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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 22:32


Photo Aurore

 

 Chers Amis,


Durant le grandiose office de la Nuit de Pâques, l’un des évènements majeurs est « le retour de l’Hallelu-Ya ». On en avait jeûné pendant tout le temps du Carême, quarante jours sans laisser s’exclamer la joie ! Maintenant, avec le Christ ressuscité, celle-ci se répand comme une traînée de poudre, s’approfondit et se rend universellement présente par l’Ascension du Christ qui est la fête même de son universelle Présence. La venue de l’Esprit Saint, à la Pentecôte, imprimera avec puissance cette réalité à toute l’Eglise et, par elle, à toute l’humanité.


L’homme est né pour la Joie. Le disciple du Christ est un être littéralement consumé par la joie pascale, qui est désormais le phare de son existence, le son juste de sa vie. Elle est le grand Fruit de l’Esprit Saint et c’est pourquoi on peut dire : une vie authentiquement spirituelle se mesure au degré de joie qui l’habite.

 

Cette extraordinaire tonalité était celle de toute l’Eglise primitive, alors même que la persécution et le martyre sévissaient. Les chrétiens descendaient dans l’arène en chantant la gloire de Dieu, « Hallélu-Ya ! ». La louange du Christ victorieux de la mort et la joie de se savoir eux-mêmes déjà ressuscités les avaient libérés de toute contingence. Ils étaient nés à la condition divine et rien ne pouvait leur enlever cette plénitude !


L’Eglise ouvre maintenant devant nous cet immense « temps de la Pentecôte » qui s’étend jusqu’à l’automne, pour qu’à notre tour, nous fassions l’apprentissage de cette nouvelle naissance dans notre quotidien. Il s’agit de naître à la sainteté. Le saint, c’est l’homme accompli en Christ, c’est celui qui a fait le vide de lui-même pour ne plus vivre qu’en Christ et par le Christ.

 

Or, à la suite de Saint Paul qui dit : Soyez joyeux, divins, devenez parfaits, tous les Anciens Pères affirment qu’il n’y a pas de progrès spirituels sans posséder la joie. Celle-ci n’est pas une qualité ou une vertu, elle exprime la Vie de Dieu Lui-même. C’est pourquoi, puisque Dieu est amour, il y a toujours la joie où on aime et là où il n’y a pas de joie, il est probable qu’on aime peu !


La joie a ceci de particulier : elle ne dépend ni de faveurs spéciales ni de circonstances extraordinaires, ni de dispositions intérieures impossibles à réaliser. Elle ne dépend que de ce seul fait, qui subsiste par lui-même, qui est toujours de la dernière actualité. : la présence du Seigneur !

 

C’est ce qui a fait dire à Paul Claudel, avec bien d’autres : Le chrétien n’a d’autre devoir au monde que la joie… Hors de la joie il n’y a que le néant et croire au néant, c’est se détruire soi-même, s’installer dans l’inversion spirituelle et vouloir vivre contre le secret de la vie. Ici la joie se révèle comme étant la vérité de notre être ; elle n’est pas seulement le critère de l’amour, mais aussi de la vérité. Là où il y a la joie la Vie triomphe, parce qu’elle est le pouls de l’Etre. Tout ce qui nous confirme dans cette conviction est vrai, tout ce qui nous en éloigne est faux. A celui qui vit en Dieu la joie est naturelle.


On comprend alors pourquoi les lettres de Saint Paul insistent à ce point et contiennent tant d’appels à la joie. Non seulement il la conseille, mais il en fait un commandement : Réjouissez-vous dans le Seigneur en tous temps, je le répète : réjouissez-vous… Motif : Le Seigneur est proche ! On a dit que cette phrase donnait la note fondamentale de la vie chrétienne, elle traduit le tout de l’Esprit Pentecostal.

 

Le propre de l’amour, c’est se réjouir de ce que l’autre soit heureux : se réjouir de la joie de Dieu, se réjouir de ce que Dieu soit Dieu, il n’y a rien au-delà ! De cet amour absolument gratuit le Christ en fait son testament quand, avant de mourir, Il dit aux disciples : Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père et Il nous en constitue héritiers : Je vous donnerai ma joie, afin que votre joie soit complète.


Cette joie est un grand acte, l’acte le plus élevé du détachement de soi, le plus opposé à l’égoïsme. On le perçoit vraiment chez ceux pour qui « Vivre c’est le Christ ». Il suppose une contemplation permanente du visage du Christ, ce qui est le propre d’un grand amour et contraire aux natures inquiètes, toujours préoccupées d’elles-mêmes. Dès qu’on se laisse happer par le monde, la figure du Christ paraît lointaine et inconsistante, le niveau spirituel de notre vie descend.

 

On voit qu’il s’agit d’un réel combat qui repose sur une décision à reprendre sans cesse et qui donne une orientation ferme à toute la vie. Le chemin de la joie passe par le chemin de la croix. Joie et souffrance sont inséparables dans la condition humaine, mais la souffrance est un processus de guérison vers la joie.

 

Comme dit le Psaume 30 : Pour moi, tu as changé le deuil en une danse, tu dénouas mon sac et me ceignis d’allégresse. Dieu, en effet, n’a qu’un désir c’est de nous combler de sa propre Joie !


Que l’Esprit de Pentecôte nous accorde à tous la Grâce de l’accueillir à travers ses multiples visages du détail quotidien et qu’il nous donne la Force de persévérer sur le Chemin !


Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel animateurs du Centre Béthanie http://www.centre-bethanie.org

 

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