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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 13:55

Tu me dis, ami,

que tu aimerais croire et que tu sens, dans le ventre de ton âme, comme une
lancinante faim de Dieu.
Tu me dis, ami, que tu envies la clarté lumineuse de ces hommes et de ces femmes de vive foi qui ont su se faire transparents à la grâce.
Tu me confies, ami, avoir soif de cette divine lumière qui, comme un baume, vient apaiser les blessures et dévoiler l'horizon.
Tu aimerais croire, ami, comme un veilleur espère l'aube qui chassera le froid glacial du désert...
Tu aimerais croire, ami, mais tu t'inquiètes de ce que tu penses être l'opacité de ton coeur, la pesanteur de ton être et l'ombre de tes chemins de traverse.
Tu m'avoues, ami, être un brin « mécréant », pas tout à fait certain d'être en règle avec la « bonne morale »...
Tu as, ami, sur le sinueux sentier de ta vie, tenté d'aimer mais tu sais combien l'amour est un art difficile...
Tu ne sais plus, ami - ou si peu -, le credo de ton enfance.
Tu peines, ami, à mettre pudiquement tes pauvres mots sur l'immensité de Dieu.
Tu prière, si rare, n'est souvent, ami, que balbutiement, distractions, errance...
Tu tentes parfois, ami, de dire « tu » à un « Père » dont tu n'es pas tout à fait sûr d'être le « fils » ...
Tu m'avoues, ami, tes interrogations, tes révoltes, tes fatigues spirituelles...

Et je voudrais te dire

Réjouis-toi, ami, de tes doutes car ils sont une mise en route vers ce Compostelle intérieur où l'Éternel t'espère et t'attend.
Réjouis-toi, ami, de te savoir fragile, car c'est par nos failles et nos blessures que Dieu vient en nous dresser sa tente de tendresse.
Réjouis-toi, ami, de ne pas « savoir Dieu », car la porte étroite qui mène à la Rencontre passe par la nudité de l'inconnaissance.
Ose, ami, une prière qui ne sait pas, qui ne quémande pas, qui ne bavarde pas.
Ose, ami, franchir la passerelle étroite qui t'offre d'embarquer sur le frêle esquif de l'écoute.
Tends l'oreille de ton coeur et ose te laisser investir par le grand silence qui mène à la contemplation. Laisse le vent de l'Esprit te pousser au large. Tente l'audacieux pari de la foi. Va, à ton rythme et selon tes caps, vers l'océan de la divine présence.
Mène cette traversée spirituelle dans le compagnonnage de celles et de ceux qui, comme toi, cherchent l'éclat du matin.
Nourris-toi du pain béni de l'Écriture, de la sainte manne de la fraternité...
Désaltère-toi à la source de la Parole, marche, aux côtés de l'Envoyé, sur le secret chemin de ton éveil. Ose devenir qui tu es.
Et approche-toi sans crainte, voyageur fourbu et affamé, de l'ineffable table où, de ses mains blessées, le Maître intérieur t'offrira le pain de ta résurrection...

Bertrand Révillon
Panorama N° 434

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commentaires

J
C'est un texte très émouvant, merci