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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 22:51

Gorze, juillet-août 2010

C
hers Amis,

Toute la période de l’été se trouve illuminée par la fête du 15 août, où la Mère de la Vie, la première de l’humanité et au nom de celle-ci, accomplit les promesses du Christ en leur radicale nouveauté. Chacun d’entre nous est concerné au plus près dans sa vie et dans sa mort par ce mystère prodigieux.

A la fin de son parcours terrestre, en effet, Marie ne vit pas d’agonie ni de catastrophe finale : elle passe de la vie à la Vie, comme le chante un hymne. C’est le mystère appelé « Assomption » : Marie ressuscite ! Etant devenue un avec la mort par pur amour, elle ne la subit plus de l’extérieur, comme un ennemi qui terrasse. Jésus est entré dans la souffrance et la mort, Lui, Dieu consubstantiel au Père et à l’Esprit Saint, pour métamorphoser ces lieux de ténèbres et de désespoir en chemin de résurrection. Maintenant, pour qui dit « oui » à la mort, la mort n’est plus l’endroit maudit de corruption, le lieu du Dragon et des enfers, mais la chambre nuptiale où a pénétré l’Amour infini qui, désormais, y attend chacun.

Marie est la première de l’humanité qui est entrée dans cette manière radicalement nouvelle de vivre la mort. Offrande parfaite, mort par conformité, identification avec l’Epoux… Epouser la mort est le grand secret. Ici l’homme se trouve guéri définitivement par la déification de toute sa personne. Il n’y a pas de plus grande louange de gloire du Père que celle-là ! Ces épousailles ultimes du Christ mort et ressuscité sont le don par excellence, l’heure de sa gloire (Jn 17,1).

Marie, dans tout son être, est devenue cette louange vivante. Sa résurrection, après celle du Christ, ouvre maintenant à toute l’humanité le Chemin vers le ciel, clos depuis tant de millénaires. Mais le ciel où pénètrent le Christ et Marie ressuscités, c’est d’abord mon propre cœur, car le Royaume des cieux est au-dedans de vous. En Christ et par Marie, nous sommes donc déjà ressuscités (Col 3,1). Notre corps de mort est habité par eux qui ont tout accompli. Tout est en attente dans notre profondeur la plus charnelle, pesante et ténébreuse, pour un dépassement de notre moi conditionné, psycho biologique. Il suffit que l’homme entende l’appel intérieur et se mette en route, se nourrisse tant soit peu des trésors de sagesse qui reposent en lui, pour que le corps naisse à cette étincelle de conscience qui alors, d’étape en étape, le fait croître vers le corps de gloire.

Tout commence, dit saint Théophane le Reclus (XIXème siècle), par le « sentiment » de cette mystérieuse Présence en nous. Sentir que Dieu est la Vie de notre vie (saint Augustin), laisser vivre en soi cette expérience jusqu’à la sensation du Divin (P. Staniloë), culminant parfois dans le tressaillement silencieux de tout le corps qui s’éveille. Par l’assomption de son corps en nous, Marie nous transmet son plus haut degré de louange, qui est la danse de sa résurrection. Danse dans la non mort car, en vérité, vivre est gloire, écrit Olivier Clément. La danse n’est pas forcément une gestuelle, mais l’allégresse fondamentale de l’être dont participe le corps, même s’il reste immobile ! Dans ce sens, Marie est la danse personnifiée et on s’imagine mal qu’elle ait récité le Magnificat au garde-à-vous…

Marie danse, en digne fille d’Israël et de la Création, comme David a dansé devant l’arche. Rien ne saurait mieux exprimer l’alliance du ciel et de la terre enfin retrouvée, que la danse de son Assomption. Cette louange indescriptible proférée par tout son être résume le tout de sa vie, il n’y a rien de plus haut ni d’autre à dire. Mais si Marie est la première à être entrée dans cette louange cosmique, c’est qu’elle nous en a ouvert les portes, et maintenant cela est possible à chacun, à l’instant même, sans qu’il attende sa propre résurrection, ou plutôt ce sommet de la louange est l’instrument même d’une vie radicalement autre en cours.

La danse, l’allégresse profonde de l’être, est donc ce qu’il y a de plus mutant, de plus germinal ou, disons le mot, de plus révolutionnaire, dans ce sens que par Marie, le ciel est sur terre et nous sommes devant un monde ouvert. Le monde n’est pas devant nous comme un pavé, « c’est comme cela et pas autrement », mais il est entre nos mains comme une œuvre à créer entre les mains d’un artiste. Avec le Christ s’est introduit une formidable rupture dans l’Histoire de la liberté, ce monde clos depuis les anciens Grecs et les Romains, pour devenir participation à l’acte créateur. Par la résurrection de Jésus Christ, toutes les limites ont sauté, en particulier la limite suprême, la mort, a été vaincue. L’une d’entre nous, Marie, témoigne que cela est vrai et si nous dansons notre vie comme elle, une extraordinaire flambée d’espérance et de joie peut s’allumer dans notre cœur, car, la mort elle-même pouvant être vaincue, alors tout est possible… !

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

 

Prière

Je suis enthousiaste, oui, enthousiasmée à cause du Seigneur, mon âme exulte à cause de mon Dieu, car Il m’a revêtue de l’habit du salut. Il m’a drapée dans le manteau de justice, tel un fiancé qui, comme un époux porte diadème, telle une promise qui se pare de ses atours.

(Isaïe 61,10)

 

Texte à méditer

L’essence de la prière est le désir de Dieu qui jaillit de la foi, de l’espérance et de la charité. Ton désir, voilà ta prière, et si ton désir est continuel, ta prière l’est aussi. Ce n’est donc pas en vain que l’Apôtre a dit : Priez sans cesse (1Th 5,17). Si tu ne veux pas cesser de prier, ne cesse pas de désirer. Ton désir continuel sera comme un appel ininterrompu. Marie a connu la prière continuelle parce que continuel était son désir de Dieu.

(Saint Augustin, IVème siècle)

 

http://www.centre-bethanie.org

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 22:36

coeur_caledonie.jpg

 

Le monde est né de l'amour,

il est soutenu par l'amour,

il va vers l'amour

et il entre dans l'amour.

 

Saint François de Sales

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 22:15

jean_cronstadt.gifSi tu lis un journal ou un magazine mondain, tu le lis sans peine et avec plaisir, tu n'as pas de mal à croire ce qu'il dit. Mais si tu prends une publication religieuse, et surtout un livre traitant des choses d'Église, ou encore parfois quand tu te mets à lire tes prières, il y a comme un poids sur ton coeur, tu es assailli par le doute et l'incrédulité, tu ressens une sorte d'aversion, d'obscurité. Bien des gens le reconnaissent.

 

D'où cela vient-il ?

 

Bien entendu, cela ne vient pas du livre, mais du lecteur, de la nature de son coeur, et - en tout premier lieu - du démon, l'ennemi des hommes, l'ennemi de tout ce qui est saint : il enlève la parole de leur coeur. Quand nous lisons les livres mondains, cela ne lui fait rien et il ne nous fait rien. Mais dès que nous prenons un livre religieux, dès que nous commençons à nous soucier de notre conversion et de notre salut, là, nous le contrarions, nous l'irritons, nous le tracassons, et c'est pourquoi, de son côté, il s'en prend à nous et nous tracasse.

 

Que pouvons-nous faire ?

 

Certainement pas abandonner la bonne oeuvre - la lecture ou la prière -, qui est utile à notre âme, mais nous armer de patience et, dans la patience, sauver notre âme. "Dans la patience vous posséderez vos âmes", dit le Seigneur.


La même chose s'applique au théâtre et à l'église, à la scène et à l'Office divin. Beaucoup de gens trouvent plaisant d'aller au théâtre, pénible et ennuyeux d'aller à l'église.

 

Pourquoi ?

 

Parce qu'au théâtre, tout est voulu pour flatter l'homme sensuel, là nous ne contrarions pas le démon, nous lui faisons plaisir, et lui, de son côté, cherche à nous faire plaisir et ne nous inquiète pas. « Amusez-vous, mes amis, pense-til, riez, pourvu que vous ne pensiez pas à Dieu. 

 

À l'église, au contraire, tout est voulu pour éveiller la foi et la crainte de Dieu, des sentiments de piété, la conscience de notre péché et de notre corruption; alors le démon sème dans nos coeurs le doute, la lassitude, le découragement, des pensées impures et blasphématoires, de sorte qu'on ne sait plus quoi faire de soi, qu'on ne peut tenir seulement une heure et qu'on s'enfuit aussi vite que possible.

 

Le théâtre et l'église : deux symboles directement opposés; l'un est le temple du Monde, l'autre le temple de Dieu; l'un est le temple du Démon, l'autre le temple du Seigneur.

 

Saint Jean de Cronstadt

Ma vie en Christ

 

Après Séraphim de Sarov, nous a été donné le père Jean de Cronstadt. Sa prière, comme une colonne, s'élevait jusqu'au ciel... Nous l'avons vu prier de nos yeux. Je me rappelle comment le peuple l'entourait et demandait sa bénédiction quand,après la liturgie, il quittait l'église. Même au milieu d'une telle foule son âme restait toujours fixée sur Dieu et ne perdait pas la paix. Il aimait les hommes et ne cessait pas de prier pour eux."

Saint Silouane l'Athonite

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