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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 23:54
Quand le surnaturel revient au galop

Des néo-évangélistes aux pèlerins de Fatima : quand le surnaturel revient au galop

Cultures monde - par Florian Delorme -  réalisé par : Charlotte Roux

Fort de son succès planétaire, le pentecôtisme fait la part belle aux expériences mystiques individuelles.

De l'Islande au Brésil, en passant par Fatima au Portugal, quelles sont ces croyances "religieuses" ? Faut-il y voir un retour du surnaturel dans les pratiques religieuses contemporaines?

En effet, l’expansion du phénomène néo évangéliste révèle le besoin d’individualiser la foi et le rapport au divin. En effet, dans les nouveaux courants évangéliques, qui comprennent le pentecôtisme, le baptisme, le mouvement charismatique évangélique et d’autres, le croyant instaure une relation plus directe et personnelle à Dieu. Une forme de « démocratisation de l’accès au divin », un mysticisme en dehors des cadres traditionnels.

Mais il permet également une plus grande liberté dans les pratiques et dans la possibilité d’y intégrer des croyances locales, des éléments ésotériques. Voire même des ingrédients relevant de la magie et de la sorcellerie.

Or, si le néo-évangélisme connait un succès grandissant ces dernières années et, ce, sur tous les continents, c’est peut-être parce que la superstition et le surnaturel y ont leur place.

C’est ce que nous allons essayer de voir, en nous intéressant à différentes formes néo-évangéliques, néo-pentecôtistes, depuis l’Islande, au Brésil, en passant par le Cap-Vert.

Outre la question du retour du surnaturel, nous nous intéresserons également à l’articulation entre « superstition » et foi religieuse.

Y a-t-il de la superstition dans la religion? Et inversement, toute religion contient-elle de la superstition ?

Nous nous intéresserons également à la question des "apparitions" elles ont été particulièrement nombreuses, certaines ayant été « validées » par l’église de Rome, alors que d’autres ont été sèchement rejetées. Comment le comprendre ?

Une analyse historique et politique peut s’avérer extrêmement éclairant pour l’expliquer, nous le verrons à travers un exemple concret : celui de l’apparition de la Vierge à Fatima, petit village portugais, à trois jeunes enfants il y a tout juste 100 ans.

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 23:50
Frères migrants

"Quand l'humain surgit,

l'accueil apparaît et l'humanité se construit"

Patrick Chamoiseau

 

Patrick Chamoiseau, qui vient de publier "Frères Migrants" (Ed. Seuil), explique "Migrants ne correspond à aucune catégorie juridique", comme "demandeurs d'asile" ou "réfugiés". Résultat : "Quand on regarde l'histoire de l'humanité, on réalise qu"on ne peut comprendre le développement du processus d'hominisation sans des phénomènes migratoires absolument intenses"

"Il n'y a pas une seule culture (...) un seul ADN qui ne témoigne de migrations incessantes"

L'écrivain Patrick Chamoiseau est l'invité d'Ali Baddou. (fichier audio de 7')

 

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Biographie de Patrick Chamoiseau

Romancier (Prix Goncourt pour Texaco), poète, conteur, publie deux textes invitant à la résistance : «L'intraitable beauté du monde : adresse à Barack Obama» (éd.Galaad) co-signé avec Edouard Glissant, et « Les neuf consciences du Malfini », où l'on retrouve la veine des contes créoles, qui deviennent contes cruels destinés aux adultes...ou considérés comme tels. Dans cette geste épique aux accents de fable naturaliste, sur fond de méditation philosophique, s'élabore une défense et illustration de l'imaginaire de la diversité, une poétique du vivant qui elle aussi appelle à la prise de conscience, à de nouveaux modes de résistance. Un nouveau versant de l'oeuvre du Marqueur de Paroles, célébrant la force de l'écriture en « pays dominé »...

Frères migrants

Lire la déclaration des poètes

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Frères migrants 
Patrick Chamoiseau

La poésie n’est au service de rien, rien n’est à son service. Elle ne donne pas d’ordre et elle n’en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe -- c’est ainsi qu’elle s’oppose, ou mieux : qu’elle s’appose et signale tout ce qui est contraire à la dignité, à la décence.

À tout ce qui est contraire aux beautés relationnelles du vivant. Quand un inacceptable surgissait quelque part, Edouard Glissant m’appelait pour me dire : « On ne peut pas laisser passer cela ! » Il appuyait sur le « on ne peut pas ».

C’était pour moi toujours étrange. Nous ne disposions d’aucun pouvoir. Nous n’étions reliés à aucune puissance. Nous n’avions que la ferveur de nos indignations.

C’est pourtant sur cette fragilité, pour le moins tremblante, qu’il fondait son droit et son devoir d’intervention. Il se réclamait de cette instance où se tiennent les poètes et les beaux êtres humains.

Je ne suis pas poète, mais, face à la situation faite aux migrants sur toutes les rives du monde, j’ai imaginé qu’Edouard Glissant m’avait appelé, comme m’ont appelé quelques amies très vigilantes.

Cette déclaration ne saurait agir sur la barbarie des frontières et sur les crimes qui s’y commettent.

Elle ne sert qu’à esquisser en nous la voie d’un autre imaginaire du monde.

Ce n’est pas grand-chose. C’est juste une lueur destinée aux hygiènes de l’esprit.

Peut-être, une de ces lucioles pour la moindre desquelles Pier Paolo Pasolini aurait donné sa vie.



 

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 23:54
Gandhi et la vache

Depuis sa prise de pouvoir en 2014, le premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi a multiplié les mesures pour protéger les vaches, animal sacré pour les hindous.

Elle est la compagne d’un dieu extrêmement populaire, Krishna ; elle est présente sur presque toutes les images sacrées ; elle fournit des produits sacrés et nécessaires : le lait, le ghee – beurre clarifié –, et beaucoup de paysans utilisent encore la bouse de vache pour tapisser le sol de leurs modestes maisons.

Plusieurs états ont interdit l’abattage des bovins et, en mars dernier, l’État du Gujarat a adopté un texte qui rend passible de quatorze ans de prison ferme une personne qui abat une vache.

Plusieurs personnes ont été tuées – principalement des musulmans – pour avoir abattu ou consommé de la viande de bœuf.

Les articles dans la presse indienne décrivent une ambiance terrifiante, où, dans certains villages, des groupes de « vigilance » traquent ceux qui pourraient consommer ou élever des bœufs.

J’ai grandi dans la religion hindoue et d’aussi loin que je me souvienne, ma grand-mère m’emmenait chaque semaine au temple.

C’était une femme très pratiquante, qui connaissait les rites et les coutumes de cette religion.

Elle ne mangeait pas de bœuf, ni elle ni ses enfants ou petits-enfants, mais elle n’a jamais empêché qui que ce soit d’en consommer, ni pensé que ceux qui consommaient étaient infréquentables.

Pour un enfant, le temple hindou peut être impressionnant. Les divinités sont parfois des guerriers, représentés en position de combat, armes à la main, visage presque menaçant.

La déesse Kâli par exemple – celle qui détruit le mal sous toutes ses formes – est effrayante. Elle a plusieurs bras – au bout de l’un d’eux, une tête décapitée –, la langue tirée comme si elle hurlait un cri éternel, porte un pagne de bras coupés et arbore un long collier de crânes.

Pourtant, j’aimais aller au temple car nous terminions par l’offrande à la vache sacrée (qui, en réalité, est plutôt un zébu), et la douceur de celle-ci, pour l’enfant que j’étais, semblait inversement proportionnelle à la cruauté de Kâli.

Dans le temple où nous allions, elle se trouvait toujours seule, à part, et je l’adorais. La sculpture était couleur crème, avec de grands yeux en amande extrêmement bienveillants, elle était recouverte de fleurs, on la baignait de lait pur et de miel, elle sentait bon et était toujours fraîche au toucher.

Mais la vache sacrée n’est pas l’hindouisme et l’Inde n’est pas faite que d’hindous.

À travers ces interdictions, élaborées sous le couvert de la protection des animaux, c’est en réalité une manière d’attaquer les minorités – les musulmans, les chrétiens, les dalits (hindous de « basse caste ») – qui consomment de la viande de bœuf.

Narendra Modi invoque très souvent le mahatma Gandhi.

Ce dernier, végétarien, très pieux, adorant, avait été confronté à ce problème. Dans un discours du 25 juillet 1947, il parle des milliers de lettres reçues en faveur de l’interdiction du bœuf. C’est très intéressant de relire ses mots, soixante-dix ans plus tard. 

« En Inde, aucune loi ne peut être rédigée pour interdire l’abattage des vaches. Je ne doute pas que les hindous soient contre l’abattage des vaches. Moi-même j’adore et je prie la vache.

Mais comment ma religion peut être la religion de tous les Indiens ? Cela signifierait une répression contre les Indiens non hindous.

Nous avons crié sur tous les toits qu’il n’y aurait pas de répression au nom de la religion. Nous avons récité des versets du Coran dans les meetings. Mais si quelqu’un me force à les réciter, je n’aimerai pas cela.

Comment je peux interdire l’abattage des vaches si quelqu’un souhaite le faire ? Ce n’est pas comme s’il n’y avait que des hindous en Inde. Il y a des musulmans, des farsis, des chrétiens et d’autres groupes religieux.

L’hypothèse que l’Inde est devenue une terre pour les hindous est fausse.

L’Inde appartient à ceux qui vivent en Inde. »

Ce discours a été prononcé après la partition entre l’Inde et le Pakistan, le plus grand chagrin du mahatma qui prônait une grande nation unifiée après le départ de la puissance coloniale anglaise. Des émeutes meurtrières ont eu lieu dans le tout pays à ce moment-là. 

« Si nous interdisons, par une loi, l’abattage des vaches, et que le Pakistan prend également une mesure équivalente, que se passera-t-il ? Supposons qu’ils interdisent aux hindous de visiter les temples, car, selon la charia, il est interdit d’adorer les idoles. Moi, je vois Dieu dans le moindre caillou, mais est-ce que ma croyance heurte les autres ? » 

Quelle leçon de tolérance et de bon sens ! Mais six mois après, le 30 janvier 1948, le mahatma Gandhi sera assassiné par un extrémiste hindou.

Nathacha Appanah

La Croix

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