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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 22:55
Jean-Yves Leloup commente la parabole du pauvre Lazare et du riche
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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 22:43
Débat

Est-il nécessaire de rappeler l’histoire du petit Alfie Evans, décédé samedi à Liverpool en Angleterre, à la suite d’une longue bataille judiciaire ?

Les parents du petit garçon, âgé de 23 mois, se seront battus en vain pour que l’enfant survive en dépit de son lourd handicap : « Notre bébé a déployé ses ailes cette nuit à 2h30. Nous avons le cœur brisé. Merci à tous pour votre soutien. »

Cette déclaration du père et de la mère exprime leur souffrance, mais aussi le regret de ne pas avoir été entendus aussi bien de l’équipe médicale qui soignait Alfie que de la justice britannique qui avait refusé la possibilité qu’on le soigne en Italie.

En effet, l’hôpital pédiatrique Bambino Gesù de Rome était prêt à le recevoir et le gouvernement italien lui avait même octroyé la nationalité italienne pour passer outre aux arguments juridiques qui s’opposaient à tout transfert à l’étranger.

À plusieurs reprises, le pape François avait manifesté sa solidarité aux parents. Le 23 avril, il déclarait : « Ému par les prières et la grande solidarité en faveur du petit Alfie Evans je renouvelle mon appel afin que la souffrance de ses parents soit entendue et que leur souhait d’accéder à de nouvelles possibilités de traitement soit exaucé. » François s’est également exprimé après la mort du petit garçon : « Je suis profondément touché par la mort du petit Alfie. Aujourd’hui, je prie spécialement pour ses parents, alors que Dieu l’accueille tendrement dans ses bras. » Ainsi l’appui du Pape, l’émotion d’une partie de l’opinion anglaise, les manifestations de soutien à l’étranger, jusqu’en Pologne et aux États-Unis, auront été impuissants à fléchir les justices britanniques et européennes.

Voilà qui pose de sérieuses questions éthiques mais aussi politiques. La volonté des parents ne compte donc pour rien, face à une médecine et à une justice qui ont désormais droit de vie et de mort sur leurs enfants ! Nous avons, chez nous, le cas Vincent Lambert, dont les parents ont aussi obtenu l’appui du Pape. Lequel insiste sur « un grand respect pour la vie » et la nécessité de respecter la volonté de la famille. Lorsque la transgression du commandement « Tu ne tueras pas » est inscrite dans la loi ou s’apprête à l’être, il faut s’attendre à la multiplication de drames familiaux comme celui d’Alfie.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 30 avril 2018.

La mort d’Alfie est un multiple scandale. Il faut néanmoins éviter de faire trop de confusions. Le sujet touche trop à l’intime pour que chacun ne puisse pas réagir autrement que selon ses propres expériences et sa propre émotion.

Le multiple scandale, c’est la décision de deux grandes institutions britanniques, l’hôpital et la justice. Les parents ont placé leur enfant dans cet hôpital. Ils lui ont donc fait confiance. Ils auraient pu choisir un autre hôpital. D’ailleurs, c’était justement ce qu’ils voulaient faire depuis plusieurs mois, le transférer dans un hôpital italien qui était prêt, je le répète et j’insiste, à financer les coûts du transfert, le séjour et les soins.

Mais l’hôpital britannique a demandé à la justice l’autorisation d’arrêter les traitements sur Alfie en faisant un recours le 19 décembre 2017 à la Haute Cour de justice de Londres, pour être déchargé de toute responsabilité par la suite. Ce qui est scandaleux, c’est que la justice l’a autorisé. Et l’hôpital l’a fait. Fait quoi ? Laisser mourir (pas tuer, soyons précis). D’où le décès. En quelques sortes, la peine de mort a été appliquée passivement sur Alfie Evans.

Ce qui est révoltant, c’est que les parents ont toujours refusé cette solution. Il n’y a donc pas d’accord du patient ou de ses représentants. C’est donc une décision hors champ, hors contrôle. C’est un pouvoir discrétionnaire des médecins.

Ce qui est révoltant, c’est que l’enfant, dans tous les cas, même en bonne santé, ne peut pas vivre seul, sans aide, sans ses parents. Ce qui est révoltant, c’est que les parents avaient trouvé une solution "alternative" et qu’ils n’ont pas eu la possibilité de la mettre en pratique : où est leur liberté ?

Pire. L’hôpital a appelé la police pour bloquer toutes les issues afin d’empêcher une opération de force en cas de tentative d’enlèvement du bébé. Pourtant, les parents d’Alfie avait juridiquement le droit de faire sortir leur enfant et le faire soigner dans un autre établissement (voir lettre ci-dessous).

Le père avait signé une décharge pour enlever toute responsabilité de l’hôpital en cas de problème lors du transfert et les services sociaux avaient a posteriori fait une demande d’ordonnance de protection, ce qui démontrait qu’ils ne pouvaient juridiquement pas empêcher ce transfert sans cette ordonnance.

Extrait d'une réflexion/analyse très fouillée à lire ici  Alfie Evans, tragédie humaine

Réaction de Françoise lectrice de ce blog

Soins palliatifs, euthanasie, suicide assisté,…

Quelle est la situation actuelle du point de vue des lois?

Comment évoluent nos opinions, selon quels critères, peurs et espoirs?

Y a t il une vision propre à l’Eglise et aux chrétiens sur ce sujet de « la fin de vie »?

 

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » dit Jésus à ses disciples.

« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Jean 8, 31-32

 

L’homme oublie son origine, son état de créature et la Source de sa Vie, alors les progrès des sciences et technologies actuelles tendent à lui donner l’impression d’être tout puissant. 

Et à croire que, puisqu’il peut, il doit, donc il faut changer les lois pour: 

 

Procréer artificiellement un enfant génétiquement « parfait », pour le bien de la race humaine.           

Prétendre de manière illusoire pouvoir contrôler entièrement sa fertilité

Choisir de ne pas garder l’enfant déjà conçu

Décréter que Vincent Lambert ou Alfie Evans ne sont pas dignes de vivre. (J’y reviens plus loin.)

Modifier les données du vivant grâce à l’IA (Intelligence Artificielle) et aux technologies avancées (mécaniques, robotiques, génétiques, nano-techniques,…)

Et décréter que le summum de la liberté sera la légalisation de l’euthanasie et/ou du suicide assisté pour celui qui le demandera, ou l’aurait peut-être demandé s’il était conscient.

Tous ces points sont reliés entre eux, on ne peut pas les dissocier, ils relèvent d’une idéologie, celle de construire une nouvelle civilisation, un monde « parfait », et mènent au transhumanisme. (Cf. « l'individualisme intégral » de PierreYves GOMES)

 

La tentation de nos sociétés actuelles de transgresser, via la loi, l’ «interdit de tuer» (de l’IVG à l’ euthanasie) indissociable de la protection du plus faible, qui fondait nos civilisations judéo-chrétiennes jusqu’à aujourd’hui, est multifactorielle: peur de la mort, oubli de la réalité, vénalité, rêve de recréer un monde « parfait » en rasant le passé, … et lassitude d’avoir perdu le vrai sens de la vie, qui est le Royaume Eternel, l’étreinte amoureuse avec notre Créateur.

 

N’est il pas concevable de penser que, par « compassion » il soit « bon » de « tuer » une personne dans la « dignité », lorsque sa vie semble être devenue un non-sens? (fin de vie douloureuse, maladie incurable, handicap insupportable)

C’est plutôt une bonne intention, non?

Mais nos bonnes intentions ne suffisent pas, même si elles nous viennent du fond du coeur. On ne peut pas se passer de la vérité.

La vérité, c’est celle rappelée par le pape François ce 18 avril, lors de sa rencontre avec le papa du petit Alfie Evans: « Dieu seul est maître de la vie et de la mort. »

En sommes nous encore persuadés?

 

 

Un point sur les lois:

 

Tugdual Derville a écrit un livre en 2012: « La bataille de l’euthanasie » (ed. Salvator). Il enquête, avec objectivité, sur 7 affaires très médiatisées, terreau de la loi du 22 avril 2005, dite « loi Léonetti », qui contient les principes essentiels de déontologie médicale en fin de vie.

 

La méconnaissance du contenu de la loi Léonetti par le public, comme par les soignants, laissait planer la peur de l’acharnement thérapeutique, le doute sur la prise en charge de la douleur, et l’inquiétude de n’être pas écouté. Or :

 

« Sans légaliser l’euthanasie, la loi indique que les traitements ne doivent pas être poursuivis par une "obstination déraisonnable" et fait obligation de dispenser des soins palliatifs.

Des traitements anti-douleurs efficaces peuvent être administrés en fin de vie, même s’il en résulte une mort plus rapide. Toute personne en phase terminale peut décider de limiter ou d’arrêter les traitements.

Si le malade est inconscient, l’arrêt ou la limitation du traitement ne peuvent être décidés que dans le cadre d’une procédure collégiale et après consultation d’un proche ou d’une "personne de confiance" préalablement désignée par le malade. Le statut de la personne de confiance est renforcé et son avis prévaut sur tout autre avis non médical.

Il doit également être tenu compte des directives anticipées formulées par le malade (à condition qu’elles aient été formulées moins de 3 ans avant la perte de conscience). »

 

Cette loi fut alors adoptée à l’unanimité, - ce qui est exceptionnel, - et fut même jalousée par nos voisins, car elle avait réussi à équilibrer de façon ajustée les besoins des personnes en fin de vie, tout en évitant le piège de l’euthanasie.

 

Les lobbies pro euthanasie (le plus actif est l’ADMD: Association pour le Droit de Mourir dans la « Dignité ») n’ont eu de cesse d’en faire bouger les limites. Une loi du 2 février 2016, dite « Claeys-Leonetti », a introduit la notion de « sédation profonde et continue jusqu’au décès » (traduction: une sédation qui aboutira volontairement et irrévocablement à la mort) et a rendu les directives anticipées plus contraignantes.

De nouvelles lois transgressives sont régulièrement proposées, par différentes voies et modalités propres au législatif. 

 

Les pays voisins ayant franchi le pas: Suisse, Pays-Bas, Belgique… sont donnés en exemple, en oubliant d’en dévoiler les terribles dérives, (inéluctables quelque soient les cadres posés dans la loi, dès que « le droit de tuer » est voté) : euthanasies non désirées, non contrôlées, puis de personnes qui se trouvent trop âgées (70 ans) ou en mal de vivre, de personnes porteuses de handicap mental, d’enfants malades. Les suicides assistés sont très lucratifs pour les cliniques spécialisées, on occulte leur côté très douloureux et les souffrances induites (celle qui a conduit une personne à préférer sa mort à la vie, celle de la famille, des proches,…)

 

Un médecin cancérologue exprimait récemment sa colère de constater que le corps médical se trouvait au ban des accusés. Accusé de laisser souffrir inutilement des patients en fin de vie, en leur refusant l’injection létale! Alors qu’il combat au quotidien pour ajuster les traitements, lutter pour la vie, calmer les douleurs, jusqu’à administrer la dose pressentie comme définitive si nécessaire… 

« Ce qu’on voudrait maintenant, c’est nous imposer de donner la mort à partir des critères de bien-portants, politiques, médecins, juristes et autres, ceux qui ne connaissent ni le cancer, ni le sida, ni toutes les détresses de l’âge. …  L’euthanasie devrait-elle être exécutée, parce que la vie, là où elle en est, ne vaudrait plus la peine d’être vécue ? Quelle vie humaine n’aurait plus de valeur ? Qui le sait et comment peut-on en juger ? Avez-vous imaginé les dérives possibles ? Au nom d’une loi réputée “humaine et progressiste“, nos sociétés de demain pourraient être tentées de régler les problèmes de surpopulation, et de résorber en même temps les déficits de nos systèmes de santé. 

On vous répond qu’il faut respecter la liberté, la décision de la personne... Mais celles-là étaient-elles bien accompagnés, en dehors d’une logique seulement cartésienne et indemne de sentiments ? A-t-on pris soin de mesurer l’impact de ce geste sur l’entourage de ces personnes, tel ce petit-fils qui s’est pendu après avoir assisté à la fin programmée de son grand père ? … »

 

Les personnes travaillant dans les unités de soins palliatifs attestent qu’un patient pris en charge dans ses besoins physiques (traitements, soins, douleurs), psychiques (accompagnement, écoute, affection) et spirituels, ne demande pas/plus qu’on l’aide à mourir. Au contraire ces derniers moments de vie permettent souvent la résolution de noeuds relationnels dans la famille, des pardons donnés et reçus, des émotions dans le partage de paroles jamais dites, le retour d’un être éloigné, afin que la paix puisse habiter les coeurs de ceux qui vont rester comme de celui qui part. Ce sont des temps bénis lorsqu’ils sont vécus dans l’accueil de ce qui se vit, même au sein de la souffrance. En priver les personnes relève plus de l’ignorance et de la peur que de la compassion. Com-passion: souffrir avec. 

Il est vrai qu’une agonie qui dure peut devenir intolérable pour la famille. Mais faut-il mettre fin à la vie de l’agonisant pour soulager les proches ?

 

Veillons, car de façon détournée, l’euthanasie s’installe. Voici deux exemples actuels:

Ce matin nous avons pleuré la mort du petit enfant anglais Alfie Evans, retenu otage de l’hôpital, comme Vincent Lambert en France.

Au-delà de l'aspect médical, leur cas pose de lourdes questions éthiques, comme au Royaume-Uni, l'affaire Charlie Gard, un petit garçon atteint d'une maladie génétique rare, décédé en juillet 2017. En 2004 au Royaume-Uni, les parents du petit Ashya King ont défié les médecins en enlevant d'un hôpital leur enfant atteint d'un cancer, et ils l'ont emmené à Prague pour qu'il y reçoive un traitement aux protons. Le petit garçon est actuellement âgé de huit ans et il a été déclaré guéri. Or son pays l’avait condamné; comme Alfie.

 

Maître Henri de Beauregard relève que l' affaire Alfie « nous interroge sur la question de l’acharnement en vue de la mort. Ceux qui ont pris des décisions semblent vouloir à tout prix les mettre en œuvre urgemment et les appliquer eux-mêmes … Comme si, la transgression choisie, il fallait à tout prix la mettre en œuvre ». On peut transposer cet avis au cas Vincent Lambert. 

 

A Pâques cette année, Dylan, 2 ans, a bouleversé les médecins qui, par pitié au vu de l’évolution de son cancer, avaient décidé de le débrancher. Les parents ont voulu alors dire adieu à leur enfant d’une belle manière: le 25 mars, Vendredi Saint, un prêtre est mandé pour baptiser Dylan. Tandis que l’infirmière commence à lui administrer les anti-douleurs exigés par la procédure, celle ci est stoppée quand le médecin voit les moniteurs! Le dimanche de Pâques, Dylan se réveille, guéri.

 

Concernant la position de l’Eglise sur le sujet de la fin de vie, cette dernière a été rappelée explicitement par le pape François.

 

Le 18 avril 2018, après sa catéchèse, le pape a lancé un nouvel appel en faveur des vies du petit Anglais Alfie Evans (2 ans) et du Français Vincent Lambert (41 ans) : 

« J’attire à nouveau l’attention, a-t-il déclaré, sur Vincent Lambert et le petit Alfie Evans, et je voudrais redire et confirmer fortement que l’unique maître de la vie, de son commencement jusqu’à sa fin naturelle, est Dieu ! Et notre devoir, notre devoir est de tout faire pour protéger la vie. »

Prions pour que soit respectée la vie de toute personne et spécialement celle de nos deux frères. »

Le pape François avait déjà lancé un appel en faveur de ces deux situations trois jours plus tôt. « Ce sont des situations délicates, très douloureuses et complexes », a reconnu le pape qui a confié cette intention de prière: « Prions pour que tout patient soit toujours respecté dans sa dignité et soigné de manière adaptée à son état, avec la contribution concordante des membres de la famille, des médecins et des autres agents de santé. »

 

Un chrétien doit parfois s’opposer fermement aux lois de la République dès lors qu’elles sont contraires à la raison droite: alors,

ces lois sont plus une violence que des lois, affirmait saint Thomas d’Aquin!

 

Bertrand Vergely, philosophe, explique combien ces transgressions sont violentes et suscite une société violente, dans les faits, contrairement à ce qui nous est promis. 

 

« Il y a un projet qui fait froid dans le dos à savoir celui de faire advenir un monde où rien ne fait obstacle à l’individu et à son confort. Projet cynique aboutissant à ce que l‘on se débarrasse de la vie quand celle-ci gêne…Si l’euthanasie est légalisée il (l’individu cynique) va occuper une plus encore plus grande en faisant régner un monde glacial dans lequel on tue sans même plus s’apercevoir que l’on tue, tuer pour le confort n’étant pas tuer. Si l’on développait nos ressources morales et spirituelles je suis sûr que l’on n’aurait pas besoin de recourir à l’avortement pour réguler les naissances ni à l’euthanasie pour quitter le monde sans souffrir. En recourant à des moyens violents comme solutions, on entretient l’ignorance morale et spirituelle de notre monde au lieu de lutter contre. » (Bertrand Vergely : « La tentation de l’homme Dieu » ed Le Passeur)

 

La Vérité nous rendra libres.

Jésus est Chemin, Vérité et Vie!

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 22:55

Nous vivons une époque cinématographique bénie où les films traitant de questions spirituelles, et notamment en lien avec le christianisme, sont nombreux et souvent de grande qualité. Ainsi en est-il à nouveau avec le film d’Andrew Hyatt – Paul, apôtre du Christ – qui répond à tous les standards du grand cinéma américain et qui est sorti dans les salles françaises ce 2 mai. Gérard Leclerc a vu et apprécié ce film.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans ce film ?

Gérard Leclerc : Ce qui m’a retenu essentiellement c’est la tentative de reconstitution historique des derniers jours de saint Paul avec les grands moyens cinématographiques des Américains. Forcément un peu romancée, elle n’en est pas moins très proche du Nouveau Testament et de ce qu’on peut imaginer de la Rome de Néron. Contrairement à certaines tentatives analogues relativement récentes – je ne parle même pas des péplums –, il n’y a pas d’outrances dans les représentations, mais la volonté d’être au plus près de la personnalité de l’apôtre et de son entourage. La plupart des paroles mises dans la bouche de Paul et même celle de Luc correspondent à des citations des épîtres et des Actes des apôtres. Pour le réalisateur, il s’agissait d’abord de se concentrer sur la personnalité de celui qui s’était converti sur le chemin de Damas et qui ne cherchait qu’à prêcher Jésus, mort sur la croix et ressuscité.

De l’aveu même du producteur du film, Terence Berden, la vie de Paul est presque impossible à adapter tant elle est riche… Le parti pris est donc de partir des derniers jours de Paul à Rome avec quelques retours en arrière sur sa vie. Du coup, le film passe-t-il à côté de son sujet ?

Non car, encore une fois, il n’invente pas un roman, ne cherche pas à tromper le spectateur par des subterfuges scénaristiques. On a mis tous les moyens au service d’une représentation d’un personnage de l’histoire à propos de qui on ne veut pas gloser, mais que l’on veut faire apparaître dans sa plus authentique réalité et son rayonnement singulier. De ce point de vue, le film est très différent de celui que j’ai vu récemment sur Marie Madeleine (cf. France Catholique n°3580), aux qualités artistiques indéniables mais qui consistait trop à mon goût en une reconstruction assez arbitraire de sa biographie, en mettant dans sa bouche des propos qui se voulaient très spirituels mais avec quelque chose qui m’a semblé finalement très artificiel.

Ici, le parti pris de s’en tenir aux derniers jours de l’apôtre est parfaitement soutenable, car il permet un point de vue synthétique qui concentre l’essentiel du témoignage et du message de Paul. Si le cinéaste avait voulu raconter toute la vie de l’apôtre, avec toutes les étapes de son épopée missionnaire, il aurait fallu déployer d’autres moyens beaucoup plus considérables mais au risque de perdre l’attention du spectateur. En limitant son ambition, cette œuvre a réussi à donner un sentiment d’intériorité en donnant beaucoup à méditer plutôt que de chercher à éblouir à travers une reconstruction plus ambitieuse.

Rich Peluso, vice-président de AFFIRM, la filiale de Sony dédiée à des films qui parlent de foi, qui produit ce film, a déclaré qu’il voulait que le spectateur retienne trois choses du film. La première est le caractère «  fascinant  » de Paul…

Il me semble que ce caractère fascinant de Paul – je partage ce mot parfaitement adapté – apparaît assez fortement dans la résolution inflexible de ses derniers jours et dans la qualité des sentiments qu’il exprime. Pour être plus complet, il aurait certes fallu retracer tout un itinéraire spirituel et notamment le passage du disciple de Gamaliel au Christ. De toute façon, l’image ne saurait se substituer à la densité propre à l’écrit. Il était hors de question de donner en images une idée, même large, de la doctrine paulinienne, telle qu’elle est exposée dans ses épîtres…

La seconde chose qu’il souhaite, justement, est que le film procure l’envie de lire les Actes des apôtres…

Cette fidélité et cette modestie sont au principe même du film qui n’a voulu que rendre compte et non se lancer dans une reconstruction, ce qui est souvent le péché favori de nos amis américains. Tout ce qui est exprimé par l’apôtre, par Luc, par les membres de la petite communauté chrétienne autour de Paul, notamment par Priscille et Aquila, reflète bien l’esprit des béatitudes, et la persévérance de la foi dans la persécution… C’est tout bonnement admirable.

Enfin, il espère que le film permettra de se représenter clairement le monde antique et la vie des premiers chrétiens. L’action se situant après les Actes des apôtres, on évite le risque de l’écueil de déformer les Écritures. Cependant, l’action se déroule à un moment clé, au tout début de l’histoire de l’Église. Le film se concentre sur la communauté chrétienne de Rome sous Néron. Que penser de la présentation de cette jeune communauté ?

Le cinéaste a tenté d’interpréter au mieux les circonstances de la captivité et du martyre de Paul à Rome sous Néron. Les Actes des apôtres, de fait, ne racontent pas les ultimes moments de l’apôtre. Nous ne disposons là-dessus que de quelques données traditionnelles. Malheureusement ? L’interprétation qui nous est donnée dans le film n’en est pas moins fiable, en se rapportant à ce que l’on sait de l’accusation de l’incendie de la Ville éternelle reportée sur les chrétiens. Dans un moment tragique, il s’agissait d’imaginer l’attitude d’un groupe de croyants menacés de mort que ses responsables tentent de diriger au mieux. Est-il possible ou même nécessaire de demeurer sur place ou faut-il quitter la ville pour sauvegarder la communauté et préserver l’avenir ?

Paul est présent à cette communauté, en dépit de son isolement, et il continue de diriger et de conseiller, alors qu’il est lui-même dans un extrême dénuement.

Le film est sur saint Paul mais le personnage le plus présent est Luc, joué par l’acteur célèbre notamment pour son interprétation de Jésus dans La Passion du Christ de Mel Gibson, film qui a eu un impact considérable. Ce nouveau film vous paraît-il comparable ?

La comparaison avec le fameux film de Mel Gibson me paraît pertinente, car celui-ci a voulu également être au plus près de la réalité et du témoignage des Écritures. Incontestablement les deux films sont inspirés par un regard de foi et une volonté sans équivoque de rendre compte des événements centraux de la vie du Christ et de la première communauté chrétienne. Ils invitent les fidèles, et bien au-delà des fidèles tous nos contemporains, à méditer sur ces événements et à se reporter aux textes du Nouveau Testament. Dans le cas du film sur saint Paul, toute l’attention se porte sur les Actes des apôtres dont l’auteur n’est en effet autre que Luc, l’auteur de l’Évangile du même nom.

Pour revenir à Mel Gibson, j’espère qu’il réussira quelque chose de bien avec son nouveau film qui doit raconter la vie du Christ après sa résurrection. J’ai lu que c’est à nouveau, 14 ans plus tard, Jim Caviezel qui interprétera le Christ…

C’est un peu une inquiétude pour moi parce que, dans le film sur Marie Madeleine, le choix d’un acteur, de l’avis général, trop vieux pour incarner le Christ, m’a quelque peu mis mal à l’aise. Mais il est vrai que le Christ ressuscité ne se laisse pas facilement identifier par ses traits mais plutôt par ses gestes et ses paroles… Je ne veux donc pas préjuger de ce défi qui est à la démesure de cette star hollywoodienne si contestée, mais aussi si évidemment géniale, qu’est Mel Gibson, un cinéaste dont je suis cependant très loin, vous vous en doutez, de connaître en détail toute la filmographie.

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