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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 23:55
La PMA pour toutes, « Business as usual »

Les instances publiques chargées de bioéthique seraient-elles en délicatesse avec leurs missions mêmes ?

Quelques mois après que Jean-François Delfraissy, président du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE), a déclaré : « Je ne sais pas ce que sont le bien et le mal », c’est au tour du conseil national de l’Ordre des médecins d’affirmer : « L’Ordre ne doit pas être une instance moralisatrice face à une demande sociétale. »

Il semblerait que le bien et le mal, la morale, la déontologie (du grec deon, ­-ontos, « ce qu’il faut faire »), soient devenus des sujets trop difficiles pour les comités qui ont la charge officielle d’y réfléchir.

On parle de « sujets clivants », et tout est dit.

Devant tant de modestie affichée, le citoyen qui finance ces organismes n’est-il pas en droit de se demander à quoi ils servent ?

En cause, les débats autour de l’ouverture de la PMA aux femmes célibataires et homosexuelles.

Un sujet qui va bien au-delà des libertés individuelles puisqu’il promeut un modèle de famille d’où le père est délibérément exclu.

Et qui annonce l’acceptation à court terme de l’évolution symétrique, la GPA, où c’est la mère qui sera rayée de la généalogie des enfants à naître – des enfants créés pour le bon plaisir d’adultes plus attentifs à leurs propres « souffrances » qu’aux besoins élémentaires de ces rejetons si fort désirés.

Dans notre société, la violence du désir des adultes arrache toutes les autorisations à tous les soi-disant comités d’éthique.

En vérité, il ne faut pas attendre de ces « comités ad hoc », nommés par le pouvoir politique pour entériner ses décisions, qu’ils défendent la morale commune.

Comme le dit Olivier Rey, « la bioéthique est une gigantesque escroquerie dont la fonction est d’approuver ce que l’éthique normale réprouve ».

L’historienne Nadine Fresco l’avait compris il y a près de vingt ans : « La bioéthique (est) un processus discursif d’intégration anticipée, une sorte de “jardin d’acclimatation” dans lequel les condamnations ne remplissent fondamen-talement pas d’autre fonction que les commentaires favorables aux innovations concernées.

La condamnation de la dernière avancée biologique en date va de pair avec l’intégration d’une avancée précédente. »

Derrière cette complaisance pour l’innovation technoscientifique quelle qu’elle soit, de la plus anodine à la plus dangereuse, il y a des intérêts économiques, pour ne pas dire des lobbys.

C’est parce que certains spécialistes voient dans l’extension de la PMA à des personnes nullement infertiles un « créneau » pour leur discipline que l’Ordre ne veut pas prendre parti contre une pratique qui dénature pourtant la médecine en tant qu’art du soin aux malades.

C’est parce qu’il est la caution sociétale d’un gouvernement aux orientations libérales que le CCNE applaudit à la PMA « pour toutes »… en attendant de se féliciter de ce que la GPA « pour tous » abolira les dernières discriminations dont sont victimes les homosexuels masculins.

Nulle éthique dans tout cela, nulle morale, nulle prise en compte de l’intérêt commun. Business as usual.

Anne-Laure Boch, neurochirurgienne, praticienne hospitalière, docteur en philosophie

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 23:56

JE

JE
JE a du mal à se détacher de la souffrance. 
JE a aimé avoir mal. 
Mais JE est plastique. 
JE a été démasqué . 
Le nouveau JE aime le Père-Mère. 
JE veut encore survivre à la thérapie,il a des envies des désirs, des habitudes. 
JE est expulsable : y aller doucement mais fermement
Aimer  les nuages,les visages,les enfants aux joues rouges,
les femmes enceintes qui croient à l'avenir, les hommes de bonne volonté,
le silence des arbres, les fleurs d'un jour,
les petites églises de campagne où Dieu se sent tout seul., 
les doux yeux des vieillards perdus dans leurs rêves d'antan.
Aimer JE en train de disparaître, il n'a pas démérité. 
Petit a petit, il passe la main, il sait qu'il doit s'effacer.
 
Michel Saint-Dizier
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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 23:56
La responsabilité des chrétiens devant le projet de loi bioéthique

A la lecture du texte de Martin Steffens, « L’impossible opposition des chrétiens à la révision de la loi de bioéthique »(La Croix du 5 novembre), quelque chose me heurtait.

À son défaitisme s’ajoutait la contradiction entre le fait d’interroger des pratiques procréatives et l’accueil inconditionnel de tous les enfants qui en sont issus.

En effet, la question n’est pas de savoir si, le combat étant perdu, nous serons capables demain d’accueillir au nom de l’Évangile ces enfants…

La question reste de savoir si nous sommes assez lucides aujourd’hui pour éclairer hic et nunc une société qui s’empoisonne.

Ce n’est pas pour « nous » que nous devons nous battre, c’est pour ceux qui ne connaissent pas la promesse liée à l’existence qu’ils ont reçue et qui demain auront encore moins de chance de la connaître !

Il en va de la responsabilité d’offrir une parole donnant un sens suffisamment puissant sur la vie pour contenir les folles transgressions que rendent possibles les techniques sur le vivant.

Six ans après la contestation massive du mariage de personnes de même sexe, une capitulation anticipée face à la volonté politique de réécrire le droit de la filiation semble pour certains une sage option.

D’ailleurs, la foi chrétienne n’assure-t-elle pas la beauté d’une Origine qui dépasse les modalités de notre commencement ?

« Après tout… À quoi bon… Et de toute façon, Dieu nous assume et nous aime. Nos errances ne sont-elles pas le lieu de la rencontre de sa miséricorde ? »

Pour consolante que soit cette vision des choses, elle ratifie la totale soumission de la société aux revendications catégorielles.

Or, la mission des baptisés ne consiste-t-elle pas justement à oser un optimisme de la raison face à la foi technologique ?

L’Esprit Saint trouve dans l’esprit de chaque personne son lieu d’action de prédilection.

Il n’y a de lois de bioéthique qu’issues des travaux du Parlement. Si le pilonnage médiatique finit par façonner des options dans toutes les consciences, les députés et les sénateurs doivent retrouver toute l’estime de l’opinion publique, afin de prendre la mesure de leur responsabilité.

C’est parce que nous négligeons la valeur de leur liberté de conscience que nous refusons de voir les pressions qu’ils endurent. Les chantres d’un avenir technicisé font oublier que tout passe encore par le travail du législateur.

C’est vers lui qu’il faut se tourner, c’est en lui que l’action de l’Esprit dans les âmes peut dévoiler avec douceur la splendeur de la vérité.

La fierté ne se trouve pas dans la victoire contre un autre, mais dans la vaillance avec laquelle nous aurons plaidé lorsqu’il nous sera demandé ce que nous avons fait des talents qui nous furent confiés pour les autres.

Comme chacun de nous, tous les enfants qui naîtront demain in vitro ou in utero quitteront cette terre après quelques décennies.

En ce monde, nul ne reste. C’est donc que l’enjeu de l’existence est ailleurs. Il est en chaque homme, en chaque femme !

Or, la clé d’interprétation de la vie se trouve aussi dans la manière dont nous fûmes conçus.

Pour les chrétiens, l’enfant Jésus a puisé dans le cœur de sa mère la force d’âme de livrer sa vie jusqu’au bout par amour.

Elle sut lui apprendre qu’il était « don de Dieu » pour être « don de Dieu aux hommes », et donc que tout enfant est et devient don de Dieu, pour la gloire de Dieu et non pour celle de l’homme !

La foi de l’Eglise dévoile l’aptitude de chacun à répondre avec confiance à l’action de l’Esprit Saint, qui seul réalise notre perfection.

La vie humaine n’est pas finalisée par l’attention des parents ou par la bienveillance de la société mais par l’union de l’Esprit Saint à l’esprit de l’homme, d’où jaillit la conscience de la fraternité humaine.

Le meilleur des débats qui s’annoncent ne sera pas dans la définition du permis et du défendu pour « faire naître de l’homme », mais dans la manière de « devenir homme » et selon quel modèle.

Cela suppose une capacité de dialogue, une recherche commune par la raison de la vérité. Le dialogue mène à la sagesse et la promeut.

Devant l’incohérence de ses contemporains, le Christ rappelle que « par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste » (Lc 7, 35).

Père Laurent Stalla-BourdillonDirecteur du Service diocésain pour les professionnels de l’information

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