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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 23:43

tichnathan.jpg

Appelle-moi par mes vrais noms   

Ne dis pas que je partirai demain

Car je nais aujourd’hui encore.

Regarde profondément: je nais à chaque seconde.

Je suis un bourgeon sur une branche au printemps.

Je suis un petit oiseau aux ailes encore fragiles

Qui apprend à chanter dans son nouveau nid.

Je suis une chenille au cœur d’une fleur.

Je suis un joyau caché dans la roche.

Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer,

Pour craindre et espérer.

Le rythme de mon cœur, c’est la naissance

Et la mort de tous les êtres en vie.

Je suis l’éphémère se métamorphosant à la surface de la rivière

Et je suis l’oiseau qui, quand le printemps arrive,

Naît juste à temps pour manger l’éphémère.

Je suis la grenouille qui nage heureuse dans l’étang clair

Et je suis l’orvet qui, approchant en silence, se nourrit de la grenouille.

Je suis l’enfant d’Ouganda, je n’ai que la peau et les os,

Mes jambes aussi minces qu’un bambou fragile

Et je suis le marchand d’armes qui vend des armes mortelles en Ouganda.

Je suis la jeune fille de 12 ans, réfugiée sur un esquif

Qui se jette dans l’océan après avoir été violée par un pirate

Et je suis le pirate, mon cœur encore aveugle, incapable de voir et d’aimer.

Je suis un membre du Politburo, ayant tant de pouvoir entre les mains

Et je suis l’homme qui doit payer sa « dette de sang » à son peuple,

Agonisant lentement dans un camp de travail.

Ma joie est comme le printemps, si chaude qu’elle fait fleurir les fleurs sur tous les chemins de la vie.

Ma souffrance est comme une rivière de larmes, si pleine qu’elle remplit les quatre océans.

S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms

Que j’entende ensemble mes cris et mes rires,

Que je voie ma joie mais aussi mes peines.

S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms

Pour que je puisse me réveiller

Et pour que reste ouverte la porte de mon cœur,

La porte de la compassion.

Thich Nhat Hanh

http://www.seraphim-marc-elie.fr/

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 23:28

Ciel_d-Orage_uxga.jpg

Vêtu d'orage et puis de soleil froid,

par des chemins que Dieu seul sait,

Je suis passé par-dessus les nuages.

Par le chemin que Dieu seul sait,

Ai-je gravi les degrés de mon âge

Et les revers subis m'ont-ils haussé ?

Dans mon propre regard,

où Dieu seul sait,

Peux-je me taire et tenir droit,

Vêtu d'orage et puis de soleil froid ? 

Trésors de la prière

Lanza del Vasto, méditation extraite de Mont Athos, cité dans L'amour sauvera le monde, de Michael Lonsdale, Éd. Philippe Rey, 2011.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 23:07

danse.jpg

 

C'est le 14 juillet.

Tout le monde va danser.

Partout, depuis des mois, des années,

le monde danse.

Il y a vraiment beaucoup de bruit.

Les gens sérieux sont couchés.

Les religieux récitent les matines de saint Henri, roi.

Et moi je pense à l'autre roi,

Au roi David qui dansait devant l'Arche.

 

Car s'il y a beaucoup de saintes gens

qui n'aiment pas danser.

Il y a beaucoup de saints

qui ont eu besoin de danser.

Tant ils étaient heureux de vivre :

Sainte Thérèse avec ses castagnettes,

Saint Jean de la Croix avec un Enfant Jésus dans les bras.

Et saint François devant le pape.

Si nous étions contents de vous, Seigneur.

Nous ne pourrions pas résister

à ce besoin de danser qui déferle sur le monde,

et nous arriverions à deviner quelle danse

il vous plaît de nous faire danser

en épousant les pas de votre Providence.

 

Car je pense que vous en avez peut-être assez

des gens qui toujours,

parlent de vous servir avec des airs de Capitaines,

de vous connaître avec des airs de professeurs,

de vous atteindre avec des règles de sport.

Un jour où vous aviez un peu envie d'autre chose.

Vous avez inventé saint François,

et vous en avez fait votre jongleur.

A nous de nous laisser inventer

pour être des gens joyeux qui dansent leur vie

avec vous.

 

Pour être un bon danseur,

avec vous comme ailleurs,

il ne faut pas savoir où cela mène.

Il faut suivre, être allègre, être léger,

et surtout ne pas être raide.

Il ne faut pas vous demander d'explication

sur les pas qu'il vous plait de faire.

il faut être comme un prolongement agile et vivant de vous,

et recevoir par vous la transmission du rythme de l'orchestre.

Il ne faut pas vouloir à tout prix avancer,

mais accepter de tourner, d'aller de côté.

il faut savoir s'arrêter

et glisser au lieu de marcher.

Et cela ne serait que des pas imbéciles

si la musique n'en faisait une harmonie.

 

Mais nous oublions la musique de votre esprit,

et nous faisons de notre vie un exercice de gymnastique ;

Nous oublions que dans vos bras,

elle se danse,

que votre Sainte Volonté est d'une inconcevable fantaisie !

Et qu'il n'est de monotonie et d'ennui que pour les vieilles âmes

qui font tapisserie Dans le bal joyeux de votre amour !

Seigneur venez nous inviter.

Nous sommes prêts à vous danser cette course à faire,

ces comptes, le dîner à préparer, cette veillée où l'on aura Sommeil.

Nous sommes prêts à vous danser la danse du travail,

celle de la chaleur, plus tard celle du froid.

 

Seigneur, enseignez-nous la place que,

dans ce roman éternel amorcé entre vous et nous,

tient le bal singulier de notre obéissance.

Révélez-nous le grand orchestre de vos desseins,

où ce que vous permettez jette des notes étranges

dans la sérénité de ce que vous voulez.

Apprenez-nous à revêtir chaque jour

Notre condition humaine comme une robe de bal,

qui nous fera aimer de vous,

tous ses détails comme d'indispensables bijoux.

 

Faites-nous vivre notre vie,

non comme un jeu d'échecs où tout est calculé.

Non comme un match où tout est difficile,

non comme un théorème qui nous casse la tête,

mais comme une fête sans fin

où votre rencontre se renouvelle,

comme un bal, Comme une danse.

Entre les bras de votre grâce,

dans la musique universelle de l'amour.

Seigneur, venez nous inviter.

 

Madeleine Delbrêl

http://www.seraphim-marc-elie.fr/

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