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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 19:30

La pensée populaire du Nouvel Âge postule que tout le monde a un « dieu  intérieur ». C’est une façon de dire que nous sommes tous spéciaux tout en faisant de « dieu » une banalité. Mais il y a un enseignement clair du christianisme classique concernant le Christ en nous, et il est essentiel au mode de vie orthodoxe.

Nous ne devrions pas comprendre que notre relation avec Dieu est une affaire « extérieure », comme si nous étions un individu et Dieu un autre. Notre union avec Dieu, qui est née en nous au Saint Baptême, est beaucoup plus profonde.

« Celui qui est uni au Seigneur est un seul esprit avec lui. » (1Co 6:17)

Dieu ne nous « aide » comme pour nous encourager ou simplement pour faire en sorte que tout aille bien. Au contraire, Il est en nous, travaillant en union avec notre travail. Le mystère de l’ascèse (la pratique de la prière, du jeûne, de l’abnégation, etc.) n’a de sens que dans ce contexte. Ceux qui regardent l’Orthodoxie de l’extérieur nous accusent souvent de pratiquer la « justice des œuvres », ce qui signifie que nous croyons que nous pouvons gagner la faveur de Dieu en faisant de bonnes œuvres. C’est totalement faux. La bonne faveur de Dieu est Son don et ne peut être gagnée.

Cependant, la vie orthodoxe est similaire à la vie du Christ lui-même.

« En vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais ce qu’il voit le Père faire ; car tout ce qu’Il fait, le Fils le fait aussi de la même manière. (Joh 5:19)

et

« En vérité, je vous le dis, celui qui croit en Moi, les œuvres que Je fais, il les fera aussi ; et des œuvres plus grandes que celles-ci, il les fera, parce que Je vais à Mon Père. (Joh 14:12)

Les « œuvres » qu’un chrétien fait sont correctement faites en union avec le Christ, de sorte que les œuvres ne sont pas celles d’un individu, mais de notre vie commune avec et dans le Christ. Quand nous jeûnons, c’est le Christ qui jeûne en nous. Quand nous prions, c’est le Christ qui prie en nous. Quand nous faisons l’aumône, c’est le Christ qui fait l’aumône en nous.

Et nous devons comprendre que le Christ en nous aspire à jeûner. Le Christ en nous aspire à prier. Le Christ en nous aspire à faire preuve de miséricorde. Les disciplines de l’Église ne sont pas une prescription pour bien nous comporter ou une carte pour atteindre la perfection morale. Au contraire, les commandements du Christ (tels qu’ils se manifestent dans la vie de l’Église) sont eux-mêmes une expression, une icône du Christ Lui-même.

Jésus répondit et lui dit : « Si quelqu’un M’aime, il gardera Ma parole ; et Mon Père l’aimera, et Nous viendrons à lui et ferons Notre maison avec lui. (Joh 14:2)

Dumitru Staniloae note :

Au commencement, le Christ est, pour ainsi dire, enfoui dans les commandements et en nous, dans la mesure où nous nous y engageons, par sa puissance qui est en nous. Par cette collaboration, nous acquérons les vertus en tant que traits vivants; ils reflètent l’image du Seigneur, et le Christ surgit encore plus brillant de sous ces voiles. (Spiritualité orthodoxe)

Cette voie de « l’union » est le cœur même de la foi et de la pratique orthodoxes. Malheureusement, une grande partie du christianisme a créé une vision « extrinsèque » de notre relation avec Dieu et du chemin du salut. En cela, Dieu est considéré comme extérieur à notre vie, notre relation avec Lui étant analogue aux relations contractuelles individualisées de la culture moderne. En tant que telle, la relation chrétienne avec Dieu est réduite à la psychologie et à la morale.

Elle se réduit à la psychologie qui focalise l'attention sur « l’attitude » de Dieu envers nous. La psychologie met en évidence la colère de Dieu. Elle réduit notre relation à Dieu à la moralité en ce sens que notre comportement ne soit rien de plus que nos efforts privés pour se conformer à un ensemble externe de règles et de normes. Nous sommes considérés comme « bons » ou « mauvais » en fonction de notre performance, mais sans égard à la nature de cette performance. Saint Paul dit que « tout ce qui n’est pas de la foi est péché ». Seules nos vies vécues en union avec Christ ont la nature du vrai salut, de la vraie humanité. C’est le sens propre d’être « sauvé par la grâce ».

... car c’est Dieu qui produit en vous à la fois le vouloir et le faire pour Son bon plaisir. (Phi 2:13)

et

Vous êtes de Dieu, petits enfants, et vous les avez vaincus, parce que Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. (1Jo 4:4)

et

Pour eux, Dieu a voulu faire connaître quelles sont les richesses de la gloire de ce mystère parmi les païens : qui est le Christ en vous, l’espérance de la gloire. (Col 1:27)

Il y a un autre aspect de ce mystère (le Christ en nous) qui est important pour nous. C’est la souffrance du Christ en nous. Le P. Staniloae écrit :

Jésus participe à toutes nos souffrances, les rendant plus faciles. Il nous aide dans notre lutte contre les tentations et le péché ; Il lutte avec nous dans notre quête des vertus : il découvre notre vraie nature sous les feuilles du péché. Saint Maxime commente : Jusqu’à la fin du monde, Il souffre toujours avec nous, secrètement, à cause de Sa bonté selon [et proportionnellement à] la souffrance que l’on trouve en chacun.

La Croix récapitule la souffrance et le péché de l’humanité, mais elle s’étend à travers la vie et l’expérience de tous les hommes. C’est le fondement de la déclaration du Christ : « Dans la mesure où vous l’avez fait [ne l’avez pas fait] pour le plus petit de ces frères, vous me l’avez fait.

L’union hypostatique de la personne du Christ s’étend dans la vie de chaque personne. Il y a quelque chose d’une périchorèse (relation) ou d’une coïncidence dans notre relation quotidienne avec Christ.

Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec; ou si un membre est honoré, tous les membres s’en réjouissent. (1Co 12:26)

Il faut prendre cette explication dans toute sa réalité. Si l’un d’entre nous souffre, Christ souffre. Il n’y a pas de souffrance humaine spécifique à laquelle le Christ est étranger.

C’est le fait de prendre conscience à chaque instant de cette communion (koinonia) entre Dieu et l'homme qui est le fondement de l’existence chrétienne. C’est l'essence du baptême (enseveli avec lui). C’est l'essence de l’Eucharistie (« quiconque mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui »). C’est ce qui doit présider à chacune de nos actions et de nos pensées.

C’est la vie de la grâce.

P. Stephen Freeman

Le père Stephen est un prêtre de l'Église orthodoxe d'Amérique, pasteur émérite de l'Église orthodoxe Sainte-Anne à Oak Ridge, Tennessee. Il est également l'auteur de Everywhere Present et de la série de podcasts Glory to God.

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31 mars 2022 4 31 /03 /mars /2022 19:30

 

Les jardins de l’infini

de Gérard Emmanuel Fomerand

Le jardin appartient à nos inconscient personnels et collectifs et toute l’humanité s’y retrouve par-delà les frontières à travers la recherche commune qu’en font les pèlerins.

Ce thème  se retrouve naturellement dans la Bible dont il est l’une des principales clefs de lecture. Un fil invisible relie le jardin des origines, ou l’Eden, à celui de la fin des temps, dans l’Apocalypse,  avec un jardin  devenu  ville, la Nouvelle  Jérusalem.  Le  long parcours de ces jardins bibliques renvoie à nos propres chemins spirituels.

Une réponse  s’esquisse  ainsi : d’où  venons-nous  et  où  allons-nous ? Par quelles  étapes passons-nous, de la rencontre avec l’autre du jardin des Cantiques des Cantiques à nos difficultés et nos morts et résurrections, à l’image du jardin de Gethsémani et de celui de la Résurrection ?

Ce livre déroule ce lien invisible qui est l’une des trames de la Bible. Il se relie ainsi, avec ses photos illustrant le texte, à l’immémoriale tradition de la beauté qui sauvera le monde comme l’écrivait Fédor Dostoïevski.

Préface de frère Jean, moine orthodoxe
Photos de Jean-Yves Laplagne

Table des matières

Préface

Prologue ou le jardin retrouvé

Les arborescences du jardin Flots rhénans, jardins et béguinages
Le jardin des délices
L’enclos ou le labyrinthe végétal
Le premier Adam et la Mère des Vivants
Les jardiniers et les ouvriers du jardin

Le jardin de la rencontre
Le jardin de la rencontre de l’homme et de la femme
Un cœur au milieu du jardin
La rencontre de l’âme et du Tout-Autre

Le jardin des métamorphoses
Le jardin de Gethsémané
Voie du deuil et métamorphoses : un autre jardin
Une humanité à la recherche du jardin ?

Le jardin de la Résurrection
Un éclair de lumière
La Résurrection ou la transmutation de l’humanité

Le jardin de l’infini
Du jardin des origines à la Ville transfigurée
Un nouvel Adam ?
Une terre revitalisée ?
Les arbres de vie au milieu du jardin

De jardin en jardin ou la voie du pèlerin

Extrait

 

L’univers poétique de la spiritualité chrétienne est mal connu mais immense. Il se découvre de nos jours dans toute son ampleur individuelle et universelle. Teilhard de Chardin en est l’un de ses meilleurs représentants dans sa Messe pour le Monde datée de 1923. Sous une belle forme poétique, Teilhard nous dit que lautel de l’Eucharistie est celui de la terre entière dans une totalité cosmique.

Cette méditation teilhardienne nous introduit dans ce monde des reflets sans fin de linfini miroitant dans nos finis à partir du néant primordial où vibrait une Parole -lumière. Cette incarnation de l’infini dans le fini est une permanence dans la tradition chrétienne et cela dès l’origine. Les mystiques chrétiens l’ont souvent comparé à une rose symbolique fleurissant dans un jardin sans limites.

Les personnes en quête djardin, ou les pèlerins de cette voie, se retrouvent ensemble sur un sommet, après avoir parcouru des sentiers multiformes et parvenir enfin à cet infini dont le jardin est une parabole

De ce rien des origines du jardin de la rose est née une Parole-lumière dont lEden est la retombée  imagée qui se transmute pour finir dans la cité-jardin de la Nouvelle Jérusalem. L’aventure est grandiose. Toute la création en garde encore la mémoire vibrante et miroitante sous le voile de la parole ptique qui accompagne nos pèlerinages sans fin pour aller de jardins en jardins dans les tourbillons de nos vies :

Aux tourbillons des origines
Flue la Parole en ondes folles.
Ses vibrations touchent lintime
Et sont terreau de paraboles.

Dans ce trou noir du premier soir S’ouvre une rose inexprimable
Quun soleil clair laisse entrevoir,
Fugace éclair, porte ineffable.

L’univers naît dans nos destins.

Il est visage, il est présage

De grains germant dans un jardin, D’arbres de vie pour un message : Ensemencer la terre entière

Dans les fiançailles printanières
De nos débuts et fins dernières,
Être miroirs de la lumière.

L’auteur,  Gérard Emmanuel Fomerand, cherche à explorer les nouvelles voies spirituelles de la Parole chrétienne et à publier des ouvrages sur les mutations du christianisme contemporain.

L'essentiel de sa réflexion prend appui sur une analyse du phénomène contemporain chrétien dans la suite de ses travaux universitaires.

Il a publié cinq livres sur la thématique chrétienne :

- « La mémoire vive des mystiques chrétiens » aux Editions de L’Harmattan (2012)

- « Renaissance du christianisme » aux Editions Fidélité (2013)

- « Le christianisme intérieur, une voie nouvelle ? » aux Editions Fidélité (2016)

- « Présence » aux Editions Spinelle (2017)

- « Buissonnances ou la parole poétique du christianisme aux Editions Saint-Léger (2018)

Après  un passage sur KTO  en 2013, il a produit de nombreuses émissions de radios sur Radio Présence, Radio Notre-Dame dont actuellement un cycle 42 émissions sur RCF Alsace relayé par RCF Méditerranée  « Mosaïque » sur les spirituels chrétiens.

Titulaire d'un doctorat d’état de Droit Public avec une thèse sur les libertés publiques religieuses en France sous le Second Empire il est aussi diplômé de Sciences Politiques à l’IEP d’Aix-en- Provence avec un mémoire sur « Les catholiques français face au premier concile de Vatican » et d'une licence d’histoire orientée sur le paléo-christianisme.

Contacter l'auteur

gerardfomerand@yahoo.fr

Editions Lazare et Capucine

Collection « Spiritualités »

Diffusion-distribution : CED-CEDIF-POLLEN Format A5, 114 pages, illustration 7 photos
ISBN : 979-10-96673-72-8

Prix : 17

Avril 2022

Télécharger le dossier de presse avec des extraits du livre

L'auteur participera au salon du Livre et de la Spiritualité le 10 avril à l'Abbaye de Fontaine-Guérard

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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 19:30
Lettre de Monseigneur Martin sur la guerre en Ukraine

 

Chers pères,
Chers frères et sœurs en Christ,
En ce temps de mi-carême, la guerre fait rage en Ukraine, aux confins de l’Europe...
Comme elle continue à embraser des régions entières à travers de multiples conflits inter-ethniques ou inter-religieux en de nombreux endroits du monde...
Avec toujours les mêmes exactions, la même violence meurtrière, les villes ou villages encerclés et bombardés et les populations jetées sur les routes de l’exil par la folie des hommes.
Comme beaucoup d’instances officielles en Occident, nous condamnons clairement et fermement l’invasion de l’Ukraine fomentée par les autorités politiques et religieuses russes, comme nous condamnons, au Nom de l’Evangile, toutes les formes de violence qui attentent aux droits fondamentaux de l’être humain en aliénant sa vie, sa liberté et sa dignité.
Et, dans ce positionnement, nous distinguons bien les intentions des gouvernements à la solde de forces ténébreuses et d’Eglises inféodées et empêtrées dans les affaires du monde, de celles des populations qui, assiégées, militent courageusement pour la cessation de tout conflit armé...
A travers ces drames, c’est d’abord et avant tout le cœur de toutes les familles en exode qui est douloureusement touché, cœur que nous avons le devoir d’Amour de soutenir non seulement par la prière mais aussi par des actions concrètes d’aide humanitaire et d’accueil inconditionnel...
Mais c’est aussi le cœur de millions d’hommes et de femmes solidaires qui saigne face au scandale du mal.
Comment ne pas pleurer devant tant de souffrance ?
Et comment ne pas entrer dans la colère de l’Amour devant tant d’ignorance ?
Pourtant au-delà de figures médiatiques politiques et religieuses qui prétendent imposer leurs mauvais souffles au cours de l’Histoire, il y aurait surtout à s’insurger contre d’autres forces à l’œuvre et s’engager fermement dans la guerre essentielle à évoquer en ce temps de Carême sur le monde...
Nous faisons particulièrement référence à l’actualité brûlante d’un texte biblique comme celui du livre de l’Apocalypse où, selon le théologien orthodoxe russe, le père Alexandre Men, « Dieu nous révèle, dans la fin du cycle que nous vivons, ce qui s’accomplit dans les profondeurs de l’Histoire et quelles forces gouvernent le monde... » (« Au fil de l’Apocalypse » aux éditions du Cerf)
N’oublions pas, en effet, que derrière les individus et les diverses organisations concernés sont à l’œuvre de grandes forces spirituelles et angéliques, forces résurrectionnelles au service du Christ ou forces diaboliques au service du Satan.
Le texte nous rappelle sans ambages que ce qui se passe ici-bas est la partie émergée d’un combat invisible, titanesque, qui se déroule dans les entrailles de notre histoire personnelle et collective : lutte entre Dieu et Ses anges d’un côté et, Satan et ses anges, de l’autre côté.
Toute l’histoire des hommes, du monde, de l’Église est sous-tendue par cette opposition irréductible entre le Royaume de Dieu et le royaume de Satan. Et toutes les guerres extérieures et intérieures à chaque être humain sont la manifestation de ce combat souterrain entre le Dragon et l’Agneau...
De ce combat, précise l’auteur contemporain Michel Maxime Egger dans le même ouvrage, l’Apocalypse nous révèle déjà l’issue : la victoire du Christ qui inaugure le triomphe du Royaume de Dieu sur la terre.
Sa Mort sur la Croix et Sa Résurrection proclament avec force que ce n’est pas la mort, le malheur, la maladie, la bêtise qui auront le dernier mot mais la force invincible de l’humble Amour...
En d’autres termes et de manière plus intérieure, la « guerre sainte» dont parlent les Écritures est l’exigeant combat de l’être humain avec lui-même et toutes ses tendances égoïstes, violentes, voraces (Dragon) qu’il lui faut désormais transformer et retourner en lumière dans une profonde volonté de guérir et de convertir son cœur dans la présence du Christ (Agneau), Médecin des âmes et des corps et de l’Esprit-Saint...
Chaos ou harmonie extérieurs sont les reflets douloureux ou paisibles de notre monde intérieur... C’est dans ce cadre que nous mesurons l’actualité et la force des paroles du saint évêque Jean de Saint Denis – Eugraph Kovalevsky – prononcées à l’occasion d’une homélie en mars 1960, « sur la vraie guerre ».
« L’Eglise, en ce temps de mi-Carême, propose son enseignement de la vraie guerre : la guerre spirituelle. Vous le savez, la cause des combats entre les peuples, des difficultés dans les familles ou entre proches, des disputes [...], c’est parce que l’on ne fait pas la guerre essentielle.
Celui qui lutte contre le démon apporte la paix ; celui qui chôme, qui est déserteur, nonchalant, non-engagé dans la lutte spirituelle intérieure, qui a oublié le combat du Christ et de Satan, provoque inévitablement, même s’il est pacifique, tout mou, « je m’en fichiste», ou réfugié dans son petit coin, la guerre extérieure. [...]
Mes amis, si l’essentiel n’est pas réalisé, cela se reflète implacablement à l’extérieur.
Je dirais plus : si vous demeurez et luttez avec le Christ, contre le diable, comment pourrez-vous – admettons - être jaloux ou haïr un autre ? Vous n’en aurez pas le temps. Dans la victoire en Christ, les images, les grimaces, les caricatures que sont les guerres extérieures perdent toute leur force.
Ne pensez-pas alors que les guerres soient introduites seulement par des accapareurs ou des tueurs ; elles sont souvent amenées par des pacifistes, les désireux du repos dominical, par ceux qui vivent pour l’argent, le plaisir – ou n’importe quoi d’autre – ou par désir même d’avoir la paix.
La paix vraie est le fruit de l’effort perpétuel en Christ, contre le mal qui est en nous-mêmes...
[...] Un vrai soldat entreprenant la bataille contre le mal, avec le Christ, pour le Christ, en Christ, devra tout d’abord être bien armé et bien défendu, avoir un casque sur la tête, un habillement tel qu’il ne pourra pas être atteint par des mitraillettes ou autres instruments meurtriers.
Comment se défendra-t-il ? Avec la prompte acquisition de l’impassibilité et de la tranquillité ; car si l’offense trouble, si une simple puissance ou quelque chose du dehors seulement injuste ou faux, enlève la capacité de combattre, vous êtes déjà le blessé, la proie de l’adversaire.
Même si l’on ne vous attaque pas personnellement, mais que l’on touche à ce qui est sacré pour vous, admettons blasphémer la Vierge, le Christ, votre religion, votre idéal ou votre mère, si vous êtes indigné, vous n’êtes plus un soldat.
[...] Ayant acquis cette impassibilité, la première chose indiquée par le Seigneur est la confession de la puissance divine. Ensuite, Il dira, afin de fortifier les pensées : ‘si celui qui vient lutter avec Moi, est plus fort que l’adversaire, il est victorieux.’
Que signifie, plus fort ? C’est Lui, le Christ.
Et qui est plus faible devant le Christ ? Satan.
La deuxième partie de l’attaque est que, sans le Christ, nous sommes plus faibles que Satan mais avec Lui, nous sommes forts. Le Christ a déjà gagné la bataille. Nous devons continuer cette bataille, considérant toujours que Sa Force est supérieure à toute forme d’attaque.
Je voudrais que chaque âme retienne et se pénètre de cette pensée sainte : voulez-vous être bienheureux dans votre âme ? N’abandonnez jamais le combat en Christ, contre Satan ; ce combat perpétuel qui doit aller jusqu’à votre dernier souffle vous donnera l’acquisition de la paix, mais aussi la puissance joyeuse. Le Carême, c’est cela.
Aimez même, je dirais, la lutte plutôt que la victoire, laissez la victoire au Christ, honorez-Le comme notre chef d’armée, aimez surtout être soldat.
Combien c’est étrange : un homme qui cultive continuellement la lutte intérieure conquiert la Paix ; l’homme qui cherche la paix extérieurement a son âme déchirée et pleine d’angoisse.... [...]
Il y a une loi : ce que nous ne faisons pas consciemment, librement, en nous-mêmes, se passe au dehors, contre notre volonté. Amen...
Homélie du 3ème dimanche de Carême, 20 mars 1960 (d’après des notes de fidèles).
Le seul mouvement de l’âme et du corps qui s’impose alors est l’agenouillement pour demander pardon dans un profond repentir...
Crier, supplier, implorer le Pardon de la Divine Trinité sur toutes nos histoires humaines si fragiles pour tant d’absence, d’inconscience, d’ignorance, d’indolence, de toute-puissance...
Pour être lavés et redressés dans l’Eau Vive de la Miséricorde infinie de Dieu et L’entendre nous dire : « Tu es ma fille, tu es mon fils bien-aimé(e), en toi est tout mon Amour... »
« Gospodi pomilouï, Gospodi pomilouï, Gospodi pomilouï... »
« Seigneur, prends pitié... » en slavon...
Que la Toute Sainte Vierge Marie recouvre de son voile de Tendresse tous ces lieux ensanglantés du monde.
Que la puissante intercession de saint Séraphin de Sarov - dont la vie a si intimement relié les terres ukrainiennes (confirmation de sa vocation monastique à Kiev) et russes (naissance à Koursk et engagement monastique à Sarov) – auprès de la Divine Trinité, guérisse nos blessures et nous ouvre la porte de l’acquisition du Saint Esprit pour témoigner de la Paix invincible du Christ...
Chaleureuses bénédictions à chacune et chacun en ce temps béni de Carême, en marche, seul et ensemble, vers Pâques...
+ Martin et le Conseil Episcopal de l’Eglise

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