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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 20:20

Bien-aimés frères et sœurs en Christ,

Lorsque nous parlons de foi, beaucoup de gens pensent aux choses auxquelles ils croient : « Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant », etc., tous les Articles de Foi du Credo, le Symbole des Apôtres. Ou bien ils croient que Dieu leur donnera tout ce qu’ils demandent, au lieu de croire qu’ils doivent vouloir et accomplir la sainte volonté de Dieu.

Quand Jésus s’écrie, « Race incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous ? » (Mt 17,17), il ne parle pas d’incroyants ou de païens. Il parle de son propre peuple qui prie quotidiennement et observe le sabbat.

Les gens qui professent croire, tout comme beaucoup de chrétiens qui vont à l’église professent croire, mais qui n’ont même pas la plus petite graine de tous, « la foi comme une graine de sénevé » (Mt 17,20). Le Christ nous demande au moins cette plus petite quantité de foi et déplore que peu de gens ne l’aient.

Jésus était absent avec trois de ses apôtres quand un père est venu vers les autres apôtres et leur a demandé de guérir son fils épileptique. Plus tard, parce que le garçon n’a pas été guéri, le père s’en est plaint à Jésus. Il ne s’est pas rendu compte qu’en raison de son manque de foi, il était lui-même la raison principale pour laquelle les apôtres — qui avait reçu l’autorité de guérir et de chasser les démons (Mt 10,1) — n’a pas pu guérir son fils. Le père appartenait à cette « race incrédule et perverse », bien que Jésus réprimande les apôtres aussi.

Jésus dit que si nous avons au moins une foi aussi grosse qu’un grain de sénevé, nous      « dirons à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible » (Mt 17,20). La foi des vrais croyants est renforcée lorsqu’ils sont témoins d’un miracle, tandis que les esprits pharisaïques n’y voient que tromperie, sorcellerie ou œuvre du diable. Leurs cœurs restent trop durs pour qu’une graine de sénevé s’y enracine.

Quelles sont les montagnes que la foi peut déplacer ? Probablement pas les Appalaches ou l’Himalaya, car cela ne ferait pas grand bien à personne, mais la montagne de notre âme dure, si difficile à remuer parce qu’alourdie par les passions. L’orgueil qui s’élève comme la Tour de Babel. Grâce à une foi réelle, nous déplacerons la montagne de notre cœur et connaîtrons le Christ intimement.

Aux yeux des hommes de foi, toutes les tribulations présentes ne sont rien face à la Bienheureuse Eternité. Ne serait-il pas merveilleux si au lieu de dire qu’une personne est possédée par le diable, on pouvait dire qu’elle est possédée par Dieu, le Dieu Vivant, et non par les puissances trompeuses des choses, des hommes et des démons ?

Jésus veut tout notre amour et notre obéissance, qui nous sont donnés par la puissance du Saint-Esprit. Ceci, mes chers frères et sœurs, est la vraie Foi béatifique ! Alors commençons à planter nos graines de sénevé et nous serons divinement guéris. Amen.

Mgr Paul (Dupuis)

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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 20:30

« Ce sont les violents qui s'emparent du Royaume »

En face de Dieu, le patriarche Jacob ne fut-il pas un de ces violents dont parle le Christ ?

Lutteur intrépide, il se montra « fort contre Dieu et l’emporta » (Gn 32.29) comme l’atteste l’Ecriture. Il lutta avec Dieu jusqu’au matin ; il retint avec force et obstination celui qui lui demandait de le lâcher : « Je 11e te lâcherai pas, dit-il, que tu ne m’aies béni ! »  (Gn 32.26) .

J’affirme qu’il lutta avec Dieu, car Dieu se trouvait dans l’ange avec lequel il luttait.

Autrement, l’ange lui aurait-il dit :
« Pourquoi me demander mon nom ? Il est mystérieux ! » Et Jacob, de lui-même,  aurait-il déclaré :  «  J’ ai  vu  le Seigneur face-à-face » (Gn 32.30) ?

Salutaire violence qui extorqua la bénédiction ! Heureuse lutte où Dieu plia devant l’homme, où le vaincu fit don à son vainqueur de la grâce d’une bénédiction et l’honora d’un nom plus saint !

Qu’importe si, en lui touchant la cuisse, il en a desséché le nerf ? Qu’importe s’il a rendu boiteux son adversaire ? Préjudice corporel qu’on supporte facilement, dommage dont on se console aisément, quand il est compensé par un si grand bienfait !

Frère, n’as-tu pas l’impression de lutter avec l’ange ou, pour mieux
dire, de lutter avec Dieu lui-même, lorsque chaque jour, il se met en travers de tes désirs les plus fougueux ?

Tu cries vers lui et il ne t’écoute pas ! Tu veux t’approcher de lui, et il te repousse ! Tu décides quelque chose, et il fait arriver le contraire ! Ainsi, sur presque tous les plans, d’une main rude il te combat.

O Seigneur, clémence déguisée, qui simules la dureté, avec quelle tendresse tu combats ceux pour qui tu combats ! Tu as beau « le cacher dans ton cœur » (Jb 10.13) , « je sais bien que tu aimes ceux qui t’aiment. » (Pr 8.17) Sans limites est « l’abondance de la bonté que tu tiens en réserve pour ceux qui te craignent. »  ( Ps 31.20)

Alors, frère, ne désespère pas ; agis courageusement, toi qui as entrepris de lutter avec Dieu !

A vrai dire, il apprécie que tu lui fasses violence ; il désire que tu l’emportes sur lui . Même quand il est irrité et qu’il étend le bras pour frapper, il cherche, comme il l’avoue lui-même, un homme semblable à Moïse qui sache lui résister.  

S'il n'en trouve pas, il se plaint et dit : « Il n’y a personne pour se dresser et me retenir ! » (Es 64.6 Vulgate)

Pas de danger pour vous, frères. Pas de danger qu’il se montre fort contre vous, lui qui, pour vous, a voulu se rendre faible jusqu’à en mourir !

Guérric d'Igny

in Deuxième sermon pour la naissance de Saint Jean Baptiste, n° l-3, Sources
Chrétiennes 166, Cerf, Paris, 1970.

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23 février 2022 3 23 /02 /février /2022 20:30

Gorze, Février 2022

  Chers amis,

  Ce mois-ci l’Eglise nous invite à nous préparer au carême. En effet, nous entrons dans cette période liturgique que l’on appelle en occident les Gésimes, temps de préparation à cette grande période d’exercices spirituels que sont les quarante jours avant la Pâque dans la Tradition chrétienne !

  Nous sommes ici mis une fois de plus en face des enjeux de notre vie et de nos responsabilités, et invités à une réflexion sur la stratégie qui s’impose à chacun de nous pour faire progresser notre conversion à l’Amour divin…, et cela en vérité, en profondeur et avec efficacité.

  Réfléchissons-nous à notre stratégie de carême ? Nous percevons souvent au loin cette nécessité dans nos vies d’une conversion à l’Amour divin, mais avons-nous conscience de l’urgence ? « Aujourd’hui peut être mon dernier jour ! » répétait souvent Rachel Goettmann à la communauté de Béthanie ou pendant les sessions. Elle nous interpellait ainsi à ne pas remettre à plus tard ce qui doit être posé dès aujourd’hui !

  Jésus est allé vers sa Pâque d’un pas résolu, nous enseignant le chemin par des paraboles, des actes, des guérisons et il est finalement monté à Jérusalem pour être livré, bafoué et outragé, couvert de crachats, flagellé et tué, pour ressusciter le troisième jour ! Il nous a montré toute la perspective de ces quarante jours qui vont s’ouvrir devant nous.

  Mais nous sommes souvent aveugles spirituellement ! C’est pourquoi nous ne voyons pas, nous ne comprenons pas, ou si peu, la Parole de Dieu, c’est-à-dire le message de Jésus, le Dieu incarné. Ne sommes-nous pas souvent spirituellement des survivants ? Il nous est nécessaire pourtant, c’est une question vitale, d’approfondir notre connaissance de l’Evangile, notre connaissance de Jésus, de Dieu, de la Divine Trinité !

  Certes nous savons que Jésus existe, que Jésus est près de nous, mais alors pourquoi ne nous écrions-nous pas comme l’aveugle de Jéricho dans l’Evangile : « Jésus Fils de David, aie pitié de moi ! », car voilà bien l’attitude fondamentale que nous propose l’Evangile ? Confesser notre foi et appeler la miséricorde de Dieu sur nous.

  Aujourd’hui nous pouvons, avec la Tradition des Pères de l’Eglise, aller plus loin que l’aveugle au temps de Jésus et dire : Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. C’est-à-dire confesser la divinité de Jésus, son engendrement du Père, sa filiation divine et la manifestation de l’Esprit Saint en Lui, en un mot confesser la Divine Trinité. Et ensuite, comme l’aveugle de Jéricho, dire « aie pitié de moi », c’est-à-dire appeler l’ouverture des entrailles de miséricorde de Dieu sur nous qui sommes pécheurs, tellement emplis de maux, et spécialement de cécité spirituelle, que nous sommes empêchés de voir Dieu.

  De « Voir Dieu tel qu’Il est »(1) selon le beau titre d’un livre très important de saint Sophrony de l’Athos, c’est-à-dire, être en communion profonde avec Lui, en nous et autour de nous, car c’est la source de la vraie joie et de l’épanouissement véritable.

Cette prière va de pair, particulièrement en ce carême qui s’envisage, avec le jeûne et l’effort ascétique qui consiste à combattre les tendances les plus nocives de notre moi : notre convoitise insatiable, notre désir de puissance, notre besoin d’être estimé, notre besoin d’être admiré, de nous imposer aux autres, bref tout ce qui ferme notre regard à la vision de Dieu !

A chacun bien sûr ici de scruter comment cela se concrétise pour lui dans sa vie !

  Mais alors nous expérimenterons, c’est inévitable, ces petites voix qui nous susurrent ou ces grosses voix qui nous hurlent de ne pas prier car ça ne sert à rien et que nous n’avons pas le temps, de ne pas jeûner car nous travaillons et sommes faibles, de ne pas combattre notre moi car il faut qu’il s’épanouisse ! Je ne vous fais pas de dessins, vous avez bien compris de quoi il s’agit, nous les expérimentons chaque jour ces voix.

  Dans ce cas il faut crier plus fort encore, et c’est à cela que l’Evangile nous invite en permanence : Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur ! Alors la Présence divine manifestée par le Saint Nom de Jésus nous « couvrira de ses ailes et sous son plumage tu espéreras, sa vérité est un bouclier et une cuirasse. »   (Ps 91)   

  En ce temps de préparation au combat du carême, posons un regard clair et honnête sur notre vie, réfléchissons à la stratégie à mettre en place très concrètement pour confesser notre foi dans les actes de notre vie et appelons la miséricorde de Dieu sur nous. Le chemin spirituel n’est pas une réflexion intellectuelle, la foi n’est pas un sentiment ou une ambiance mais une confession et une pratique, un combat pour réveiller en nous l’image divine et faire un pas de plus vers la ressemblance à la Divine Trinité.

             Avec toute mon affection en Christ !

                                                  Père Pascal

Voir Dieu tel qu'Il est par l’Archimandrite Sophrony, éditions du Cerf

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