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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 22:55

Face au Covid-19, nous nene pouvons nous empêcher de nous adresser à Dieu. Pourquoi les épidémies ? Pourquoi tant de morts ? Pourquoi ces épreuves ?

Après Daech, c’est aujourd’hui l’épidémie du Covid-19… Archevêque chaldéen de Mossoul, Mgr Najeeb Michaeel est témoin de ce mal qui déchire le Moyen-Orient. Et face au mal, ne sommes-nous pas, parfois, tentés d’accuser Dieu ? « Mais il serait bizarre, ce Dieu qui nous met à l’épreuve, ce n’est pas notre Dieu d’amour », invite à s’interroger Mgr Najeeb Michaeel.

Pourtant, l’épreuve nous met à genoux : « Et j’entends ce cri : “Pourquoi Dieu, tu te tais ? ” Il est normal de crier, de pleurer, de hausser la voix contre Dieu », souligne l’archevêque irakien. « C’est vrai, Dieu permet l’épreuve, mais il n’est pas l’auteur du mal qui nous touche », veut rappeler le père Pierre Coulange, prêtre et membre de l’institut Notre-Dame de Vie (1).

Dieu n’est pas l’épreuve, il est dans notre épreuve. S’il n’est pas à l’origine du mal, pourquoi le permet-il ?

« L’épreuve du Covid-19 nous interroge sur sa toute-puissance », poursuit le père Coulange. « Dieu ne dort pas, il est dans notre barque, souligne Mgr Michaeel. Mais, comme avec Job, Dieu se retire pour montrer la force de l’être qui croit en Dieu. » La Bible l’affirme : « Dieu n’a pas fait la mort, Il ne prend pas plaisir à la perte des vivants » (Sg 1, 13-14).

Mais alors, d’où vient le mal ? « Pas besoin que Dieu nous éprouve, la vie s’en charge ! », s’exclame Marie Cénec, pasteure à Genève. Mais la question reste là, insistante : pourquoi l’épreuve ? « Nous perdons notre énergie à chercher la cause quand il faut se mobiliser pour assumer le réel et le tragique de l’existence », poursuit-elle.

Mais alors, est-ce notre inconduite, notre prétention qui peut justifier que Dieu nous inflige une épreuve ? Liliane Klarès, 73 ans, s’interroge : une de ses filles est décédée à 49 ans, la seconde est victime d’une maladie orpheline, alors que son mari est gravement atteint par une maladie dégénérescente.

Dieu punirait-il ? « J’avoue y penser, ça vient du catéchisme de mon enfance. Qu’est-ce que j’ai pu faire qui aurait déplu à Dieu ? Mais ce n’est pas le Dieu d’amour auquel je crois. »

« L’idée d’une punition voulue par Dieu me révolte, s’inquiète une fidèle à l’heure du coronavirus. Nous l’avons bien mérité avec la course à la mondialisation mais, quand j’ai besoin plus que jamais d’un Dieu d’amour, comment l’imaginer nous envoyant une pénitence ? » Il n’empêche, Dieu apparaît souvent comme le coupable idéal. 

« Cette vision d’un Dieu qui nous punit pour nos péchés a fait beaucoup de mal au christianisme, constate Bertrand Vergely, philosophe orthodoxe. C’est une tentation dans toutes les religions, mais il ne faut pas faire de Dieu le père du mal. »

Depuis Noé, Dieu a renoncé à la violence : « Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l’homme, (…) plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme j’ai fait » (Gn 8, 21). Dieu sauve d’abord : « Dieu ne veut ni la mort, ni la souffrance. Il ne nous lâche pas une seconde, mais c’est à nous de triompher de l’épreuve », insiste Bertrand Vergely.

Et vouloir faire l’économie de l’épreuve est une illusion : « Sur les icônes orthodoxes, on figure les saints avec les démons à leurs pieds : les démons ne sont pas supprimés mais vaincus. »

Il ne veut pas le mal, ne nous châtie pas, mais de quel côté est-Il ? Les récits sont nombreux dans la Bible qui interpellent sa présence. « Le Seigneur est devenu comme un ennemi ; il a englouti Israël», annonce Jérémie (Lm 2, 5). « Il y aura des plaintes et des gémissements ; et la ville sera pour moi comme un foyer sacrificiel », dit Dieu par la bouche d’Isaïe (Is 29, 2). Les épreuves n’ont pas manqué : famines, guerres, exode, exil…

En relisant son histoire, le peuple hébreu relie les épreuves à son cheminement avec Dieu qui est là, dans l’épreuve. Non pour punir, mais pour éprouver.

En faisant mémoire des événements, les hommes découvrent qu’il y a un « avant » et un « après », qu’ils sortent de l’épreuve transformés : « Tu nous as éprouvés, ô Dieu, tu nous as fait passer au creuset, comme l’argent. Tu nous as conduits dans le filet, tu as mis sur nos reins un fardeau », chante le psalmiste (Ps 66, 10).

Et Dieu est présent : « Il m’appelle, et moi je lui réponds ; je suis avec lui dans son épreuve » (Ps 90, 15). « Ce n’est qu’une fois arrivé “plus avant” que l’on peut reprendre souffle et comprendre le sens d’une épreuve, découvrir le trésor caché sous la boue du malheur », confie Marie Cénec.

« L’humanité est en état de rupture avec son créateur depuis les origines, explique le père Jean-Miguel Garrigues, dominicain. Mais le Christ nous ouvre un chemin pour passer de la vie mortelle à la vie de Dieu. » 

Pâques nous dit la mort et la résurrection, le chemin du salut qui passe par l’épreuve, par la croix. « Nous avons vécu cette année des fêtes pascales particulières, souligne le père Bertrand Pinçon, vicaire épiscopal du diocèse de Lyon. (2) 

Quand la mort rôde, que nous apprenons le décès de proches, nous prenons davantage conscience de notre finitude. En Jésus-Christ, Dieu se fait proche de l’humain dans ce qu’il a de plus souffrant, jusqu’à la mort. »

« Pourquoi Dieu a-t-il fait un monde où advient non seulement l’imprévu, mais l’imprévisible ?, interroge le père Jean-Michel Maldamé, théologien dominicain. 

L’imprévisible est une porte ouverte sur un avenir où le meilleur est possible. L’épreuve, qui peut être tragique, est aussi l’occasion d’un pas en avant. » Ce que le confinement a pu montrer : inventivité, solidarité ont pu se manifester depuis plusieurs semaines. 

« Nous avons l’opportunité d’un bien plus grand qui fait avancer le royaume de Dieu », poursuit le père Maldamé. Et le poète Georges Haldas d’ajouter : « À nous de décider, selon les effets qu’elles produisent en nous, si les dures épreuves qui nous sont imposées sont oui ou non une forme de grâce (3). » 

En toutes circonstances, donc, approfondir notre existence : « Comment habiter l’espace restreint de nos appartements, retrouver le temps qui s’écoule, demeurer dans ce lieu de vie et croire que Dieu en fait sa demeure, suggère le père Pinçon. 

C’est une occasion de redécouvrir notre humanité, nous souvenir de ce que nous sommes et que Dieu se souvient de nous. » C’est le défi spirituel de l’épreuve d’aujourd’hui, et la réponse appartient à chacun : « La pandémie n’a pas de but. Mais le monde retourne dans sa maison intérieure, nous vivons un shabbat planétaire, indique Bertrand Vergely. Si nous retrouvons nos forces intérieures alors nous sortirons plus forts de cette épreuve. »

Christophe Henning

(1) Quand Dieu ne répond pas, de Pierre Coulange, Cerf, 2013, 240 p., 19 €. (2) Le Livre de Job, de Bertrand Pinçon, Cerf, 2016, 160 p., 14 €. (3) Paroles nuptiales. Carnets 2005, de Georges Haldas, L’Âge d’homme, 2007, 248 p., 22 €.

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 22:55

 

Hymne à la Mère de Dieu

"შენ ხარ ვენახი/Tu es une Vigne"

Chen khar venakhi

 

Tu es une vigne (géorgien: შენ ხარ  ვენახი, translittération:

Chen Khar Venakhi) est une hymne médiévale géorgienne.

Le  texte  est  attribué  au  roi  Démètre  Ier  de  Géorgie (1093-1156). Le compositeur de la musique est inconnu. Démètre est sensé l'avoir écrit pendant son séjour comme moine au monastère de David Garetji. L'hymne est dédiée à la Géorgie et au patronage de la Vierge Marie, elle est aussi une  prière  de  louange  à  [la  Mère  de  Dieu  et  toujours Vierge] Marie dans l'Eglise orthodoxe géorgienne. Le roi Démètre compare la Mère de Dieu à une belle vigne.

Tu es la vigne est habituellement chanté par un chœur sans accompagnement   instrumental  et  c'est  un  exemplclassique de musique chorale géorgienne. L'hymne est caractérisée comme très polyphonique et elle est représentative des traditions médiévales tardives de la Renaissance géorgienne.

Le roi Démètre, devint moine sous le nom de Damiane (Damien). Il a été glorifié par l'Eglise géorgienne, et sa fête est au 23 mai/ 5 juin.

 

Saint Damien (avant le monachisme roi Démètre Ier).

Le parchemin dans ses mains est ainsi libellé: "Tu es une Vigne."

 

Comme la Géorgie est le pays attribué à la Vierge Marie par l'Esprit Saint, cette hymne fonctionne presque comme un hymne national officieux et est très populaire. La mélodie du compositeur Paliachvili (19e siècle) est favorisée aujourd'hui. Les paroles de l'hymne "Chen Khar Venakhi / Tu es une Vigne" sont les suivantes:

 

Texte géorgien:

შენ ხარ ვენახი, ახლად  აყვავებული, ნორჩი  კეთილი, ედემს შინა ნერგული, (ალვა  სუნელი, სამოთხეს  ამოსული,)

(ღმერთმან შეგამკო  ვერვინა  გჯობს ქებული,)

და თავით თვისით მზე ხარ და გაბრწყინვებული.

Phonétique:

chen khar venakhi, akhlad aqvavebouli. nortchi k'etili, edems china nergouli. (alva suneli, samotkhes amosouli.)

(ghmertman shegamk'o vervina gjobs kebouli.)

da tavit tvisit mze khar da gabrts'qinvebouli.

Version française:

Tu es une vigne nouvellement fleurie Jeune, belle, croissant dans l'Eden, (Jeune peuplier fragrant en Paradis)

(Que Dieu te pare. Nul être n'est plus digne de louange.) Tu es toi-même le soleil qui rayonne brillamment)

 

 

Version française Claude Lopez-Ginisty d'après

The Georgian Church for English speakers et wikipedia

 

შენ ხარ ვენახი

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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 22:56

 

Père Alphonse, hommage

 

Il n’était pas d’emblée sympathique, je l’ai pourtant admiré jusque dans sa faiblesse. Il m’impressionnait : par sa foi, elle le faisait irradier cette lumière incréée, que nul n’approche vraiment mais qui l’avait visité, sa culture spirituelle et sa mémoire prodigieuses, sa rigueur et par les rencontres hors du commun qui l’avaient fait grandir et devenir lui-même.

 

J’aimais jusqu’à la légère pointe d’accent allemand qui lui restait encore de son enfance en Alsace-Lorraine. Rien ne manquait apparemment à ce rebelle hors normes, fou de Jésus, de sa mère et de la sainte Trinité. Il avait une présence qui en imposait, pour le meilleur comme pour le pire, un verbe qu’il avait abouché à celui de Dieu, mon starets à moi, à nous tous.

 

Aujourd’hui qu’il meurt à cette vie terrestre, à quelle ancre m’accrocher ? Qu’est-ce qui demeure de lui ? Qu’est-ce qui de lui ne mourra pas ? Le diamant pur, taillé par les siècles et les saints, la prière de Jésus qu’il m’a transmise et qui, à elle seule « justifierait » sa paternité envers moi. La prière en intraveineuse, cellulaire, le bouche à bouche, le sang versé du Christ dans le mien. Un seul corps et un seul sang. Il m’a offert la prière du coeur que personne au monde ne pourra m’ôter.

 

Je veux croire que même si je m’éloignais de Dieu, même si je le reniais, je serais capable de me réveiller en pleine nuit en train de poser cette prière sur les battements de mon cœur ; mécaniquement, surnaturellement, miséricordieusement. Quand elle est entrée en soi, on peut l’oublier, mais ses vagues, pour invisibles qu’elles soient, continuent leur ballet ; elle croît avec nous, parfois sans nous.

 

Une fois qu’elle est entrée, qui la déloge ? Une fois greffée au souffle, nul homme, pas même un ange, ne peut plus la ravir. Il est parti et il ne dépend que de moi qu’il me reste tout. Pratiquer.

 

C’est la fin d’un homme de Dieu à la parole de feu, d’un homme de contrastes, de coups de force contre les institutions, d’un malade grabataire durant quatre ans qui ne s’est jamais plaint, d’un père spirituel exigeant, à l’extrême ; c’est la fin du monde où il m’accompagnait, celui du nouveau, de l’élan vers le meilleur de soi, de l’enthousiasme de la pratique, d’une foi vivante, à nourrir sans cesse, impitoyable avec soi. Avec lui, le nouveau durait, durait… Et il durera parce que c’est le Verbe qui l’animait que j’aimais et qu’Il demeure.

 

Il meurt au monde visible et me laisse sur le versant ingrat, abrupt de la voie, il me laisse réaliser la plus réaliste des ascensions : tenir dans la foi. Il m’a donné pour y prétendre les outils de la voie, la méditation, la prière, le jeûne, l’émerveillement, la bénédiction, l’attention aux autres, la joie. A moi de les semer, de les cueillir, d’en user, abuser, à moi d’en témoigner.

 

J’embrasse une dernière fois ta main, comme j’aimais à le faire avec celle de mon grand-père.

 

Anne Ducrocq

 

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