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24 janvier 2023 2 24 /01 /janvier /2023 20:30
Philosophe et écrivain, socialiste et catholique, prophète et mystique, Charles Péguy est né à Orléans, il y a cent cinquante ans, le 7 janvier 1873. Dans la crise actuelle, son œuvre paraît plus pertinente que jamais.

« Je tiens la figure de Péguy comme des plus importantes en raison de son authenticité. (…) Il y a une sorte de conviction totale de l’être qui chez Péguy imposait le respect. »Authenticitéconviction : on ne contestera pas à André Gide (1) le choix de ces mots pour qualifier l’écrivain, philosophe et poète Péguy, dont on célèbre samedi 7 janvier, le 150e anniversaire de la naissance. Ils expliquent l’incandescence d’une œuvre et d’une vie indissociables, maintenue plus d’un siècle après sa mort prématurée au front, en 1914.

Une puissance intacte, mais qui reste discrète. Si le 150e anniversaire de la naissance de ­Péguy est inscrit au calendrier des commémorations nationales de 2023, il ne sera pas accompagné d’événements majeurs. « La présence de Péguy n’est pas très visible aujourd’hui, reconnaît Antoine Compagnon, professeur émérite au Collège de France. C’est manifeste si on regarde l’année Proust qui vient de s’achever, et qui a été presque excessive dans l’abondance des événements. »

Péguy le socialiste, qui fut l’un des premiers et des plus illustres dreyfusistes, traîne encore une image de nationaliste, « pantalon rouge » va-t’en guerre, en raison de son engagement militaire en 1914. « Il a pourtant bien précisé qu’il partait au front “pour la dernière des guerres” et “le désarmement général” », rappelle l’historien Jean-Pierre Rioux, auteur de La Mort du lieutenant Péguy (Tallandier).

Le poète de Jeanne d’Arc, du travail, de la patrie, de la terre, souffre aussi de la résonance posthume de ces thèmes avec le régime de ­Vichy. « Une petite flamme péguyste a pourtant brillé du côté de la Résistance – avec de Gaulle, Edmond ­Michelet, Emmanuel ­Mounier, grands lecteurs de Péguy… – mais cela n’a pas suffi, analyse Jean-Pierre Rioux. Péguy vivant, il aurait été à Londres en 1940 et pas dans les cathédrales avec les pétainistes ! »

Si Péguy n’est pas un auteur à la mode, nombreux sont les intellectuels à revendiquer aujourd’hui son héritage, composant une palette philosophique et politique étonnamment large. Le philosophe Alain Finkielkraut célèbre le patriote et chantre de l’école républicaine ; le journaliste Edwy Plenel, un Péguy anarchiste et dreyfusard ; le philosophe Alain Badiou, un Péguy socialiste et collectiviste ; le philosophe Jean-Luc Marion, un Péguy mystique ; le philosophe Bruno Latour a puisé dans un Péguy prophète, dénonçant les illusions du progrès et par avance les impasses du capitalisme moderne…

« Ces relectures sont irréconciliables, sourit Benoît Chantre, éditeur et essayiste, auteur de Péguy point final (Éd. du Félin). Lui voit en Péguy l’homme d’« une synthèse disjonctive »« à la fois catholique, libertaire, anarchiste, socialiste et patriote »« Péguy est fondamentalement un penseur tragique, qui ne propose aucune grande synthèse où les différences viendraient se fondre, ajoute-t-il. Quand on le ressaisit ainsi, dans toute sa complexité, on est frappé de sa force, de son indépendance, de sa liberté, et donc de son actualité. »

Son actualité. Péguy surgit comme notre contemporain quand il dénonce avec une vigueur brûlante l’argent roi, qui chosifie le monde et rend « toutes choses équivalentes » ; quand il moque les illusions du progrès ; quand il dénonce l’effacement de la mémoire et le présentisme, les pièges de l’individualisme ou encore les dangers d’une science et d’une technique ­idolâtrées…

Perpétuel insurgé, d’abord et avant tout contre la misère et l’avilissement de l’homme, il était peut-être devenu inaudible dans une France prospère, confiante dans le progrès, construisant une Europe de la paix. La dureté des temps invite à le relire… « Il pourrait y avoir un retour à Péguy parce qu’il n’y a pas une interrogation de notre présent qui n’ait un écho chez lui, indique Jean-Pierre Rioux. Nous vivons, comme lui, une culbute de l’histoire. Il y a quelque chose de marécageux, d’obscurci et d’indécis dans notre temps qui fait que ses coups de clairon pourraient de nouveau résonner. »

Si Péguy peut nous parler, c’est qu’il n’est pas le réactionnaire que certains s’obstinent à contrefaire. « Ce qu’il rejette dans la modernité, c’est le capitalisme, mais il reste un héritier de 1 789 et des Lumières », insiste le philosophe Camille ­Riquier. « Péguy est antimoderne mais au sens où il est un moderne lucide, un moderne qui n’est pas dupe de la confusion entre progrès matériel et progrès spirituel », souligne Antoine ­Compagnon. Péguy aide à entrer dans une modernité réflexive, autocritique, ouvrant un espace pour repenser les promesses non tenues des ­Lumières, à l’heure de la crise écologique et de l’accroissement des inégalités. Sa feuille de route ? La recherche de la vérité envers et contre tout – « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste » ; l’engagement pour la justice et d’abord du côté des plus démunis ; la promotion d’une laïcité qui refuse la métaphysique d’État et respecte les convictions individuelles ; la défense de l’école, de la méritocratie et des humanités…

Sur le plan écologique, l’apport de sa pensée n’a pas encore été pleinement mis en valeur, même si elle a fortement inspiré un philosophe comme Bruno Latour. « Tout ce que porte la terre m’intéressedit ­Péguy, qui a chanté sur tous les tons la terre, les arbres, les paysans. Il suffit de relire son Ève », relève ­Jean-Pierre Rioux.

« Péguy, qui était végétarien, a proposé une “Cité harmonieuse”, où tout le monde est citoyen, même les animaux ! Longtemps considérée comme utopique, elle prend aujourd’hui une étonnante actualité !», explique Camille Riquier, qui trouve aussi dans ses écrits une manière de « tenir, tendu par la pensée et l’action, dans l’imminence de la catastrophe sans la considérer comme inéluctable ».

Et dans une époque qui s’interroge sur la possibilité même de son avenir, comment oublier le poète du Porche du mystère de la deuxième vertu ? Célébrant l’espérance qui « voit ce qui n’est pas encore et qui sera », malgré toutes les raisons de désespérer… « Il y a chez Péguy une éthique de la résistance, où l’importance de l’engagement prime sur celle de la victoire », relève Benoît Chantre.

Sur le plan spirituel, il faudrait aussi évoquer les ressources qu’offre Péguy pour penser un christianisme devenu minoritaire. « Pour lui, le monde moderne est certes inchrétien, mais Dieu ne l’a pas quitté et le travaille encore en sous-main, souligne Camille Riquier. La communion des saints s’étend pour Péguy bien au-delà des frontières de l’Église visible et réunit aussi les non-croyants animés sans le savoir par les vertus chrétiennes. » D’où l’absence de jugement négatif et plus encore de mépris chez lui à l’égard de ces non-croyants assoiffés de justice.

Aux chrétiens, Péguy propose la voie d’un christianisme vivant, porté en première personne, nourri de prière personnelle, non clérical mais toujours incarné. Un christianisme qui jamais ne coupe l’éternel et le temporel, le spirituel et la matière. Un christianisme de « l’âme charnelle » dont la fécondité reste largement à découvrir.

Élodie Maurot

 

(1) Au micro de Jean Amrouche dans ses entretiens à Radio France, en 1949.

 

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23 janvier 2023 1 23 /01 /janvier /2023 20:30
Même lorsque votre corps ne fait rien, le péché peut être actif dans votre esprit.

Lorsque votre âme repousse intérieurement l'attaque du mal par la prière, l'attention, le souvenir de la mort, la tristesse et le deuil pieux, le corps prend aussi sa part de sainteté, ayant acquis la liberté des actions maléfiques.

C'est ce que le Seigneur a voulu dire en disant que quelqu'un qui nettoie l'extérieur d'une coupe ne l'a pas nettoyée à l'intérieur, mais s'il nettoie l'intérieur,  toute la coupe sera propre (Matthieu 23:25-26).

« Efforcez-vous aussi fort que possible pour vous assurer que votre travail intérieur est conforme à la volonté de Dieu, et vous conquerrez les passions extérieures » (Abba Arsenios, Apophthegmata Pateron 9).

Si la racine est sainte, les branches le sont aussi (Jean 15:5). Si la levure est sainte, la pâte l'est aussi (Galates 5:9).

« Marchez dans l'esprit », dit Paul, « et vous ne réaliserez pas la convoitise de la chair » (Galates 5:16).

Le Christ n'a pas aboli la circoncision juive, mais l'a accomplie. Il dit lui-même : « Je ne suis pas venu pour détruire la loi, mais pour l'accomplir » (Matthieu 5.17).

Comment a-t-il fait cela ? C'était un sceau, un signe et une façon symbolique d'enseigner sur la façon d'éliminer les mauvaises pensées dans le cœur.

Les prophètes ont reproché aux Juifs d'être incirconcis dans leur cœur (cf. Jérémie 9:26 ; Romains 2:25).

L'homme regarde la personne extérieure, mais Dieu considère le cœur, et s'il est plein de pensées malignes ou mauvaises, cet homme méritait que Dieu s'éloigne de lui.

C'est pourquoi l'apôtre nous exhorte à prier sans colère ni doute (1 Timothée 2:8).

Pour nous apprendre à rechercher la circoncision spirituelle de nos cœurs, le Seigneur déclare bienheureux les cœurs purs et les pauvres en esprit.

Il souligne que la récompense de cette pureté de cœur est de voir Dieu, et il promet le royaume des cieux aux pauvres (Matthieu 5:8, 3). Par les pauvres, il entend ceux qui vivent de manière frugale et dans le dénuement.

Mais ce ne sont pas seulement ces personnes qu'Il appelle bienheureuses, mais aussi ceux qui sont comme elles en esprit, celles qui, en raison de leur humilité intérieure de cœur et de leur bonne volonté, ont réglé leur vie extérieure en conséquence.

Il interdit non seulement le meurtre, mais aussi la colère, et nous commande de pardonner de tout cœur ceux qui ont péché contre nous. Il n'acceptera pas non plus le don que nous offrons, à moins que nous ne soyons d'abord réconciliés les uns avec les autres et que nous ne nous débarrassions pas de la colère (Matthieu 5:21-24).

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

MYSTAGOGY

citant
Saint Grégoire Palamas : Les Homélies 
(Mount Thabor Publishing, 2009).
[en anglais]
 

 

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22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 20:30

DANS L’EGLISE CATHOLIQUE (CONCILE DE TRENTE)
LES TROIS POUVOIRS DU PRÊTRE

Notre Seigneur Jésus-Christ à ses apôtres : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations ; baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ; enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle. » (S. Mt 28, 18)

AU CENTRE ET AU SOMMET DES POUVOIRS DU PRÊTRE : L’UNION AU CHRIST PAR LES SACREMENTS
Le pouvoir central est la sanctification, par les sacrements dont le premier est le baptême et dont le sommet est l’Eucharistie.

Se rappeler tout ce que nous avons enseigné sur l’union à Dieu par Jésus-Christ, sur l’Eucharistie sommet des sacrements parce que sacrement de l’union à Dieu.

L’ENSEIGNEMENT
Dans l’Eucharistie, nous nous donnons à Dieu qui nous saisit encore faut-il avoir la foi. Primauté de l’enseignement de la foi pour arriver à la communion. L’homme est d’abord une intelligence.

LE GOUVERNEMENT DES CHRÉTIENS
C’est la conséquence. Celui qui est uni à Dieu doit diriger sa vie vers Dieu. Cela aussi s’apprend.
Formation à la liberté des enfants de Dieu. Importance aujourd’hui.

LA SOUMISSION DU PRÊTRE À L’ÉVÊQUE
Ce que nous venons d’exposer montre qu’il y a deux pouvoirs chez le prêtre : celui d’ordre qui est le pouvoir essentiel, qui est le pouvoir sur le corps physique du Christ. C’est la définition du prêtre.

Et le pouvoir sur le corps mystique, c’est le pouvoir de juridiction qui comprend l’enseignement et le gouvernement.

En soi, le pouvoir d’ordre n’est pas dans la dépendance de l’évêque. Dès que le prêtre est prêtre, il célèbre validement la messe, c’est-à-dire que sa messe est vraiment le sacrifice eucharistique.

Mais son pouvoir d’ordre est inapplicable aux individus sans la juridiction, c’est-à-dire sans un pouvoir sur le corps mystique, pouvoir qui lui est conféré non par l’ordination, mais par une délégation de l’évêque.

Car le prêtre reçoit par l’ordination le pouvoir de consacrer le sacrifice eucharistique, mais il ne reçoit pas de troupeau, pas de responsabilité directe sur les âmes.

C’est l’évêque dont la fonction première est d’être pasteur. Son sacre a pour objet premier de lui confier un troupeau.

Les deux pouvoirs sont liés : le pouvoir de juridiction est au service du pouvoir d’ordre, au service du sacrifice du Christ qui fait la société. Voilà pourquoi l’évêque est aussi prêtre.

Et le prêtre participe au gouvernement de l’évêque sur la part du troupeau qui lui est confiée, par l’enseignement et en transmettant aux fidèles la direction donnée par l’évêque.

Sans cela, ses sacrements seraient illicites.

LES POUVOIRS DU PRÊTRE DANS LA CRISE
Importance de ne pas suivre n’importe quel prêtre ou n’importe quel évêque, à cause de l’enseignement et de la direction donnée, même si le pouvoir d’ordre n’est pas en question. Et donc même si les sacrements sont valides.

Les Pères et le pouvoir du prêtre
Jean 20: 21-23 (LSG)
21 - Depuis que Christ a été envoyé pour pardonner les péchés, et il a envoyé les apôtres pour pardonner les péchés.
22 Et après avoir dit cela, il souffla sur eux et leur dit: Recevez le Saint-Esprit:
23 Ceux qui pèchent ceux à qui que vous les remettez, ils leur sont remis; et ceux dont vous retenez les péchés, ils leur sont retenus.
Pour que les apôtres puissent exercer ce don de pardonner les péchés, les pénitents doivent leur avouer oralement leurs péchés parce que les apôtres ne sont pas des lecteurs d'esprit. Le texte le montre très clairement.
Mt. 16 a écrit :
Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.

Voici le passage entier de la Catena (Chaîne d'or) de Saint Thomas d’Aquin commentant ces versets :

S. Chrysostome. (hom. 54.) Le Sauveur donne ensuite une autre prérogative à Pierre, en ajoutant : " Et je vous donnerai les clefs du royaume des cieux. " C'est-à-dire : De même que mon Père vous a fait la grâce de me connaître, je vous accorderai aussi une faveur particulière, c'est-à-dire les clefs du royaume des cieux.

Raban. Celui qui a reconnu et confessé le roi des cieux avec plus d'ardeur que tous les autres reçoit aussi d'une manière plus particulière que tous les autres les clefs du royaume des cieux, afin qu'il fût bien démontré pour tous que sans cette confession et sans cette foi, personne ne peut entrer dans le royaume des cieux. Les clefs du royaume des cieux sont la puissance et le droit de juger : la puissance, pour lier et délier, le pouvoir de juger, de discerner ceux qui sont dignes et ceux qui ne le pas. – La Glose. " Et ce que vous lierez, " c'est-à-dire celui que vous aurez jugé indigne d'absolution pendant sa vie, en sera jugé indigne devant Dieu lui-même. " Et ce que vous aurez délié, " c'est-à-dire celui que vous aurez jugé digne d'être absous ici-bas, recevra de Dieu la rémission de ses péchés.

Origène. Voyez quelle grande puissance a été donnée à cette pierre sur laquelle l'Église est bâtie ; ses jugements sont irrévocables, comme si Dieu lui-même les avait prononcés par sa bouche.

S. Chrysostome. (Hom. 54.) Voyez aussi comme Jésus-Christ inspire à Pierre une haute idée de sa personne il promet de lui donner ce qui n'appartient qu'à Dieu seul, c'est-à-dire le pouvoir de remettre les péchés et de rendre l'Église immuable au milieu de toutes les tempêtes, des persécutions et des souffrances.

Raban. Quoique le Seigneur paraisse donner exclusivement à Pierre ce pouvoir de lier et de délier, il l'accorde également aux autres Apôtres (Mt 18, 18) et maintenant encore à toute l'Église dans la personne des évêques et des prêtres ; mais Pierre a reçu d'une manière plus particulière les clefs du royaume des cieux et la primauté du pouvoir judiciaire, afin que tous les fidèles répandus dans l'univers comprennent que du moment où, de quelque manière que ce soit, on se sépare de l'unité de la foi ou de la société de Pierre, on ne peut être délivré des liens du péché, ni voir ouvrir devant soi les portes du royaume du ciel.
La Glose.

Notre-Seigneur a donné d'une manière particulière ce pouvoir à Pierre pour nous inviter à l'unité ; il l'a établi prince des Apôtres afin que l'Église eût au-dessus de tous les autres un seul vicaire de Jésus-Christ, auquel tous les membres de l'Église pussent recourir si la division venait à s'introduire parmi eux ; s'il y avait plusieurs chefs dans l'Église, le lien de l'unité serait rompu.

Quelques-uns prétendent que cette expression : " Sur la terre " signifie que ce pouvoir de lier et de délier ne lui a été donné que sur les vivants et non sur les morts, car celui qui exercerait ce pouvoir sur les morts ne l'exercerait pas sur la terre.

Conc. de Constant. Comment s'en trouve-t-il qui osent dire que ce pouvoir ne doit s'exercer que sur les vivants ? Ignorent-ils donc que la sentence d'anathème n'est autre chose qu'une sentence de séparation ?

On doit toujours éviter tout commerce avec ceux qui sont esclaves de crimes énormes, qu'ils soient du nombre des vivants ou parmi les morts, car on doit toujours se séparer de ce qui est coupable et nuisible.

D'ailleurs nous avons d'Augustin, de pieuse mémoire, et qui jeta un si vif éclat parmi les évêques d'Afrique, plusieurs lettres où il enseigne qu'il faut anathématiser les hérétiques même après leur mort. Les autres évêques d'Afrique ont conservé cette tradition ecclésiastique, et la sainte Église romaine elle-même a anathématisé aussi quelques évêques après leur mort, quoique leur foi n'eût pas été incriminée pendant leur vie.

S. Jérome. Quelques évêques et quelques prêtres qui n'ont pas l'intelligence de ce passage, affectent en quelque sorte d'imiter la conduite orgueilleuse des pharisiens en condamnant les innocents et en s'imaginant qu'ils peuvent absoudre les coupables, lorsqu'ils devraient savoir que Dieu tient compte non tant de la sentence des prêtres que des dispositions des coupables.

Nous lisons, dans le passage du Lévitique qui ordonne aux lépreux de se présenter devant les prêtres (chap. 13 et 14), que, s'ils sont atteints de la lèpre, ils soient alors déclarés impurs par le prêtre, non pas que ce soient les prêtres qui les rendent lépreux et impurs, mais parce qu'ils connaissent les caractères qui distinguent le lépreux de celui qui ne l'est pas, celui qui est pur de celui qui est impur.

De même donc que dans l'ancienne loi le prêtre déclarait le lépreux impur, ainsi l'évêque ou le prêtre exercent le pouvoir de lier et de délier, non pas à l'égard de ceux qui sont innocents et purs, mais dans ce sens qu'après avoir entendu la confession des diverses espèces de péchés, ils savent quels sont ceux qu'ils doivent lier et ceux qui méritent d'être déliés.

Origène. Celui donc qui exerce le pouvoir de lier et de délier de manière à être jugé vraiment digne d'exercer ce pouvoir dans le ciel est irrépréhensible.

Or, les clefs du royaume des cieux sont données aussi comme récompense à celui qui par ses vertus peut fermer les portes de l'enfer.

En effet, lorsqu'un homme commence à pratiquer toutes les vertus chrétiennes, il s'ouvre à lui-même la porte du royaume des cieux, c'est-à-dire que le Seigneur la lui ouvre par sa grâce, de manière que la même vertu est tout à la fois la porte et la clef de la porte.

Peut-être même pourrait-on dire que chacune des vertus est le royaume des cieux.

Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus

Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
Ps. 123

 

Abbott Tryphon

Je suis allé dans une ville Il y a quelque temps, j'ai lu une description des devoirs et des responsabilités du prêtre orthodoxe. Ils ont été divisés en trois parties en utilisant l'analogie de l'Église comme image.

Le prêtre orthodoxe doit

1. attirer la grâce de Dieu sur l'autel en respectant les commandements de l'Evangile et en se repentant et en absorbant les prières et les sacrements de l'Eglise

2. instruire ses paroissiens et entendre leurs confessions

3.  témoigner de la plénitude de l'expérience de la grâce de Dieu envers ceux qui sont à l'extérieur de l'Église dans le narthex et à l'extérieur des portes de l'Église proprement dite et au monde en général du mieux qu'il le peut

Chaque prêtre est particulièrement attiré par un de ces aspects de la prêtrise, pour moi c'est surtout le troisième aspect qui est mon charisme.

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