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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 22:55
Station-service (1940), MoMA (New York). 66,7 cm x 102,2 cm, huile sur toile.

Station-service (1940), MoMA (New York). 66,7 cm x 102,2 cm, huile sur toile.

Rien de plus banal, de plus insignifiant qu’une station-service. À quoi pense-t-on quand on fait le plein ? À rien, en général. Ce temps est un temps vide. Que dire alors du métier de pompiste, à peu près abandonné chez nous, encore en usage chez quelques-uns de nos voisins ?

Un homme à notre service, comme la station dont il est le gérant ou l’employé : un homme qui attend, donc, vous, ceux qui vous ont précédés et ceux qui vous suivront. Un homme éternellement en attente. Pas si différent de nous, tout compte fait.

Hopper a peint la profonde banalité d’un paysage suburbain avec les égards dignes d’une scène sacrée. C’est que l’on attend quelque chose ici : la prochaine voiture, le prochain client. Mais rien ne vient, et c’est bien l’absence de voiture qui fait la force de la composition.

Penché sur une pompe, l’homme semble songeur. Imagine-t-il, dans son ennui, un véhicule en train de se métamorphoser comme par magie en cheval ailé, comme le Pégase que l’on aperçoit sur le panneau éclairé devant le poste à essence et sur chacune des trois pompes alignées ?

Ce qui saute aux yeux, surtout, c’est le contraste pour le moins mystérieux entre le jour et la nuit, mais aussi entre la présence humaine et la nature. Où est-on au juste ? Nulle part. Tout aussi énigmatique, la lumière qui vient éclairer la scène donne à l’homme aux pompes à essence un air surnaturel.

Mais que fait-il ici, à cette heure silencieuse, au bord du crépuscule, absorbé en lui-même ? Rien, il attend, il ne sait ni qui, ni quoi, ni quand, ni, peut-être, pourquoi. Une interrogation faite homme. Impénétrable.

Et aussi indéchiffrable que notre temps. C’est que ce temps, le siècle dernier et le nôtre, est profondément un temps de l’attente. Les plus grands livres ne nous parlent que d’elle, comme le fait le tableau de Hopper.

Le Désert des Tartares de Buzzati, Le Rivage des Syrtes de Gracq, En attendant Godot de Beckett et jusqu’au très contemporain En attendant les barbares de Coetzee, tous sont des figurations de notre condition d’êtres qui attendent.

Et quoi donc ? Rien : la mort, la guerre, quelqu’un, une réponse. Une réponse… À nous qui attendons, de chercher laquelle. Et pas seulement pour faire le plein d’une voiture. Pour faire le plein de l’existence.

 

 
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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 22:55
 
 
	YARA NARDI / POOL / AFP
YARA NARDI / POOL / AFP

 

Alors que le monde est touché de plein fouet par l'épidémie de coronavirus, entraînant des milliers de décès, et que plus de trois milliards de personnes sur terre sont confinées, le pape François a prononcé une bénédiction « Urbi et Orbi » exceptionnelle face à une place Saint-Pierre entièrement vide le 27 mars à 18 heures. Lors de sa méditation de l'Évangile, le pape a souligné la « tempête » dans laquelle nous sommes et appelé à « ne pas avoir peur ». En voici le texte complet.

« Le soir venu » (Mc 4, 35). Ainsi commence l’Evangile que nous avons écouté. Depuis des semaines, la nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage : cela se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent.

Nous nous retrouvons apeurés et perdus. Comme les disciples de l’Evangile, nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. Dans cette barque… nous nous trouvons tous. Comme ces disciples qui parlent d’une seule voix et dans l’angoisse disent : « Nous sommes perdus » (v. 38), nous aussi, nous nous nous apercevons que nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout seul, mais seulement ensemble.

Nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse.

Il est facile de nous retrouver dans ce récit. Ce qui est difficile, c’est de comprendre le comportement de Jésus. Alors que les disciples sont naturellement inquiets et désespérés, il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en premier. Et que fait-il ? Malgré tout le bruit, il dort serein, confiant dans le Père – c’est la seule fois où, dans l’Evangile, nous voyons Jésus dormir –. Puis, quand il est réveillé, après avoir calmé le vent et les eaux, il s’adresse aux disciples sur un ton de reproche : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (v. 40).

Cherchons à comprendre. En quoi consiste le manque de foi de la part des disciples, qui s’oppose à la confiance de Jésus ? Ils n’avaient pas cessé de croire en lui. En effet, ils l’invoquent. Mais voyons comment ils l’invoquent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » (v. 38). Cela ne te fait rien : ils pensent que Jésus se désintéresse d’eux, qu’il ne se soucie pas d’eux. Entre nous, dans nos familles, l’une des choses qui fait le plus mal, c’est quand nous nous entendons dire : “Tu ne te soucies pas de moi ?”. C’est une phrase qui blesse et déclenche des tempêtes dans le cœur. Cela aura aussi touché Jésus, car lui, plus que personne, tient à nous. En effet, une fois invoqué, il sauve ses disciples découragés.

Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ?

La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. Elle nous démontre comment nous avons laissé endormi et abandonné ce qui alimente, soutient et donne force à notre vie ainsi qu’à notre communauté. La tempête révèle toutes les intentions d’“emballer” et d’oublier ce qui a nourri l’âme de nos peuples, toutes ces tentatives d’anesthésier avec des habitudes apparemment “salvatrices”, incapables de faire appel à nos racines et d’évoquer la mémoire de nos anciens, en nous privant ainsi de l’immunité nécessaire pour affronter l’adversité.

À la faveur de la tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos “ego” toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette appartenance commune (bénie), à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères.

Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons : “Réveille-toi Seigneur !”

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Seigneur, ce soir, ta Parole nous touche et nous concerne tous. Dans notre monde, que tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons : “Réveille-toi Seigneur !”

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Seigneur, tu nous adresses un appel, un appel à la foi qui ne consiste pas tant à croire que tu existes, mais à aller vers toi et à se fier à toi. Durant ce Carême, ton appel urgent résonne : “Convertissez-vous”, « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Tu nous invites à saisir ce temps d’épreuve comme un temps de choix. Ce n’est pas le temps de ton jugement, mais celui de notre jugement : le temps de choisir ce qui importe et ce qui passe, de séparer ce qui est nécessaire de ce qui ne l’est pas. C’est le temps de réorienter la route de la vie vers toi, Seigneur, et vers les autres. Et nous pouvons voir de nombreux compagnons de voyage exemplaires qui, dans cette peur, ont réagi en donnant leur vie. C’est la force agissante de l’Esprit déversée et transformée en courageux et généreux dévouements. C’est la vie de l’Esprit capable de racheter, de valoriser et de montrer comment nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires, souvent oubliées, qui ne font pas la une des journaux et des revues ni n’apparaissent dans les grands défilés du dernier show mais qui, sans aucun doute, sont en train d’écrire aujourd’hui les évènements décisifs de notre histoire : médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant et tant d’autres qui ont compris que personne ne se sauve tout seul.

Face à la souffrance, où se mesure le vrai développement de nos peuples, nous découvrons et nous expérimentons la prière sacerdotale de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21). Que de personnes font preuve chaque jour de patience et insuffle l’espérance, en veillant à ne pas créer la panique mais la co-responsabilité ! Que de pères, de mères, de grands-pères et de grands-mères, que d’enseignants montrent à nos enfants, par des gestes simples et quotidiens, comment affronter et traverser une crise en réadaptant les habitudes, en levant les regards et en stimulant la prière ! Que de personnes prient, offrent et intercèdent pour le bien de tous. La prière et le service discret : ce sont nos armes gagnantes!

Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage.

« Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut. Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs, des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais.

Le Seigneur nous interpelle et, au milieu de notre tempête, il nous invite à réveiller puis à activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et sens en ces heures où tout semble faire naufrage. Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix, nous avons été sauvés. Nous avons un gouvernail : par sa croix, nous avons été rachetés. Nous avons une espérance : par sa croix, nous avons été rénovés et embrassés afin que rien ni personne ne nous sépare de son amour rédempteur. Dans l’isolement où nous souffrons du manque d’affections et de rencontres, en faisant l’expérience du manque de beaucoup de choses, écoutons une fois encore l’annonce qui nous sauve : il est ressuscité et vit à nos côtés. Le Seigneur nous exhorte de sa croix à retrouver la vie qui nous attend, à regarder vers ceux qui nous sollicitent, à renforcer, reconnaître et stimuler la grâce qui nous habite. N’éteignons pas la flamme qui faiblit (cf. Is 42, 3) qui ne s’altère jamais, et laissons-la rallumer l’espérance.

Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale.

Embrasser la croix, c’est trouver le courage d’embrasser toutes les contrariétés du temps présent, en abandonnant un moment notre soif de toute puissance et de possession, pour faire place à la créativité que seul l’Esprit est capable de susciter. C’est trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité. Par sa croix, nous avons été sauvés pour accueillir l’espérance et permettre que ce soit elle qui renforce et soutienne toutes les mesures et toutes les pistes possibles qui puissent aider à nous préserver et à sauvegarder. Étreindre le Seigneur pour embrasser l’espérance, voilà la force de la foi, qui libère de la peur et donne de l’espérance.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Chers frères et sœurs, de ce lieu, qui raconte la foi, solide comme le roc, de Pierre, je voudrais ce soir vous confier tous au Seigneur, par l’intercession de la Vierge, salut de son peuple, étoile de la mer dans la tempête. Que, de cette colonnade qui embrasse Rome et le monde, descende sur vous, comme une étreinte consolante, la bénédiction de Dieu.

Seigneur, bénis le monde, donne la santé aux corps et le réconfort aux cœurs.
Tu nous demandes de ne pas avoir peur.
Mais notre foi est faible et nous sommes craintifs.
Mais toi, Seigneur, ne nous laisse pas à la merci de la tempête.
Redis encore : « N’ayez pas peur » (Mt 28, 5).
Et nous, avec Pierre, « nous nous déchargeons sur toi de tous nos soucis, car tu prends soin de nous » (cf. 1P 5, 7).

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 23:55

 

Gorze, mars-avril 2020

 

Chers amis,
 

  Chacun cherche à comprendre les événements que nous vivons aujourd'hui, mais il semble que peu de personne se réfère aux données traditionnelles des Sagesses de l'humanité. Dans le brouhaha médiatique, comment s'élever au-dessus de la multitude des opinions individuelles souvent contradictoires ? Chacun y va de son refrain et finalement cela devient une belle cacophonie...

 

Depuis la fin du moyen âge, nous nous sommes éloignés progressivement de la véritable connaissance que l'on pourrait appeler « initiatique », c'est à dire de la recherche de la Sagesse en nous qui est le fruit donné par l'esprit ( le noûs ) relié à sa Source. La recherche horizontale des causes, si elle a sa place, ne doit pas prendre toute la place. Nous sommes trop souvent entraînés dans la guerre des opinions et comme disait Lanza del Vasto , toutes les guerres commencent par cette phrase : «  J'ai absolument raison ! »...

 

Le monde de la forme est en perpétuelle transformation et nous sommes bien loin d'en saisir toute la complexité et toute la subtilité... Être identifié à la forme, c'est être dans l'errance permanente et tourner en rond dans sa vie, sans point de référence et de stabilité. On n'y comprend plus rien bien souvent et on cherche dans le mental des explications qui ne s'y trouvent pas et qui ne s'y trouveront jamais. Nous sommes donc invités à changer de méthode pour accéder à un sens au-delà du sens et du non-sens.

 

Cette méthode nous est proposée par la Bible, dès le début, dans l'invitation à entrer dans l'écoute : c'est le fameux appel du « Shema Israel ». Oui, « écoutez ! une voix s'élève, qui résonne à travers la nuit, rejetez loin de vous les songes, la Lumière du Christ paraît... »

 

Cet hymne, que nous chantons durant le temps de l'Avent, exprime cette « attente » d'entrer dans la véritable « connaissance » , celle du Christ qui « éclaire » tout homme venant en ce monde...  Dans notre monde actuel, soi-disant moderne, on prête en fait peu d'attention à cette écoute intérieure. C'est plutôt considéré comme le domaine des rêveurs, de gens qui n'ont pas le sens des réalités : Réveillez-vous donc et produisez, non pas des fruits dignes du repentir mais du concret mesurable et pesable dans la balance commerciale …

 

Pourtant, ce qui semble être le plus éloigné de l'ordre pratique se trouve souvent être efficace quant à la possibilité de sortir du malheur dans lequel semble s 'enfoncer notre monde. Sans l'« information » verticale, il est impossible de rien accomplir qui soit réellement valable,  qui soit autre chose qu'une agitation vaine et superficielle. Il nous est peut-être donné, par ce « corona-virus », l'occasion d'observer à quel point ce monde moderne est une négation dans ses principes mêmes, des vérités traditionnelles et supra-humaines.

 

Dans la tradition taoiste, entr'autre, se retrouve la notion de « Chakra coronal » et René Guénon dans un de ses ouvrages a écrit un chapitre qui s'intitule ; « L'artère coronale et le rayon solaire. » ( L'homme et son devenir selon le Vêdânta.) Ce Chakra coronal ou lotus aux mille pétales, est centré au niveau du sommet du crâne et c'est l'une des principales entrées d'énergie. Il nous relie avec ce cosmos que je suis ; il nous ouvre les « Portes du royaume du Tout. » Ce Chakra est l'expression de notre harmonie. Dans certaine iconographie ancienne, on représente Adam couronné et cette couronne est le symbole de sa royauté.

 

L'homme est roi, prêtre et prophète. Le fameux « corona-virus » ne vient-il pas nous rappeler à notre vocation essentielle, qui est de « cultiver » notre jardin intérieur en nous ouvrant aux énergies de l'Arbre de Vie qui descendent du ciel et pénètrent en nous par cette « couronne » ? Au lieu de cela, dans ce monde en ébullition, tout nous éloigne de notre « Quiétude » qui est le « couronnement » de notre quête, et qui est l'essence même de notre être, la vraie vie en Christ.

 

« Ce n'est plus moi qui vit » dit saint Paul, « c'est le Christ qui vit en moi »... Ce n'est plus moi qui vit, c'est le Grand Silence qui vit en moi pourrait-on ajouter pour ceux qui ne se référent pas au Christ, car cette expérience est universelle et elle concerne tous les hommes de par la nature même de leur humanité.

 

La délivrance n'est pas magique, il nous appartient, avec l'aide de Dieu, de la provoquer. C'est ce que le Christ appelle la seconde naissance.

« En vérité, Je te le dis, si un homme ne renaît de l'eau et de l'esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu....Ne t'étonne pas, de ce que je te dis, qu'il faut naître de nouveau. »

 

Ce dialogue, entre Nicodème et Jésus, est le révélateur qui peut bouleverser notre vie comme il a sans aucun doute bouleversé la vie de Nicodème, docteur de la loi et qui ignorait le b, a, ba de la vie intérieure. Renaître de l'eau ! D'où le rite initiatique du baptême dans l'église, l'eau étant regardée par beaucoup de traditions, comme le milieu originel des êtres : la matrice « Yin » et par transposition, celui qui « naît de l'eau » devient « fils de la Vierge » et donc frère adoptif du Christ et co-héritier du « royaume de Dieu. »

 

Quant à l'Esprit, le Pneuma, Il est le Principe complémentaire et actif qui féconde ces eaux primordiales pour que naissent « l'homme nouveau », « maître des virus » si je puis dire, et qui commande aux éléments cosmiques.

 

Nous sommes invités à prendre au sérieux les expériences intérieures qui nous ouvrent sur cet espace du « numineux », source d'un véritable chemin initiatique, qui peu à peu nous ramène à la maison du Père que nous avons quittée, et que nous quittons encore et encore, dès que nous sommes repris par l'illusion du mental qui cherche à nous jeter à l'extérieur, « là où sont les pleurs et les claquements de dents ».

 

Nous sommes le cosmos, nous sommes le virus, nous sommes la vie sous toutes ses formes. Il n'y a pas « d'extérieur », tout ce qui arrive à l'extérieur est révélateur de ce qui se passe à l'intérieur. Nous n'avons pas à nous défendre de la nature, nous sommes la nature qui se défend et qui refuse de se laisser engloutir par la folie engendrée par le mental humain coupé de l'intelligence du cœur.

 

L'appel à la conversion résonne dans tout l'évangile, c'est même la première parole de saint Jean Baptiste : « Convertissez-vous, sinon vous mourez ». Que le Seigneur nous guide et que Marie la très sainte mère de Dieu nous accompagne dans ce chemin de retour vers la source paternelle, c'est à dire vers l'expérience de la « plénitude, de l'ordre, et de l'unité », pour reprendre la terminologie de Graf Dürckheim, et qui répond exactement à ce dont nous avons besoin, et non pas forcément à ce dont nous avons envie, « avant même que nous le demandions » pour reprendre une parole de Jésus parlant de son Père, qui est aussi « Notre Père » !

 

                   Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

                            Père Francis

 

Prière

 

O Dieu, aide-moi à prier, et à élever mes pensées vers Toi,

seul je ne peux le faire.

 

En moi, tout est sombre, mais en Toi est la lumière.
Je suis seul, mais Tu ne m'abandonnes pas, le secours est en Toi;

je suis inquiet, mais la paix est en Toi.

En moi habite l'amertume, mais en Toi la patience;

je ne comprends pas Tes voies, mais Toi Tu connais mon chemin ! (...)
 

Esprit-Saint, donne-moi la foi qui sauve du désespoir et de la tentation.
 

Donne-moi l'amour de Dieu et des hommes

qui efface toute amertume et toute haine;

 

donne-moi l'espérance qui délivre de la peur et du découragement.
 

        Dietrich Bonhoeffer (1906-1945)

 

Texte à méditer

 

"Que le jeûne soit accompli avec mesure. Et qu'il soit observé pour la discipline de l'âme et du corps, comme nous l'avons reçu de la tradition. Que celui qui n'est pas capable de jeûner ne se permette pas d'innovation, mais qu'il reconnaisse que c'est par sa faiblesse personnelle qu'il adoucit le jeûne et qu'il honore par l'aumône ce qu'il ne peut accomplir par le jeûne. Dieu n'a nul besoin des gémissements de celui qui s'est ainsi acquis les larmes des pauvres qui plaident pour lui."

 

Saint Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne (5ème siècle)

 

 

Télécharger la Lettre

Cliquer ICI

 

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