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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 22:54
Gujarat – L’Eglise des parias

Les catholiques en Inde représentent 1.5% de la population, soit 15 millions d’Indiens convertis au catholicisme depuis que saint Thomas l’apôtre serait venu y annoncer la Bonne Nouvelle.

Au 16èmesiècle, saint François-Xavier fut le premier missionnaire jésuite à évangéliser les pauvres pêcheurs de perles de Ceylan. Mais ce n’est qu’en 1924 que les jésuites espagnols fondent des missions dans le nord de l’Inde.

Il en existe aujourd’hui 324 au Gujarat qui a vu son premier diocèse naître en 1934.

Depuis 2003, c’est Monseigneur Thomas Macwan, lui-même ancien intouchable, qui en est le premier évêque local. Un parcours exemplaire qui encourage les vocations.

Dans les années 60, des prêtres jésuites du sud de l’Inde viennent poursuivre au nord l’œuvre missionnaire désormais refusée aux missionnaires européens.

L’éducation, le développement social et économique sont les principales voies d’action de l’Eglise catholique en Inde car les pauvres et les intouchables n’y ont pas accès.

Tout en rappelant l’histoire d’une évangélisation toujours active notamment à travers la formation du clergé local au séminaire, le réalisateur Emmanuel-François Sappey nous emmène sur une mission jésuite au cœur d’une école.

Eglise des pauvres, l’Eglise en Inde s’affronte ainsi au système politique dominant des castes. A la suite de son évêque Mgr Thomas Macwan, le diocèse se sent appeler à travailler à l’évangélisation, à amener le Christ aux plus pauvres des pauvres pour œuvrer à une société plus humaine et plus égalitaire.

Voir la vidéo (cliquer le lien ci-dessous)

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23 juillet 2018 1 23 /07 /juillet /2018 22:54
Recevoir et garder la paix de Dieu
Commentaire de Luc 37 à 44

Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimande tes disciples ! » Mais il prit la parole en disant : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. » Lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux. Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »

Par le diacre Marc Guichard

Écouter

 
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22 juillet 2018 7 22 /07 /juillet /2018 22:55
Lutter avec Dieu

« D’où vient que ce combat éternel, au lieu de m’abattre, me relève ? »

Le corps-à-corps est inégal. À gauche, l’homme, jeune, bouscule son adversaire, jeune lui aussi.

L’adversaire, un ange, résiste et lui a saisi la cuisse. L’homme redouble d’efforts, cheveux sur le visage, muscles tendus.

Calme, l’ange s’arc-boute sous la poussée furieuse. Il tiendra.

De la fresque au dessin

Il s’agit de l’un des nombreux dessins préparatoires de La Lutte de Jacob avec l’ange, fresque peinte par Eugène Delacroix (1798-1863) dans la chapelle dite des Saints-Anges à l’église Saint-Sulpice (Paris).

Ce dessin est au cœur de l’exposition « Une lutte moderne, de Delacroix à nos jours » qui se tient non loin de là, au Musée national Eugène- Delacroix, rue de Furstenberg, jusqu’au 23 juillet.

La fresque a été inaugurée en 1861. Auguste Renoir en appréciait la polychromie, la variété des tons.

La composition (l’action, dans le coin gauche, transmet son énergie aux trois arbres qui la dominent de toute leur hauteur), la matière (huile et cire sur enduit), la vibration des couleurs (bleu et vert) continuent de captiver les visiteurs – et plus encore depuis une récente restauration.

Le dessin, lui, est monochrome. Il a été réalisé vers 1854 semble-t-il, sur papier calque, à l’encre, avec une plume. Delacroix se cherche, hésite : comment orienter la scène ?

Ici, l’ange est à droite, sur la fresque, il sera à gauche. Quelques traits de plume et ­Jacob devient farouche. Quelques autres et la lutte s’anime, les vêtements tournoient, les ailes bougent. De rapides hachures indiquent les ombres.

Elles se resserrent sur la joue de l’ange, suggérant une mélancolie un peu distante. Fort, l’ange combat à l’économie face à un Jacob puissant mais désordonné : que peut un être humain contre Dieu ?

L’ange a agrippé la cuisse. Curieux geste. Delacroix ne l’a pas inventé. Repris à des sculptures du Moyen Âge ou à des gravures du XVIIe siècle, le motif traduit visuellement un moment étonnant du récit biblique. Plus étonnant que ne le pense le peintre…

Du dessin à l’Écriture

Dans la Bible, Jacob vient de faire passer sa famille sur la rive où l’attend son frère Ésaü dont il craint la vindicte. « Jacob resta seul.

Or, quelqu’un lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore. L’homme, voyant qu’il ne pouvait rien contre lui, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce ­combat » (Gn 32, 25-26). N’a-t-on pas là un coup en traître ?

Asséné au moment de céder. Et Dieu (il ne fait qu’un avec son ange) reconnaît sinon sa défaite, du moins la valeur de celui qu’il a provoqué.

À la question : que peut un être humain contre Dieu ?, la réponse biblique est donc : combattre.

Delacroix a dessiné autre chose, une lutte qui lui ressemble : de toutes ses forces mais perdue d’avance, énergique mais désenchantée.

Peut-être aurait-il dû transposer les mots qui lui sont venus quand il élaborait son œuvre sur le mur de Saint-Sulpice : « Ce qui me paraissait de loin facile à surmonter me présente d’horribles et incessantes difficultés. Mais d’où vient que ce combat éternel, au lieu de m’abattre, me relève, au lieu de me décourager, me console et remplit mes moments, quand je l’ai quitté ? » (Eugène Delacroix, Journal, 1er janvier 1861).

Il décrit ici merveilleusement l’acte de peindre.

Mais aussi –  le sait-il ? – le combat spirituel.

Gérard Billon

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