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3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 23:55

Il n’y a pas que certaines espèces animales qui sont en voie d’extinction. L’accès au silence aussi. De nombreuses études le prouvent et l’OMS place la pollution sonore au deuxième rang des menaces sur la santé publique, après la pollution de l’air.

Aujourd’hui, les espaces de silence se sont réduits comme peau de chagrin.

Mais ne nous y trompons pas, l’ennemi du silence, ce n’est pas tant le bruit que la peur du silence.

La connexion permanente, l’incessant flux de paroles imposé par les nouvelles technologies, la dépendance au téléphone portable conduisent à le redouter.

À observer la nature, il apparaît d’ailleurs que l’homme est la créature la plus bruyante sur cette terre. Triste palmarès…

Pourtant, le silence nous est indispensable. C’est de lui que surgissent les paroles.

Et, sur un autre plan, il est cet état dans lequel nous faisons retour sur nous-mêmes, nous approfondissons notre être ; un état dans lequel nous méditons, rêvons, créons, réfléchissons, pleurons, prions.

Des publications scientifiques rapportent d’ailleurs qu’une exposition silencieuse régulière a des effets sur la régénération du cerveau.

Étouffés par le bruit, nous sommes de plus en plus nombreux à rechercher le silence, dans la pratique des retraites, de randonnées solitaires en pleine nature ou encore de la méditation.

Il se joue là quelque chose non seulement d’important mais d’essentiel à notre vie intérieure.

Le silence était pour les Pères du désert une ressource majeure.

En témoigne cet apophtegme : « L’archevêque d’Alexandrie vint un jour à Scété. Les frères, qui étaient réunis, demandèrent à l’abbé Pambo de dire quelques mots à l’évêque pour l’édifier. Mais il répondit : “S’il n’est pas édifié par mon silence, il ne le sera pas par mes paroles.” »

Ou encore : « On disait d’Abba Agathon que pendant trois ans il se mit un caillou dans la bouche jusqu’à ce qu’il fût capable d’observer le silence. »

Ce qui me parle là, c’est qu’il observe le silence. En effet, ce silence n’est pas tant une absence de parole qu’une écoute. Et, malgré nos croyances, le silence n’est pas empêché par le bruit. Il est la matrice de la parole, comme son utérus.

Le silence est. Et de lui surgit la Vie.

Des conditions extérieures peuvent en favoriser ma perception mais l’enjeu est de me mettre à l’écoute de ce silence qui m’habite, qui est là au plus profond de moi, indépendamment du nombre de décibels autour de moi.

Pratiquer le silence semble parfois impossible, or il est là, juste là, à portée de mon attention.

Se mettre à l’écoute du silence, ça n’est pas couper le son. C’est de l’ordre d’une expérience où, au travers du bruit et de mes distractions, je perçois sa présence.

C’est me rendre attentif à ce qui est au-delà des mots.

C’est m’entretenir avec la Vie qui s’y donne et me renouvelle.

C’est peut-être pourquoi la liturgie consacre le Samedi saint, veille de la Résurrection, comme le jour du grand silence.

On raconte que dans l’ascenseur du pape François est accrochée une icône qui représente la Vierge Marie portant l’index à sa bouche, la Vierge du silence !

Nous voilà rappelée la nécessité d’écouter quotidiennement quelques minutes ce silence qui nous habite.

Jean-Guilhem XerriPsychanalyste et essayiste

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