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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 22:55

Royaume des Cieux ou royaume de Dieu, dans les Évangiles ce thème est au cœur de la prédication de Jésus qui en dévoile le sens dans de nombreuses paraboles.

L’annonce du Royaume par Jésus est-elle une nouveauté par rapport à l’Ancien Testament ?

Dans l’Ancien Testament, la notion de Royaume n’apparaît que pour évoquer celui des rois de l’époque. En revanche, il relève du langage commun de la Bible de reconnaître que Dieu règne comme seul maître absolu alors qu’aucun être humain ne peut prétendre à cela.

« Dans l’Ancien Testament, Dieu est compris comme le créateur, le libérateur », explique Mgr Pierre Debergé, membre de la Commission biblique pontificale et directeur au Séminaire français de Rome. « Le roi, c’est Dieu et il n’y a pas de pouvoir humain qui ne dépende de lui. En ce sens, Dieu concède aux rois bibliques la royauté, car celui qui règne, c’est bien Lui. »

Plusieurs psaumes font ainsi référence à ce règne de Dieu, comme le psaume 144 : « Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent ! Ils diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits, annonçant aux hommes tes exploits, la gloire et l’éclat de ton règne : ton règne, un règne éternel, ton empire, pour les âges des âges. »

Les paroles de Jésus au sujet du Royaume marquent un tournant. « Le Royaume dont parle Jésus ne tombe pas du ciel : dans la continuité de l’histoire d’Israël, c’est un événement radicalement nouveau, assure Odile Flichy, bibliste, enseignante au Centre Sèvres. Il ouvre une ère nouvelle : avec Jésus, l’absolu de Dieu s’incarne et entre dans l’histoire des hommes. »

Quand et comment Jésus parle-t-il du Royaume ?

Dans les Évangiles, le Royaume est omniprésent dans la prédication de Jésus, ce qui est particulièrement observable chez l’évangéliste Matthieu qui utilise à 49 reprises ce terme. Issu du grec basileia, il peut être traduit, selon le contexte, par « royaume » ou « règne », comme dans la prière du Notre Père.

Dans son livre, intitulé Jésus de Nazareth (1), sous la signature Joseph Ratzinger-Benoît XVI, le pape émérite soulignait que le message central de l’Évangile était contenu dans l’annonce de Jésus : « Le Royaume de Dieu est proche. » La proclamation du Royaume est « le noyau de la parole et de l’activité de Jésus ».

Pour évoquer et révéler le sens de ce Royaume, Jésus utilise de nombreuses paraboles, dans un souci de pédagogie. « Leur sens ne s’impose pas, elles permettent de faire le tri entre ceux qui cherchent à comprendre et les autres, souligne Odile Flichy. Elles suggèrent toutes des aspects de la vie sous lerègne de Dieu. »

Le Christ compare par exemple le Royaume « à un homme qui a semé du bon grain dans son champ » (Mt 13, 24), « à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ » (13, 31) ou encore « au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé » (13, 33).

« Par les paraboles, Jésus dévoile la petitesse et la grandeur du Royaume car le danger, ce sont nos images humaines, notre manièrede penser le pouvoir et la royauté », insiste Mgr Pierre Debergé.

Comment alors définir ce Royaume ?

Lors de la prière de l’Angélus, en janvier 2008, Benoît XVI évoquait cette expression qui échappe à une définition limpide. « Cela n’indique certes pas un Royaume terrestre délimité dans l’espace et dans le temps, mais annonce que c’est Dieu qui règne, que c’est Dieu le Seigneur, et son pouvoir est présent, actuel, et est en train de se réaliser, expliquait-il. La nouveauté du message du Christ est donc que Dieu, en lui, se fait proche, il règne désormais parmi nous, comme cela est démontré par les miracles et les guérisons qu’il a accomplis. »

Ce Royaume, paradoxal à bien des égards, ne se manifeste pas dans le faste ou la force, mais dans la patience et la douceur. « Il se donne à voir dans le dépouillement du fils qui ne retient pas pour lui sa gloire mais se fait serviteur, souligne Mgr Debergé. La souveraineté de Dieu n’écrase pas mais s’exerce dans l’amour, l’abaissement, le don de soi et la faiblesse. » Et, devant Pilate, Jésus déclare ouvertement que sa « royauté n’est pas de ce monde » (Jn 18, 36).

« Le Royaume conserve une grande part de mystère, on ne peut le saisir, insiste Odile Flichy. Il procède d’une économie nouvelle, d’un renversement de valeurs, avec le souci des plus petits en priorité. Sa charte, ce sont les Béatitudes.

Elles manifestent une anticipation de la vie du Royaume. » « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux », clame ainsi le Christ (Mt 5, 3).

Comment entrer dans le Royaume ?

La spécificité de ce Royaume – assimilé au Ciel, au paradis ou encore à la maison du Père dans le Catéchisme de l’Église catholique – est qu’il est à la fois déjà présent tout en étant encore à venir, une réalité et une promesse. Pour le pape François, il « s’enracine dans les cœurs »« Il est déjà là comme une semence, petite mais qui croît, résume Mgr Pierre Debergé. Il se donne à voir dès aujourd’hui dans nos gestes d’amour. »

Pourtant, comme le souligne Jésus à plusieurs reprises, l’entrée dans le Royaume est à rechercher et nécessite une conversion : « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas » (Lc 18, 17). « Comme il est difficile à ceux qui possèdent des richesses de pénétrer dans le royaume de Dieu ! », affirme-t-il aussi (18, 24).

« Il est vrai que le royaume de Dieu est offert à tous – c’est un don, c’est un cadeau, c’est une grâce –, mais il n’est pas mis à disposition sur un plateau d’argent, il exige un dynamisme : il s’agit de chercher, de marcher, de se donner de la peine », expliquait le pape François, en juillet 2017. Mais Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés », est-il souligné dans la Première Lettre de saint Paul à Timothée (2, 4).

Ceux qui entreront dans le Royaume par la miséricorde de Dieu se voient offrir la promesse de vivre en communion avec lui ; un mystère qui dépasse toute représentation. Bien davantage qu’un lieu, qui ferait entrer le Royaume dans des catégories spatio-temporelles, l’Apôtre Paul, dans la Première Lettre aux Thessaloniciens (4, 17), parle de la finalité de l’homme et affirme : « Nous serons pour toujours avec le Seigneur. »

(1) Flammarion, 2007.

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