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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 23:55
Définition du mot Religio et évolution de son sens

La « religio » des romains n’a que peu de choses à voir avec une religion monothéiste révélée.

Il s’agit en réalité d’un ensemble de valorisations, de croyances, de rites, de fêtes et de traditions qui unifient l’Empire (et ceci bien avant que la forme dite impériale ne soit établie).

C’est ce qui permet à cet « Empire » de fonctionner par delà les races, les cultures et les superstitio, autrement dit les « religions » de chacun.

On doit à Cicéron un bon résumé de cette conception de la religio[7].

Il la présente comme ce que l’on appellerait aujourd’hui, au prix d’un anachronisme, la « citoyenneté », c’est-à-dire une participation active à la vie de la cité et à la définition du « bien commun ».

Cette définition de la religio est aux antipodes de notre définition de la religion. Clairement, il ne s’agit pas de la même chose.

En fait, l’étymologie du terme indique bien ce dont il s’agit. Le mot religio est bâti sur le modèle de « diligere ».

Le verbe « religere » signifie « élire » ou « choisir » ou encore « porter attention» et non pas tant dans le sens commun pris aujourd’hui par ces termes mais dans celui de scrupule ou de discrimination.

Il faudra attendre le Bas-Empire, pour qu’au IVème siècle après Jésus Christ un auteur chrétien, Lactance, donne à ce mot une autre étymologie : « religere » ou « relier » voir « rassembler »[8].

On a, alors, changé de registre parce que l’on a changé non pas seulement de croyance, mais de type de croyance avec l’irruption d’une religion révélée monothéiste. 

Ainsi, au départ, dans le monde romain, la religio relève de l’affaire d’Etat qui permet de spécifier ce qui découle dans l’ « imperium » romain, du pouvoir sacré[9].

Avec la fin de la République cependant un changement majeur s’opère. Il est probable qu’il est rendu plus facile par l’horreur que provoque la guerre civile.

Auguste va s’approprier l’Auctoritas en se déclarant « Pontifex Maximus » (tout comme Jules César qui occupa cette fonction en son temps) en même temps que s’installe l’Empire.

Jacques Sapir

Il n'y a pas d'autre mot commun aux langues européennes pour "religion" que le latin "religio"

Quand on compare les langues indo-européennes, il n'y a pas de terme général, commun, pour désigner la religion même, le culte, le prêtre, les dieux personnels.

Chaque peuple a ses croyances et ses cultes particuliers. La notion générale de "dieu" est attestée sous la forme deiwos (lumineux, céleste.)

Le terrestre humain (homo en latin) s'oppose au céleste divin.

Les notions de sacré (interdit au contact des hommes) et de saint (chargé de présence divine) sont aussi attestées.

Mais tant que la religion n'a pas été constituée comme entité séparée, on n'a pas éprouvé le besoin de la désigner.

Le mot sanscrit dharma doit plutôt être traduit par "règle", et le slave vera par "croyance".

En grec, le mot threskeia désigne le culte, la piété, l'observance des pratiques. Il est ancien, mais n'est utilisé pour désigner tout culte que vers le Ier siècle avant J-C.

Dans toutes les langues occidentales, c'est le latin religio qui s'est imposé.

Sa signification exacte dans l'antiquité est discutée. Cicéron le rattache à legere (cueillir, rassembler), et Lactance et Tertullien à ligare (lier).

Benveniste, s'appuyant sur des exemples tirés de la littérature latine, prend nettement parti pour la première étymologie.

Être religieux, c'est avoir un scrupule, s'inquiéter devant la sainteté d'une pratique, hésiter, ressentir un cas de conscience par rapport au culte.

C'est une disposition subjective liée à un présage, une augure.

Legere signifie recueillir, ramener à soi, reconnaître, se soucier de (par opposition à neg-ligo, la négligence).

Ce sont les écrivains chrétiens qui ont introduit la prétendue étymologie religare, car le contenu de la nouvelle religion avait changé.

Un chrétien dépend de Dieu, il est lié à lui, il en accepte l'obligation - une notion très différente du scrupule subjectif.

idixa.net

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 23:57
Après l'homo religiosus, l'homo festivus

Un peu partout en Amérique, elles seront bien nombreuses, parmi la jeunesse éclairée, à profiter de cette fête de l’Halloween pour revêtir les déguisements les plus osés. Malgré le froid, les intempéries automnales, les regards impudiques jetés dans les autobus bondés et les probables réprobations de certains parents, elles sortiront fièrement. Elles investiront massivement les bars, les pistes de danse et finalement, les taxis au petit matin.

Lapinettes, diablesses, cat women et femmes de chambre à faire frémir d’envie un type comme DSK seront au rendez-vous. Je ne crois pas qu’elles auront attendu avec impatience cette fête aux origines celtiques pour mettre en valeur leurs précieux atouts, mais force est de constater que l’Halloween sert de tremplin à l’hypersexualisation. Au Canada, une jeune demoiselle prête à être cueillie parviendrait à tout dévoiler en prétextant incarner un joueur de hockey.

Homo festivus

Ce n’est pas un hasard si vous ne croiserez pas beaucoup de jeunes femmes déguisées en Afghanes ou en Pakistanaises. L’Halloween est symptomatique de cette nouvelle culture de l’orgie, de ce retour en force des traditions païennes. L’Halloween pour adultes fait éclater la morale judéo-chrétienne en 1000 morceaux. « Fuck the world », pourrait-on entendre. Le couple, le mariage, la fidélité, qu’est-ce qu’il en reste ? Il faut baiser et s’amuser, il faut boire et copuler, laisser place à l’Homo festivus, écrirait le regretté Philippe Muray.

Il est quand même amusant d’observer à quel point peut s’enraciner, dans notre quotidien, une sexualité si frénétique. Publicités suggestives, clips musicaux quasi pornographiques, bananes en bouches, crème glacée fondante sur lèvres dociles et leggings encourageants : voilà l’esprit de notre temps. Les shooters girls aux seins débordants scandalisent les extrémistes musulmans et certains vieux garçons se reconnaissent dans leurs obsessions virginales. On dit que les contraires s’attirent…

Débandade idéologique

Les églises sont vides et on assiste à une crise spirituelle. Plusieurs se réfugient dans l’orgie, les festivals ou les plaisirs gourmands tandis que d’autres choisissent les spiritualités orientales. Dans les dernières années, les rayons des librairies ont été remplis de ces ouvrages censés guider vers le nirvana exotique les gens aux prises avec une crise existentielle. Nous nous déguisons en bouddhistes, en hindouistes, en Amérindiens, en nouveaux druides et en créatures zen. Pas besoin d’attendre l’Halloween : l’Occident passera le reste de sa vie à revêtir tous les habits du monde en adoptant le multiculturalisme.

Que reste-t-il sérieusement de nos traditions lorsque notre jeunesse s’élance sur la piste de ce dionysisme contemporain, quand le capitalisme ne fait que lubrifier l’imaginaire collectif d’une société perdue ? Si l’Occident a besoin d’une érection, c’est bien d’une érection idéologique. Les valeurs nationales se sont épuisées et la recrudescence d’une esthétique antique fait place au relativisme. Qui parle franchement de l’avenir de la France, de celui du Québec, de celui de l’Occident dans cette atmosphère lubrique ?

Quand Dieu n’est pas là…

Le veau d’or est à nos portes et l’idolâtrie nous guette. C’est le culte du corps, des starlettes, des branlettes et des sensations fortes. Mais l’ancien Dieu est mort : il n’y aura pas de châtiment collectif, de punition divine pour nous remettre sur le droit chemin. La seule que nous connaitrons vraiment, c’est la mort lente et imminente de notre civilisation.

L’Halloween dionysiaque, c’est un peu le début de la fin. Les rêves des grands bâtisseurs d’autrefois se sont évanouis. Tout va trop vite, nous n’aurions même plus le temps de nous investir dans quoi que ce soit. Mais quand même, fêtons avec ce qu’il nous reste : lapinettes, diablesses, cat women et femmes de chambre à faire frémir d’envie un type comme DSK.

Jérôme Blanchet-Gravel

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 23:51
Humour
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