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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 22:30
Le grand bibliste Jacques Cazeaux m'a fait prendre conscience de cette résonance troublante : avant son Ascension, Jésus passe quarante jours avec ses disciples, exactement comme avant sa prédication il passe quarante jours au désert.

Quoi de plus opposé, pourtant, que la Résurrection et le désert ? Ici, la source jaillissante ; là, le sable desséchant. Ici, la Victoire ; là, la Tentation.

Or, justement, si par ce nombre saint Luc les met en parallèle et les rapproche de cet autre passage où Moïse reçoit la Torah tandis que les Hébreux fabriquent le Veau d'or, n'est-ce pas pour nous rappeler qu'il y a une tentation de la résurrection ?


Ce que nous signifie la parole de Jésus à Marie-Madeleine : « Ne me retiens pas ! »

La présence visible du Ressuscité ici-bas serait pour nous un péril. Elle servirait nos désirs d'évasion. Elle nous laisserait dans un éblouissement passif, oublieux des choses de la terre, dédaigneux de la misère du prochain, voués à des prosternements d'esclave devant la merveilleuse toute-puissance. Car le démon aussi se prosterne, comme le montre la scène du « démoniaque gérasénien ».

Ainsi, Jésus monte au ciel non pour nous abandonner, mais pour nous préserver d'une soumission servile. Il ménage l'espace d'une réponse amoureuse. Il fait cette pénombre nécessaire à la chambre nuptiale.

 

 Fabrice Hadjaj
Panorama Avril 2009
 

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