peux atteindre le résultat souhaité.

Il est souvent nécessaire de réaliser une partie concrète de la composition, car il faut commencer à recouvrir le mur, même lorsque l’on ne sait pas par où commencer.

C’est souvent au dernier moment qu’on visualise comment doivent être les détails concrets de la composition : la couleur des vêtements, le détail ornemental de la nimbe... tu as une intuition, tu essaies de deviner, de voir comme au travers d’une vitre opaque ce qu’il faut faire et comment.

Et c’est au fur et à mesure que l’on avance que les suppositions prennent une forme concrète. Tout le monde prend part au processus, du commanditaire à l’ouvrier.

Bien sûr il est plus simple de travailler en ayant une idée précise de la direction que l’on veut prendre. C’est difficile d’avancer au hasard, on perd un temps fou, même si, en cela aussi, il y a l’action de Dieu... c’est assez dur de ressentir sa faiblesse.

Monastère de Zverinets, Kiev, Ukraine

-Mais Dieu agit tout de même...
-Bien sûr même si parfois on a l’impression de n’arriver à rien, que cela ne nous plaît pas, que ça n’a pas de sens. Quand on continue à travailler dans la Foi, alors Dieu voit tout, sait tout et il agit quand il le faut.

Dans tous les cas, avons-nous le choix ? Il arrive que des années plus tard, tu regardes en arrière et tu te dis que finalement tu ne regrettes en rien de t’être occupé de ce projet et de l’avoir mené à son terme.

Chaque journée comporte son lot de difficultés qui n’ont pas forcément un lien direct avec la peinture, beaucoup de devoirs et d’obligations envers les commanditaires, les employés, les parents et les amis...

L’immaturité et la dissipation ne cherchent qu’une occasion pour nous faire céder à l’oisiveté et au découragement. Imaginez-vous : l’iconographe arrive, allume sa veilleuse, récite une prière et se libère de tout, oubli le monde « terrestre », il se plonge dans une sorte de « nirvana de la création »...

Cela doit être assez rare, même très rare. Essayer pour un temps limité de TOUT oublier, ce que l’on ne connaît pas ou ne sait pas faire, les tracas quotidiens, pour faire quelque chose d’idéal.

Çà doit obligatoirement nous arrivez de temps à autre. Et il me semble, que d’une façon ou d’une autre, ça se voit dans notre travail. La vie montre que quand le travail dépasse nos forces, il y a Dieu, et c’est pourquoi on ne peut travailler en se disant « on verra bien ce que cela donnera ».

Dialogue avec le temps

- Est-ce vrai que la mosaïque est une des techniques picturales les plus durables dans le temps ?
- En terme de longévité et de conservation, elle est de loin meilleure que bien d’autres techniques picturales. La mosaïque se conserve très bien, là où le climat est régulier, c’est-à-dire où l’humidité et les températures ne subissent pas de grande variation.

C’est pourquoi le milieu méditerranéen lui est très propice par rapport à nos latitudes. Ici, les températures oscillent entre - 20 et + 30, et l’humidité atteint les 100 %, le tout dans un intervalle de temps très court.court. C’est pourquoi la mosaïque se conserve moins bien dans un tel climat.
 

Laure de Potchaev, Ukraine.

Nous avons restauré à Potchaev un panneau, assemblé au début du siècle précédent. Voilà 100 ans que la mosaïque se trouvait en extérieur, des détériorations étaient visibles au niveau des goupilles de fixation, de l’armature en acier qui avait rouillée, du ciment, il a fallu tout remettre en l’état. Les conditions de conservation en intérieur sont beaucoup plus favorables.

Cependant en extérieur, la mosaïque se conserve mieux que la peinture, peu importe le support de celle-ci : le bois, la toile, le métal ou le verre.

Je me souviens de ce qu’avait dit un mosaïste à ce sujet : « Une mosaïque mal réalisée, mais belle reste un peu puis finit par s’émietter, si au contraire une mosaïque bien réalisée n’est pas esthétique, elle, elle peut rester en place des centaines d’années ». 

50 ans, c’est la durée moyenne de vie d’une œuvre monumentale de type mosaïque. Elle exige un travail difficile et acharné, des matériaux délicats et coûteux.

-Quels matériaux utilisez-vous ?

Pour la technique dite « byzantine » , qui constitue la base de notre travail, nous utilisons du smalt, du vitrail fumé et des feuilles d’or. Tout ceci est découpé en cubes de 1,5*3mm, c’est à partir d’eux qu’on réalise les compositions. On utilise également des pierres naturelles : marbre, granit, galets et minéraux semi-précieux.

Il nous faut régler nombre de problèmes : faire attention aux nuances des tesselles utilisées, aux pierres fendues, au joint entre les tesselles, au relief de la surface, tout possède sa signification et sa valeur picturale.

Pour les grandes compositions, on utilise de la colle préparée avec un liant polymère, « à l’italienne ». On utilise des solutions, proches des solutions minérales, on tâche d’éviter le synthétique.

On utilise aussi une préparation à la chaux ou au calcaire (levkas), qui nécessite une longue préparation avec des morceaux de briques, du lin, du sable de quartz...

Chapelle-funéraire du monastère du Saint-Esprit à Timashevsk.
Région de Krasnodar. Russie

-Dmitri, parles-nous encore des personnes qui travaillent à l’atelier.
- L’atelier se remplit constamment. Des gens d’horizons diverses travaillent pour nous, même de façon périodique. Il s’agit de personnes souhaitant travailler dans un atelier pictural, mais sans expérience ou manquant de connaissances spécifiques ou même rudimentaires.

Nous les accueillons, certains restent assez longtemps. Je me souviens des mots d’un prêtre : si la personne le souhaite, nous serons heureux de l’accueillir selon le principe de l’Évangile. Nous ne recherchons pas de maîtres intelligents, ni à créer une équipe particulière.

Chez nous ne travaillent que ceux qui le veulent réellement, qui en font le choix. Je souhaiterais que ce soient des gens qui aiment Dieu, la cathédrale, le monastère, qui aiment ce qu’ils font, ce qui les oblige à beaucoup et moi aussi.

Réaliser une mosaïque, c’est aussi préparer le mur qui accueillera celle-ci, préparer le « levkas » (préparation, enduit).

Nous avons une excellent brigade de préparateurs de « levkas » qui s’est formée en cours de travail. « Nous travaillons de façon collégiale »

- Que penses-tu de la différence entre une association d’artistes-peintres civile et une association
religieuse ?

Lorsqu’on travaille dans l’Église, on essaie de porter le message évangélique d’obéissance, de trouver une utilité spirituelle à notre travail, même si cela fait mal, d’ouvrir le champs de ses intérêts, dans un sens vertical également. Même si parfois il y a des moments difficiles, des incompréhensions, des désaccords entre les gens.

-Est-il judicieux de parler d’auteur ou d’un style d’auteur ? Est-ce que cela s’applique à un collectif?
- Notre travail est collégial. C’est là un mot très beau.

Chaque participant est une part d’un tout. Il est important pour nous de ressentir l’humeur générale, l’esprit d’équipe car bien souvent une personne commence le travail, une autre continue et enfin une troisième personne le termine.

C’est ce qui est précieux ici, il est impossible de tout faire soi-même. Il y a toujours l’épaule du voisin, on doit faire l’effort de se comprendre les uns les autres et de s’entraider.

Ce n’est pas simple pour certains d’entre nous. Il faut se faire violence pour aller en forêt, s’asseoir dans le froid et l’obscurité, autour il n’y a qu’humidité et poussière, et quelque part près d’ici, on entend creuser et frapper...

Physiquement c’est un travail qui n’est pas simple, un vrai travail de chantier. On aurait bien envie de rester assis dans une pièce chaude ou à sa table de travail. Etre à genoux dans la boue, c’est tout de suite moins romantique.

Tous les frères et sœurs de l’atelier essaient de prendre part au travail commun, s’entraident et c’est ce qui constitue la véritable beauté et la valeur de notre travail. Il y a ceux qui ont besoin de toi, ceux qui se font du soucis pour toi et ceux pour lesquels tu te fais du soucis.

Ce travail donne la possibilité de prendre part à la vie de l’autre, de soutenir ceux qui nous sont proches, de trouver en cela notre consolation. C’est le travail d’auteur de chaque participant, notre style à tous.

Entre qualité et quantité

- Est-ce que l’atelier a beaucoup de commandes ?
- Oui, on en a beaucoup heureusement. Le travail du mosaïste est très demandé à l’heure d’aujourd’hui.

On se demande quelle attitude adopter. Soit être les premiers sur le marché, on aurait là raison. Ou alors mettre l’accent sur la qualité, au détriment des autres commandes, produire un travail qui répond aux exigences artistiques.

Il existe sûrement un compromis à de tels dilemmes et à chaque fois qu’on est confronté à ce genre de questions, on en cherche indéfiniment la réponse.

Cathédrale des Stes. Foi, Espérance et Amour
et leur mère Sophie, Ternopil, Ukraine

Chaque événement, chaque commande est individuelle. Mais pour créer quelque chose de bien, il faut être sûr d’avoir fait tout son possible : choisir le matériel, s’imprégner du thème, développer l’idée, la ressentir dans son cœur, proposer quelques variantes et en retenir une, la seule qui convienne à ce lieu précis par l’esprit et le style. Il faut épuiser toutes les ressources pour être sûr qu’on ne puisse pas faire mieux.

- En tant qu’artiste, peux-tu définir ce qu’est l’iconographie ? En as-tu une vision personnelle en tant qu’art ?
- L’iconographie est avant tout un sermon sur les vérités évangéliques de l’Église, elle témoigne de la présence du Christ dans ce monde.

Au moyen de l’art et de matériaux simples (comme par exemple de la peinture et des planches de bois), on peut réveiller dans l’âme des gens cette notion, que Dieu y a mise, qui est le Bien et ses hautes aspirations qui nous rappellent le Paradis. Le peintre-iconographe n’a pas le droit aux inventions et au regard personnels, ainsi qu’à la fantaisie.

Il est appelé à rentrer dans la vie de l’Église et à laisser rentrer en lui Dieu, qui est lui aussi Créateur, et partenaire responsable.

Une icône, une peinture, une cathédrale, tout ceci constitue un monde à part entière, qui existait longtemps avant nous, qui subsistera jusqu’à la fin du siècle, naissant et renaissant dans les œuvres religieuses.

Le monde de Dieu, porteur de l’enseignement de l’Eglise, est le lieu où la Grâce de Dieu touche l’âme de chaque homme.

De Minsk à Johannesburg

- Quels aspects de votre projet voudrais-tu mettre en évidence ?
- Si on prend en compte les travaux réalisés, je voudrais de toute évidence mentionner notre cathédrale en l’honneur de la Mère de Dieu « Derjavnaya ».

Il y a aussi des petites mosaïques et des peintures dans nos autres cathédrales et églises de Minsk. Aujourd’hui on envisage de commencer les peintures pour la cathédrale Sainte-Elisabeth.

Le père Andreï rêve de travailler dans la cathédrale de la Très Sainte et Vivifiante Croix, le projet est encore en phase d’élaboration. Il dit que pour lui ce sera le chant du cygne...

Nous avons réaliser des petites commandes pour la Biélorussie. Différentes personnes nous invitent, des prêtres et des évêques, pour qui il est important de créer du beau et non du luxe. C’est primordial pour nous. On ne travaille pas avec des hommes d’affaire ambitieux, qui souhaitent amuser leur égoïsme.

Les gens nous téléphonent après avoir vu notre travail sur le net. On s’y intéresse à Madrid ou en Pologne. Nos mosaïques se trouvent dans les chapelles de Johannesburg en Afrique du Sud, en Finlande ou dans la cathédrale de Sakhaline. On trouve aussi notre travail à Moscou, Kiev, à Ternopil, à Kamenets-Podolsky, à Pochayev et à Rostov-sur-le-Don; dans un monastère près de Krasnodar, il y a aussi des œuvres de notre atelier.

Il n’y a pas si longtemps, le métropolite Hilarion nous a donné sa bénédiction lorsque nous avons participé à un concours de fresques et mosaïques pour la cathédrale Saint-Savva de Belgrade. On a fait tout notre possible, les délais étaient courts.

Quels seront les résultats nous ne savons pas, il y a beaucoup de conditions à réunir, dont dépendent plein de choses. Je dois avouer que ce type de proposition grandiose nous fait un peu peur, on sait toute la responsabilité que cela engendre. Il sera fait selon la volonté de Dieu. [Ndlr : on sait depuis que l'atelier a remporté le concours et que les fresques sont en cours de réalisation]

Laure de Potchaev, Ukraine

Fait avec amour

- En tant que chef qu’attends-tu de l’avenir pour votre atelier ?
- je voudrais que chaque œuvre soit une fête pour le mosaïste, le commanditaire et pour tous ceux qui prient. C’est peut-être là la seule chose qui unit les gens au niveau de l’atelier et plus largement au niveau de l’Église. Tout le reste se lasse et s’épuise...

Mais si tu sens qu’au fur et à mesure qu’avance le projet, tu acquiers une nouvelle expérience, que tu t’ouvres quelque chose de nouveau alors inconnu jusqu’ici, si tu peux acquérir une idée nouvelle, t’en remplir l’esprit et la faire partager à d’autres, si cela devient au moins pour quelqu’un une révélation, alors je suppose que l’on peut appeler ça le stimulant principal dans l’œuvre et la vie.

Je souhaiterais que cela soit présent dans notre travail malgré les commandes et les délais restreints, malgré la vanité, la rapidité et les difficultés de la vie.

Si quelque chose est fait avec amour, en dépassant ses propres limites et son savoir-faire actuel, s’il s’agit d’essayer de gérer plus que vous ne pouvez aujourd’hui, d’essayer de laisser une occasion à Dieu d’agir, et pas seulement pour se gâté soi-même, alors on peut compter sur l’aide divine et le résultat.


Traduction française Charlène Ballu pour Iconophile.

Une sélection de photographies d'œuvres de l'atelier de mosaïque du monastère Sainte-Élisabeth à Minsk est disponible sur l'article original :

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