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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 00:00


J'aime l'image du lotus, la fleur symbolique de l'Inde. Par le déploiement de sa corolle, cette fleur évoque la position de la personne en méditation ou en prière. On parle de "position du lotus" parce que c'est une attitude physique d'ouverture, un mouvement circulaire d'accueil et d'offrande. Ce qui est beau dans le lotus, et que nous pouvons constater aussi dans nos régions avec le nénuphar ou le nymphéa, c'est que sa tige, ses racines, pénètrent dans des eaux sombres. C'est une lumineuse image de la vie spirituelle. En effet, nous avons tous dans nos profondeurs des lieux obscurs, nous sommes tous un mélange de lumière et d'ombre. Or nous sommes invités à nous élever vers la lumière, à nous déployer dans ce que nous avons de plus beau et à nous unifier. Cette part lumineuse en nos profondeurs, nous sommes invités à l'identifier, à nous la réapproprier, pour l'offrir.

Même si nous avons les pieds dans la boue,
même si nous vivons, par rapport à notre histoire, des sentiments négatifs d'échec, de péché, de culpabilité, si nous portons un lourd héritage, des blessures, des handicaps, ne nous laissons pas arrêter...


On ne grandit pas en regardant ses pieds, l'arbre grandit en s'ouvrant vers la lumière. Péguy écrivait qu'en arrivant à la cathédrale de Chartres à la fin d'un pèlerinage, ses bottines couvertes de boue, une fois celles-ci essuyées, il ne s'encombrait plus des traces du chemin
pour orienter tout son être vers la lumière du sanctuaire, avec son mystère divin.


Cela ne signifie pas qu'il faille nier ou ignorer notre part d'ombre. Elle fait partie de nous et nous apprend l'humilité et la vulnérabilité. La lumière se nourrit de l'ombre. Cependant, notre part obscure étouffe parfois le jaillissement de la source, nous empêche de croire que nous pouvons émerger de la tourbe pour faire l'expérience de la lumière, de la plénitude, de la transfiguration. Cette transfiguration nous est intérieure et, en même temps, elle nous vient d'un ailleurs, d'un au-delà qui nous échappe sans cesse. Comme disait un mystique chrétien, Grégoire de Nazianze : "Oh! Toi, l'au-delà de tout, n'est-ce pas tout ce que l'on peut chanter de toi ?", en s'adressant à Dieu. En outre, l'image du lotus nous renvoie à la promesse du Christ : "Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire." (Jean 15,5).


Déployés et enracinés comme un lotus, avec nos obscurités et notre lumière, nous pouvons apprendre à nous arrêter et à durer dans le silence et l'immobilité, à demeurer ouverts à cette simple Présence, habités parce qu'aimés...

 

 

Par Bernard Ugeux Père Blanc, professeur de théologie et d'anthropologie à l'Université catholique de Toulouse

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7 février 2006 2 07 /02 /février /2006 00:00

La Terre est Sa joie ! Sa joie est le Ciel,
sa joie est l'éclat du soleil et de la lune, sa joie est Commencement.

Danse mon coeur, danse de joie aujourd'hui, des chants d'amour emplissent de musique les jours et les nuits.

Et le monde est attentif a leur mélodie. Folles de joie, la vie et la mort dansent au rythme de cette musique.

Les monts et les océans, et la Terre dansent.

Au milieu d'éclats de rire, et de sanglots, l'humanité danse. Pourquoi mettre une robe de moine et vivre hors du monde, dans une orgueilleuse solitude ?

Vois ! Mon coeur danse dans la joie de la connaissance, et le Créateur en est heureux.

(prière indienne)
 
Ce chant d'allégresse mystique est l'oeuvre de Kabîr (1440-1518), l'un des plus grands poètes religieux de l'Inde. Les paroles de cet humble musulman sont empreintes de l'antique sagesse indienne, ce qui fait de son oeuvre un patrimoine commun aux hindous, aux musulmans et aux sikhs. (Dieu et ses poètes, Pierre Haïat DDB).
http://www.fraternet.com/magazine/etre3009.htm

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6 février 2006 1 06 /02 /février /2006 00:00

L'unique et ultime conseil à celui qui voudrait bien prier : respire ! Il ne s'agit pas de bomber le torse et de rentrer le ventre "Remplissez bien vos poumons !"

Non et non ! "Videz vos poumons et laissez venir." Vous allez découvrir que "ça respire en vous".

Aspirer l'air n'est pas notre affaire. C'est expirer qui est notre acte, et le reste nous est donné ; je l'accueille. Physiquement, dans la respiration, ce sont les poumons qui se remplissent et se vident ; mécaniquement, c'est le diaphragme qui monte et qui descend ; mais, vitalement, c'est plus bas dans le ventre et le bas ventre que se joue l'acte de respirer juste. Le "Hara", dira-t-on en Orient, la chaudière de la vie, là d'où nous venons tous à la vie, l'utérus, les "reins" dira la Bible.

 
Pour transformer cette juste respiration en prière, il suffit de lire la Genèse : "Dieu modela l'homme avec la glaise du sol ; il insuffla dans ses narines une haleine de vie, et l'homme devint un vivant." (Gn 2,7). Mon souffle est participation au Souffle de Dieu. Je respire de Dieu, je respire Dieu. J'ose évoquer un bouche à bouche permanent entre Dieu et moi. je reçois (à l'inspir), je rends (à l'expir), pour recevoir à nouveau. Si je veux garder le souffle pour moi, je meurs; si je refuse de le recevoir, je meurs aussi. J'accueille; je me reçois de Dieu à chaque respiration et je m'abandonne ; je lâche prise à chaque expir.

Jean-Pierre Lintanf, dominicain

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