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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 22:59

nouveau_monde.jpg


Pour un chrétien, ce que nous voyons en ce monde n'est que l'ébauche d'un nouveau monde à venir. Le mal sous toutes ses formes (pauvreté, maladie, morosité, etc.), l'épreuve, la grisaille, ne sont pas l'essentiel de l'avenir. Un autre « vivre » est possible.

 

D'ores et déjà, nous pouvons dire, et vivre, que parce que Dieu s'est fait homme en son Fils, et qu'il est ressuscité, tous les hommes sont frères, d'une fraternité qui s'enracine dans la paternité de Dieu et dans l'humanité partagée avec le Christ.

 

Mais tout cela suppose, de la part de chacun, d'avancer sur un chemin. Cela suppose d'accepter le témoignage des apôtres et de leurs successeurs, d'avoir d'une façon ou d'une autre, rencontré des hommes et des femmes qui ont pu vivre une expérience similaire, expérience de résurrection.

 

Et enfin, choisir, par une décision personnelle, de marcher à la suite du Christ.

 

Pélerin Hors-Série

50 clés pour comprendre Jésus

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 22:44

EnzoBianchi.jpgLe XIIe siècle constitue une sorte d'apogée dans l'histoire du monachisme : bien des figures y ont émergé, qui continuent d'inspirer les chrétiens d'aujourd'hui. [...] je voudrais maintenant t'inviter à te mettre à l'écoute d'un autre moine de la fin de ce siècle-là: Guigues II le Chartreux. [...]

 

Parmi ses textes, on trouve en particulier une lettre à un certain Frère Gervais sur la vie contemplative (dans le style, toutes proportions gardées, de celles que tu me demandes depuis plusieurs années de t'écrire régulièrement !) : cette lettre, intitulée « L'échelle des moines », a continuellement été recopiée et rééditée, restant durant huit siècles un classique de la spiritualité monastique. Guigues y présente quatre degrés pour avancer dans l'intimité avec Dieu, une échelle permettant d'accéder au ciel - comme celle de Jacob (voir Gn 28,12) -, dont l'énoncé s'ancre dans sa propre expérience :

« Un jour, pendant le travail manuel, je commençai à penser à la quête spirituelle de l'homme, et soudain s'offrirent à ma réflexion quatre degrés : la lecture, la méditation, la prière, la contemplation.

 

La lecture est l'étude attentive des Écritures, faite par un esprit appliqué.

La méditation est une opération de l'intelligence, procédant à la connaissance studieuse d'une vérité cachée.

La prière est une meneuse du coeur à Dieu pour éloigner des maux ou obtenir des biens.

La contemplation est une certaine élévation en Dieu de l'âme attires au-dessus d'elle-même et savourant les joies de la douceur éternelle. »

 

Dans cet itinéraire de vie spirituelle, Guigues invite donc essentiellement son correspondant à « prier la Parole » à travers les étapes de ce que nous sommes convenus d'appeler la Lectio divina.

 

Attention toutefois le schéma qu'offre le prieur de Chartreuse ne fournit pas une recette, mais l'indication d'un chemin, a visée pédagogique, que l'on n'aura certes pas à suivre de manière mécanique. Dans la pratique, en effet, bien souvent la méditation devient prière et contemplation sans même qu'on s'en aperçoive, car il n'y a pas de frontière précise ni de déroulement chronologique absolu entre ces divers éléments : plus que d'une technique, il s'agit bien d'un art ! 

 

Si tu parviens peu à peu à vivre cette rencontre avec le Seigneur à travers la Parole qu'il t'adresse, ta prière ne sera plus un moment de rupture, difficilement conquis et toujours distrait par les mille préoccupations de tes journées, mais ta vie elle-même sera entièrement irriguée par la prière de la Parole. Oui, à l'instar de ce qui se produisait pour les moines médiévaux comme Guigues, ta prière sera pleinement intégrée à ta vie et la Parole méditée animera tes propres paroles et chacune de tes actions.

 

Pour terminer ma lettre par les mots de Guigues, je veux encore te dire [...] « s'il t'est donné un jour de parvenir au faîte de l'échelle, dans ton bonheur, prie pour moi!    »

 

Enzo Bianchi

In Panorama

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:49

hsg anselm gruen

 

Le silence est l'espace où peut naître en nous quelque chose de neuf. [...] La liturgie nous indique que la parole divine descendit sur terre lorsque le silence le plus profond enveloppa l'univers, lorsque tout au monde fut silence.

 

Les humains ont la nostalgie du repos et du silence. Mais dès que tout fait silence autour d'eux, beaucoup sont pris de panique. Car ils craignent d'être confrontés à leur propre vérité, de découvrir que leur existence passe à toute vitesse en dehors d'eux-mêmes, et que leur vie est figée et monotone. On rencontre ce silence objectif dans la nature, parfois, ou dans une église déserte. Le temps hivernal est plus silencieux que le temps de l'été. C'est ainsi que nous le percevons. Ce silence objectif, nous pouvons nous y exposer. Mais il dépend de nous de pénétrer dans cet espace de silence ou bien de prendre la fuite parce que le silence nous angoisse.
 
Ainsi, il y aurait un excellent exercice pour le temps de l'avent : simplement nous poser là pour nous exposer au silence ambiant. Mais en nous-même le silence ne va pas se faire aussitôt. Émergent bien plutôt quantité de pensées, de sentiments et de réflexions. Nous les accueillons, nous les contemplons. Et puis, pourtant, nous prenons congé de tout cela. Nous nous exposons vraiment au silence. 

 

Il y a un second exercice auquel les moines de naguère nous convient, ils disent ceci : en nous-même se trouve déjà un espace de silence. C'est l'espace où se situe en nous le royaume de Dieu, l'espace où Dieu est né en nous. Je m'y expose et, pour ainsi dire, je traverse tous les sentiments de déplaisir, d'angoisse, de jalousie, de tristesse, d'envie, et je parcours tous les sentiments de culpabilité jusqu'au plus profond. Je ne reste pas figé dans ces sentiments, mais, bien plutôt, j'ai toute confiance dans la présence, en deçà des émotions et des passions, de cet espace de silence.

 

Dans cet espace de silence, je suis exempt de toute attente et de tout désir humain. C'est là que je me trouve intègre et en ma plénitude. Là, nul ne peut me blesser. J'y suis originel et authentique. C'est là que s'illumine en moi l'image originelle de Dieu. Toutes les autres images que m'ont fait revêtir les humains, les images de mon dénigrement et de mon outrecuidance, s'y résolvent. C'est là que je me retrouve pur et limpide. Là ne peut s'introduire nul sentiment de culpabilité. C'est la que s'illumine en moi l'éclat intangible de Dieu. C'est l'espace pur et virginal en moi, c'est là qu'en moi Dieu vient naître. Cet espace, je ne puis en avoir qu'un pressentiment. Mais parfois je le ressens pour une très brève durée. Et puis, à nouveau, c'est le vacarme du quotidien qui le recouvre.

« Lieu de clarté impérissable » Pourtant, cet instant où tout en moi est silence, c'est lui qui me métamorphose. En plein tourbillon du quotidien, il m'est donné cette certitude que l'espace du silence se trouve en moi-même, et que rien au monde ne peut y pénétrer. C'est en moi le lieu de la naissance de Dieu. Les moines désignent cet espace comme « lieu de paix », « lieu de clarté impérissable », et c'est par la naissance de Dieu qu'en nous-même rayonne cette clarté.

 

Ansehn Grün

 

Traduit de l'allemand
par Martine Reille-Schlaifer
in Revue Prier

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