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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 22:54


Photo Aurore (cliquer pour agrandir)

 

Chers Amis,


Aucun évènement de l’Histoire n’a suscité autant de joie et d’enthousiasme dans la durée que la Résurrection du Christ… Et voilà qu’au beau milieu de ce soulèvement inouï surgit l’Apôtre Thomas qui met l’évènement en question et sème le doute ! Je ne croirai, dit-il, que lorsque j’aurai mis mes mains dans ses plaies. Quel superbe miracle que ces paroles ! Quelle connivence avec des millions d’hommes, surtout aujourd’hui, qui aimeraient bien en dire autant ! Il est inacceptable d’être chrétien parce que « par hasard » on est né dans ce milieu-là, qu’on a reçu la foi comme un héritage, parce que le curé du coin en a parlé ou l’Institution qui me coiffe la professe…La foi par personne interposée !

Le doute, par contre, permet et provoque l’affrontement personnel avec la réalité proposée. De quoi s’agit-il exactement ? C’est, pour celui qui l’entreprend, une démarche d’éveil et de maturation par l’expérience unique et transformante. Ce n’est plus à cause de tes dires que nous croyons, nous avons entendu nous-mêmes et nous savons qu’Il est vraiment le Sauveur du monde, ont dit les Samaritains (Jn 4,42). Dieu s’est incarné en Jésus Christ pour que chacun puisse le voir, le toucher, l’entendre et l’expérimenter directement. Le doute ouvre dans l’homme un espace de recherche.


Voilà ce qui est précisément très important. Celui qui cherche, au lieu de recevoir passivement de l’extérieur, devient sujet et va à la racine de son désir, c'est-à-dire de l’expérience la plus originelle en lui. C’est la première et seule chose qui intéresse Jésus quand Il rencontre ses tout premiers disciples : Que cherchez-vous ? leur demande-t-Il (Jn 1,38). Celui qui cherche a le désir en éveil et un chemin d’expérience, son être est orienté. Jésus, voyant cela chez les disciples qui ont répondu : Maître, où demeures-tu ? les invite à l’expérience immédiate : Venez et voyez ! Leur cœur profondément motivé ouvre les portes. Et ils demeurèrent avec Lui ce jour-là, continue le texte. Tout est là : demeurer avec Lui : ils sont dans la fournaise de l’expérience la plus transformante qui soit.

Thomas a quelque souvenir de ces moments d’intenses rencontres et il sait : la foi ne peut être une simple adhésion intellectuelle des « vérités à croire »… Pour lui, la foi c’est « plonger », ce qui définit le baptême, dans la chair et le sang du Christ, dans la puissance de son souffle, pour devenir avec Lui une même substance, ce qui définit l’eucharistie. La foi est une adhésion d’Amour au Christ. Connaître par la foi c’est alors naître au Christ, vivre en Lui et par Lui, Le laisser vivre en soi à travers le moindre geste. Quand Thomas, après avoir touché le Christ, s’écrie : Mon Seigneur et mon Dieu ! , il témoigne de cette « plongée » dans une toute autre dimension, la dimension non-conditionnée, qui fait de lui une « créature nouvelle ».


C’est un immense lâcher-prise. Le Christ l’y conduit pour que plus rien ne s’interpose dans sa foi, pas même sa volonté d’expérience. Dieu se laisse saisir, mais pas enfermer ! Jésus l’invite à descendre dans son mystère inépuisable et sans limites. L’homme est toujours réducteur et risque de rester à la superficie de ses images et de ses sensations, victime de son mental. Quand Jésus dit à Thomas : Tu crois parce que tu m’as vu, heureux ceux qui croient sans voir vu !, Il lui fait remarquer que « voir » c’est rester encore à distance de Lui, forcément.


Mais heureux ceux qui ne voient plus : le Christ leur est devenu tellement intérieur que la relation d’extériorité est totalement absorbée. L’homme est entré dans le grand « Je Suis » avec le Christ, il n’y a plus d’objectivation : Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi, selon la fameuse révélation de saint Paul (Ga 2,20).

 

Voilà justement le Mystère abyssal où l’homme naît vraiment à lui-même parce qu’il porte le Vivant dans son intimité. C’est l’homme de ce « huitième jour » dont parle l’Evangile, il a intégré l’éternité dans le temps et mène désormais une vie de ressuscité ; le Royaume lui est intérieur, si bien qu’il est libre de tous les conditionnements et divinement heureux. Même les blessures que la vie continue à lui infliger : Jésus lui apprend qu’Il peut les toucher avec confiance, elles sont maintenant « sauvées » et déjà remplies de lumière…

A chaque instant, nous avons le choix entre le doute néfaste qui nous aimante vers le bas-fond enférique ou le doute comme « méthode » qui ressuscite !


Avec toute notre affection, à bientôt !


Père Alphonse et Rachel

animateurs du centre spirituel Béthanie

http://www.centre-bethanie.org

 

S'abonner à la lettre http://www.centre-bethanie.org/liste_diffusion.htm

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 22:30

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Toi, tu es déjà guéri, c'est pourquoi tu ne dois pas douter.

C'est pour cela qu'on t'a déjà dit de ne pas croire seulement ce que tu voyais en t'approchant du baptistère, de peur que tu ne dises : « "C'est là le grand mystère que l'œil n'a pas vu ni l'oreille entendu et qui n'est pas monté au cœur de l'homme "? (1Co 2,9)

 

Je vois de l'eau, que je voyais tous les jours ; peuvent-elles me purifier, ces eaux dans lesquelles je suis souvent descendu sans être jamais purifié ? »

 

Apprends par là que l'eau ne purifie pas sans l'Esprit. C'est pour cela que tu as lu que « trois témoins au baptême ne font qu'un : l'eau, le sang et l'Esprit » (1Jn 5,7-8).

 

Car si tu en retires un, il n'y a plus de sacrement du baptême.

 

En effet, qu'est-ce que l'eau sans la croix du Christ ? Un élément ordinaire sans aucun effet sacramentel. Et de même, sans eau il n'y a pas de mystère de la régénération.  « A moins d'être né de nouveau de l'eau et de l'Esprit, on ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3,5).

 

Le catéchumène croit en la croix du Seigneur Jésus dont il est marqué ; mais s'il n'a pas été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, il ne peut pas recevoir la rémission de ses péchés ni puiser le don de la grâce spirituelle.

(...) toi, tu as été baptisé au nom de la Trinité. Tu as confessé le Père..., tu as confessé le Fils, tu as confessé l'Esprit Saint... Tu es mort au monde et ressuscité pour Dieu et, en quelque sorte, enseveli en même temps dans cet élément du monde ; mort au péché, tu es ressuscité pour la vie éternelle (Rm 6,4).

 

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église
Les Mystères, § 16-21 (trad. SC 25, p. 112)

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 21:54
cathedrales arte

la révolution gothique décryptée sur Arte

Dans un remarquable documentaire, Christine Le Goff et Gary Glassman présentent l'apport des dernières recherches sur les joyaux du gothique français. Du grand art pour tout public

Le choeur de la cathédrale de Saint-Denis bâtie entre 1140 et 1144 (Arte).

Elles veillent sur le paysage français depuis tant de siècles, que l'on croit tout savoir d'elles. Et pourtant, les cathédrales gothiques, ces vaisseaux de pierre édifiés entre le XIIe et le XIIIe siècle, sont loin d'avoir livré tous leurs secrets.

En s'appuyant sur les développements récents de la recherche internationale, Christine Le Goff et Gary Glassman éclairent cette épopée d'un jour nouveau, démontant nombre d'a priori sur les techniques et les matériaux ayant permis ces prouesses architecturales (1).

« La rencontre avec l'Américain Stephen Murray, professeur à l'université de Columbia, qui scanne au laser ces cathédrales, nous a donné l'idée de ce documentaire », raconte Christine Le Goff. Puis l'approche a été largement enrichie au contact de nombreux autres chercheurs, historiens, géologues, spécialistes du vitrail médiéval, du fer, tous animés d'une passion communicative.

« Il y a aujourd'hui une véritable archéologie de ces monuments, mobilisant différentes disciplines », s'enthousiasme la réalisatrice, à qui l'on doit déjà, avec son complice Gary Glassman, des films sur le Parthénon et le Sphinx de Gizeh.
Un modèle d'érudition vivante à la portée de tous

Le duo s'est concentré cette fois sur cinq grands monuments du gothique où la recherche est particulièrement active. Profitant de chantiers de restauration comme à Chartres, leurs caméras hissées sur les échafaudages ont livré des vues vertigineuses. Le chour de Beauvais qui s'élève à 49 mètres n'est-il pas le plus haut du monde ?

À Amiens et à Paris, les réalisateurs ont même fait venir des grues à l'intérieur des cathédrales. « Dans tous ces lieux, on nous a quasiment donné les clés pour tourner nos images, par exemple, depuis le triforium, ce passage ouvert dans les parties hautes de la nef », raconte Catherine Le Goff qui, après deux ans de tournage, avait réuni près de cent heures de rushes.

Le résultat, d'une beauté souvent spectaculaire, est un modèle d'érudition vivante, mise à la portée d'un large public, enfants compris. On y découvre l'apport des nouveaux outils du gothique - le « marteau taillant bretté » pour la pierre, le marteau hydraulique pour le fer, qui ont accéléré les chantiers et l'ampleur des édifices - mais aussi les vertus d'un certain calcaire très dense d'où sont nées les audacieuses rosaces de Notre-Dame de Paris.

Reconstituées au scanner, les images en relief des monuments livrent des mesures instructives sur la déformation des piliers des nefs. À Noyon (Oise), où celle-ci est impressionnante, les chercheurs ont pu démontrer ainsi que les arcs-boutants avaient été ajoutés cent cinquante ans après la construction de la cathédrale, justement pour empêcher son effondrement.
Sous les voûtes, des renforts en fer

Une révolution dans l'étude de ces cathédrales alors que l'on avait toujours considéré jusque-là les arcs-boutants comme des éléments clés du gothique, présents dès l'origine.

Dans la croisée du transept de Beauvais où de larges fissures sont visibles, la démonstration est encore plus éloquente. Les chercheurs ont même reconstitué en images de synthèse l'écroulement qui aurait dû se produire dans cette cathédrale si les arcs-boutants n'avaient pas été considérablement renforcés au XVe siècle et l'édifice cerclé, au niveau du triforium, par un long chaînage de fer.

Une intervention pas si novatrice : à Saint-Pierre de Beauvais, une rénovation récente a révélé sous un badigeon l'existence de voûtes en croisées d'ogives, elles-mêmes armées de barres de fers qui pourraient dater du XIIIe siècle...

Mais la révélation la plus surprenante attend les amoureux du patrimoine à Chartres. Là, depuis deux ans, le nettoyage des murs de chapelles et du chour a exhumé le décor d'origine datant du XIIIe siècle : un enduit ocre orné de traits blancs imitant un appareillage de pierres, qui vient d'être restauré.

Si l'on y ajoute la rénovation des vitraux rendus à leur clarté première, c'est toute la physionomie de cette cathédrale noircie au fil des siècles qui s'en trouve transformée, pour redevenir, selon le mot de l'historien Jean-Paul Deremble, une « expérience de lumière », comme la Jérusalem céleste.

Sabine GIGNOUX

 

http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/Les-cathedrales-devoilees/3817960.html

http://www.artevod.com/cathedrales_devoilees

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