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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 12:33
Parution d'Ultreïa N°9

A PARAÎTRE LE 3 OCTOBRE

Sommaire

Phares

RÛMΠ
ET LE RÈGNE DE LAMOUR

Leili ANVAR

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Dans les pas des pèlerins de l'absolu

SWÂMI RAMDAS 
LE PÈLERIN DE LA JOIE

Marc AVEROUS

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L'esprit des lieux

KYÔTO 
PROMENADE DANS LA CAPITALE DE MILLE ANS

Clara GOEHRS

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A la croisée des chemins

RENCONTRE AVEC ABDENNOUR BIDAR 
"RÉPARER LE TISSU DÉCHIRÉ DU MONDE"

Abdennour BIDAR

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Nœuds et Labyrinthes - Dossier

LE BOUDDHISME OCCIDENTAL 
À LA CROISÉE DES CHEMINS

Philippe CORNU, Patrick CICOGNANI, Eric ROMMELUERE, Fabrice MIDAL

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Excursus

BÂMIYÂN 
LA PIERRE ET LE VIDE

Olivier GERMAIN-THOMAS

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Nobles voyageurs - PORTFOLIO

LES FILS DES AIGLES 

Tuul et Bruno MORANDI

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Nobles voyageurs - PORTRAIT

"PENSER HORS DE TOUTE TRACE" : 
L'INDE MYSTIQUE DES VOYAGEURS OCCIDENTAUX

Aurelie CHONE

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Figures libres

JAWDAT SAÏD. 
PENSEUR DE LA NON-VIOLENCE EN ISLAM

Florence OLLIVRY-DUMAIRIEH

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Les Cahiers Métaphysiques

CAHIERS MÉTAPHYSIQUES N°9 

Mateus SOARES de AZEVEDO, Michel VIEGNES, François Marie DE FOURNIER DE BRESCIA

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Oasis

DE L’INDE À L’ÉGYPTE : 
L’AYURVÉDA ET LES THÉRAPEUTES D’ALEXANDRIE

Pascale LEGER

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Aux quatre angles du monde

UN ROYAUME AFRICAIN EN TERRE DE COCA 

Bénédicte JEANDEAUD

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Penser à l'air libre

LE GRAND CHAMP DE L'ESPRIT 

Kenneth WHITE

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Peregrinus l'étranger

JEAN VANIER 
ET SES "MAÎTRES EN HUMANITÉ"

Anne-Sophie CONSTANT

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Bivouac

LA GRANDE VISION DE BLACK ELK 
RÉCIT GRAPHIQUE

Jean-Marie MICHAUD

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Billet vagabond

SAINT-EXUPÉRY : UNE CERTAINE IDÉE DU VOYAGE 

Alain VIRCONDELET

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Published by Marc-Elie - dans Livres
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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 23:46

Ancien normalien, cet écrivain, « philosophe-thérapeute », publie un formidable roman historique sur Jésus raconté par l’Apôtre Pierre 

Déjà, les six livres qu’il a publiés lui ont permis de vérifier son talent littéraire. Son premier roman, Colère (Albin Michel, 2001) s’est en effet vendu à plus de 100 000 exemplaires.

Cette fois-ci, l’auteur s’attache à l’Apôtre Pierre. Celui qui fut « le plus proche de Jésus, ayant vécu de nombreux événements à ses côtés ». Celui auquel il est le plus facile de s’identifier, tant il ressemble à « l’homme ordinaire qui s’ouvre à l’extraordinaire, et qui va en être profondément métamorphosé ». En autodidacte éclairé, Denis Marquet se plonge dans les textes grecs (langue apprise en hypokhâgne) et hébreux (dont il possède quelques notions), lit tout ce qu’il peut sur la spiritualité juive et le judaïsme ancien (sujets qu’il a travaillés, vingt ans auparavant, auprès d’un maître de la kabbale et de l’écrivain orthodoxe Annick de Souzenelle), et consulte des dizaines d’ouvrages exégétiques.

Pour résumer ses quatre années d’écriture, il évoque « un axe directeur qui se concrétisait au fur et à mesure que j’avançais, sans plan préétabli, comme si le livre s’imposait à moi. Je me mettais à écrire pour connaître la suite ». Une suite qui tient le lecteur en haleine… alors même qu’il connaît la fin de l’histoire. Car Denis Marquet réussit le tour de force de raconter la vie de Yeshoua le Nazaréen par la bouche de Shimon-Roc, vieillard enfermé dans un sinistre cachot romain avec deux compagnons de cellule : Cletus, brillant rhéteur tombé en disgrâce, et Ostanès, Parthe initié aux mystiques orientales. En écrivant ce Testament du Roc, avoue-t-il, son but était est d’amener chacun à se demander : comment aurais-je réagi face à l’événement Jésus ? Le but est atteint.

Claire Lesegretain

Le cinquième roman de Denis Marquet, "Le testament du Roc" (Flammarion, Mai 2016) vient de paraître. A travers l’histoire de Pierre, notamment son amitié pour Judas, l’auteur nous offre une lecture inédite et richement documentée de la vie de Jésus. Certes, ce livre peut se lire comme un "roman historique", mais l’ambition de Denis Marquet dépasse largement cela : il se propose d’interroger, et de mettre en valeur, les raisons et fondamentaux de l’essor de la civilisation chrétienne. Au-delà du consensus "traduire, c’est trahir", derrière lequel tout le monde se range et auquel aucun texte sacré ne fait exception, Denis Marquet va ici se questionner : quelle sorte de patine deux mille ans de christianisme ont-ils laissé sur sa force et son invitation ?
 
Selon l’auteur, cette patine a fragilisé la force de transmission du christianisme et détourné le sens originel de ses textes. Cet adjectif "originel" ne doit pas, lui non plus, ne se lire que sur un plan historique : il s’agit plutôt de sonder les Origines, intérieures et surnaturelles, de ces textes.... 
Contre toute attente, Denis Marquet réhabilite avec force et arguments la place du Corps dans la réalisation spirituelle chrétienne. Une idée phare de cet échange, et qui peut légitimement sembler paradoxale à plus d’un titre. Explications bienvenues.
 
Accepterez-vous de vous laisser imprégner par ce nouvel "Evangile de Pierre" ?
La "Bonne Nouvelle", c’est aussi de constater que la chrétienté comporte, encore, dans ses rangs - après deux mille ans de "chahutage" -  des hommes incarnés, charismatiques et qui donnent envie de les suivre !
 

Extrait d'une interview de l'auteur

 

Extrait du livre

Yeshoua nous fit asseoir autour de lui. Son regard était sévère.
 
« Je suis avec vous, nous apostropha-t-il, et vous craignez pour votre vie ! Etes-vous donc semblables aux foules qui ne viennent à moi que pour obtenir des bienfaits mais n'accueillent pas mon être et ne me reçoivent pas ? Etes-vous donc aveugles à ce que montrent vos yeux, sourds à ce qu'entendent vos oreilles ? »
 
  Tête basse, nous n'osions lever le regard sur Yeshoua ; seul Judas lui répliqua :
« Moi, je n'ai pas craint pour ma vie. »
 
  Je l'observai à la dérobée. Fier, il se dressait face à Yeshoua comme pour le défier.
« N'as-tu donc pas eu peur ? lui demanda ce dernier.
J'ai eu peur, en effet, et du pire qui puisse m'arriver : mourir stupidement.
Crois-tu connaître le pire qui puisse t'arriver ?
Je suis prêt à donner ma vie sur-le-champ pour le règne de Dieu ! Et je mourrai pour toi, si tu es l'élu de Dieu ! Mais je refuse de perdre ma vie d'une manière inutile. »
 
Il désigna d'un geste méprisant le paysage qui nous entourait.
  
« Que faisons-nous sur ces terres d'obscurité quand, en Judée, des milliers n'attendent qu'un mot de toi pour monter à Jérusa-lem et te proclamer roi ?
 
Judas, lui dit Yeshoua comme une mère reprendrait tendre-ment son enfant, quel serviteur tu feras si tu sais te vider de toi... Ne vois-tu pas que le règne de Dieu est là ? Tu l'as devant les yeux, et il a été semé dans ta terre. Le laisseras-tu germer et porter du fruit ?
 
Maître, maugréa Judas, tu parles en énigmes, comme si tu voulais que l'on ne te comprenne pas...
- Tu n'as donc pas compris cette parabole du semeur ? »
 
Judas eut un ricanement de dédain.
« Qui d'entre nous l'a comprise ? »
 
Yeshoua promena son regard sur nous tous. Je baissai les yeux. « À vous, pourtant, martela-t-il, le mystère du règne de Dieu a été confié ! Je vous le dis en vérité, bien des prophètes et bien  des justes ont désiré voir ce que vous regardez, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont ni vu ni entendu.
 
Alors, si vous fermez vos yeux et rendez sourdes vos oreilles, qui verra et qui entendra ? Si vous, vous ne voulez pas comprendre cette parabole, qui la comprendra ? Ouvrez donc vos cœurs et écoutez ! La parole de vie a été semée en vous.
 
À présent, il vous appartient qu'en vous elle fructifie ou non. Malheur à vous si vous ne lui permettez pas de donner du fruit !
 
Car alors, cette parole portera la mort. Laissez-la faire son œuvre et n'intervenez pas ! Laissez Dieu régner en vous, et Dieu fécondera tout ce que vos yeux voient, tout ce que touchent vos doigts. Alors le monde autour de vous changera ; il exprimera la royauté de Dieu que vous aurez libre-ment accueillie à l'intérieur de vous !
  
Maître, soupira Judas en secouant la tête, je ne crois pas que le monde changera si nous n'agissons pas. Il te manque encore la foi.
  
La foi suffira-t-elle, intervint Shiméon, pour chasser les Romains ? »
  
Yeshoua embrassa du regard notre groupe rassemblé à ses pieds, puis porta les yeux sur l'horizon. Au-dessus du lac, la nuée se dissipait et laissait apercevoir des fragments de ciel bleu.
« Ignorez-vous donc, articula-t-il, que la foi ouvre le monde à l'action de Dieu ? C'est pourquoi rien n'est impossible à la foi ; et rien n'est possible sans elle.
Ne faut-il pas agir ? insista Shiméon.
  
Si vous avez la foi, Dieu vous met en acte et agit par vous. Sans la foi, vous êtes pareils au barreur d'une barque ballottée par la tempête ; il croit que c'est lui qui dirige ses mouvements, mais, en vérité, il est proche de sombrer.
 
- Augmente en nous la foi », supplia alors Shiméon. Yeshoua le couvrit d'un regard de tendresse.
« La foi... Si vous en aviez seulement gros comme une graine de sénevé, vous diriez à cet arbre, là-bas : déracine-toi et va te planter au milieu du lac ; et il vous obéirait ! Alors, rien ne vous serait impossible.
  
Dieu nous commande-t-il de planter des arbres dans l'eau ? grommela Judas.
 
  
Lequel d'entre vous, rétorqua Yeshoua, s'il a un esclave qui laboure ou garde ses bêtes, lui dira à son retour des champs : viens vite te mettre à table ? Ne lui ordonnera-t-il pas plutôt : prépare-moi de quoi dîner, et habille-toi pour me servir ; lorsque j'aurai mangé et bu, tu pourras en faire autant ? Et ressentira-t-il de la gratitude pour cet esclave, d'avoir fait ce qui lui était ordonné ? Vous, de même, lorsque vous aurez accompli tout ce qui vous est prescrit, dites : nous sommes des esclaves inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire. »
 
Judas s'énerva soudain :
 
« A quoi rime ton histoire ? Si c'est Dieu notre maître, prétends-tu que celui qui obéit à ses commandements ne sert à rien ?
 
Qui d'entre vous a compris ? » demanda Yeshoua.
  
Je me tassai, observant notre cercle à la dérobée ; chacun gar-dait la tête basse, à l'exception de Judas qui, sombre, regardait ailleurs. C'est alors qu'une main timide se leva. Elle venait de là où s'étaient regroupées les femmes ; c'était celle de Mariam de Magdala. Yeshoua lui fit signe de parler. Elle le fit d'un ton assuré qui contrastait avec sa faible voix :
  
« Tu nous annonces un monde nouveau, dans lequel Dieu ne veut plus régner sur l'homme, mais en l'homme. Dans ce monde nouveau, celui qui ne fait qu'observer les prescriptions ne sert plus à rien ; le véritable serviteur est celui qui laisse le Souffle de Dieu agir en lui et à travers lui. Et, pour lui, tout est possible. »
 
Le visage de Yeshoua s'éclaira.
 
« Tu es bénie Mariam, s'exclama-t-il. Car tes mots ne sont pas les tiens, ils sont la vérité de Dieu. Je vous le dis, si la foi avait accueilli mes paroles et mes œuvres dès lors qu'elles ont été mani-festées, tout serait déjà transformé. Ne manquez plus de foi !
  
Que devons-nous faire pour avoir la foi ? demandai-je soudain.
  
La foi ne se commande pas, me répondit Yeshoua, elle se reçoit. Mais recevoir se commande. Osez donc recevoir ! Cessez de nourrir vos anciennes pensées et ouvrez-vous à l'inconnu. Ayez, à l'instar de Shiméon, juste assez de foi pour en demander davantage. Car à celui qui a, il sera donné ; mais à celui qui n'a pas, il sera enlevé même ce qu'il a. »
 
Frappé par la violente énigme de ces derniers mots, je fermai les yeux ; lorsque je les ouvris, Yeshoua me fixait.
 
« En vérité, proféra-t-il comme s'il ne parlait qu'à moi, il faut que le Fils de l'homme soit élevé. Mais le sera-t-il dans la gloire ou dans l'opprobre ? Cela dépend de vous tous. Cela dépend des mouvements de votre cœur. »
  
Un souffle glacé, comme né de la pierre qui me servait d'assise, traversa mon échine. Une peur sans image et sans nom me serrait la poitrine. Yeshoua nous tourna le dos.
 
« Suivez-moi », ordonna-t-il.
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Published by Marc-Elie - dans Livres Textes
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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 23:58
ULTREÏA N°7

Ah ! elle aurait existé cette terre où cohabitaient harmonieusement les cultes anciens et les religions révélées ! Cette parenthèse enchantée où régnait,splendide utopie, une “fraternité spirituelle”, sans la menace de fondamentalistes qui, eux, écrasent dans l’œuf toute velléité de penser et de célébrer dans la différence et condamnent ceux qui voudraient “danser” leur vie !

Ce pays s’appelait l’Égypte des premiers siècles de notre ère. D’Alexandrie à Philae, avant que les fous de Dieu ne brisent les “idoles”, ne massacrent la philosophe néoplatonicienne Hypatie ou les prêtres de Sérapis, la vallée du Nil qui depuis trois mille ans ne vivait que pour le seul horizon métaphysique, fut bien celle de la “fraternité des âmes”, comme le rappelle notre Esprit des lieux consacré à l’île sainte d’Isis.

Plus qu’un territoire physique, cette Égypte, qui nous a aussi donné l’alchimie, la gnose et l’initiation, fut l’une des sources les plus vivifiantes de la Connaissance, dont nous retrouvons
de nombreuses traces dans notre dossier sur l’ésotérisme et sa validité contemporaine.

Car d’Orient ou d’Occident, la voie de ceux qui cherchent la vérité derrière les apparences est décidément celle de la liberté, qui permet de sortir de la dualité du monde en échappant aux totalitarismes. Certains l’ont d’ailleurs payé de leur vie…

Lointains héritiers de cet esprit qui dépasse le littéralisme étroit, qui perçoit qu’au-delà de la forme, il existe une unité qui transcende les religions, et que le couple Paix et Sagesse doit briller pour chasser les ténèbres de l’obscurantisme, Lanza del Vasto, Frithjof Schuon, Matthieu Ricard ou encore Nicolas Bouvier, chacun à leur manière et à leur époque, se sont affirmés comme tels. Servant inlassablement la vérité, se mettant au service des plus grandes causes, plaidant pour une infinie compassion ou donnant à voir la diversité du monde – “Le sort m’a donné des yeux qui aime voir”, disait joliment Ella Maillart, en écho à l’écrivain voyageur suisse.

La diversité des cultes et le brassage des civilisations n’opposent pas les uns aux autres mais fécondent les regards et les cœurs, comme cette Mongolie chamanique, vue à travers l’objectif de Tuul et Bruno Morandi ou encore l’hallucinant pèlerinage éthiopien de Cheikh Hussein, où l’on passe allègrement dans des états de conscience modifiée sans aucune crainte.

Et cela depuis la nuit des temps, bien avant que des gourous New Age nous vendent de pseudométhodes pour “traverser le miroir”. De même les peintres aborigènes qui entretiennent un rapport quasi amical avec leurs cosmogonies intérieures et leurs rêves parcourus d’esprits et tissés de substance mythique. Réels ou imaginaires, ces êtres surnaturels, en tout cas, nous habitent et nous leur donnons par nos pensées, nos mots et nos songes, une seconde naissance, voire une éternité :

“Les dieux anciens commencèrent alors à quitter l’Égypte un à un, à déserter la pénombre embaumée des temples pour se réfugier en cet invisible sanctuaire qui aujourd’hui encore est celui de notre mémoire”, écrit encore l’admirable auteur de Marie d’Égypte.*

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