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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 22:39
La richesse de la croix

La crucifixion de Jésus est sans doute ce que nous connaissons le mieux de lui car les quatre Évangiles s’accordent sur le récit de la Passion.

Qu’un homme nommé Jésus ait été crucifié en Palestine sous le procurateur Pilate et que ses disciples aient pris le nom de chrétiens, les historiens en conviennent.

Seulement, cette mort a pour les croyants un sens profond et spécifique que les différents auteurs du Nouveau Testament ont tenté d’exprimer. Il est intéressant de voir comment les Évangiles ne présentent pas une vision théologique univoque mais une diversité de témoignages qui permettent d’approcher la profondeur de l’événement.

Nous verrons ici comment Marc, Luc et Jean racontent la crucifixion en suivant la même trame mais en donnant des inflexions différentes.

Dans la sobriété du récit de la Passion dans l’Évangile de Marc (15, 21-40), ce sont la solitude et la souffrance qui ressortent.

Quelques femmes sont présentes mais elles restent à distance (verset 40).

Jésus est seul, abandonné, en butte aux sarcasmes des passants, des grands prêtres et des scribes et impuissant face à ses adversaires dont il subit les initiatives : il est emmené par les soldats, on lui donne du vin, on l’insulte, on lui présente une éponge de vinaigre.

Il reste silencieux jusqu’à la reprise du premier verset du Psaume 22 : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Cette parole unique de Jésus sur la croix prend tout son relief alors qu’elle affirme au plus profond de la détresse, à travers la figure de l’abandon, la confiance en celui que Jésus peut encore appeler « Mon Dieu ».

Mais c’est dans le grand cri poussé à sa mort que le centurion le reconnaît comme Fils de Dieu.

Est-ce parce que les crucifiés mouraient d’habitude par étouffement ?

Le fils de Dieu serait alors celui qui, dans la mort même, peut encore exprimer un souffle de vie. Ainsi la croix révèle le Fils de Dieu dans l’abaissement subi et accepté. Dieu se révèle là où ne l’attend pas, sous les traits d’un homme faible et méprisé.

Dans l’Évangile de Luc (23, 26-49), qui suit globalement le déroulement de Marc, les proches sont tous présents (v. 49), même s’ils se tiennent encore à distance.

Jésus parle, et ses paroles sont fortes : aux filles de Jérusalem pour un appel à la conversion, à son Père pour demander le pardon de ses bourreaux et au malfaiteur qui l’appelle au secours pour lui affirmer qu’il aura une place avec lui.

Le peuple ne participe pas aux moqueries puisqu’il « reste là à regarder » (v. 35) tandis que les chefs religieux et les soldats raillent le crucifié.

La croix est ici la preuve de l’incrédulité humaine et le signe de la responsabilité des hommes de pouvoir. Après un grand cri, Jésus meurt en prononçant une parole de confiance : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » (v. 46).

Le centurion rend alors gloire à Dieu en confessant le crucifié comme un homme « juste ». Jésus apparaît donc comme un martyr exemplaire, une victime de l’injustice qui intercède pour ceux qui l’ont mis à mort.

Sa mort invite à se situer par rapport à Dieu : les deux malfaiteurs qui l’entourent sur la croix prennent parti et, après la crucifixion, ceux qui ont vu la crucifixion qui repartent en se frappant la poitrine, en faisant pénitence (v. 48).

La passion dans l’Évangile de Jean est un peu différente des trois autres Évangiles. On la connaît souvent mieux parce qu’elle est lue classiquement lors des célébrations du Vendredi saint.

Elle présente un Jésus « maître et Seigneur » jusque dans la mort. Tout au long du procès, Jésus semble dominer ses juges et il a l’initiative aussi bien lors de l’arrestation que sur la croix où il prononce des paroles décisives.

Les proches sont au pied de la croix d’où il prend encore soin d’eux. On peut noter l’absence de tout vocabulaire de la souffrance : pas d’injures ni de moqueries, pas de cri poussé avant d’expirer.

Il n’est pas présenté comme celui qui souffre mais comme celui dont la mort est encore l’occasion de délivrer un message important. La crucifixion chez Jean est comme l’accomplissement de la révélation.

Sa mort est comprise comme élévation et retour vers le Père. Elle est déjà ouverture à la transcendance.

Ce trop rapide parcours nous invite à entrer dans la richesse de la croix pour nos vies.

Au cœur de l’Évangile, la parole de la croix vient nous interpeller et nous invite à attendre le matin de Pâques pour déployer un chemin de vie.

Odile Roman-Lombard, pasteure à Fontainebleau
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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 23:55
Film MARIE-MADELEINE

MARIE MADELEINE est un portrait authentique et humaniste de l'une des figures spirituelles les plus énigmatiques et incomprises de l'histoire.

Le biopic biblique raconte l'histoire de Marie (Rooney Mara), une jeune femme à la recherche d'un nouveau mode de vie.

Contrainte par les hiérarchies de l’époque, Marie défie sa famille traditionnelle de rejoindre un nouveau mouvement social dirigé par le charismatique Jésus de Nazareth (Joaquin Phoenix).

Elle trouve rapidement sa place tant dans le mouvement qu’au cœur d'un voyage qui mènera à Jérusalem.

Écrit par Helen Edmundson et Philippa Goslett,

MARIE MADELEINE compte également Chiwetel Ejiofor et Tahar Rahim parmis ses talents.

Un film réalisé par Garth Davis Avec Rooney Mara, Joaquin Phoenix, Chiwetel Ejiofor, Tahar Rahim.

Date de sortie au cinéma : 28 mars 2018 Genre : Historique, Biopic Titre Original : Mary Magdalene

Garth Davis n’est pas le premier cinéaste, et très certainement pas le dernier, à porter à l’écran un récit biblique. Comme ses prédécesseurs, de Cecil B. DeMille à Martin Scorsese en passant par Mel Gibson et Darren Aronofsky, celui-ci intègre sa sensibilité personnelle et esthétique pour raconter une histoire connue à travers le globe. 

Avec Marie Madeleine, le réalisateur de Lion a eu la riche idée de mettre en lumière l’une des figures les plus controversées de la Chrétienté, s’affranchissant de ce que disent les écrits pour offrir un regard moderne sur la jeune femme interprétée par la lumineuse Rooney Mara.

En contant l’histoire de Jesus de Nazareth du point de vue féminin de celle qui fut l’une des plus proches et fidèles apôtres (le terme est désormais permis par le Vatican qui l’a reconnue comme tel), ce biopic biblique outrepasse le simple récit religieux pour évoquer une quête d’émancipation : celle d’une femme qui refusa que les hommes écrivent son destin. Cette force là, à l’écran, dépasse le cadre catholique pour faire surgir une incarnation d’opposition aux pions masculins de l’intégrisme.

En réhabilitant cette figure (et cette parole) bafouée, les deux scénaristes démarginalisent ce personnage complexe sans avoir la prétention de récrire l’Histoire ou de jouer les théologiens de fortune, respectant ainsi les confessions de tout spectateur, mais y injectent une essence féministe bienvenue.

Garth Davis, quant à lui, met (à nouveau) son intelligence émotionnelle au service de ce long-métrage périlleux converti en pari réussi à forte résonance moderne.

Avec le chef-opérateur Greig Fraser qui éclaire magnifiquement la fresque de Davis, Rooney Mara et Joaquin Phoenix, qui habitent leurs personnages emblématiques avec une irradiante vulnérabilité pour l’une et une délicate et magnétique robustesse pour l’autre, sont les autres artisans de cette belle épopée spirituelle et humaniste.

Voir aussi la critique dans le fichier ci-dessous

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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 23:55
Jeûner pour se libérer
 
Présentée par Béatrice Soltner
 
"Beaucoup de gens ont peur : qu'est-ce qui va se passer si je ne mange pas ?" Au-delà de l'enjeu physique, l'intérêt humain et spirituel du jeûne est de dépasser ses peurs.
 
Le jeûne est l'un des piliers du Carême. Dans son encyclique Laudato si', le pape François appelle à respecter le monde créé et à sortir de l’avidité. Ne pas dévorer, garder une juste distance vis-à-vis des ressources de la nature, des objets, mais aussi de la nourriture, c'est selon lui une expérience qui nous humanise. Tendre vers davantage de respect : c’est ce que propose l’Église quant elle met en avant le jeûne, une pratique qui fait partie des piliers du Carême.
 
Le Père Jean-Luc Souveton, qui a l'habitude d'animer des retraites de jeûne, explique les enjeux humains et spirituels du jeûne.

Écouter

 
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"Beaucoup de gens ont peur : qu'est-ce qui va se passer si je ne mange pas ?"
 
LE SUCCÈS DES SESSIONS JEÛNE
Avec plus de monde sur les listes d'attente que de participants, les sessions jeûne affichent complet. Elles accueillent des chrétiens mais aussi des gens attirés par l'expérience elle-même. Viennent-ils pour le cadre, goûter au silence d'un monastère ? La méditation ? Pour perdre quelque kilos superflus ? "Les raisons pour lesquelles les gens s'inscrivent à un jeûne sont multiples", dit le P. Souveton. Et toutes les raisons sont bonnes si elles sont un point de départ vers autre chose !
 
JEÛNER NE CONCERNE PAS QUE LE CORPS
Si la pratique du jeûne est recommandée dès l'Antiquité par les médecins, cette expérience corporelle "fait travailler au niveau psychologique mais aussi spirituel". Elle permet d'ailleurs de se rendre compte combien "le corps, le psychisme et le spirituel sont liés dans la même expérience". Un peu comme un pèlerinage à pied, il s'agit d'une démarche spirituelle qui s'appuie sur une démarche corporelle.
 
L'humain "Corps, âme, esprit". Le P. Jean-Luc Souveton s'appuie sur "une anthropologie ternaire". Car "ce qui fait la globalité de l'homme, son identité" c'est son être charnel - il a besoin de nourriture, de sommeil et de soins - c'est aussi son être psychique - ses émotions, ses relations aux autres... "Et puis il y a cette dimension qui touche à l'accueil de l'esprit, la dimension du sens."
 
EST-CE DIFFICILE DE JEÛNER ?
"Le pratiquant moi-même je me rends compte que ce n'est pas si difficile que ça." Dans les sessions que propose le P. Jean-Lic Souveton, il s'agit de ne pas manger d'aliment solide pendant six à neuf jours. Mais on s'y prépare avant et on le vit en groupe. "Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, quand on jeûne on n'est pas affamé."
 
En fait, au-delà de l'enjeu physique, l'enjeu est de dépasser ses peurs. "Beaucoup de gens ont peur, constate le prêtre, qu'est-ce qui va se passer si je ne mange pas ?" Or jeûner ce n'est pas synonyme d'absence de nourriture,  puisqu'on est nourri autrement : à partir de nos réserves.
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