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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 23:58
Saint Pacôme, père des moines
Pacôme, le fondateur des moines vivant en communauté.

Qui était Pacôme ?

Pacôme est contemporain des premières générations de moines chrétiens, ces hommes et ces femmes qui, à l’exemple de saint Antoine le Grand, se retirent, à partir de la fin du IIIe siècle, dans les déserts pour vivre plus radicalement l’Évangile.

Lui-même est né vers 292 près de Thèbes, en Haute-Égypte, de parents païens. « Plusieurs récits de sa vie ont circulé après sa mort, transmis oralement par ses disciples puis mis par écrit en copte et assez vite en grec », rapporte sœur Marie Ricard, bénédictine du monastère de Martigné-Briand (Maine-et-Loire) et responsable d’une collection d’ouvrages patristiques (1).

Selon ces sources, vers l’âge de 20 ans, Pacôme fut enrôlé de force dans les armées impériales de Constantin. Alors qu’il est enfermé dans une caserne avec d’autres conscrits, à Thèbes, des chrétiens viennent leur apporter à manger. Touché par leur bonté, Pacôme, une fois la guerre terminée, rejoint la communauté chrétienne, reçoit le baptême et se place bientôt sous la conduite spirituelle d’un ermite réputé, Palamon (ou Palamos). Pendant sept ans, l’anachorète lui enseigne l’Évangile et le forme à la tradition ascétique chrétienne.

Un jour où Pacôme prie dans le désert, il entend un appel de Dieu à « servir la race des hommes, pour les réconcilier avec Lui ». S’inspirant de la vie communautaire des premiers chrétiens de Jérusalem, Pacôme rassemble ceux qui venaient à lui, à Tabennes, sur les rives du Nil. Durant cinq ans, divers novices rebelles éprouvent sa patience. Il finit par les chasser. Peu après, de nouveaux candidats se présentent et, cette fois-ci, la fondation prend son essor. Sa notoriété se répand dans toute l’Égypte, au point qu’Athanase le Grand (296-373), évêque d’Alexandrie, venu le voir, continuera de visiter les frères après sa mort, en 346, d’une épidémie de peste.

Pacôme est-il l’inventeur des monastères chrétiens ?

Pacôme a fondé neuf « monastères », qui regroupent plusieurs centaines de moines, ainsi que deux communautés de moniales, dont l’une est dirigée par sa sœur, Marie. Chaque monastère, dirigé par un « père spirituel », se divise en « maisons » d’une vingtaine de moines, rassemblés selon leur métier : tanneurs, scribes, agriculteurs, etc. Une obéissance stricte est demandée aux responsables des maisons, Pacôme gardant l’autorité sur tous. Quand un frère a des difficultés, on le conduit auprès de lui.

Les frères mettent leurs biens en commun, au sein de ce qu’il appelle la koinônia (communion, en grec). Ils ne possèdent rien en propre et reçoivent ce qui leur est nécessaire. Ils se réunissent pour la prière, le travail et parfois les repas. C’est pour cela que Pacôme est considéré traditionnellement comme le père du cénobitisme (du latin cœnobium, le lieu où la vie est en commun). Pour autant, l’idéal pacômien n’est pas d’être toujours ensemble. Les frères vivent en cellules, et non en dortoir, avec de larges plages de solitude.

« À l’époque, il y avait déjà des regroupements d’ermites, relève sœur Marie Ricard. Mais Pacôme est celui qui a donné à la vie fraternelle en elle-même ses lettres de noblesse : on ne vit pas ensemble pour de simples raisons de commodité mais parce que, en soi, la vie commune a une valeur spirituelle. » La règle de Pacôme, présentée comme une série de préceptes évangéliques, le manifeste. Cette règle, qui aurait été dictée par un ange, selon la légende, fut d’abord écrite en copte, puis rapidement traduite en grec, en syriaque, et en latin par saint Jérôme. « On y retrouve les grands traits de la vie monastique, détaille sœur Marie : primat de l’Écriture sainte ; mise en commun des biens ; période d’examen avant l’admission des candidats ; habit identique pour tous, proche de celui des gens simples du pays ; repas pris en commun, avec des jours de jeûne obligatoires ; office célébré en commun les dimanches et les jours de fête. »

« Pacôme a donné au phénomène monastique une expression originale qui aura un grand succès et influencera toute l’évolution de la vie religieuse », écrit le père Armand Veilleux (2). Encore récemment, la règle de saint Pacôme a influencé le moine italien Enzo Bianchi pour déterminer la forme à donner à la communauté de Bose (Italie) qu’il a fondée, selon le modèle de la « sainte koinonia », dans laquelle « chacun se fait le serviteur de l’autre ».

En quoi Pacôme peut-il nous parler aujourd’hui ?

Pacôme a peu écrit mais a prononcé de nombreux conseils, catéchèses et exhortations retranscrits par ses disciples, qui étaient fortement impressionnés par ses paroles « semblables à des éclairs lumineux ». Cette littérature monastique peut sembler éloignée de notre quotidien, pourtant on trouvera dans ses Conseils à un moine rancunier, par exemple, une analyse fine du monde intérieur des passions qui « grouillent » en nous, remarque sœur Marie. « La rancune, comme la jalousie ou la colère, ne sont que la tête de pont – le symptôme pour ainsi dire – de toute une vie intérieure qui n’est pas encore pacifiée et que décrit Pacôme. »« Les postures ne sont pas tout à fait superposables avec les sciences humaines actuelles mais le dynamisme du texte de Pacôme, lui, est le même : il s’agit de faire sortir de l’enfermement en soi », poursuit la bénédictine, énonçant trois conseils. Tout d’abord, ne jamais s’affoler de ce qui surgit de soi. « Lorsqu’on est en colère, c’est souvent d’abord contre soi. Finalement on est très déçu par soi-même ! » Deuxièmement, « ne pas se juger et, par ricochet, ne pas juger les autres ».

Enfin : accueillir sur soi le regard du Christ. « Un regard aimant et consolateur. En grec, remarque sœur Marie, ce terme évoque le père qui console son enfant, mais il signifie aussi celui qui redonne de la force. » Autrement dit, apprendre à s’aimer et se laisser aimer, là où rancune et colère s’enracinent souvent dans un déficit d’amour de soi.

Céline Hoyeau et Claire Lesegretain

(1) Collection « La Manne des Pères » (Éd. Saint-Léger), dans laquelle elle a publié Pacôme, conseils à un moine rancunier, 51 p., 12 €. (2) La Vie de saint Pacôme selon la tradition copte,Éd. de Bellefontaine, coll. « Spiritualité orientale 38 », 383 p., 1984.

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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 23:54

L'Evêque Jean de Saint Denis

- Volume 1 -

LE SERVITEUR de l'Orthodoxie Occidentale

Par Marie-France Guillaud Tanazacq

Exilé de Russie, l’évêque Jean de Saint–Denis, doté  d’une personnalité charismatique enflammante aux multiples richesses, homme de prière, écrivain sacré, pasteur incomparable, fut un génie en  théologie, apostolat, liturgie, iconographie.

Au milieu du XX° siècle et d’innombrables écueils, il restaura l’«Église Catholique  Orthodoxe de France», son chef-d’œuvre.

Il sut unir en Elle la magnificence de l’Ancien Rite des Gaules des   4°-9°s. retrouvé, et ses racines chrétiennes occidentales toujours vivaces- avec l'intégrité des Églises orthodoxes orientales, gardiennes de la Vraie Foi.

Moderne et modeste Père de l’Eglise, il fut un nouveau Saint Rémi, offrant un baptême d’eau et d’Esprit.

En fin de fresque, l’ouvrage propose un arrêt sur image, icône de la jeune Église pourvue aujourd’hui de trois évêques.

http://eglise-orthodoxe-de-france.fr/

Elle reflète fidèlement l’œuvre immense de son bienfaiteur l’évêque Jean, et prépare sa canonisation.

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Il faut compter entre 3 et 5 jours pour l'impression, puis 1 à 4 jours pour l'envoi en fonction du délai choisi. 

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Galerie de photos et vidéos sur Mgr Jean

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 22:55
Les deux saintes Nathalie martyres (✝ 306) et (✝ 852)
Les deux saintes Nathalie martyres (✝ 306) et (✝ 852)
Les deux saintes Nathalie martyres (✝ 306) et (✝ 852)
Les deux saintes Nathalie martyres (✝ 306) et (✝ 852)
Les deux saintes Nathalie martyres (✝ 306) et (✝ 852)

Le prénom Nathalie vient du latin natalis, « natal » (dans natalis dies, « le jour de la naissance » (du Seigneur) Sainte Nathalie (IVe siècle) a popularisé son prénom dans le monde orthodoxe russe, et Nathalie a progressivement conquis l’Europe. 

Lorsque nous commémorons sainte Nathalie , n'oublions pas qu'il y a dans l'histoire deux, et peut-être plus de saintes portant ce nom. 

L'histoire d'Adrianus (Saint Adrien) et de sa jeune épouse Natalie (Sainte Nathalie, Natacha) est contée dans la Légende Dorée. 

Adrianus était officier dans l'armée de l'empereur Romain Galère qui faisait appliquer avec zèle les quatre édits de persécution des chrétiens de Dioclétien. 

Vers 306, alors qu'Adrianus avait vingt-huit ans, il se convertit devant le courage de trente-trois chrétiens de Nicomédie que Galère avait ordonné de supplicier en les faisant fouetter à coups de nerfs, en leur broyant la bouche avec des pierres, puis en les emprisonnant après leur avoir mis le garrot. 

Apprenant cette conversion, l'empereur fit emprisonner Adrianus avec les autres chrétiens puis, quelque temps après, le fit comparaître devant lui en présence de ses compagnons pour le faire fouetter ; les coups furent si violents qu'à la fin les entrailles d'Adrianus sortaient de son corps. Puis Adrianus et ses compagnons furent de nouveau jetés en prison. 

Comme des matrones, dont Nathalie, soignaient en cachette les martyrs dans leur prison, l'empereur Galère ordonna qu'on tranche les pieds puis les jambes des prisonniers puis qu'on fasse brûler leur corps. Adrianus fut le premier supplicié et on lui coupa également une main...

Aurèle et sa femme Nathalie, Felix et sa femme Liliose (Liliane) et le diacre palestinien Georges moururent martyrs sous le calife Abderrahman II. 

L'Eglise se souvient en ce jour du beau témoignage de Foi que sainte Nathalie et ses compagnons, offrirent au Seigneur: en pleine persécution déclenchée par les Maures, sous le calife Abderrahman II, Nathalie et son époux Aurèle, Felix et son épouse Liliose (ou Liliane) ainsi qu' un diacre prénommé Georges, furent arrêtés et condamnés à mort pour avoir refusé de renier leur Foi chrétienne et d'embrasser la religion musulmane. Du fond de leur prison ils ne cessèrent pas de louer leur Seigneur et Maître avant d'être décapités le 27 juillet 852. 

À Cordoue en Andalousie, l’an 852, les saints martyrs Georges, diacre et moine syrien, Aurèle et sa femme Sabigothe, Félix et sa femme Liliose. Dans la persécution des Maures, pris par le désir de témoigner de la foi dans le Christ, ils ne cessaient de louer le Christ dans leur prison et à la fin furent décapités. 

Célébrités du prénom Nathalie 

la Natacha de Guerre et Paix (1886), de Tolstoï ; celle du Prince de Hambourg (1821), de Kleist ; l’écrivain Nathalie Sarraute ; les actrices Natalie Wood, Nathalie Delon et Nathalie Baye ; la chanson de Gilbert Bécaud, Nathalie. 

Dérivés du prénom Nathalie : 

Nacha, Natacha, Natal, Natala, Natalene, Natalia, Natalicio, Natalie, Nataline, Natalio, Natalis, Natoulia, Nattie, Nelig, Noel, Noela, Noelle, Noellie, Nouel, Novela, Tacha    

Histoire et caractère du prénom Nathalie 

Avec le prénom Noël, Nathalie renvoie donc directement au jour où Jésus est né.

Les Évangiles restant muets sur cette question, l’Église s’est donc efforcée, dès le IIe siècle, de déterminer ce jour, et ces prénoms-là s’ensuivirent.

Au Moyen Âge, il était même de coutume de ne les attribuer qu’aux enfants nés le 25 décembre.

Sainte Nathalie (IVe siècle) a popularisé son prénom dans le monde orthodoxe russe, et Nathalie a progressivement conquis l’Europe.

Au caractère, Nathalie est l’équilibre même ; l’esprit très vif et clair, une excellente mémoire, volontaire, active, sensible et subtile, elle apprend sans cesse, et elle enchante plus qu’elle ne séduit. Il est vrai qu’elle témoigne d’une bonne étoile, sur laquelle se guidèrent les Rois mages. 

Publication originale dans http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/

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