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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 09:38

Un théologien contemporain (Henri Bouillard) s'exprime à peu près ainsi " On ne peut placer le nombre en Dieu. Même si la Divinité, qui est au-dessus de tout, est célébrée comme Trinité ou comme Unité, elle n'est cependant ni trois ni un, tels que nous connaissons ces nombres dans notre expérience humaine. Quoique Dieu se révèle clairement comme étant trine et un, il reste, là même, pleinement incompréhensible. Il convient de tracer un cercle de silence autour de son mystère ".


Sûrement... Dire qu'il y a trois personnes en Dieu comme il y a trois personnes dans une famille - le père, la mère, l'enfant - c'est affirmer trois dieux et c'est nier la foi. A l'inverse, dire que le Père, le Fils et l'Esprit, ce sont trois façons dont se présente le même Dieu, comme trois photos du même visage - photo de face, photo du profil droit, photo du profil gauche - c'est nier la distinction des trois Personnes et c'est encore nier la foi. On ne peut qu'approcher le mystère...

Quoi d'étonnant à cela, quand il s'agit de Dieu, puisque au simple niveau de nos personnes humaines, de nos vies terrestres, nous ne pouvons que soupçonner leur mystère, le pister à la trace, sans pouvoir vraiment le prendre dans le filet de notions claires et de formules exactes.

La vie ? Votre vie, celle de votre chat, celle du géranium que vous arrosez sur votre balcon, aucun savant ne peut vous dire ce qu'elle est... C'est pourtant ainsi. La vie, elle est en nous, autour de nous ; on la rencontre tout le temps ; on est " dedans ". Et cependant, pas moyen de la définir en termes parfaits. Les savants peuvent décrire le vivant, dire : " Ceci est vivant, ceci n'est pas un vivant ", mais ils ignorent ce qu'est la vie. Nous, nous avons bien une certaine intuition de ce qu'est la vie, mais son mystère essentiel nous échappe.

C'est encore tellement plus vrai quand ce vivant est une personne. Avec ceux que vous connaissez le mieux, avec votre mari, votre femme, vos enfants, vous allez de découverte en découverte.., et la part de l'inconnu reste et restera toujours immense. Vous savez bien que vous-même, ceux qui prétendent vous connaître vous connaissent peu et imparfaitement. Vous connaissez-vous seulement vous-même ? Il faudrait être bien illusionné pour répondre " oui ".
Donc, même au plan naturel et humain, on ne connaît pas la vie, on ne connaît pas les personnes, on ne se connaît pas soi-même... Ou si peu...

Cela ne nous empêche pas de vivre. Et de tenter de balbutier sur ce que nous vivons, tout en sachant que la vie et les personnes ne se mettent pas en formules.

A plus forte raison, au plan de la vie de Dieu, des Personnes divines, acceptons de ne pouvoir approcher le mystère que de loin, de n'avoir sur la langue que des mots qui trahissent, de ne tenter des images qu'au moyen de miroirs déformants. On ne capture pas la Trinité divine comme un papillon ! C'est la raison pour laquelle chacune des grandes idées fondamentales - " personne ", " consubstantiel ", " procéder " - qui composent les formules de notre foi ont d'abord été condamnées par des papes et des Conciles des IIIe et IVe siècles. Elles n'ont été finalement acceptées que faute de pouvoir mieux dire, à condition d'être reconnues comme impropres. Elles ont fini par être tolérées, comme un misérable balbutiement, sans plus. Eh bien, balbutions...

Th. Rey-Mermet
Pour une redécouverte de la foi

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