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10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 23:55
11 janvier à Paris : ouverture de l’Année diocésaine des 1 600 ans de la naissance de sainte Geneviève

L’ouverture de l’Année diocésaine des 1 600 ans de la naissance de sainte Geneviève (v. 420-500)  aura lieu à Paris, sous la présidence de l’archevêque, Mgr Michel Aupetit, le 11 janvier 2020 en l’église Saint-Etienne-du-Mont.

Les vêpres solennelles seront suivies d’une procession, de la châsse-reliquaire de sainte  jusqu’au Pont de la Tournelle – où se trouve la statue due au sculpteur Paul Landowski -, et de la bénédiction de Paris par Mgr Aupetit.

Le « cierge de Sainte Geneviève » sera ensuite remis aux paroisses et communautés du diocèse.

La célébration du 11 janvier sera précédée d’une grande neuvaine, du 3 au 11 janvier.

« La présence de Geneviève est repérable en bien des lieux de Paris et de sa proche banlieue », fait observer l’hebdomadaire « Paris-Notre-Dame » mais c’est surtout la vie de la sainte qui va inspirer toute cette année jubilaire qui propose aux Parisiens de nombreux rendez-vous.

C’est l’occasion de rappeler quelques éléments biographiques et l’actualité de la grande figure de la sainte patronne de Paris qui a inspiré les fresques de Pierre Puvis de Cahavannes au Panthéon : elle était en quelque sorte la première femme entrée au Panthéon !

Vaincre la barbarie par la miséricorde

Sainte Geneviève de Nanterre (v. 420-v. 500) est vénérée sur la « montagne » qui porte son nom à Paris, où sa châsse est conservée, en l’église Saint-Etienne-du-Mont. Ame de la résistance de Paris face à la barbarie, elle est aussi devenue comme la sainte patronne de tout le Quartier latin et de ses étudiants : la grande bibliothèque universitaire de la place du Panthéon porte son nom. Le Panthéon lui-même, qui honore les grands hommes de la République, la célèbre par les fresques de Pierre Puvis de Chavannes (1874), un vrai livre de sa vie. Dressée sur le pont de la Tournelle, sa statue, due au sculpteur Paul Landowski (1928) – qui a dessiné le Corcovado tutélaire de Rio de Janeiro – rappelle que c’est par la Seine qu’elle a ravitaillé Paris affamé. Sainte Geneviève, vierge consacrée, a si profondément marqué l’histoire de la capitale que sa présence est désormais comme tissée dans sa culture. A une époque marquée par une irruption de la barbarie au cœur de Paris, elle rappelle les armes de la miséricorde en acte.

Mais il est une autre actualité de sainte Geneviève : le diocèse de Nanterre a fêté ses cinquante ans en 2018: c’est le 9 octobre 1966 que le pape Paul VI a érigé les diocèses de la couronne de Paris : Créteil, Évry, Nanterre et Pontoise, dont les territoires dépendaient auparavant de Paris ou de Versailles. Le jubilé sera marqué par le pèlerinage de trois statues de sainte Geneviève, sur trois routes, de paroisse en paroisse, jusqu’au 11 juin 2017.Chaque paroisse est invitée à vivre une « visitation » par l’accueil de la statue de sainte Geneviève, à chaque fois placée dans une petite chapelle décorée de six bas-reliefs relatant sa vie : un signe qu’elle est « vivante » et intercède aujourd’hui encore pour les siens auprès de celui auquel elle s’est consacrée, toute jeune, recevant le voile des Vierges.

Attila quitte la vallée de la Seine

Fille unique de Severus, un Gallo-romain probablement, et de Geroncia d’origine grecque, elle aurait hérité en tant que fille unique de la charge de membre du conseil municipal (curia) détenue par son père, charge qu’elle aurait exercée tout d’abord à Nanterre, puis à Paris après son installation dans cette ville chez une « marraine » influente.

Elle se voue très jeune à Dieu, menant une vie consacrée et ascétique, probablement dès ses seize ans, et elle est remarquée par saint Germain d’Auxerre et par saint Loup de Troyes, qui passent par Nanterre en 429, à l’occasion de leur voyage vers la province romaine de (Grande) Bretagne. L’iconographie la représente recevant el voile des mains des saint Germain.

Deux fois, de son vivant, elle sauve Paris de la barbarie. En 451 tout d’abord, année de terreur et de désarroi. Attila et ses hordes franchissent le Rhin, pillent et brûlent Metz, la veille de Pâques, le 7 avril. Puis, remontant la vallée de la Seine, ils assiègent Paris.

Sainte Geneviève fait confiance à la Providence divine. Elle rassemble les femmes de Paris et elle leur rappelle le courage libérateur de Judith et d’Esther. Avec elle, elles opposent au fléau la prière et le jeûne. L’exhortation de Geneviève est célèbre : « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. »

Forte de ce socle de prière, Geneviève s’adresse cependant aussi aux hommes et elle prophétise le salut qui vient de Dieu: « Que parlez-vous de vous réfugier en d’autres cités ? Celles-ci seront-elles mieux que Paris abritées contre un coup de main des barbares ? Paris, grâce à la protection du Christ, échappera au carnage. »

En ce temps de terreur, la cause n’est pas gagnée. On l’accuse d’être « prophétesse de malheur », d’aucuns menacent de la lapider voire de la jeter dans la Seine. Mais voici que l’archidiacre d’Auxerre apporte des pains bénis – non consacrés, les « eulogies » –  que son évêque, saint Germain, lègue à sainte Geneviève. Il arrête les violents: « Parisiens, n’allez pas commettre ce forfait ; celle dont vous projetez la mort est, au témoignage du saint évêque Germain, l’élue de Dieu dès sa venue au monde. Et voici les eulogies que je lui apporte de la part de l’évêque défunt. »

Leur colère désarmée, les Parisiens se retournent en faveur de Geneviève. Et Attila quitte la vallée de la Seine pour déferler vers la Loire. Devant Orléans, il se heurte à la résistance de l’évêque saint Aignan, avant d’être repoussé par Ætius jusqu’à Châlons-sur-Marne. Il sera défait aux Champs Catalauniques.

A la barbe de Childéric, le ravitaillement de Paris

En 465, Childéric Ier assiège Paris, sainte Geneviève résiste avec les Parisiens affamés qu’elle fait ravitailler : avec onze vaisseaux, elle force le blocus sur la Seine jusqu’à Troyes.

Mgr Albert-Marie de Monléon a pu dire, lors d’une fête de sainte Geneviève à Saint-Etienne-du-Mont, que la « miséricorde » de sainte Geneviève c’est d’avoir vu la misère de son peuple et d’avoir cherché auprès de Dieu les moyens concrets de le secourir. Sa vie montre en somme comment vaincre la barbarie par la miséricorde.

C’est elle aussi qui fait bâtir une église sur l’emplacement du tombeau de saint Denis, premier évêque de Lutèce.

Elle meurt en 512, à l’âge de 89 ans, dans son ermitage de Paris, et elle est enterrée aux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde, ses plus célèbres disciples, en l’église dédiée aux saints Pierre et Paul sur le mons Lucotitius, aujourd’hui la « montagne Sainte-Geneviève », église dont il reste la Tour Clovis du lycée Henri IV.

Plus de trois siècles plus tard, la protection de Geneviève ne se dément pas. En 885, les Normands à leur tour assiègent Paris. La famine et la peste déciment la population. Les Parisiens se confient à l’intercession de sainte Geneviève. Ses reliques sont exposées au point le plus menacé des remparts : l’ennemi se retire.

A sa prière les hordes, mais aussi les maladies reculent. En 1130, le mal des ardents, une fièvre accompagnée de gangrène, due à un parasite du seigle, ravage la capitale puis la France. L’évêque de Paris ordonne des jeûnes et des prières, il fait transporter les malades sur le chemin d’une procession solennelle des reliques de la sainte, de la basilique Sainte-Geneviève à Notre-Dame, le 26 novembre. Les malades proches du reliquaire sont immédiatement guéris, puis les autres malades et progressivement ce « feu » disparaît. En ex-voto pour ce miracle, le pape Innocent II, venu à Paris en 1131, institue la fête de Sainte Geneviève des Ardents, fixée au 26 novembre, date de la fête de la Gendarmerie nationale.

L’ordre et la paix dans la cité

C’est sous le pontificat du saint pape Jean XXIII qui Geneviève a été  choisie comme protectrice de la Gendarmerie, selon un décret du 18 mai 1962 : « Femme forte, paisible et de grande autorité,  elle a su rétablir l’ordre et la paix dans la cité, Geneviève reste un repère et un exemple pour tous les gendarmes dans leur labeur, en même temps qu’elle intercède pour eux. »

Le 14 août 1792, les révolutionnaires n’osent tout d’abord pas détruire la châsse de sainte Geneviève. Ils la transfèrent en l’église Saint-Etienne-du-Mont. Le 9 novembre 1793, cependant ils la font transporter à l’Hôtel de la Monnaie. Les reliques sont brûlées en place de Grève et les cendres dispersées dans la Seine.

La présence invisible de sainte Geneviève continue de veiller sur Nanterre et Paris et la France, indiquant spécialement aux consacrées un chemin de prière vigilante, d’ascèse et de miséricorde active au cœur des villes et des soubresauts de l’histoire. Mais surtout de confiance inébranlable en Celui dont la force se déploie dans la faiblesse. Naguère, les gendarmes l’ont bien compris, en la choisissant comme leur protectrice.

L’oraison de sa fête, le 3 janvier, loue son intelligence et son amour :

« Répandez sur nous, Seigneur,
l’esprit d’intelligence et d’amour
dont vous avez rempli sainte Geneviève, votre servante,
pour qu’attentifs à vous servir et cherchant à lui ressembler,
nous obtentions par son intercession dans le ciel,
de vous plaire sur la terre par notre foi, et toute notre vie.
Par Jésus-Christ, votre Fils unique, notre Seigneur et notre Dieu
qui vit et règne avec vous, dans l’unité du Saint-Esprit.
Pour les siècles des siècles.

– Amen »

(Extrait de la revue Christi Sponsa, 2018)

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