Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 19:00

L’étymologie dit le vide (vacuum) mais la désinence « -ance », substantification d’un participe présent, exprime quant à elle l’action.

Les vacances seraient une sorte de vide actif, un vide qu’on fait. Une « vidange » ?

Rien n’est pourtant si mécanique. On ne fait pas le vide en un tour de vis. Horror vacui : la nature, et d’abord celle humaine, a horreur du vide.

[...]

Qu’à cela ne tienne ! Voici la question : Que mettez-vous derrière le Septième Jour ?

Que signifie le repos de Dieu qui clôt l’Heptaméron, la Création du monde en six jours ?

J’y avais toujours lu une invitation aux vacances, justement, à la trêve du shabbat.

Une incitation à n’être pas uniquement dans la transformation active et inquiète du monde.

Deux penseurs, d’origine juive, m’ont récemment mis sur une tout autre piste. Ernst Bloch (1885-1977) et Hans Jonas (1903-1993) voyaient bien dans le Septième Jour le congé de Dieu.

Mais il signifiait à leurs yeux l’entrée de l’homme sur la scène du monde. Le Septième Jour, c’est Dieu qui nous dit : « Et maintenant, à vous de jouer. » 

Qu’un jour soit ajouté qui n’est pas une œuvre de Dieu, cela nous indique, selon Ernst Bloch, que la Création est inachevée, que l’homme ne peut se contenter de la nature créée.

Car la nature, dont le Livre de Job nous chante la magnificence, reste toutefois sourde au cri de l’opprimé.

Sa beauté doit donc encore inspirer à l’homme la bonté.

Et son aveugle abondance demande à être convertie en justice intelligente. C’est là tout un travail dont on ne peut se décharger.

Hans Jonas, de son côté, voyait dans le Septième Jour le geste par lequel Dieu renonce à sa toute-puissance, afin d’instituer l’homme en sa pleine responsabilité.

Dieu, retiré du monde qu’il a créé, nous supplie de L’y rendre partout présent, de Le révéler dans tout ce qu’il y a de beau et de fragile, de Le protéger de nos mortelles puissances.

Le Septième Jour serait donc moins la permission de s’affaler sur son canapé qu’une invitation à prendre sa part de monde.

Il est la bénédiction de nos heures de lutte, d’insomnie, la permission donnée à nos cheveux blancs.

Il est vrai aussi que le Christ a donné au Septième Jour un sens supplémentaire.

Il y eut un jour qui fut celui de la Résurrection.

Nous pouvons désormais, pour agir, nous reposer sur la certitude que le Mal n’aura pas le dernier mot.

Martin SteffensPhilosophe

__________________________________
 

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog (et regardez votre dossier spam ou indésirable pour valider ensuite votre inscription envoyée par Feedburner) :

 

Enter your email address:

Delivered by FeedBurner

 

Partager cet article

Repost0

commentaires