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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 22:58

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Chaque année se tient à Toul la "foire du saint clou". Drôle de nom, sans rapport avec celui d'une ville de la région parisienne… Mais Toul possède bien un clou, conservé dans un endroit tenu secret, qui serait ni plus ni moins que l’un de ceux utilisés pour la crucifixion de Jésus ! 

Les reliques de la passion

On connaît l'histoire du saint suaire de Turin qui porterait l’image du Christ et qui a longtemps alimenté la controverse, ou la couronne d’épine qui fut acquise par Saint-Louis et se trouve encore dans le trésor de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Mais voilà, les reliques de la passion, qui sont en fait les différents objets qui ont servi à la crucifixion du Christ, sont plus nombreuses. On compte parmi elles les morceaux de la croix, la sainte lance qui aurait percé le flanc du plus célèbre des condamnés, la sainte éponge avec laquelle il aurait été lavé, mais aussi… les clous avec lesquels il fut fixé sur la croix !

La découverte des reliques par Sainte Hélène

Toutes ces reliques auraient été découvertes sur le calvaire par Sainte Hélène au début du IVème siècle après J.-C. Sainte Hélène était la mère de l’Empereur Constantin, le premier Empereur romain de confession catholique et celui qui autorisa le catholicisme. A la fin de sa vie, Sainte Hélène se rendit en terre sainte et ramena ces reliques qui avaient été enterrées sur place par les premiers chrétiens pour éviter qu’elles ne soient détruites. Mais bien évidemment, on peut s’interroger sur leur authenticité…

Le devenir des clous

Ainsi, selon l’ouvrage de Mgr du Saussay, 88ème évêque de Toul au XVIIème siècle : "l’un des clous servit à fabriquer le mors du cheval de Constantin. C’est le saint-mors, qui est aujourd’hui à Carpentras. Un second, qui était sur le casque de Constantin pour le protéger, serait aujourd’hui à l’église de la Sainte-Croix de Jérusalem à Rome. Quant au troisième, il aurait été jeté à la mer par Sainte Hélène dans l’Adriatique alors qu’elle affrontait une tempête, pour calmer les éléments. Celui-ci serait remonté à la surface. Elle l’aurait ensuite donné à la ville de Trêves, ville où elle a vécu." Selon d'autres thèses, un clou aurait été fondu en plusieurs petits, et l'un d'eux serait visible à Monza en Italie (à côté de Milan), contrée où la dévotion pour ce type de reliques est plus fréquente.

Saint Gérard et le saint clou

Lorsqu’au Xème siècle, Saint Gérard, évêque de Toul, décide de bâtir sa cathédrale sur le lieu même de l’actuelle, il désire y présenter des reliques prestigieuses. Il se tourne vers son supérieur hiérarchique qui est l’archevêque de… Trèves et lui demande le clou ! Ce dernier refusant de céder son joyau, saint Gérard se serait mis à pleurer. A ce moment, par miracle, le bout du clou se serait fendu et l’évêque de Toul put en ramener la partie la plus noble, sa pointe. Une chose est sûre, la pointe du clou de Toul coïncide bien avec celui de Trêves !

L’adoration du saint clou

Durant les siècles qui suivirent, le saint clou était donné à la vénération le deuxième dimanche (ou vendredi selon les sources) après Pâques. Certains témoignages attestent qu'on venait parfois de 15 à 20 lieues (soit 60 à 80 km) pour adorer la relique. Les magasins de souvenirs n’existant pas, les pèlerins venaient avec un clou dans la poche, touchaient le saint clou et leur propre clou devenait à son tour une « relique » personnelle. On raconte aussi que le clou aurait provoqué des miracles, comme guérir des malades venus l’adorer…

Le saint clou aujourd’hui

C’est de cette époque que date la "foire du saint clou", foire marchande qui se tenait à la suite de cette journée. Au Moyen-âge, fêtes religieuses et commerciales allaient souvent de paire. A Toul, aujourd’hui, la fête foraine est l’ultime survivance de cette histoire. Le saint clou ne sort que très rarement du coffre où il est entreposé. L’abbé en poste ne porte d’ailleurs lui-même que peu d’intérêt à la relique elle-même. Si ce clou (de 5 cm de long sur 7 mm de large à la base) a une valeur aujourd’hui, c’est surtout parce qu’il est serti d’une magnifique pièce d’orfèvrerie, un écrin réalisé par les joailliers parisiens du XVème siècle parmi les plus réputés du moment…

Depuis, le saint clou ne sort que très rarement du coffre où il est entreposé. Sa dernière sortie officielle eut lieu en 2002, lors des célébrations du millénaire du pontificat de Léon IX (1002 - 1054), seul évêque de Toul à avoir été Pape, entre 1049 et 1054.

Merci à Alde Harmand, adjoint à la culture de la mairie de Toul et à l'abbé Begin pour leur aide précieuse à la réalisation de cet article.

http://www.mylorraine.fr/article/la-fabuleuse-histoire-du-saint-clou-de-toul/12680

http://www.seraphim-marc-elie.fr/

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