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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 00:00

Mon Dieu,

donne-moi un coeur pour t'aimer

et des yeux pour te voir;

donne-moi des oreilles pour entendre ta voix

et des lèvres pour parler de toi.

Donne-moi le goût pour t'apprécier,

l'odorat pour sentir ton parfum;

donne-moi des mains pour te toucher

et des pieds pour te suivre.

Sur la terre et dans le ciel

je ne désire que toi, mon Dieu !

Tu es mon seul désir, ma consolation,

la fin de toutes angoisses et souffrances.

TIKHON DE ZADONSK (1724-1783), SAINT RUSSE
EXTRAIT DE « ESSAI SUR LA SAINTETÉ EN RUSSIE » (BRUGES, 1953)

Saint Tikhon 1
Saint Tikhon 2

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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 00:00


«  Lorsqu’il arrive… que ton âme soit enveloppée de fortes ténèbres au-dedans d’elle-même, comme les rayons du soleil au milieu des nuages sont cachés à la terre, que ton âme soit privée pour un moment de réconfort spirituel et de la lumière de la grâce, à cause des nuées de passions qui la couvrent, et qu’en plus la force joyeuse soit réduite pour un peu de temps… que ton intelligence ne se trouble pas et ne s’abandonne pas au découragement.

Sois patient, tend la main à l’ignorance de ton âme, occupe-toi par la lecture des Pères, efforce-toi de prier et attends de recevoir l’aide qui viendra sans tarder et sans que tu t’en aperçoives… »


Saint Isaac le Syrien

 


Traduction adaptée d’Isaac le Syrien, Œuvres spirituelles, 14ème discours, DDB 1981, traduction de J. Touraille

http://eocf.free.fr/text_isaac_syrien.htm

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1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 22:06

Nous sommes si souvent dans l'à-coté de nos vies, dans la nasse de nos impasses, dans le désert de nos « dès-êtres »... Comme elle est sèche, Seigneur, et fragile, l'argile de notre coeur

sur laquelle, tu viens, sans relâche, blesser la paume de tes douces mains de potier !

Nous errons si souvent, l'âme en panne, tristes témoins d'une création en nous interrompue sous le poids des rocs de nos piètres tombeaux.

Ardente lutte, au gué de nos vies incertaines, entre la pesanteur et la grâce...

Nous sommes, tu le sais bien, Seigneur, un peuple à la tête dure,  petite horde de fuyards qui, sans cesse, hésite entre le feu brûlant de la liberté et les mirages anesthésiants de l'esclavage. Nous sommes des hommes et des femmes du clair-obscur, de l'entre-deux, de « l'entre-Dieu », des intermittents de la foi, des « mécréants » récitant le credo de leurs doutes, des marcheurs pétrifiés, apeurés par l'exode auquel, sans relâche pourtant, Tu nous invites et qui nous mènera, de nuit, à l'intime, en cette chambre secrète où, Toi, l'Eternel patient, Tu nous attends et nous espère...

Bienheureuse marche au désert qu'il nous faut maintenant oser, malgré nos peurs et nos fragilités ; sans attendre...

Car Tu n'es pas le Dieu de l'en-haut, hautain et condamnant, mais le Dieu de l'en-bas qui, du bois mort de toutes nos faiblesses, fait secrètement germer l'arbre flamboyant de notre vie nouvelle... Bienheureuse aridité du désert qui émonde, élague et unifie. Bienheureuse soif de la Soif... Bienheureux désir du Désir... Le Carême n'est rien moins que la faim de la Faim...

Quarante jours, quarante nuits, pour qu'enfin, tel le voile du Temple, se déchirent nos robes de tristesse...

Quarante jours, quarante nuits, pour que tombent les oripeaux de nos angoisses, et qu'enfin nues, désirantes et désirables, nos âmes marchent et dansent vers la joie imprenable !


Bertrand Révillon
Panorama N° 419 Mars 2006
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