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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 23:17

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Un texte difficile si l'on n'a pas une culture de la spiritualité chrétienne mais qu'il est bon de méditer même dans ce qui peut heurter notre sensibilité et nos idées personnelles. C'est un grand spirituel qui nous parle et il exprime la tradition millénaire de la plus haute spiritualité chrétienne.

Depuis l'origine jusqu'à nos jours, nous voyons l’Eglise rassemblée autour de la Table du Seigneur: « Ils persévéraient dans la fidélité à l'enseignement des Apôtres et à la communion, à la fraction du pain et aux prières » C'est ici, dans l'assemblée liturgique, que se trouve la source de la vie, son centre. C'est ici que se répand l'enseignement nouveau, sa grâce sanctifiante, et la manière dont il est donné.

C'est par cette nouvelle famille - Corps du Christ et communion du Saint-Esprit - qu'est écrit l'Évangile, qui n'est pas un exposé systématique de l'enseignement chrétien, justement parce qu'il ne s'agit pas ici d'enseignement. Jésus n'a pas laissé un nouveau système philosophique, ni n'a fondé une simple religion. Il a laissé Son Corps et Il a envoyé Son Esprit. Et l'Évangile est fait de passages fondamentaux de la vie de Jésus et de l'expérience de la nouvelle communauté en Christ. Jean l'Évangéliste parle clairement du caractère limité de l'Évangile: « Il est bien d'autres choses qu'a faites Jésus. Si on les relatait en détails, je ne pense pas que le monde même suffirait à contenir les livres qui seraient écrits ».  Or les choses que le monde ne suffirait pas à contenir si on les relatait en détail, se trouvent, sont connues et sont vécues dans l'Église, où vit Jésus Lui-même. Ceux qui pensent qu'ils connaissent le Christ en dehors de l'Église savent bien peu de Lui. Mais ceux qui appartiennent à l'Église vivent «en Lui».

Ainsi donc nous pouvons dire que l'Évangile est essentiellement un livre «privé». Il appartient à l'Église, laquelle a une mission universelle. Ou dans un autre sens, hors de l'Église l'Évangile est un livre scellé et incompréhensible. Il est remarquable que l'Évangile soit placé sur l'autel des Églises orthodoxes où il est chanté durant la divine Liturgie.

Plus tard, quand se seront présentées d'autres nécessités, l'Église formulera le dogme, qui n'est rien d'autre que l'expression, peut-être différente, de la vérité qui était déjà dans son sein depuis le jour de la Pentecôte.

L'Évangile et le dogme sont l'expression du même Esprit de l'Église. Quand elle écrit l'Évangile, l'Église ne fait pas de littérature. Et quand elle formule le dogme, elle ne fait pas de philosophie. Mais dans l'un comme dans l'autre cas, elle exprime la plénitude de la vie nouvelle cachée en elle. C'est pourquoi l'Évangile ne se comprend pas en dehors de l'Église, et le dogme ne se comprend pas en dehors du culte. Cette unité intérieure de la vie et de la vérité est la puissance et le caractère de l'Église. Tout existe d'une nouvelle manière. Tout est désormais « théanthropique ».

Dès lors que le Verbe éternel qui est dans le sein du Père, s'est révélé comme un enfant dans le sein de la Vierge Mère, et s'est révélé Lui même Dieu et Homme non en apparence ou en figure, mais par nature et en vérité, ontologique des deux mondes. « Le Verbe s'est fait chair et a demeuré parmi nous ». Tels sont le fondement et la nouvelle joie de l'Église. Depuis lors son « culte raisonnable » est la théologie.

Le dogme est l'expression de la vie mystique de l'Église, la formulation de l'expérience trinitaire dans le Saint-Esprit, au sein de laquelle, par l'Église, l'homme est baptisé dans tout son corps.

Les dogmes ne concernent pas simplement les spécialistes. Ils signifient et conditionnent la vie. Ils conduisent sans erreur à la plénitude de la vie dans le Saint-Esprit, en lequel « le Verbe révèle tous les dogmes du Père ».

Il ne s'agit pas ici d'une élaboration scientifique* ou d'une codification juridique, mais d'une formulation charismatique « en peu de mots et avec beaucoup d'intelligence », des conditions de la foi telles que Dieu les a enseignées.

La fidélité à la tradition et à l'enseignement dogmatique de l'Église, ce n'est pas seulement que demeurent inaliénables les justes formulations des conditions de la foi, mais que notre vie change, se renouvelle par la vérité et la puissance de rénovation qu'elles recèlent. Alors l'homme acquiert des sens nouveaux et peut voir : il prend conscience de la signification et de la valeur profondes de la foi orthodoxe comme puissance de vie.

Tout changement dans le Credo fondamental, tout affaissement dans les fondations cachées de l'Eglise « qu'a fondée le Seigneur sur la pierre de la foi »  creuse à la « surface » les failles de la scission. Si l'on contrefait les dogmes (que ce soit ou non en connaissance de cause), on contrefait l'ecclésiologie (la pastorale et l'administration), on contrefait la vie spirituelle, on tourmente l'homme.

L'ecclésiologie et l'anthropologie ont le même fondement : le dogme trinitaire et christologique. L'union hypostatique des deux natures de notre Seigneur nous donne de communier par grâce à la vie inaccessible de la Sainte Trinité. Et le mode d'existence de la Trinité divine constitue la structure mystique de notre être « à l'image ». C'est seulement si nous sommes conformes au Christ, si nous le connaissons en participant à sa vie, que nous « recevons la même grandeur », notre liturgie naturelle et notre liberté, comme Église et comme personnes. L'ecclésiologie et la spiritualité ont un même fondement: le dogme. L'Église est le Christ, son Corps vivant dans l'histoire. Et chaque fidèle la récapitule. Chaque fidèle est une petite Église. La conscience personnelle du fidèle a une dimension ecclésiale, et tout problème ecclésial est un problème de salut personnel pour chaque fidèle.

Quand donc l'hérétique touche à la « foi transmise », il touche à la vie des fidèles, à la raison de leur existence. L'hérésie constitue à la fois un blasphème contre Dieu et une malédiction pour l'homme.

C'est pourquoi l'organisme tout entier, comme la santé et la sensibilité spirituelle de l'Orthodoxie, a depuis toujours réagi au ravage corrupteur des hérésies.

Les Pères de l'Église, les «grands», sont des lieux de la théologie, une manifestation du nouveau mystère, un témoignage de la foi. Ils sont «grands» parce qu'ils se sont avancés, non seulement profondément, mais au-delà de toute profondeur, dans l'invisible lui-même, là où l'on perd tout, là où mène «l'amour plus fort que la mort».

Basile, higoumène du monastère d’Iviron sur la sainte Montagne de l’Athos


Actes, 2, 42

Jn 21, 25

A la fois divin et humain, n. d. t.

Spirituel

3e antienne des Degrés du 4e ton de l'Octoèque.

Liturgie de Saint Jacques.

Personnelle, assumée par la Personne du Fils

Ignace d'Antioche.


http://www.seraphim-marc-elie.fr/

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Published by Marc-Elie - dans Textes
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