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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 23:57
Que dire après cela ?

Que dire après cela (les révélations sur J Vanier) ?

Après nombre de séismes en cascade, la dernière réplique est terrible. Nous voilà dans un effondrement qui l’emporte sur toutes les hontes déjà éprouvées. Nous nous retrouvons dans un paysage de ruines où, humainement parlant, la désolation est sans remède.

Au milieu d’une Église aujourd’hui passablement ébranlée, une figure de lumière servait d’appui à notre confiance. Et voilà qu’elle vacille parce qu’elle se révèle soudain recouverte par la ténèbre du scandale.

Que peut-il nous rester ? Surtout, gardons-nous de fades consolations.

Silence, s’il vous plaît. Silence et larmes. Car ce n’est pas seulement nous, chrétiens, que les nouvelles révélations de ces jours humilient, c’est du Christ qu’il s’agit.

Le Christ méconnaissable, qui n’a plus qu’un visage sali,

grimaçant du mensonge de la perversion qui aura abusé l’autre, travesti la piété en jeu sordide.

Aujourd’hui, le Christ est devant nous, revêtu du vêtement du mensonge dont l’affuble le péché de ses disciples, tandis que lui-même pleure sur les vies fracassées de femmes qui ont été attirées dans un infernal guet-apens.

Et cela au lieu même qui était justement réputé accueillant à la vulnérabilité. Où l’on savait vivre et enseigner le respect et l’estime de personnes que nos sociétés sont souvent tellement incapables d’honorer.

Que nous le voulions ou non, nous sommes concernés par l’appel. Nous devons nous savoir mobilisés pour y prendre part.

La dissimulation donne le vertige.

Saint Paul désigne et dénonce ce qu’il appelle le « mystère d’iniquité ». Soit bien plus que ce que nos discours convenus se contentent d’appeler « problème du mal ».

Ne nous leurrons pas : l’abîme de ce sombre mystère s’ouvre un peu partout aujourd’hui autour de nous et dans le monde.

De mille manières qui prennent le relais des épouvantes vécues au siècle dernier. Et, à l’évidence, ce mal s’active avec beaucoup de zèle dans l’Église.

Un vrai « combat spirituel » est engagé dans ce présent. Que nous le voulions ou non, nous sommes concernés par l’appel. Nous devons nous savoir mobilisés pour y prendre part.

Ce combat, nous pouvons le perdre en l’esquivant, en tournant les talons, en sombrant dans l’écœurement et le désespoir, convaincus que c’en est fini de l’Église.

Ou bien nous pouvons être chrétien, tout simplement et plus que jamais. Répondre en chrétien à la situation. C’est-à-dire diriger le regard vers la croix du Christ.

Nous tenir là où tout est perdu, submergé par la violence du mal, défiguré par l’œuvre des pécheurs. Et tenir ainsi, debout, en témoins du Ressuscité !

C’est-à-dire dans la foi que nos territoires de mort ne peuvent être désertés par Dieu, comme nous en aurions l’évidence.

Dans la confiance que Dieu reste à la manœuvre et qu’il sauve ce qui est perdu. Confiance de nuit, et c’est bien pour cela que c’est un combat. Mais combat mystérieusement victorieux.

Dans la nuit de Pâques, les chrétiens vont proclamer que la vie a vaincu la mort, que la croix a vaincu l’enfer. Des mots seulement, portés par l’enthousiasme de ce moment liturgique ?

Ou bien cette vérité qui est le cœur de la foi, hors de laquelle il n’y a pas de chrétiens ?

Le Carême qui s’ouvre en concomitance avec la grande douleur présente n’a pas trop de ses quarante jours pour nous ramener à cette vérité, qui doit nous tenir envers et contre tout dans l’espérance.
 

Anne-Marie Pelletier,  théologienne, auteure de l'Église, des femmes avec des hommes (Cerf)

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