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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 22:57

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Chers Amis,


Dans notre dernière Lettre, nous avons découvert que la grande musique est un tel don de Dieu qu’elle pouvait nous conduire vers des dimensions insoupçonnées de nous-mêmes, là où tout est encore en « harmonie », comme en état de prière permanente. Le tout maintenant, c’est de s’y maintenir et d’en faire l’axe de sa vie…


Ecouter, se laisser parler, c’est plonger dans la profondeur une, dans l’unité de l’Etre, devenir un avec Dieu. Dans le fin fond de notre cœur, du cœur de tout homme, se trouve cette extraordinaire nostalgie, ce désir de devenir un avec l’Eternel.


Depuis que l’homme existe, il souffre de cette séparation avec l’Origine, la Source de son être, et n’a de repos que dans cette Unité retrouvée.


La souffrance est telle que l’homme ne cesse de chercher, et cette recherche a donné naissance à tous les Chemins et aux différentes Traditions spirituelles de l’humanité qui veulent nous reconduire vers le Paradis perdu.


Au coeur, au centre de la Tradition Judéo-chrétienne se trouve la fameuse maxime du Prophète Joël (III, 5) : Celui qui invoque le Nom du Seigneur sera sauvé. Aujourd’hui l’invocation du Nom suscite à nouveau un immense intérêt un peu partout. La « Prière de Jésus » ou « Prière du Cœur », très vivante toujours dans les pays orthodoxes, est de plus en plus pratiquée maintenant chez les catholiques et les protestants : la formule classique de la grande Tradition, où l’on répète sans cesse : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur ! »

 

Ou encore, comme cela se pratiquait souvent chez les premiers chrétiens : « Maranatha ! Viens Seigneur Jésus» ou d’autres formulations : « Kyrie eleison », « Oh Dieu, viens à mon aide », ou tout simplement le Nom de « Jésus » répété seul, que certains disent en hébreu comme Marie : « Yeshoua ». Il y a un réel besoin de remplacer les croyances par l’expérience personnelle, de trouver son cœur et Celui qui l’habite.


Jésus est le Nom du Dieu qui n’a pas de Nom, et c’est pourquoi, en l’invoquant, Il nous sauve, parce qu’Il nous conduit vers le Père qui est l’Origine de tout, la Source de toute vie. Voilà le but, pour le chrétien, de l’invocation du Nom : « Jésus ». Yeshoua en hébreu signifie : Dieu sauve, Dieu libère. Celui qui invoque Jésus de tout son cœur voit le Père. Le cœur se purifie de toutes ses dépendances qui le divisent, il s’unifie et prend une orientation unique : Dieu. Il est enraciné et fondé dans l’amour comme dit saint Paul (Eph 3). Uni à Dieu, cet homme est aussi uni à tous les hommes et à l’univers lui-même, véritable microcosme.


L’important est de maintenir la vigilance de la conscience et de réchauffer le cœur. L’oraison devient une « vie d’oraison ». Accompagnée d’une foi très vive et un amour intense, la formule ne peut se dessécher, elle ressemble à des étincelles qui jaillissent d’un foyer en ignition, disent les Anciens.


Loin donc d’une mécanique extérieure, cette répétition conduit vers l’union intime de l’homme avec Dieu ; beaucoup de Pères y voient la voie la plus directe et la plus accessible vers la perfection et l’expérience mystique. Tous sont d’accord pour dire que par ce Chemin on s’élève à la plus haute contemplation. Plus le désir est brûlant, plus l’union à Dieu est profonde. La pratique de la formule, c’est l’exercice de l’amour unifiant, il place l’homme dans la présence de Dieu, sans intermédiaire.


Et cela peut aller jusqu’à l’extase où l’esprit est élevé au-dessus de lui-même et transformé en Dieu. Toutes les facultés et les sens extérieurs sont alors intériorisés dans un puissant recueillement, un élan de tout l’être vers Dieu. C’est ce que les pères appellent la « retraite spirituelle » ou le « monachisme intériorisé », on est abouché à la « Source originelle » au plus profond de soi-même, là chacun est véritablement « chez lui »… Là se réalisent au sens propre les paroles de Jésus : Demeurez en moi, comme moi je demeure en vous (Jn 15). L’homme s’unifie, corps-âme-esprit deviennent un, le mental se met en silence, le système nerveux se purifie, c’est peu à peu la naissance à une nouvelle conscience.

L’esprit a trouvé alors son fond originel et entre en profonde résonance avec Dieu en tant qu’instance créatrice… La gratitude en est le véritable signe et le fruit…Ici, l’homme est au centre de tout, parce que tout l’univers est une vibration de gratitude et de joie, mais l’homme est d’abord au centre de lui-même, au lieu de convergence de toutes ses forces physiques et psychiques. Tout en lui et autour de lui s’unifie…il participe de la conscience universelle.


Puisse ce chemin de Lumière et de Présence extraordinaire illuminer les ténèbres de notre quotidien!

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

animateurs du centre spirituel Béthanie


http://www.centre-bethanie.org

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