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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 23:55
Rois mages

Tableau dans le style d'une icône sans en être une conçu et réalisé par mon ami diacre et iconographe François Kerever

(Matthieu 2, 1-12)

     Saint Matthieu était le plus âgé des Apôtres, il occupait la charge de scribe du Temple avant de rencontrer Jésus. Son Evangile est un style journalistique, il relate des instantanés, un peu comme un reportage de faits divers ; son réalisme nous interdit d’envisager qu’il ait pu être débordé par son imagination. Il avait connaissance du drame qui se déroula à Bethléem de Judas trente ans auparavant. Il est vraisemblable qu’il en ait demandé confirmation à la sainte Vierge Marie et à Jésus1.  

     Les suspicions jetées sur les récits de l’enfance de Jésus, désignés par « Evangile de l’Enfance » ne se justifient pas et, surtout pas au nom de la rigueur scientifique. Ceux qui soutiennent encore cette proposition sont issus d’une certaine gauche intellectuelle ecclésiastique très conformiste, déstabilisés par le contenu de ces passages, un enseignement d’une richesse inépuisable qui balaie les doutes sur la divinité de Jésus et son humanité. L’histoire des rois mages est particulièrement ciblé, elle est un enseignement qui prendra tout son sens et sa forme après la purification, qu’annonce la réforme de la Curie du Pape François2.  

     L’Incarnation du Verbe en l’homme Jésus de Nazareth est celle de la Révélation. La vie divine et la vérité sont incarnées dans le réel de la création. Tout de l’Ancien et Nouveau Testaments et les actes pétriniens impactent la personne, la société et les univers visibles et invisibles. Prenons exemple du sacrifice d’Abraham sur son fils Isaac : il signifie la fin des sacrifices humains. La foi et l’obéissance de ce patriarche ont permis à Dieu de rompre les liens qui enfermaient l’homme dans les puissances des anges-démons. Certes, les fruits n’en furent pas immédiats, mais l’homme qui persévérait dans cette pratique pouvait être condamné3, car sa conscience morale le lui indiquait puisqu’il était libéré des liens dont il se croyait obligé. C’est ce qui explique pourquoi Dieu exigent et ordonne l’extermi­nation des royaumes cananéens, de leurs habitants et de leur bétail, car ils pratiquaient le sacrifice humain. Il en reste une trace : le nom Géhenne4 est une contraction du cri des mères cananéennes à qui l’on retirait l’enfant pour le sacrifier en cas de danger et d’épidémie, il était jeté vivant dans les flammes au fond de la vallée de Jérusalem où les ordures étaient brûlées, elles criaient : « Mon enfant ! » ce qui donna « Géhenne » en cananéen et qui devint une des illustrations de l’enfer. L’élimination de tout vivant appartenant à ces royaumes vient de ce que de telles pratiques rayonnent sur l’ensemble de la communauté et peuvent impacter les Hébreux par leurs infimes consé­quences, eux qui ne pratiquaient pas cette abomination sauf dans la période décadente des deux royaumes. Le sol conquis devait être purifié.

La visite des rois mages :

     La visite des rois mages est un évènement stupéfiant, il n’y a pas de précédent que des potentats, des souverains se soient inclinés librement  devants une autre autorité. C’est une démarche unique dans son genre à cette époque de l’histoire. Elle suppose un travail de vérité sur soi et sur la création d’une telle qualité que l’on peut parler de recherche philosophique.  Elle annonce le renversement des modes de gouvernement des Etats et peuples et préfigurent la fin de l’imperium qui prévaut encore aujourd’hui dans nos démocraties où le dernier bastion est l’appareil judiciaire. L’acte d’adoration des rois mages aux pieds de l’Enfant Jésus a sens de renonciation de leur pouvoir sur les hommes sachant que leur légitimité procède du Ciel selon qu’ils respectent le Droit naturel et la Loi naturelle. C’est l’annonce de la fin des nations, mais la réalisation ne dépend pas de l’acte humain, mais bien du seul vouloir divin encore que celle-ci n’annonce nullement la disparition des cultures et identités spécifiques, car le principe de l’unité n’est pas le retour à l’Un, ce qui induirait la disparition de la personne en tant qu’individualité, ce n’est pas vraisemblable. Mais il s’agira, au plus près, d’une communion des personnes prolongeant la Gloire du Corps Glorieux du Christ Jésus et auquel chacun sera uni par l’amour et la vérité.

Les étymologies :

     Epiphanie qualifie la nature de la visite des rois mages : mot d’origine grecque phainien, phanesthai signifie faire briller, faire voir ou paraître, ce qui donne le mot fantôme. Epiphanie epiphaneia, mot qui apparaît au XIIes., il a pour sens : action de se montrer, manifestation de la puissance divine.

     Roi a pour racine indo. euro. *reg qui signifie diriger en droite ligne, en sanskrit : raja ; le roi est celui qui sert la règle, il indique le bon chemin, la bonne voie. Il est le garant et le défenseur du Droit naturel et de la Loi naturelle.

     Mage dérive du latin magos prêtre celui qui interprète les songes, ce titre vient sans doute de l’antique fonction du prêtre roi ; par extension, il indique le sage, celui qui détient un savoir qu’il transmet avec sagesse. Les rois mages sont des souverains.

     Selon le récit de Matthieu, ils s’intéressaient à l’astrologie qui englobait l’astronomie, longtemps ces deux sciences n’en formaient qu’une, car si elles se distinguent dans l’ordre de l’intelligence, elles n’en sont pas moins unies par l’ordre divin ce qui est vrai pour toutes les sciences qui ont pour Cause Première Dieu Créateur ?

     Les rois mages étaient des païens, mais leur respect du Droit naturel et de la Loi naturelle leur valut l’attention du Ciel, ce qui leur permit de comprendre un évènement scientifique de l’intérieur qu’ils avaient observé et, aujourd’hui, nul ne se risquerait d’intégrer dans une relation divine un fait scientifique, une observation de peur d’être exclu des milieux scienti­fiques et de voir leur carrière compromise. Et pourtant, toute la création est la manifestation de la Présence de Dieu, du divin que l’homme doit asservir pour la Gloire de son Créateur et parce que cette mission est dans la nature humaine. Leur droiture a permis à la Providence divine de les guider vers leur Créateur et Sauveur ; c’est un exploit, quand on sait la domination des religions païennes et leurs pratiques de sorcellerie, ils pouvaient être mis à mort à tout instant. L’Esprit Saint œuvrait dans le silence contemplatif de leur cœur.  

     Les rois mages représentent les trois groupes ethniques issus des fils de Noé : Sem, Cham et Japheth qui repeuplèrent la terre. Ce sont tous les hommes, toutes les nations et les peuple qui se retrouvent par eux aux pieds de l’Enfant Dieu, ils annoncent leur évangélisation et en effet, le Nom bénit de Jésus-Christ leur est connu ; la mission évangélisatrice de l’Eglise atteint un point d’accomplissement qui se déploiera à l’ouverture du cinquième Sceau de l’Agneau de l’Apocalyse.  

     Leur présence à Bethléem est également significative de la Royauté Universelle de Jésus...

Les offrandes des rois mages :

     L’or est le symbole de la divinité, la couleur de la Saine Trinité, il symbolise la majesté d’un état de vie, d’une charge en lien avec elle ; il représente l’éternité du seul point de vue surnaturel.

     L’encens est l’expression et l’affirmation de l’honneur que l’on doit à Dieu, mais également aux hommes fidèles et aux célébrants, les deux formant le Corps Mystique du Christ ; l’encens est l’expression sensible de la prière individuelle et collective qui monte vers Dieu, une adoration en esprit.

     La myrrhe est un parfum et un baume qui rappelle l’honneur et le respect que l’on doit au corps de l’homme, lui reconnaissant sa dignité, car il aura été le temple de la divinité et, pour nous fidèles du Christ Jésus, elle signifie sa résurrection.

     Les rois mages exprimèrent par leurs offrandes les prémices d’une théologie du corps, ce que reprendra et enseignera le Pape saint Jean-Paul II ;. Ils furent les précurseurs du prophète Siméon et de la prophétesse Anne qui surent reconnaître la Promesse faite à Abraham et à sa descendance.  

La première des conclusions à faire sur cette épiphanie est de considérer les faits en eux-mêmes : nous rappeler les paroles de saint Paul : ce que nous pouvons connaître de Dieu… la création nous le donne ; et, aussi ce qu’enseigne l’Église, qu’il est possible à tout homme de découvrir qu’il n’y a qu’un Dieu et donc de l’honorer. La foi en un Dieu est à la portée de tout homme, la foi chrétienne exige la Révélation et le baptême, c’est une rencontre de personne à une autre Personne.

   

EPIPHANIE : L’ADORATION DES ROIS MAGES de P. C. Aubrit St Pol

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1-Le récit qu’en fait M.Valtortat n’a guère de relation historique.

2-Il met un terme au fonctionnement et au gouvernement de l’Église selon la grille de l’imperium, revenant à l’esprit des premiers siècles qu’illustra le premier Concile de Jérusalem et les Actes des Apôtres : la synodalité à partir du laïcat et l’abandon du carriérisme impérial si cher à nos démocraties.

3-L’un des actes forts de la dynastie des Tang fut d’interdire le sacrifice humain, nous sommes en 618-755.

4-L’onomastique – étude des noms propres – ce qui donne la toponymie.

 

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