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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 22:54
Saint François d’Assise prêchant aux oiseaux, de Giotto, prédelle du retable Saint François d’Assise recevant les stigmates (vers 1300).

Saint François d’Assise prêchant aux oiseaux, de Giotto, prédelle du retable Saint François d’Assise recevant les stigmates (vers 1300).

La spiritualité issue du mouvement franciscain va pousser l’art chrétien à avancer sur de nouveaux chemins : Giotto en est le grand précurseur.

Du fond d’or au paysage
C’est un petit panneau de bois préparé comme l’aurait été une icône. Le cadre et l’emplacement pour l’image y sont unis par le fond doré, élément essentiel des images chrétiennes depuis des siècles pour évoquer le monde divin. Ce fond lumineux arrête le regard et fait comprendre à l’homme que l’horizon de Dieu est au-delà de tout ce qu’il peut imaginer : il n’a rien à voir avec les réalités terrestres. Grâce à ce fond, l’œil ne peut s’égarer, il est conduit directement vers les figures du Christ, de la Vierge ou de quelques saints qui seules, jusqu’à cette époque, sont jugées dignes d’y être représentées.

Mais, avec Giotto, on perçoit qu’une révolution commence à s’opérer dans l’image chrétienne. Si la peinture change, c’est aussi parce que la foi et la religion sont en train de changer. Giotto est nourri de la spiritualité franciscaine : une vision de la foi qui redécouvre l’importance de l’humanité du Christ et qui perçoit les réalités terrestres comme un lieu où Dieu continue de se révéler.

Dans cette petite prédelle, même s’il le fait discrètement, Giotto remet en cause le « règne absolu » du fond d’or. Il le fait reculer pour qu’il laisse la place à des réalités d’ici-bas : une prairie, un arbre, des oiseaux et deux personnages. Pour nous parler de Dieu, le peintre nous fait revenir sur terre. Son tableau n’est plus seulement une image à contempler, c’est un récit qu’il nous convie à écouter, à regarder : celui de saint François prêchant aux oiseaux.

Fioretti
La tradition franciscaine (que l’on retrouve dans les Fioretti) raconte qu’un jour François, accompagné de quelques frères, passait près d’un arbre sur lequel étaient perchés une multitude d’oiseaux de toutes sortes.

Poussé par l’Esprit, le Poverello commença à leur annoncer la Parole. Au lieu de s’effrayer, les oiseaux se posèrent au sol et écoutèrent attentivement le saint qui les invitait à ne jamais cesser de louer Dieu. Il termina sa prédication en traçant sur eux le signe de la croix, et les oiseaux s’envolèrent alors en quatre groupes vers les quatre directions qu’indiquait la croix.

On a vu dans cet épisode une image de la mission souhaitée par François pour ses frères : comme les oiseaux qui n’ont rien qui leur appartiennent, ses disciples sont invités à louer Dieu et à porter aux quatre coins du monde le message de la croix.

Un autre regard
À l’approche de François, les oiseaux ont quitté le chêne qui leur servait de perchoir et se sont regroupés devant lui. Comme les feuilles de l’arbre, les oiseaux sont facilement identifiables (des pies, des oies, des chardonnerets, un coq, etc.). Giotto cherche à peindre ce qu’il voit.

Alors que le frère à gauche a un geste d’étonnement ou de recul, François se penche vers les volatiles et tend la main pour tracer sur eux le signe de la croix. Pour renforcer l’impression que le saint communique vraiment avec eux, le peintre a dirigé tous les corps des oiseaux selon un axe qui rejoint la main ou les yeux de François.

Le regard du Poverello est intense. Cette nouvelle façon de peindre permet aux visages de traduire des émotions et de rejoindre plus facilement celui qui regarde.

Le chemin pour trouver Dieu passe par la terre et par les hommes : c’est ce que chante la peinture de Giotto.

Dominique Pierre

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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 22:59
La blessure et le souffle

Un regard spirituel sur la souffrance psychique Les peines et les joies alternent au fil de nos vies, la plupart du temps malgré nous. Ombres et lumières, journées ensoleillées et jours de pluie constituent la trame de notre quotidien.

Nous aimerions éviter les moments de ténèbres, mais personne n’échappe aux accidents de l’existence, et leurs conséquences peuvent être âpres, lancinantes, interminables, quelques fois insoutenables.

Se relever d’une chute, guérir d’une fracture, traverser un marécage sont les propositions faites par les thérapies, et il en existe beaucoup.

Face à une souffrance psychique, tout procédé qui vise à prendre soin peut être bénéfique, et il le sera souvent, mais jusqu’à quel point et pour quelle durée ?

Peut-on vraiment restaurer une existence morcelée ? Comment permettre à la vie de couler à nouveau pleinement ? Peut-on tout traverser ?

Peut-on guérir de tout ? Mis en présence d’aussi redoutables questions, ne serait-il pas nécessaire, parfois, de sortir du cadre strictement psychologique et de s’ouvrir à d’autres horizons ?

La souffrance ne concerne-t-elle que l’homme psychosomatique ?

La dimension spirituelle n’est-elle pas, elle aussi, impliquée ?

Nos labours ne pourraient-ils pas s’irriguer et se rafraîchir à d’autres sources que les courants psychiques et somatiques habituels ?

Et si nous regardions nos blessures en les reliant au souffle qui nous traverse ?

L’intention du weekend est d’explorer l’articulation entre psychologie et spiritualité, plus particulièrement de confronter nos souffrances à ce qui nous habite au plus intime, de les considérer non plus en elles-mêmes, mais à l’aune du sens que nous pouvons ou souhaitons donner à nos vies.

En définitive, quelles sont les racines véritables de nos souffrances et quelles sont les ressources profondes dont nous disposons pour leur faire face et nous remettre debout ? 

Voir des extraits de la retraite animée par Eric Clotuche

Hurtebise 1er septembre 2018

La blessure et le souffle, session animée par Eric Clotuche.

Une fois de plus la magie du lieu et l’intensité de l’enseignement du conférencier ont enchanté tous ceux qui ont eu la chance de se retrouver à ce rendez-vous de rentrée.

Nous étions plus de quarante, de Belgique, de Nancy, des Vosges et d’ailleurs, partageant sourires et amitié, en harmonie avec le soleil, la silencieuse forêt et les vertes prairies allongées jusqu’à l’horizon.

L’alternance de l’enseignement et des méditations a permis à chacun d’approfondir ses propres expériences spirituelles, en laissant pour un temps, au bord du chemin, tout le superflu qui encombre l’âme.

Les 4 séances offertes par Eric Clotuche ont été particulièrement nourries, explorant tout d’abord les blessures physiques ou psychologiques, nombreuses et variées, traumatismes amenant des réponses autocentrées de défense qui ne peuvent effacer et guérir ces blessures. C’est par l’éveil de l’être spirituel que se dessine le chemin de guérison. Découvrir et nourrir la dimension spirituelle n’enlève aucune difficulté, ne fournit aucune réponse, n’épargne aucune souffrance. Cela permet simplement de réaliser qu’il existe en nous une porte dérobée, que cette porte ouvre sur d’autres espaces et que ces autres perspectives peuvent aider à trouver une issue pour se remettre debout et traverser les péripéties de l’existence… Il y a dans le fond de notre cœur une semence de vie divine qu’il faut éveiller. L’homme est capable d’entrer en relation avec Dieu par son Pneuma. Et s’ouvre alors de nouvelles et immenses perspectives. Appelés que nous sommes à entrer dans l’amour de Dieu, il existe un chemin d’espérance animé par le souffle de l’Esprit. Chemin pour chacun et tous ensembles.

Eric Clotuche fut si convainquant que ses interventions suscitèrent de chaleureux applaudissements.

Merci Eric et à bientôt

Hélène

Photos du WE

Cliquer ICI

Eric Clotuche

Entre 1997 et 2010, a été chargé de cours de philosophie, de psychologie et de pédagogie à la Haute École Robert Schuman (Libramont, Belgique) dans une section paramédicale (infirmières et infirmiers, orthophonistes, kinésithérapeutes).

Philothérapeute (utilisation combinée d’outils psychologiques et philosophiques) depuis une trentaine d’années, collabore avec un médecin généraliste depuis une dizaine d’années.
Ancien coordinateur national pour la France de la CMMC.

Anime  des  conférences  et  retraites  sur  des thèmes  construits autour  du  trio  philosophie /psychologie / spiritualité.

La Communauté mondiale pour la méditation chrétienne (CMMC)

« Transmettre et nourrir la pratique de la méditation selon lenseignement de John Main, dans la fidélité à la tradition chrétienne et en vue de servir l’unité de tous. »

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16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 22:57
Ni cuisinier ni photographe mais pourtant ...
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