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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 20:30

J’aime la liberté Etty, avec laquelle tu oses t’avancer,
Les mains nues,
Vers toi-même et vers nous

J’aime ta douce incandescence
Et ton exacte jeunesse !

J’aime que l’intériorité ne soit jamais pour toi évasion,
Loin des épines douloureuses de ton chemin de vie
Mais toujours combat à hauteur de soi.

J’aime que tu ne charges nul autre du point qui te revient :

J’aime que tu connaisses tes pesanteurs par cœur
Mais sans jamais y succomber,
Ni désirer de repos avant qu’elles ne soient apprivoisées.

J’aime que la flamme de l’esprit
Se lève au creux de tes sentes sinueuses
Par tous les vents contraintes
Sur tes chemins d’offrande et de refus
Comme en tes nuits d’amour.

J’aime que tu ne fuies jamais
Mais que tu t’avances toujours là où tu dois aller,
De toute ta force agenouillée
De toute ta vie balbutiante
De toute ta pauvreté bouleversée.

J’aime que Dieu que tu ne voies pas
Soit aimé de toi en chaque fleur,
En chaque étoile,
En chaque morceau de ciel
En chaque visage dévasté
Et chaque geste de tendresse
Et que tu oses t’adresser à Lui
Et le rejoindre au plus intime de toi.

J’aime que tu sois cette femme
Qui nous est témoin aujourd’hui encore en tant de vies,
Tant d’existences couronnées par la lucidité sans faute
De ton écriture patiente,
Et de tes mains confiées au Chant.

J’aime que ton journal soit devenu poème,
Psaume de lumière,
Ecriture sainte pour tant de pauvres ne sachant plus à qui se confier.

J’aime qu’on te retrouve désormais à l’improviste
Au détour de tant de pages, de tant de livres,
Sans avoir besoin pour autant de pages, de tant de livres Sans avoir besoin pour autant de t’apprendre par cœur

Ni de chercher à t’imiter.

J’aime que dans les conditions les plus inhumaines,
Tu aies ouvert en chacun de nous
Cette possibilité d’accomplir notre propre chemin,
De métamorphoses et d’éclat
Au feu de nos tiraillements.

J’aime que tes gestes s’amenuisent
Jusqu’à cette carte glissée entre les lattes du wagon t’emportant vers la nuit,
Avec ces seuls mots de gratitude
Adressés à l’Unique par qui tu te laisses consumer.

J’aime le silence infini dans lequel ta voie de plénitude et de présence
Finit par tout absorber.

Jean LAVOUE
Mardi 25 Juillet 2017
Chant ensemencé    Edition : L’enfance des arbres

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 20:30
Tiens-toi droit et souris

Dans l’aise ou dans la gêne,
 dans la misère ou l’opulence,
 la maladie ou la santé
 Tiens-toi droit et souris.
Parmi ceux qui se précipitent,
 ceux qui s’agitent dans le vide,
 ou se cognent l’un contre l’autre
 Tiens-toi droit et souris.
Parmi les gens qui jouent des coudes,
 ceux qui tendent les mains pour prendre
 ou bien qui rampent et louvoient
 Tiens-toi droit et souris.
Parmi ceux qui discutent
 et ceux qui s’injurient,
 ceux qui serrent les poings
 et ceux qui lèvent les armes
 Tiens-toi droit et souris.
Au jour de la colère et de la débandade
 lorsque tout croule et flambe
 Toi seul debout dans la panique,
 Tiens-toi droit et souris.
Devant les justes au cou raide,
 les juges aux vertus sanglantes,
 les importants qui se démènent,
 Tiens-toi droit et souris.
Qu’on fasse ton éloge,
 Qu’on te crache à la face,
 Tiens-toi droit et souris.
Chez toi parmi tes proches
 Tiens-toi droit et souris.
 Devant ta bien aimée
 Tiens-toi droit et souris.
Dans les jeux et les danses
 Tiens-toi droit et souris.
 Dans la veille et les jeûnes
 Tiens-toi droit et souris.
Seul dans le haut silence,
 Tiens-toi droit et souris.
 Au bord du grand voyage,
 même si les gens pleurent,
 Tiens-toi droit et souris.

Lanza del Vasto

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 20:30

Ne dites pas : mourir ; dites : naître.
Croyez.
On voit ce que je vois et ce que vous voyez ;
On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ;
On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;
On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil,
La sombre égalité du mal et du cercueil ;
Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;
Car tous les hommes sont les fils du même père ;
Ils sont la même larme et sortent du même oeil.
On vit, usant ses jours à se remplir d’orgueil ;
On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,
On monte.
Quelle est donc cette aube ?
C’est la tombe.
Où suis-je ?
Dans la mort.
Viens ! Un vent inconnu
Vous jette au seuil des cieux.
On tremble ; on se voit nu,
Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres
De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;
Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini
Qui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est béni,
Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchante
L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante.
On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent
Fondre et vivre ; et, d’extase et d’azur s’emplissant,
Tout notre être frémit de la défaite étrange
Du monstre qui devient dans la lumière un ange.

Victor Hugo, Les contemplations

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