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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 23:58

« Lesage, Simon, Crépin, peintres, spirites et guérisseurs », au LaM (Villeneuve-d’Ascq). Pratiquant le spiritisme à l’aube du XXe siècle, Augustin Lesage, Fleury Joseph Crépin et Victor Simon, trois peintres autodidactes du nord de la France, ont imaginé une œuvre étonnante, inspirés par leurs expériences de « communication avec les esprits ».

Est-ce l’intérieur d’une cathédrale néobyzantine ou celle d’un palais des mille et une nuits ? Au centre de la composition, des arches bleues tracent un chemin vers le soleil levant. Autour, des visages christiques et deux têtes de panthère noire émergent d’un enchevêtrement de motifs décoratifs et de symboles ésotériques. Luxuriante tapisserie où l’œil se perd, la Toile judéo-chrétienne reste une énigme, quatre-vingt-deux ans après son élaboration sur le motif, au fil du pinceau et des visions de Victor Simon (1903-1976).

L’œuvre de cet autodidacte, ancien mineur devenu comptable puis cafetier, est mal connue. Ne se considérant pas comme un artiste professionnel, Victor Simon a toujours refusé de vendre ses toiles, qui participaient, mètre carré après mètre carré, à l’édification d’un « temple universel ». Si le Musée des beaux-arts d’Arras possède dans ses collections trois grands formats donnés par sa veuve, la plupart de ses créations ont disparu. Retrouvée roulée depuis cinquante ans dans une cave, la flamboyante Toile judéo-chrétienne a été acquise il y a quelques mois par le LaM et restaurée pour l’exposition.

Sur les cimaises immaculées du musée de Villeneuve-d’Ascq, Victor Simon dialogue avec deux autres artistes originaires du bassin minier : Augustin Lesage (1876-1954), qui le considère comme son « continuateur », et Fleury Joseph Crépin (1875-1948). Issus de milieux très modestes, tous trois ont activement pratiqué le spiritisme, la guérison par imposition des mains, et commencé à peindre après avoir entendu des voix. Classée tour à tour dans l’art médiumnique, naïf ou brut, leur production, prolifique pour Lesage et Crépin, a fasciné les avant-gardes, notamment les surréalistes.

Les premières salles rappellent, par une sélection d’objets insolites (assiette ouija, guéridon frappeur…), « l’épidémie spirite » qui a saisi les États-Unis et l’Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle : intellectuels et écrivains (Jean Jaurès, Camille Flammarion, Victor Hugo, Arthur Conan Doyle…) font tourner les tables, tandis que Thomas Edison tente de mettre au point un « nécrophone » pour écouter les morts. Proches des sociétés ésotériques qui se multiplient, Lesage et Simon puisent leur inspiration dans l’étude des religions anciennes comme dans leur environnement immédiat : vitraux des églises, monuments aux morts, mais aussi broderies ou papiers peints fleuris qui décorent les maisons des corons.

L’Égypte antique les passionne au point qu’ils se mettent à insérer à leur composition des reproductions de statues et de fragments de bas-relief ornant les tombeaux (comme ce buste de Néfertiti ou ces têtes de lionne du lit funéraire de Toutankhamon). Convaincus de l’existence de la métempsychose (migration des âmes), ils se voient l’un comme la réincarnation d’un peintre de l’époque pharaonique, l’autre d’un grand prêtre !

Cécile Jaurès

Architectures hypnotiques
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