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26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 22:57
 Homiliarium Corbeiense, III pars, dit Grand lectionnaire de Corbie, tome III, manuscrit Latin 11700, Corbie, vers 1179.

Homiliarium Corbeiense, III pars, dit Grand lectionnaire de Corbie, tome III, manuscrit Latin 11700, Corbie, vers 1179.

Grâce au mécénat de la Fondation Polonsky, 800 manuscrits médiévaux antérieurs au XIIIe siècle conservés à la BnF et à la British Library sont en cours de numérisation. Certains d’entre eux représentent saint Michel terrassant le dragon. Connaissez-vous cette légende ? Le blog Gallica vous  la raconte…

Figure importante dans les trois monothéismes, l’archange Michel, dans son rôle de guerrier, est souvent représenté "terrassant le dragon", une image tirée de l’Apocalypse selon saint Jean. Le dragon incarne le diable lui-même, que Michel parvient à vaincre en lui enfonçant sa lance dans la gorge, avant de le renvoyer du paradis. Dans l'initiale ci-dessus, la scène de la lutte entre Michel et le dragon ouvre un sermon pour la fête qui lui est dédiée, le 29 septembre.
 

 
Cette iconographie a pu avoir comme source d’inspiration, entre autres, un épisode de la mythologie grecque. Envoyé pour vaincre un monstre fabuleux, connu sous le nom de Chimère, Bellérophon le tue en lui perçant la gorge avec une lance de bronze. Cette représentation se retrouve au fil des siècles, gravée dans nombre d’estampes, de dessins, et d’autres documents dans Gallica.
 
La même image de saint Michel et le dragon a servi pour illustrer la controverse religieuse entre saint Augustin et Faustus dans un manuscrit copié au milieu du XIe siècle à Fécamp (Normandie) : voici Faustus, évêque des manichéens, terrassé par saint Augustin, qui délaisse la lance du guerrier pour lui préférer sa crosse épiscopale.
 

De nombreux lieux, notamment des églises, sont dédiés à saint Michel. En France, le plus renommé est le Mont-Saint-Michel qui abrite l’abbaye du même nom. D’après la tradition, saint Michel serait apparu à l’évêque d’Avranches, Aubert, pour lui commander d’édifier un sanctuaire à son honneur. Aux premières réactions sceptiques d’Aubert suivent d’autres injonctions de l’ange jusqu’à ce que, en 708, le premier noyau de l’abbaye soit fondé. Entre le Xe et le XIIe siècle, le scriptorium de l’abbaye produisit un grand nombre de manuscrits d’une fine qualité, aujourd’hui pour la plupart conservés dans la Bibliothèque municipale d’Avranches. C’est à l’exposition "Trésors de calligraphie et d'enluminure normandes", au Scriptorial d’Avranches jusqu’au 30 septembre 2018, que vous pourrez découvrir quelques-uns de ces manuscrits montois, dont onze ont été prêtés exceptionnellement par la BnF. Et si la rentrée vous empêche de vous déplacer ? Retrouvez-les sur Gallica ou sur leur bibliothèque numérique !

Pour en savoir plus :
Exposition "Trésors de calligraphie et d'enluminure normandes", Scriptorial d’Avranches, du 26 juin au 30 septembre 2018. Retrouvez-y huit manuscrits du programme "France-Angleterre 700-1200 : manuscrits médiévaux de la Bibliothèque nationale de France et de la British Library".

Le programme de la Fondation Polonsky "France-Angleterre 700-1200 : manuscrits médiévaux de la Bibliothèque nationale de France et de la British Library" permet la numérisation, la restauration, le catalogage ainsi que la valorisation scientifique de manuscrits d’une valeur inestimable. Retrouvez ici tous les autres billets de la série "France-Angleterre 700-1200", et les billets dédiés au programme dans le Carnet de rechercheManuscripta !

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 22:57
Chants de la fête de l'Exaltation de la Croix dans l'Eglise Orthodoxe des Gaules
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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 22:55

Carlo Bevilacqua, photographe et réalisateur de documentaires, né à Palerme, en Sicile, en 1961. 
Son dernier ouvrage, Into The Silence, un essai photographique sur les ermites du troisième millénaire, a été présenté dans plus de 15 pays différents dans le magazine Geo ou China Lens.

Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Magnifiques photos d'ermites et d'ermitages de toute tradition
Galerie avec le descriptif des photos (en anglais)
Galerie photo sans explicatif

«Depuis mon enfance, j’ai toujours été fasciné par la figure du savant, du vieux sage. C’est ce qui m’a conduit à explorer le monde de l’érémitisme contemporain. Un voyage qui m’a fait voir le monde sous un autre angle et avec une plus grande conscience. Qui sont ces nouveaux ermites ? Pourquoi des personnes menant des existences normales, actives, choisissent-elles de se retirer du monde (si l’on peut parler de « retraite ») ? Quelles sont les motivations d’un choix aussi radical ?

Je les voyais comme des personnages du passé. J’ai découvert qu’il s’agit d’une réalité vivante, présente dans le monde entier, et même en progression. Mais au-delà des statistiques, comme le souligne le sociologue Isacco Turina dans son livre I Nuovi Eremiti (1), l’érémitisme est un choix qui demande à être interprété bien plus que mesuré.

Un premier contact aux Météores

Mon premier contact avec le monde érémitique monastique s’est produit il y a quelques années dans le Nord de la Grèce, aux Météores : des monastères édifiés au sommet de falaises de grès où vivent encore des moines. Puis j’ai rencontré à Filicudi, dans les îles éoliennes, un ancien commandant de navires de croisière qui vivait dans une grotte, décorée de manière minimaliste et très raffinée. 

La simplicité de son existence m’a frappé. Son approche de la vie était désarmante pour quelqu’un comme moi, intégré dans le système social et productif. Cependant, le vrai tournant a été ma rencontre avec Espedita Fisher, jeune auteure bourrée de talent, qui travaillait à un livre sur le sujet (2). Ensemble, nous avons vagabondé, interrogeant et photographiant ces personnages apparemment étranges.

Un exemple de durabilité spontanée

Après l’Italie, je me suis intéressé au Mont Athos, à l’Angleterre, notamment le Yorkshire et le Lincolnshire, aux grottes et aux ermitages en pleine nature en France, en Géorgie, dans l’Inde du Sud, à Darjeeling, dans les déserts de Californie. J’ai rencontré des ermites dans des cimetières, dans des maisons en lisière des bois ou des villages, dans des presbytères délabrés, dans des grottes, des chapelles abandonnées, ou encore au milieu du désert. 

La plupart d’entre eux avaient en commun la simplicité de leur vie, un extrême respect pour la nature sur laquelle, de manière peut-être parfois inconsciente, ils refusaient de peser. Cela me bouleversait. À une époque où il est de bon ton parler de « durabilité », les ermites sont un exemple de durabilité spontanée, sans les bavardages politico-radical-chic-écologistes connus.

Des motivations fortes, profondes

Durabilité également spirituelle, et pas seulement pour les ermites religieux mais aussi et peut-être surtout pour les ermites dits laïques. Une spiritualité non imposée, non recherchée, mais vivante et simple comme leur mode de vie. Simplicité de l’âme, simplicité de la recherche, dans le silence. 

L’érémitisme est une vie de solitude, de veilles, de lecture, de méditation et, pour les ermites religieux, de prière. Ce choix exige des motivations fortes, profondes. Ce n’est pas un simple repli. À l’inverse par exemple des ermites de la tradition religieuse hindouiste, dont la renonciation aux engagements de la vie active intervient comme un dernier chapitre, une sorte de préparation à la mort, l’ermite occidental ne se retire pas à un âge avancé. Il ne s’extrait pas du monde, il s’y donne une tâche comme ermite. 

Un choix de vie qui semble en opposition avec notre organisation sociale, en réalité une manière de vivre sa spiritualité et ses exigences personnelles en accord avec des valeurs comme l’autonomie, la liberté, la capacité, la possibilité de choisir son bonheur et son destin.

L’accent sur l’individu

Comme le souligne Isacco Turina, la pratique érémitique met l’accent sur l’individu et valorise des dimensions considérées comme prestigieuses dans la société laïque : la responsabilité, la liberté et l’autodétermination individuelle. Il n’y a pas un ermite identique à l’autre : il y en a qui accueillent les visiteurs et d’autres non, ceux qui utilisent le téléphone, ceux qui ont un ordinateur, ceux qui écrivent… Mais tous, avec leur fonction « dérangeante », montrent d’autres manières de vivre la spiritualité, exprimant, par leur choix, une critique implicite de la société et des rigidités des Églises et des religions.

Tant d’intérêt pour le silence ! Peut-être sommes-nous fatigués d’une société où celui qui gagne est celui qui crie le plus fort. Peut-être est-ce le début d’une époque où nous allons réapprendre à nous écouter, loin des mythes et des besoins de notre monde si souvent hurlant et frénétique ».

 (1) Éd. Medusa, 238 p., 16,80 €. 

 (2) Eremiti, Éd. Castelvecchi, 314 p., 18 €. 

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Biographie

Photographe et réalisateur de documentaires, lauréat de plusieurs prix internationaux, Carlo Bevilacqua est né à Palerme en 1961. Depuis plus de vingt-cinq ans, il alterne la photographie et la direction de documentaires et de clips vidéo.

Il a commencé à prendre des photos en Sicile dans les années 1980, en se concentrant initialement sur des études photographiques sociétales et anthropologiques. Basé à Milan (Italie), il travaille avec des magazines, des agences de communication et de publicité. Outre Into the Silence, ses principaux travaux sont Indian StillsIn Italia et The Last Wall sur le mur de Chypre. Il participe à de nombreux festivals et expositions internationales.

 Sur Internet :   www.carlobevilacqua.com et www.parallelozero.com 

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