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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 23:26

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Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu ; Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher :
« L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par Amour et, par Amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet Amour et s’abandonne à son Créateur (GS 19, § 1). »
S. Augustin, conf. 1, 1, 1
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D'où viennent les conflits et d'où viennent les luttes parmi vous? N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres? Vous désirez et vous ne possédez pas; vous êtes meurtriers et jaloux, et vous ne pouvez rien obtenir; vous avez des luttes et des conflits. Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas.
Quand vous demandez, vous ne recevez pas parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions.
Adultères que vous êtes! Ne savez-vous pas que l'amour pour le monde est synonyme de haine contre Dieu? Celui donc qui veut être l'ami du monde se fait l'ennemi de Dieu.
Jacques 3 1 à 4
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Spiritualité, désir : voilà deux mots dont l'association peut paraître étrange. En effet, depuis bien longtemps (peut-être des millénaires), l'idée de voie spirituelle évoque dans l'esprit des hommes, des images de monastères, de grottes et d'ermitages, lieux où, pour se rapprocher de Dieu, l'on se retirait du monde et l'on renonçait à ses tentations et à ses plaisirs. Cette conception dualiste, opposant recherche spirituelle et poursuite des plaisirs de la vie, a prévalu aussi bien en occident (on sait à quel point le christianisme est imprégné de notions de sacrifice et de culpabilité notamment en matière de sexualité) qu'en orient (dans l'hindouisme les pratiques ascétiques et de renoncement sont toujours très valorisées, et le bouddhisme vise à l'extinction des désirs et présente le monde comme source fondamentale de souffrance et d'illusion).
Les courants prônant une spiritualisation du désir et du plaisir, ont toujours été très minoritaires et spécifiques, et même en leur sein la satisfaction des désirs était notablement encadrée et limitée : ainsi dans le tantrisme (et seulement dans certaines branches) l'accès au plaisir était extrêmement ritualisé et contrôlé ; les philosophes grecs comme Épicure valorisant le plaisir recherchaient plutôt la modération et la simplicité, assez proches de la voie moyenne bouddhique ; quant à l'amour courtois médiéval, il s'agissait essentiellement d'un mode littéraire aboutissant rarement à une satisfaction concrète du désir, les « parfaits » cathares inspirateurs de cet art, recherchant avant tout la pureté ; enfin, on pourrait dire la même chose des poèmes d'amour exaltés de certains soufis, qui sont essentiellement des métaphores de leur relation avec le divin.
Bref, partout et depuis si longtemps, l'on s'est méfié du désir, et lorsque l'on a bien voulu lui accorder une place dans le processus de développement de l'homme, c'est pour ainsi dire « avec des pincettes » en le codifiant à l'extrême (pour contrôler ce qu'il peut avoir d'imprévisible et d'inconnu) et en laissant la satisfaction spontanée et naturelle des désirs, au vulgaire, au peuple et au profane.
À l'autre bout de l'histoire si l'on peut dire, se situe l'époque actuelle qui a vu le retour et même l'institutionnalisation du désir comme pilier de la vie de nos contemporains : en effet, la « société de consommation » qui est le système de base de notre fonctionnement économique et culturel, consiste à créer et exacerber des désirs matériels plus ou moins artificiels et factices, sans satisfaire les véritables désirs de l'âme, affectifs et spirituels, qui sont tout simplement niés et ignorés. Une économie toute entière est née de la systématisation de la dépendance et des comportements d'addiction, envers des produits sans grand rapport avec les besoins réels de l'être humain, quand ils ne sont pas franchement nocifs (tabac, alcool, drogues diverses, presse et films démagogiques, modes éphémères, alimentation malsaine, etc.). On le voit, la situation actuelle n'est pas tellement plus réjouissante.
Alors que penser du désir ? Pourquoi est-il à ce point suspecté dans les courants spirituels ? Est-il nécessairement illusoire, aliénant voire malsain ?
Et pourtant, sans désir, y aurait-il seulement la vie ? Sans le désir sexuel qui poussa nos parents à nous fournir un véhicule physique, serions-nous là à nous poser la question ? Sans désir de vivre, pourquoi quitterions-nous chaque matin les bras délicieux de Morphée pour affronter les risques et périls de la vie terrestre ?
[...]
Et s'il était encore nécessaire de réhabiliter le désir et sa magnifique sagesse, posons-nous seulement la question†: le désir des êtres humains est-il véritablement de vivre dans un monde industriel, pollué et mercantile, où l'horizon de vie se limite à travailler et consommer, ou ne serait-il pas de faire de cette Terre un jardin édénique, lieu de contemplation, de jouissance et d'extase ?
Le désir est de nature spirituelle
Par Iann Thibault
Voir aussi
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