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10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 00:00
Chant gaëlique

Écouter

 
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Stornoway
Psaume 133: John Murdo Martin

Ce chant est extrait d'un des deux cd enregistrés en octobre 2003 lors de 2 nuits de prières dans une église de l'île de Lewis en Ecosse qui ont rassemblé jusqu'à 500 personnes. Les chants conduits par 25 chantres ont été entonnés spontanément par les fidèles retrouvant ainsi  l'expression ancienne de la foi de leurs ancêtres.

Commentaire de Jean-Michel qui me les a fait découvrir:
"Les anciens chants irlandais, sean nos, sont bel et bien les vrais héritiers de la période orthodoxe de l'Irlande, ils remontent en droite ligne à la primo-évangélisation apostolique du pays. Ce bagage culturel est resté préservé dans le vieux fond gaélique, parce que la rythmique même de la langue permettait de découvrir quand quelque chose d'étranger, culturellement et théologiquement parlant, y était apporté.

Un groupe de "fous" Ecossais, passionnés par leur pays, leur culture, et par le Christ, s'escrimant à parler gaélique et pas anglais, obtiennent l'accès à une église et y proposent aux gens du coin de venir chanter les Psaumes avec eux "à l'ancienne".

Le premier soir, ils sont 300. Le deuxième soir, ils sont 500... La foule n'a pas besoin qu'on lui apprenne le "comment on faisait il y a mille cinq cent ans dans les terres gaéliques" : ils savent, spontanément. Ils reprennent les antiennes.

C'est de l'enregistrement en direct, pas de studio, pas de maestro, pas de ténor, pas de beaux livres comme on aime (mon péché), rien de compliqué. Rien que la "méthode" des saints d'antan : inviter les gens à se tourner vers Dieu, avec leur coeur. Et ça donne ça.

Rien qu'un peuple qui pleure de bonheur de chanter son Seigneur et Maître, le Christ Sauveur, à la manière dont ses ancêtres le chantaient.

Un peuple qui ne cherche pas de "fantaisie", pas de "spiritualité", pas "d'enseignement secret", rien que la joie d'être au seul Bien en ce monde, le Christ Jésus.

Et ça s'entend, qu'ils sont heureux. Quel "punch"! Quel bonheur de voir que là où on s'y attend le moins - le monde anglo-saxon ayant, extérieurement, abandonné toute forme de culture de qualité - et bien c'est raté.

Loin des télés, loin des appareils ecclésiaux, ça ressort de terre. Si chez eux, qui ne sont pas pire que nous, ça a bien pris, pourquoi pas chez nous? Sortons les bombardes, les doedelzak (cornemuse flamande), elles seront nos harpes et nos citares, et chantons le Dieu Sauveur!"

http://www.gaelicpsalmsinging.com/

http://www.ridge-records.com/03listen_salm.htm

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9 février 2006 4 09 /02 /février /2006 00:00
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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 00:00


J'aime l'image du lotus, la fleur symbolique de l'Inde. Par le déploiement de sa corolle, cette fleur évoque la position de la personne en méditation ou en prière. On parle de "position du lotus" parce que c'est une attitude physique d'ouverture, un mouvement circulaire d'accueil et d'offrande. Ce qui est beau dans le lotus, et que nous pouvons constater aussi dans nos régions avec le nénuphar ou le nymphéa, c'est que sa tige, ses racines, pénètrent dans des eaux sombres. C'est une lumineuse image de la vie spirituelle. En effet, nous avons tous dans nos profondeurs des lieux obscurs, nous sommes tous un mélange de lumière et d'ombre. Or nous sommes invités à nous élever vers la lumière, à nous déployer dans ce que nous avons de plus beau et à nous unifier. Cette part lumineuse en nos profondeurs, nous sommes invités à l'identifier, à nous la réapproprier, pour l'offrir.

Même si nous avons les pieds dans la boue,
même si nous vivons, par rapport à notre histoire, des sentiments négatifs d'échec, de péché, de culpabilité, si nous portons un lourd héritage, des blessures, des handicaps, ne nous laissons pas arrêter...


On ne grandit pas en regardant ses pieds, l'arbre grandit en s'ouvrant vers la lumière. Péguy écrivait qu'en arrivant à la cathédrale de Chartres à la fin d'un pèlerinage, ses bottines couvertes de boue, une fois celles-ci essuyées, il ne s'encombrait plus des traces du chemin
pour orienter tout son être vers la lumière du sanctuaire, avec son mystère divin.


Cela ne signifie pas qu'il faille nier ou ignorer notre part d'ombre. Elle fait partie de nous et nous apprend l'humilité et la vulnérabilité. La lumière se nourrit de l'ombre. Cependant, notre part obscure étouffe parfois le jaillissement de la source, nous empêche de croire que nous pouvons émerger de la tourbe pour faire l'expérience de la lumière, de la plénitude, de la transfiguration. Cette transfiguration nous est intérieure et, en même temps, elle nous vient d'un ailleurs, d'un au-delà qui nous échappe sans cesse. Comme disait un mystique chrétien, Grégoire de Nazianze : "Oh! Toi, l'au-delà de tout, n'est-ce pas tout ce que l'on peut chanter de toi ?", en s'adressant à Dieu. En outre, l'image du lotus nous renvoie à la promesse du Christ : "Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire." (Jean 15,5).


Déployés et enracinés comme un lotus, avec nos obscurités et notre lumière, nous pouvons apprendre à nous arrêter et à durer dans le silence et l'immobilité, à demeurer ouverts à cette simple Présence, habités parce qu'aimés...

 

 

Par Bernard Ugeux Père Blanc, professeur de théologie et d'anthropologie à l'Université catholique de Toulouse

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