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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 19:27

C  hers Amis,


Les merveilleuses fêtes liturgiques qui se succèdent tout au long de l’année nous forgent, au sens propre, à l’esprit du Christ et coulent notre vie dans les mœurs de l’Evangile. Quels trésors de grâces se sont déversés en nous aux récentes célébrations de la Nativité de Jésus et des épiphanies ! Mais voilà qu’en ce milieu de mois de janvier, le Christ commence déjà sa mission : c’est aux Noces de Cana. Fête presque inconnue en Occident, elle est pourtant d’une richesse extraordinaire ! Il s’agit en effet des épousailles mystiques de Dieu avec l’humanité et de Dieu avec chaque homme, avec chacun d’entre nous.


En Orient, les noces durent facilement huit jours. Il n’est pas étonnant alors que le vin puisse tout à coup manquer…C’est le cas à Cana et Marie dit à Jésus : Ils n’ont plus de vin. Elle se manifeste comme la grande médiatrice qui intercède, la Mère des Vivants, nouvelle Eve, Terre- Mère et matrice d’une humanité nouvelle par le fait qu’elle engendre le Christ à sa vie publique et les disciples à l’attitude fondamentale : Faites tout ce qu’Il vous dira !


Le Christ accepte alors de commencer son « Heure » ici et maintenant et Il va montrer pour la première fois sa gloire de Messie dans le petit détail, le petit geste insignifiant du quotidien en disant : Remplissez ces jarres d’eau. C’est dans ce simple geste de la vie, ouvert et vide de soi, comme ces jarres, qu’Il va verser des fleuves d’eau vive, la grâce de l’Amour.


Mais avant qu’elle ne soit « vive », cette eau, qui symbolise notre quotidien, est incolore, inodore, sans saveur : elle est plate ! Selon l’approche qu’on en a, elle en reste là ou devient eau matricielle, contenant le germe de toute vie, capable d’une prodigieuse transformation.


Les jarres, elles, sont au nombre de six, chiffre qui signifie également le quotidien dans la Bible, l’horizontal. Le Christ, disent les Pères est la septième jarre, la dimension verticale, l’éternité dans le temps, à l’intérieur même du quotidien. Et les six jarres vides, symboles du vide de soi et des choses, appellent la plénitude du Christ, qui donne par sa Présence profondeur à tout, jusqu’au geste le plus simple.


Par cette Présence de plénitude, l’eau devient le vin qui annonce l’ivresse mystique. Le vin n’est pas comme l’eau, il a une saveur pétillante et ouvre les temps messianiques annoncés par les prophètes jusqu’aux noces éternelles. Dans cette traversée du Chemin, le vin se transformera en sang sur la Croix et le sang deviendra le feu de la Pentecôte. Ce sont les étapes de la Transfiguration totale du quotidien par l’Amour, auquel nous communions à chaque Eucharistie. L’Amour fou du Christ, voilà le « vin nouveau », la coupe étourdissante, le vin qui fait craquer les vieilles outres, parce que l’ordinaire de nos vies « plates » est appelé à l’extraordinaire.


Là où nous nous trouvons, exactement, du matin au soir, dans le petit détail peut être banal à nos yeux (remplissez d’eau ces jarres), je me laisse aimer par Dieu, et aimer c’est l’épouser. Voilà pourquoi la vie est une noce. Epouser l’instant présent, aimer vraiment l’instant présent tel qu’il est, même s’il est contraire à ce que nous voudrions, est le secret de tout, de la vraie vie. C’est le grand « Oui » que Marie nous enseigne : Faites tout ce qu’Il vous dira ! Chaque moment est alors une Parole du Christ : Il me dit quelque chose et, en communiant à l’instant présent avec amour, les apparences se transforment. Je reçois chaque instant comme le pain et le vin d’une eucharistie ; l’instant c’est le « matériau » où la Grâce m’est offerte, je l’accueille en rendant grâce : alors la vie se transforme en Vie même de Dieu. Je peux dire sur chaque moment : Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur !

 

Que l’année Nouvelle soit celle du Four à bon Pain !

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel


Texte à méditer


Ce texte en mémoire éternelle à Olivier Clément, né au ciel le 15 janvier 2009- ami et conférencier à Béthanie dont les paroles de sagesse habitent toujours nos cœurs.

Dans la démarche de tout homme qui s’arrache au somnambulisme, il y a ébranlement, interrogation sur le sens, creusement. Ou, plus simplement, et d’un mot qui résume tout, éveil.

Les vieux ascètes disaient que le plus grand des péchés est l’oubli : devenir opaque, insensible, tantôt fiévreusement affairé, tantôt lourdement sensuel, incapable de faire un instant de silence, de s’étonner, de chanceler devant l’abîme, qu’il soit d’horreur ou de jubilation. Incapable d’admirer et d’aimer. Incapable d’accueillir les êtres et les choses. Insensible aux sollicitations secrètes, constantes pourtant, de Dieu.

L’art, ici, nous éveille. Il nous approfondit dans l’existence. Il fait de nous des hommes et non des machines – ou des " animaux dénaturés ". Il nous rend nos joies solaires et nos blessures saignantes. Il nous ouvre à l’angoisse et à l’émerveillement. L’art de l’icône est un support de contemplation, la possibilité de connaître Dieu par une certaine beauté, celle, dit Denys l’Aréopagite, " qui suscite toute communion ". J’inverserai volontiers la formule en disant : la beauté que suscite toute communion.

(Olivier Clément, extrait de « l’éveil par l’art »)

 

Texte à méditer

Abreuve-toi auprès du Christ
car Il est le Rocher d’où les eaux coulent,
Abreuve-toi auprès du Christ,
car il est la source de vie.
Abreuve-toi auprès du Christ,
car Il est le fleuve dont le torrent réjouit la cité de Dieu .
Abreuve-toi auprès du Christ,
car Il est la paix.
Abreuve-toi auprès du Christ,
car des fleuves d’eau vive jaillissent de son sein.

(Saint Ambroise de Milan, IVème siècle)

 

Lettre du centre Béthanie

http://www.centre-bethanie.org

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 23:47

Ode

bras-leves.jpg

 

J'ai levé les bras au ciel, vers la grâce du Seigneur.
Il a jeté mes chaînes loin de moi.
Mon protecteur m'a élevé selon sa grâce et son salut.
J'ai dépouillé l'obscurité et j'ai revêtu la lumière ;
mes membres n'éprouvent plus ni peine, ni angoisse, ni douleur.
La pensée du Seigneur m'a secouru ;
sa lumière m'a exalté ;
j'ai marché en sa présence ;
je m'approcherai de lui en le louant et le glorifiant.
Mon cœur a débordé, il a envahi ma bouche,
il a jailli sur mes lèvres.
La joie du Seigneur et sa louange épanouissent mon visage.
Alléluia !

Je me suis échappé de mes chaînes et j'ai fui vers toi, ô mon Dieu !
Tu as été ma droite, mon salut et mon aide.
Tu as contenu ceux qui se dressaient contre moi et ils ont disparu.
Ton visage était avec moi et ta grâce me sauvait.
J'étais méprisé et réprouvé aux yeux de la multitude.
Mais tu m'as donné force et secours.
Tu as placé la lumière à ma droite et à ma gauche.
Que tout en moi ne soit que lumière !
J'ai revêtu le vêtement de ton Esprit,
et tu as ôté de moi les vêtements de peau (Gn 3,21).
Ta droite m'a élevé et a chassé loin de moi la maladie.
Ta vérité m'a rendu robuste et ta justice m'a sanctifié.
J'ai été justifié par ton amour si doux,
et ton repos est pour moi dans les siècles des siècles.
Alleluia !       

Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)
N° 21 et 25 (trad. Hamman, DDB 1981, p.43, 48)

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 23:43

prier_devant_fenetre.jpgLe bien suprême, c'est la prière, l'entretien familier avec Dieu... La prière est la lumière de l'âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l'âme s'élève vers le ciel et embrasse Dieu dans une étreinte inexprimable. Comme un enfant pleurant vers sa mère, elle exprime la profondeur de son désir. Elle exprime ses volontés profondes et elle reçoit des présents qui dépassent toute la nature visible. Car la prière se présente comme une puissante ambassadrice, elle réjouit, elle apaise l'âme.


      Lorsque je parle de prière, ne t'imagine pas qu'il s'agisse de paroles. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes et dont l'apôtre Paul parle ainsi : « Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). Une telle prière,  si Dieu en fait la grâce à quelqu'un, est pour lui une richesse perpétuelle, un aliment céleste qui rassasie l'âme. Celui qui l'a goûté est saisi pour le Seigneur d'un désir éternel, comme d'un feu dévorant qui embrase son cœur.

 

Homélie du 5e siècle sur la prière
Attribué à tort à saint Jean Chrysostome ; PG 64, 461 (trad. bréviaire)

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