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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 22:24

 

Chers Amis,

Par la révélation de la Beauté, l'icône nous fait franchir d'un coup les seuils du sensible et du psychologique, nous ouvre les portes du temple et nous met face à face avec le Transcendant. On n'est pas devant l'œuvre d'un auteur mais devant l'Auteur de toute œuvre. Et non pas dans une objectivité, une distance, Lui à trois mètres, mais dans la relation brûlante d'un Dieu personnel.


Cela explique pourquoi il y a dans les églises orthodoxes une telle sensation de vie et de présence. Tout est célébration, même en dehors des offices, tout ramène à la seule réalité vraiment vivante, à « l'unique nécessaire » : le mystère divin. Et quand on s'incline devant les icônes avant de les embrasser, il y a quelqu'un en nous qui sait qu'il n'y a rien qui nous soit plus intime.


Ces mêmes icônes trouvent aussi leur place à la maison et font d'elle un temple ; elles sanctifient les lieux et les espaces ; leur rayonnement transforme l'atmosphère et neutralise les ondes négatives ; elles donnent à la demeure et à tout ce qui s'y vit un centre où rien de ce monde n'a le dernier mot, mais s'ouvre vers un Au-delà de lumière et de joie... « Que ta maison soit une église » dit saint Jean Chrysostome (IVe siècle).


Là, sous le regard de feu et de tendresse des icônes, l'amour au quotidien se fait alchimie d'un monde autre, la cellule familiale introduit dans le plus petit détail le « meurs et deviens» d'une pâque qui ne cesse d'être célébrée à la liturgie. Ainsi la Vie circule d'un lieu à l'autre pour faire son œuvre de transfiguration. Telle la veilleuse toujours allumée à côté de l'icône ici et là, l'homme s'éveille à la vigilance par ces rappels constants. Son visage, toujours exposé à l'icône, « réfléchit comme en un miroir la gloire du Seigneur qui est sur la face du Christ » et il est lui-même peu à peu « transformé en cette même icône, de gloire en gloire, par l'action de l'Esprit» (2 Cor 3,18; 4,6).


L'icône de Dieu alors, la plus extraordinaire, c'est l'homme. On devient ce que l'on contemple. Et c'est pourquoi pendant les offices à l'église, le prêtre encense les fidèles tout aussi bien que les icônes ! Voilà pourquoi aussi une relation entre deux êtres humains n'est jamais banale et utilitaire : c'est le lieu même d'une Visitation mystérieuse où quelque chose peut se mettre à danser au fond des cœurs (Lc 1,39-45).

 

Alors que le jugement ou le regard critique sur l'autre retombe sur son auteur pour l'accuser d'une effarante myopie et de peu de profondeur. Il a l'œil sombre et le regard ténébreux, il ne voit que les apparences, son champ de vision est plat ; enfermé en lui-même, il ne voit que l'enfer chez les autres.

Le familier des icônes baigne dans leur lumière, c'est son milieu.

 

En effet, c'est la lumière qui qualifie une icône. Comme le dit la Tradition : un iconographe peint avec la lumière et non avec les couleurs. Selon les jours de la création décrits par la Genèse, il part des ténèbres, pose d'abord sur le bois les couches les plus sombres, la terre, puis va vers une « clarification progressive », de couche en couche jusqu'à l'éclatement de la lumière.

 

C'est avec cette Lumière, qui est le Christ, que Dieu crée le monde, et c'est avec cette même Lumière que travaille l'iconographe. Lumière incréée qui émane des profondeurs et illumine les visages. Comme le centre de l'icône se trouve dans celui qui la regarde, elle plonge en son tréfonds cette «Lumière qui éclaire tout homme» (Jn 1,9). Là elle rejoint la lumière qui l'habite déjà et ouvre en lui le chemin de l'illumination.

 

Dans ce sens tout homme peut être iconographe. S'il a un regard de lumière sur l'autre, il le revêt de splendeur et le suscite au meilleur de lui-même, l'étincelle divine se met à rayonner au fond de son être, les ténèbres disparaissent. Qui n'a souvenir de telles rencontres? Seul ce regard visionnaire, longuement appris auprès des icônes, sait contempler la vraie beauté des êtres et des choses ; « l'œil de la colombe » appréhende la transparence de tout ce qui l'entoure. Il n'y a plus de rapports de force alors, seulement de la Force dans les rapports. Le visage est un abîme de mystère : l'amour seul entre dans ce sanctuaire.

 

A nous d’en faire l’expérience !

 

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

fondateurs du centre Béthanie

http://www.centre-bethanie.org

http://centre.bethanie.overblog.com/

 

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