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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 23:08
J'ai donc pratiqué et pratique encore quelque peu la méditation silencieuse, pierre angulaire du bouddhisme zen. Mais surtout, après avoir étudié les écrits des maîtres de cette voie spirituelle, je m'en suis approprié l'esprit.

Pour moi, c'est avant tout une façon libre d'envisager toute chose, d'aller à l'essentiel. Une invitation à se débarrasser de toutes les idoles, de toutes les superstitions, de tous les mythes. Le zen est une lame nue tendue vers l'absolu.

II se méfie des intellectualismes, du verbalisme et il privilégie l'expérience directe. Comme l'illustre ce propos d'un maître : «La définition claire assassine». Ou cet autre de Bodhidharma, premier patriarche et fondateur des versions chinoise et japonaise de cette école bouddhiste : «Pas d'écrit, un enseignement différent [de tous les autres], qui touche directement l'esprit pour révéler la vraie nature de Bouddha». Afin d'y parvenir, les maîtres zen aiment bousculer les idées reçues et ont volontiers recours à l'humour. L'humour est la liberté du zen. Il en est constitutif. Il secoue insolemment l'arbre à doctrines. Il relativise, allège, éveille. Il établit cette distance heureuse qui désintoxique des théories, préserve des vénérations intempestives, sauve des intégrismes. A toutes les époques, le zen donne un formidable coup de pied dans la fourmilière. Invitant, par-delà le dogmatisme, à la simplicité de l'amour, à l'infinie patience, à l'accueil de tout et de tous. Il entrouvre «la porte sans porte» de l'éveil qui est, aussi bien, la porte du «château de l'âme» chère à sainte Thérèse d'Avila.

Le zen me rappelle l'urgence de l'amour.

Je suis en effet convaincu que toutes les spiritualités visent à l'absolu, cet autre nom de Dieu. Convergentes, elles peuvent être aus si complémentaires. Ainsi, le zen m'a rappelé l'urgence de l'amour infini, qu'on ne peut expérimenter sans cette liberté intérieure qui lui est si chère. Il me dit et me redit que Dieu n'est pas une idole. Qu'il ne faut pas confondre la voie et le but.

Pour autant, chrétien je suis et je reste. J'ai trop besoin, dans ma vie personnelle, de la voie d'amour et de miséricorde du Christ. Marie, la mère de Jésus, en est la messagère sublime.  Bref: celui qui suit le chemin de tendresse de la Théotokos - «la Mère de Dieu» comme disent les orthodoxes -, celui-là est le frère de l'insolent et libre moine zen. Ils ont la même étoile au fond des yeux.

Henri Brunel
Article paru dans la revue Prier
http://www.prier.presse.fr

ORIGINE
Le mot japonais «zen» veut dire «méditation silencieuse». De fait, le bouddhisme zen met particulièrement l'accent sur cette pratique, en quête de l'illumination intérieure. Selon la légende, son origine remonte à un sermon du Bouddha. Pour transmettre un point clé de son enseignement, il cueillit silencieusement une fleur et, souriant, la fit tourner entre ses doigts ; seul l'un de ses disciples aurait alors «saisi» et souri au Bouddha en retour. Lequel aurait dit devant l'assemblée qu'il lui avait ainsi transmis son trésor spirituel le plus précieux... C'est ce disciple qui sera par la suite reconnu comme le premier patriarche indien à l'origine du zen japonais. En français courant, le mot «zen» est aujourd'hui devenu synonyme de «serein», «tranquille», «cool». Une évolution qui ne rend pas justice à la rigueur et à la profondeur de cette tradition... où l'on ne se prend pas pour autant au sérieux !

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Published by - dans Textes
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